— Je sens ton cœur
— Moi aussi. Il me réchauffe.
— Il me donne de la force.
— Aussi intact qu’au premier jour !
— Ooooh, je le sens taper sur le bout de mes doigts.
— Pour être au plus près de toi. Il a toujours été libre.
— Je le sentais exploser quand je posais ma tête sur ta poitrine.
— Tu te souviens quand on dansait sur le bord des falaises?
— C’était superbe.
— Non, tu étais superbe.
— Etais?
— Tu es toujours aussi magnifique.
— Le temps passe, mon corps me fait mal.
— Nos corps sont devenus sages parait-il.
— T’es bête !
— Tu as peur de l’obscurité?
— Pas quand je suis avec toi.
— La chambre est un peu froide non?
— Il doit faire nuit.
Scène I
— Arrête, pas tout de suite, tu me chatouilles
— Et ça je peux ?
— Ah ça j’aime bien. Je préfère.
— Regarde, le sable est plus frais par là
— Ouh ! arrête !.... Pourquoi tu me regardes comme ça ?
— Ca faisait longtemps qu’on avait pas pris un moment pour nous
— C’est vrai. C’est toujours un peu compliqué.
— Tu es magnifique.
— Qu’est-ce que tu fais? Tu me fais loucher !
— J’aime bien le goût de tes lèvres
— Moi, j’ai encore un doute. Recommence pour voir .... mmmmoui, pas mal. Un petit goût de sel encore peut-être. Ça se marie bien avec le rosé !
— J’aime tellement te regarder. J’aime quand tu souris, quand tu rougis comme maintenant.
— Je t’aime aussi ... Et mais qu’est-ce que tu fais, je vais avoir du sable plein ma robe
— je trouve qu’on est mieux allongé non ?
— C’est vrai. Rhoooo tu as même une algue dans mes cheveux !
— Je t’aime comme jamais j’ai aimé.
— On est bien là. Fais comme moi. Mets toi sur le dos. T’as vu ce ciel !
— Je préfère me mettre comme ça.... Pour me plonger dans tes yeux.
— Mmmmm t’as fait un peu de sport non?
— Je peux tenir éternellement comme ça.
— Ah ? Et là ?
— Et non tu triches. C’est pas du jeu là ! Bon sur le dos c’est bien. T’as les mains toutes froides.
— Non, ça va. Reste comme ça.
— T’as vu ? une étoile filante !
— Tu veux faire un vœux ?
— Je fais le même depuis que j’ai 17 ans.
— T’aurais dû me le dire avant !
— Ouais mais bon, je n’étais vraiment pas en état. T’étais la plus belle fille du lycée.
— Je ne sais pas ça. Mais j’étais assez seule en fait.
— J’ai même faillit changer de première langue juste pour être dans ta classe... Et ça c’était au collège.
— Tu dis ça avec le recul, mais tu ne me regardais pas comme ça.
— Je connaissais ton prénom. Mais nous n’avions aucun cours en commun. Jusqu’au lycée. Et encore il a fallu que je redouble !
— Oh non, t’es con. C’est pas de ma faute ça !
— Non, mais pouvoir te regarder tous les jours pendant deux ans... Ca m’a permis d’avancer.
— T’es sortis avec d’autres filles. T’es même resté longtemps.
— Ah bah oui. Faut vivre chaque occasion. Puis tu étais inaccessible.
— On est parti chacun de notre côté. Marrant que tu m’aies recontacté.
— J’ai mis deux ans à le faire. Je regardais de temps en temps les trucs sur Facebook. Autant que ça serve à quelque chose.
— Tu as bien fait.
— Tu te souviens de ce que je t’ai écrit la première fois ?
— Oui
— Si je te redisais la même chose maintenant, tu réagirais comment ?
— Différemment. Tu allais beaucoup trop vite ! T’en faisais trop...
— Et maintenant, en regardant cette boite ?
— Tu sais bien que je t’aime. Mais ta mère me déteste.
— Pourquoi la faire débarquer dans notre soirée ?
— Parce qu’elle va me faire vivre un enfer.
— Comme toutes les belle-mères. Les femmes sont faites comme ça.
— Qu’est ce que ça veut dire ça. Attention, commence pas avec ce genre de truc. Tu sais que je n’aime pas ça.
— Oui, non, mais c’est vrai en fait. Vous êtes toujours à vous regarder, à vous comparer.
— C’est pas faux. Mais là c’est différent. Tu seras toujours du côté de ta mère et je serai toujours la mauvaise ou la pute.
— Oh non dis pas ça. Tu viens de me tuer là. Attends deux minutes... t’entends les vagues ?
