Projet thérapeutique d’Archipel 1
Préambule
L’asbl « L'Archipel » a été constituée par 5 Centres de Santé mentale : Le Chien Vert, la Gerbe, le Grès, le Méridien, le Wops en collaboration avec le Service de Psychopathologie des Cliniques universitaires Saint-Luc. La gestion quotidienne d’Archipel a été confiée par son conseil d’administration au Centre de Santé mentale La Gerbe.
L’Archipel en tant qu’initiative d’habitations protégées a pour objet comme le stipule l’Arrêté royal du 10 juillet 1990 : « l’hébergement et l’accompagnement des personnes qui ne nécessitent pas un traitement continu en hôpital et qui, pour des raisons psychiatriques, doivent être aidées dans leur milieu de vie et de logement pour l’acquisition d’aptitudes sociales et pour lesquelles des activités de jour adaptées doivent être organisées. »
A partir de ce cadre général qui régit les IHP, tentons de dégager les spécificités du projet :
Philosophie du projet
Le projet de L’Archipel s’inscrit dans la continuité d’une pratique d’un Service de Santé mentale, à partir d’un constat d’errance chez quelques consultants. Errance balisée par quelques lieux qui font repère, ou plutôt carrefour. Un de ces lieux fut « La Gerbe » en tant que carrefour entre leur structure (psychique) et ce qui fait lien social. Ces quelques personnes au passé psychiatrique
lourd, souvent identifiées comme « chroniques », passaient la plupart de leur temps à « La Gerbe ». Les lieux d’asile non-psychiatrique (appartement privé, maison d’accueil, etc.) n’en voulant pas plus que les lieux d’asile psychiatrique. Les premiers prétextant qu’il s’agissait de problèmes psychiatriques et les seconds de problèmes sociaux. Autrement dit pour les premiers ils étaient fous (ou trop fous), pour les seconds pas assez.
A partir de ce constat, Archipel a comme projet d’être un lieu de déstigmatisation pour les sujets qui voudraient y séjourner. Un lieu pour qu’ils puissent y vivre en tant que sujets psychotiques sans pour autant être traités comme des malades mentaux, pour qu’ils puissent réintégrer la cité et se réinsérer socialement. Les limites que nous nous fixons et que nous leur fixons pour soutenir cette gageure, sont celles des troubles du comportement. De se présenter comme psychotiques ou patients psychiatriques, ne les autorisent pas à perturber un cadre convivial tel que nous le proposons à L’Archipel
1 Joëlle Richir, “Archipel de 1995 à 1999”, Rapport d’activités du SSM la Gerbe, 1999.