De l’espoir en table quatre !
Leurs yeux s’écharpent entre le fromage et la poire.
Lui, enfoncé dans ses déboires. Elle, susurrant à son miroir.
Et si j’apporte une belle histoire ?
Crois-tu trouver au moins une page qui puisse souffler sur ces nuages ?
Tant qu’on évite la grande Histoire,
Il y a bien quelques passages.
Même pliés en quatre.
Qu’en est-il de la musique ?
Crois-tu donner au moins le ton, qu’ils puissent jouer à l’unisson ?
Mille notes de tous les âges !
Jazz ou dévotes, dix-mille ouvrages :
Des ritournelles, des histoires gaies ou atypiques !
Et un parfum de poésie ?
Crois-tu rougir belle fontaine leurs cœurs en manque de passion ?
Ici cascades, là gouttelettes,
Pris dans mes flots, dans mes tempêtes,
On s’attendrit, on déraisonne.
On vit.
Ils se sourient !
La table quatre s’en est allée :
Ils nous ont laissé en pourboire
Leur lassitude,
Leur solitude,
Leurs habitudes
Et n’ont gardé que leur histoire.
La lune frétille dans une flaque, Sur le bitume les pas claquent.
Vois-tu fleurir belle hirondelle leurs cœurs épris de liberté ?
La légèreté de leurs silhouettes flotte à sa guise.
Ils se soutiennent et s’entretiennent,
Je crois bien qu’ils se souviennent.
Encore fragile et délicate, l’âme est conquise.
Que vas-tu faire jolie colombe de cette branche d’olivier ?
Je vais les suivre jusqu’à l’aube, car j’ai besoin d’un peu d’espoir.
Ce tour du monde m’a attristée :
De la misère. Des guerres et des pillages.
Des gros, des maigres, de tous les âges,
Qui se disputent un bout de rien.
Moi qui croyais en l’olivier, symbole de paix symbole de bien,
Je n’ai vécu de cette tournée que l’amertume d’un jour sans fin.
Loin de son arbre, cette branche est en sursis.
Sans volonté, l’espoir devient mépris.
C’est une danse, c’est un poême ou une chanson,
Voici l’histoire d’une déesse, une immortelle
Dont on loue la beauté, dont on craint la tendresse.
Elle était reine d’un paradis terrestre au temps d’Ulysse et d’Apollon.
Mais Calypso mais
Qu’attends tu des mortels qui ne peuvent te suivre
Ils échouent dans ton sein, apprécient les plaisirs
La compagnie des nymphes, rêvant de tes caresses
Mais Calypso mais
Ta beauté éternelle alimente les rêves
Les illusions, les mythes.
Tout berger, capitaine ou héraut
Sacrifiera son âme pour pouvoir te saisir
Mais Calypso mais
Quand tu ne chantes pas,
Les passions s’affaiblissent,
Quand tu ne danses pas,
Les voyages ressurgissent
Mais Calypso mais
Les femmes donnent de l’amour
Les hommes donnent du plaisir
A choisir je préfère te regarder sourire
Qu’espérer tous les soirs de t’avoir pour toujours.
Regardez la beauté de ses courbes !
Sa blonde chevelure confondrait le soleil.
C’est le bleu de ses yeux que craignent les nuages ?
Ils couvrent orageux sa beauté sans pareil.
Elle semble flotter sur la surface inerte : Lumière de passage.
La souffrance livide et les sombres montagnes
Se reflètent à ses pieds, traqués de monstres fourbes
Elle est grande. Magnifique dans sa robe vermeil.
Apparait dans son dos cette brume profonde
Que l’hiver envahit des griffes de la nuit
Nulle feuille ne survit, ne siffle ses caresses.
Je regarde à présent ce contraste oppressant
Une gangue glacée noyée d’obscurité
Dans laquelle s’amuse cette fleur printanière
Tirant un long sillon délicat, éphémère.
Des couleurs boréales irisent ce cliché.
Laisseront elles leurs âmes au papier innocent ?
Il est temps à présent de noyer cet instant
La feuille délicate à la chaude lumière
Et enfin révéler cette muse écarlate
Caressant de magie ces tristes paysages.
Il regardait sa vie en pénurie de sens,
Sur le mur du passé sans peine il urina.
Point de rumination d’alléchants alentours :
Trop peu de souvenirs dont il eut fait un chant.
Des joies glissaient encor sur son cœur amoureux
Un signe suffirait pour que l’oie devint cygne.
Mais les mots à présent mélangeaient leurs essences.
Il regardait sa vie en pénurie de sens,
De l'ennui de ces jours au séjour de ses nuits
Il s'enivrait de vers en quête de douceur :
De ses maux de ses peines, il ferait un vitrail,
De ses pleurs de ses ombres, sans fuir il aura maille
Et sortira vain cœur. Libre a lui de l’emplir
De nous veaux, de vous vaches, mais surtout de bonheur.