— Oui. Allez parles moi.
— On ne vivra pas avec ma mère hein. Et sincèrement, je me fous royalement de ce qu’elle pense.
— Oui, mais quand même. Ses coups de téléphone, ses invitations pour une semaine en «famille»... Tu sais qu’elle me fait peur.
— Bah tu sais, on est comme ça dans la famille: La dernière femme que je lui ai présenté à fini dans la jardin sous 50kg de chaux-vive... Elle était bien pourtant, jolie, gentil...
— C’est bon arrête de te moquer de moi. Mais il faut être de mon côté aussi hein.
— Ca veut dire oui alors ?
— Ouvre donc la boite que je me décide !
Scène 2
— C'est toi ? T'es rentrée ?
— Oui. La circulation était horrible !
— Toujours prête pour ce week-end en amoureux ?
— Ben oui. Attends j'arrive.
— Noooooooooooon. Un schtroumpf malade ! C'est quoi, c'est les UV ?
— Espèce de connard !
— Non attends pas les clés de la maison... attends stop, relax.
— T'es vraiment un con ! Pourquoi ça ne te plait pas ? J'trouve ça chouette.
— Ok ok. Si ça te plait. De tout façon, c'est pas définitif. J'ai une tondeuse dans la salle de bain...
— Mais arrêtes bordel !
—La bière, la bière mais qu'est-ce qu'elle a fait de moi la bière... tin tin tin. Je fais du air guitar.
— 'tain tu m'as soulé, vraiment
— Bah oui mais quelle idée de te colorer en violet ?
— Parce que j'avais besoin de changement.
— Effectivement ça change... T'as le perfecto et les bretelles qui vont avec ?... Et merde. L'assiette est pas passée loin. Mais c'est bon. C'est week-end kepon. On rangera lundi.
— J'en peux plus ! Toi t'es toujours fringué pareil, la même coupe de caniche depuis que je te connais et j'arrive avec un peu de d'originalité et tu te fous de ma gueule.
— Non mon amour seulement de ta coupe. C'est ça quand on est une artiste et une génie.... Non, pas le vase, arrête, stop. C'est bon schtroumpfette... Et voilà ! Et on va mettre les fleurs où maintenant ?
— La schtroumpfette est blonde espèce d'inculte !
— Oui, mais la schtroumpfette est bleue... Aïe, tu m'as fait mal là !
— J'm'en balance de ce que tu penses. Je garde le bleu
— Non, c'est violet
— PUTAIN MAIS ARRÊÊÊÊTE !
[...]
— Eh Kurt Cobain, qu'est-ce que tu cherches dans le placard ? Le fusil est dans l'autre pièce.
— Je fais ma valise !
— Attends laisse-moi rentrer mon cœur
— Non, laisse moi tranquille, j'ai envie d'être seule. Et arrêtes cette musique de merde.
— C'est bon j'arrête. J'aime bien le violet en plus.
— C'est aussi pour ça que j'ai fait ça.
— 'tain, je suis désolé, vraiment. Je pensais pas que ça te blesserait comme ça
— Mais qu'est-ce que tu crois ? Je suis une femme.
— Oui je sais ça. t'es même la femme de ma vie. Mais aller laisses-moi rentrer. Tu veux toujours qu'on parte en week-end ?
— Franchement j'en sais rien. J'ai juste envie de te les couper et te regarder souffrir
— C'est pas gentil ça. Ca risque de me manquer. A toi aussi.
— Ah tu crois ça. Attends, tu crois que c'est ça qui m'intéresse vraiment ?
— Bin un peu quand même. C'est quand même sympa non ?
— Ouais bin fais gaffe, parce que là je ne suis pas d'humeur à rire
— Bon ouvre cette porte... s'il te plait. Waouf waouf waouf
— Voilà fais le caniche en plus... t'es vraiment un connard.
— Oui mais un connard qui t'aime et que t'aime
— On va où finalement ?
— Aucune idée, mer ou montagne ?
— Au mois de juillet... plutôt la montagne non?
— Tu veux faire l'égérie Milka ?
— Tiens, tu l'auras voulu.
— Upffffff!
— Je pars toute seule. Je ne sais pas quand je rentrerai. démerdes-toi !
Scène 3
— 'jour
— Bonjour, n'oublie pas de passer ta carte
— Yep
— T'as une liste de livres ?
— Nan
— Tu cherches quelque chose en particulier ?
— Nan
— On dit pas "nan", on dit "non madame"
— Ok boomer
— Non, madame.
— Yep, OK
— Tu peux y aller
— C'est où les Bandes Dessinées ?
