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fabricationhumaine.org

La contradiction que nous trouvons entre la réalité du monde et son inachèvement, c'est la contradiction entre l'ubiquité de la conscience et son engagement dans un champ de présence. (Maurice Merleau-Ponty)

Espoir

De l’espoir en table quatre !

Leurs yeux s’écharpent entre le fromage et la poire.

Lui, enfoncé dans ses déboires. Elle, susurrant à son miroir.


Et si j’apporte une belle histoire ?

Crois-tu trouver au moins une page qui puisse souffler sur ces nuages ?


Tant qu’on évite la grande Histoire,

Il y a bien quelques passages.

Même pliés en quatre.


Qu’en est-il de la musique ?

Crois-tu donner au moins le ton, qu’ils puissent jouer à l’unisson ?


Mille notes de tous les âges !

Jazz ou dévotes, dix-mille ouvrages :

Des ritournelles, des histoires gaies ou atypiques !


Et un parfum de poésie ?

Crois-tu rougir belle fontaine leurs cœurs en manque de passion ?


Ici cascades, là gouttelettes,

Pris dans mes flots, dans mes tempêtes,

On s’attendrit, on déraisonne.

On vit.


Ils se sourient !



La table quatre s’en est allée :

Ils nous ont laissé en pourboire

Leur lassitude,

Leur solitude,

Leurs habitudes

Et n’ont gardé que leur histoire.



La lune frétille dans une flaque,  Sur le bitume les pas claquent.



Vois-tu fleurir belle hirondelle leurs cœurs épris de liberté ?


La légèreté de leurs silhouettes flotte à sa guise.

Ils se soutiennent et s’entretiennent,

Je crois bien qu’ils se souviennent.

Encore fragile et délicate, l’âme est conquise.


Que vas-tu faire jolie colombe de cette branche d’olivier ?


Je vais les suivre jusqu’à l’aube, car j’ai besoin d’un peu d’espoir.

Ce tour du monde m’a attristée :

De la misère. Des guerres et des pillages.

Des gros, des maigres, de tous les âges,

Qui se disputent un bout de rien.

Moi qui croyais en l’olivier, symbole de paix symbole de bien,

Je n’ai vécu de cette tournée que l’amertume d’un jour sans fin.


Loin de son arbre, cette branche est en sursis.

Sans volonté, l’espoir devient mépris.

Mais Calypso mais


C’est une danse, c’est un poême ou une chanson,

Voici l’histoire d’une déesse, une immortelle

Dont on loue la beauté, dont on craint la tendresse.

Elle était reine d’un paradis terrestre au temps d’Ulysse et d’Apollon.


Mais Calypso mais

Qu’attends tu des mortels qui ne peuvent te suivre

Ils échouent dans ton sein, apprécient les plaisirs

La compagnie des nymphes, rêvant de tes caresses


Mais Calypso mais

Ta beauté éternelle alimente les rêves

Les illusions, les mythes.

Tout berger, capitaine ou héraut

Sacrifiera son âme pour pouvoir te saisir


Mais Calypso mais

Quand tu ne chantes pas, 

Les passions s’affaiblissent,

Quand tu ne danses pas,

Les voyages ressurgissent


Mais Calypso mais

Les femmes donnent de l’amour

Les hommes donnent du plaisir

A choisir je préfère te regarder sourire

Qu’espérer tous les soirs de t’avoir pour toujours.

La naissance de Vénus


Regardez la beauté de ses courbes !

Sa blonde chevelure confondrait le soleil.

C’est le bleu de ses yeux que craignent les nuages ?

Ils couvrent orageux sa beauté sans pareil.


Elle semble flotter sur la surface inerte : Lumière de passage.

La souffrance livide et les sombres montagnes

Se reflètent à ses pieds, traqués de monstres fourbes


Elle est grande. Magnifique dans sa robe vermeil.

Apparait dans son dos cette brume profonde

Que l’hiver envahit des griffes de la nuit

Nulle feuille ne survit, ne siffle ses caresses.


Je regarde à présent ce contraste oppressant

Une gangue glacée noyée d’obscurité

Dans laquelle s’amuse cette fleur printanière

Tirant un long sillon délicat, éphémère.

Des couleurs boréales irisent ce cliché.

Laisseront elles leurs âmes au papier innocent ?


Il est temps à présent de noyer cet instant

La feuille délicate à la chaude lumière

Et enfin révéler cette muse écarlate

Caressant de magie ces tristes paysages.

Vers qui tendre


Il regardait sa vie en pénurie de sens,

Sur le mur du passé sans peine il urina.

Point de rumination d’alléchants alentours :

Trop peu de souvenirs dont il eut fait un chant.

Des joies glissaient encor sur son cœur amoureux

Un signe suffirait pour que l’oie devint cygne.


Mais les mots à présent mélangeaient leurs essences.


Il regardait sa vie en pénurie de sens,

De l'ennui de ces jours au séjour de ses nuits

Il s'enivrait de vers en quête de douceur :

De ses maux de ses peines, il ferait un vitrail,

De ses pleurs de ses ombres, sans fuir il aura maille

Et sortira vain cœur. Libre a lui de l’emplir

De nous veaux, de vous vaches, mais surtout de bonheur.


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