Je présente ici une idée de situation d’enseignement et d’apprentissage (SEA) que je n’ai encore jamais mise en œuvre dans le cadre d’un stage ou d’une intervention menée en emploi. Mon idée consisterait à utiliser la plateforme iNaturalist (https://inaturalist.ca/) [1] pour permettre à des élèves du premier cycle du secondaire d’apprendre les concepts d’espèce, de taxonomie, d’habitat et de niche écologique, qui sont d’ailleurs prescrits par le Programme de formation de l’école québécoise (PFÉQ) (MEQ, 2006). Au cours de l’activité, les élèves pourraient sortir sur le terrain de leur école [2] et partir chacun à la recherche de quelques organismes (p. ex. quatre ou cinq organismes) à identifier à l’aide de l’application iNaturalist. Une fois que les observations de tous les élèves auraient été téléversées sur la plateforme iNaturalist et que les utilisateurs de cette plateforme auraient validé leurs identifications, chaque élève devrait réaliser un travail dans lequel il poserait, à l’aide des savoirs qu’il a développés en classe sur les concepts d’habitat et de niche écologique, des hypothèses pour tenter d’expliquer pourquoi chaque organisme qu’il a observé se trouvait à l’endroit où il l’a observé. Finalement, pour vérifier ses hypothèses, l’élève réaliserait une recherche d’information sur les habitats et la niche écologique exploités par chacune des espèces qu’il aurait identifiées. Les parties textuelles de ce travail prendraient la forme de commentaires qui se retrouveraient sous les observations publiées par les élèves sur iNaturalist.
Source : Biodiversidata (2019)
Source : JoyPixels (s. d.)
Avant même de choisir cette idée d’activité, j’ai d’abord dû me questionner sur la pertinence de l’utilisation d’iNaturalist dans le cadre d’un cours de science et technologie donné à des élèves du premier cycle du secondaire (c.-à-d. que je me suis posé les questions suivantes : Cette activité serait-elle susceptible de susciter de l’engagement de la part de mes élèves ? Me permettrait-elle de leur donner plus facilement des rétroactions ? Implique-t-elle un haut niveau d’usage des TIC ? La réalisation d’une telle SEA serait-elle possible sans l’apport du numérique ?). J’ai réalisé que mon idée était bonne, parce que sa concrétisation me permettrait de donner plus facilement des rétroactions à mes élèves (et donc de susciter leur engagement en soutenant leur besoin de compétence) en commentant leurs observations sur iNaturalist; qu’elle implique un niveau d’usage des TIC relativement avancé (c.-à-d. de la création de contenu sur iNaturalist (Romero, 2015)); et qu’elle fait de la redéfinition en mettant à profit le numérique pour réaliser une activité qui, autrement, aurait été infaisable (Levy, 2017). Je me suis ensuite demandé si le temps dont mes élèves auraient besoin pour s’approprier iNaturalist serait une contrainte acceptable dans le cadre de cette activité, puis j’ai répondu à cette question par l’affirmative, car les contenus prescrits par le PFÉQ en science et technologie peuvent être vus pendant l’une ou l’autre des deux années du premier cycle du secondaire (MEQ, 2006). Pour finir, j’ai pris le temps de vérifier s’il y a des ressources pouvant m’aider à intégrer iNaturalist dans une SEA, puis j’ai remarqué qu’il existe un Guide de l’Enseignant sur cette plateforme (iNaturalist Canada, 2021).
[1]. Cette plateforme est facilement accessible par le biais de l’application mobile gratuite iNaturalist, qui permet d’utiliser un téléphone intelligent pour prendre des photos des organismes sauvages que l’on observe; pour localiser les endroits où ces organismes ont été observés; et pour identifier les espèces dont ces derniers font partie. Les données que contient l’observation d’un organisme (c.-à-d. les photos de l’organisme, l’endroit où il a été observé et l’espèce dont l’observateur a jugé qu’il faisait partie) peuvent ensuite être téléversées sur la plateforme iNaturalist, dont tous les utilisateurs peuvent valider l’identification faite par l’observateur et lui en suggérer d’autres s’ils pensent que ce dernier a mal identifié l’espèce à laquelle appartient ledit organisme. Les données collectées sur la plateforme peuvent ensuite être utilisées par des scientifiques menant des projets de recherche en biologie.
Source : Srloarie2 (2015)
[2]. Si le terrain d’une école secondaire se prête mal à ce genre d’activité, il est toujours possible de demander aux élèves de réaliser cette partie de la SEA sur le terrain de leur lieu de résidence ou dans des espaces verts (p. ex. parcs, terrains de jeux, espaces naturels, etc.) du village ou de la ville où ils habitent.
Source : Bouchard (2020)
Biodiversidata. (2019, 31 août). iNaturalist en 6 pasos [image]. Flickr. https://www.flickr.com/photos/biodiversidata/48653033788
Bouchard, A. (2020, 2 octobre). Red Raspberry (Rubus idaeus) [photo]. iNaturalist Canada. https://inaturalist.ca/observations/61507125
iNaturalist Canada. (2021b, 8 novembre). Guide de l’Enseignant. https://inaturalist.ca/pages/teachers+guide+guide+de+lenseignant#francais
JoyPixels. (s. d.). Visage en pleine réflexion clipart [image]. Creazilla. https://creazilla.com/fr/nodes/47135-visage-en-pleine-reflexion-clipart
Levy, A. (2017). SAMR, un modèle à suivre pour développer le numérique éducatif. TECHNOLOGIE, 206, 8-13.
Ministère de l’Éducation du Québec (MEQ). (2006). Programme de formation de l’école québécoise : enseignement secondaire, premier cycle. http://www.education.gouv.qc.ca/fileadmin/site_web/documents/dpse/formation_jeunes/prfrmsec1ercyclev3.pdf
Romero, M. (2015, 4 décembre). Usages pédagogiques des TIC : de la consommation à la cocréation participative. Éductive. https://eductive.ca/ressource/usages-pedagogiques-des-tic-de-la-consommation-a-la-cocreation-participative/
Srloarie2. (2015, 31 janvier). Using the iNaturalist app in the field [photo]. Wikimedia Commons. https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Using_the_iNaturalist_app_in_the_field.png