— Tu pourras trouver des BD au fond, à partir de la 4e rangée sur ta droite... 4e en partant du mur puis jusqu'au mur, c'est ça.
— Merde, allo... non...'fin oui... non...à la bibliothèque... rien... non... je t'ai dis rien...Ouais Tshoh.
(in petto) Cool, elle a lu mon texto. J'y connais rien en BD. Ah non putain, plus de batterie. J'arrive pas à me souvenir des gars qui lui plaisent. Fantaisie je crois. On va commençait par F.... comme Fuck. Lol, ah 'tain chui drôle en fait.
— Les téléphones sont interdits. Merci de respecter les consignes. Ca fait des interférences.
— C'est pas moi. Mon portable est éteint madame.
— On ne crie pas non plus dans une bibliothèque !
On se croirait dans un avion. Si au moins l'hôtesse était bonne... T'façon, l'est trop vieille. Et voilà, il suffit que j'y pense pour être à l'étroit dans mon caleçon. Mais bordel. Attend voir, j'me cale face à un bouquin... et voilà. Tout est en place.
— Salut toi !
— Ah! euh... salut.
— Bah qu'est-ce que tu fais au rayon romance ?
— Ah quoi ? Bah rien... Je cherche les BD
— Lol. Et pourquoi t'es tout rouge ?
— 'tain, j'en sais rien, il fait chaud.
— Les BD, c'est là-bas: 4e...
-... oui je sais en partant du mur
— Eh bin, t'es sympa comme gars ! Merci peut-être ?
— Ouais merci. A toute.
— Ah non, je crois pas non. Chui pas une fille facile.
wouah la lourde. Oh la vache, j'ai les doigts qui puent. J'dois bien avoir une bouteille d'eau. Une petite flaque sur la moquette. Les mains dans les poches ça fait pas très sérieux, mais là il faut ce qu'il faut. Et voilà. Je suis un putain de gé-nie. Bref les BD... Alors F... Franklin, Fury, FootballBanzaï... z'ont de ces noms !
— Bonjour
— Bonjour Monsieur
— Je ne savais pas que tu lisais.
— Faut ce qu'il faut monsieur. Le bac de français est à la fin de l'année.
— C'est bien de se prendre en main. Il était temps.
— Oui je sais monsieur
— En tant que prof principal...
— Oui je sais monsieur
— Tu cherches quelque chose en particulier ?
— Je suis venu pour découvrir
— C'est bien ça comme démarche. Sans a priori. Tu sais ce que ça veut dire a priori ?
— Oui je sais monsieur
[Haut-parleurs] : La bibliothèque va fermer dans 15 minutes
— Bon il faut que j'y aille monsieur
— Oui oui oui... vas -y...
— Monsieur ? Ca va ?
— Hein... oui tout va bien
— Vous regardez quoi là ?
— Hein ? rien qui t'intéresse. Commence par ordre inverse de l'alphabet, plutôt par là-bas.
Il est sérieux le papy, il croit me dégager comme ça. Attends voir que j'me cale dans son axe. Ah ouais, le coquin... La bibliothécaire ! Et il fait semblant de prendre un bouquin... t'in la chute. A sa place j'irais direct' lui parler... voire même l'embrasser comme ça d'un coup d'un seul pif paf pouf, emballée c'est pesée. Je l'allonge sur le bureau façon cowboy...
— Eh toi, qu'est-ce que tu regardes ?!
— Rien monsieur. 'Fin, vous avez bon goût...
— Quoi ? Non mais ça va pas de me parler comme ça ?
— Ben je vois bien que le bouquin que vous avez est tenu à l'envers hein
— (faisant mine de tousser en se raclant la gorge) Très bien jeune homme, vous avez beaucoup d'imagination. Je crois que quelques heures de colles devraient vous être profitables...
— Eh monsieur, j'ai rien fait de mal. je cherche juste une bonne BD.
— Je pense que la BD qui te conviendrait, c'est XIII, une histoire d'espionnage. Facile de s'en souvenir en plus : XIII en chiffres romains
— Je cherche à X c'est ça ?
— Oui si tu veux... Non attends un peu. Cherche plutôt par auteur.... Attends, viens avec moi, je vais te présenter à Mme B. qu'elle t'explique deux trois astuces. De toute façon je dois aller lui parler.
(in Petto) Vas-y boomer, prends moi pour con. T'as juste besoin d'une excuse pour brancher la daronne.
— C'est bon je vous suis....Vous savez plus rien ne m'étonne chez les vieux : Ma mère est rentrée vendredi dernier avec les cheveux violets...