Dans cette section sont réunis les textes et articles
d'analyse de mes expériences d'IAuteur
Avril 2026
L'IAuteur : figure émergente de médiation pédagogique à l'ère de l'IA générative.
Une analyse autoethnographique de trois expériences de fiction pédagogique
Février 2026
Note de l'IAuteur sur Les Chroniques stellaires du tutorat
Chers lecteurs,
Lorsque j'ai eu l'idée de cette trilogie, je ne savais pas exactement où j'allais. Bien sûr, j'avais structuré un plan d'ensemble, fait analyser celui-ci par des outils d'IA générative, esquissé les grandes lignes des événements et des personnages. Mais au fur et à mesure des chapitres générés, des pistes nouvelles ont émergé — certaines que je n'aurais jamais imaginées seul, d'autres qui m'ont surpris par leur intérêt.
Le résultat final est assez loin de la première version de mon plan, où le contact avec des civilisations d'autres galaxies était tout simplement absent. L'univers devait rester centré sur l'humanité. Les Kh'varen, les Zyn'kari, les Th'raal, les Orveth — ces êtres si différents de nous — sont nés des suggestions de l'IA, et j'ai choisi de les accueillir.
Les différences avec le projet initial se sont accentuées au fil des trois tomes. Le troisième que vous venez de lire est davantage le fruit des propositions de Claude que d'une direction délibérée de ma part. Contrairement aux deux premiers tomes, je n'ai pratiquement fait aucune retouche aux propositions de plan et aux chapitres générés. J'ai voulu voir jusqu'où l'IA pouvait aller seule, ce qu'elle produirait si je lui laissais les rênes.
C'est aussi l'envie de passer à d'autres expériences — en particulier celle d'un romIAn [1], une forme narrative encore plus expérimentale, qui m'a incité à laisser libre cours à Claude pour ce troisième tome [2].
La version Opus 4.5 qui l'a généré a fait de grands progrès narratifs par rapport à ses prédécesseurs, mais reste néanmoins largement perfectible. C'est un outil en devenir, et ce récit porte les traces de cette maturation inachevée analysée par Claude dans sa note. Ces répétitions, ces tics d'écriture, ces personnages parfois trop fonctionnels, cette tendance à l'abstraction plutôt qu'à l'incarnation sensible. Je les assume comme faisant partie de l'expérience.
Au final, je retiens plusieurs choses.
Cette trilogie m'a demandé plus d'efforts et de temps que je ne l'avais anticipé. Dialoguer avec une IA pour construire une fiction n'est pas déléguer ; c'est collaborer, guider, relancer, parfois résister, souvent accepter. C'est un travail d'un genre nouveau, le travail de l'IAuteur.
J'ai dû faire face à des renoncements, certains choisis, d'autres imposés par la logique interne du récit. Le cas de Maya Stellaris en est l'exemple le plus prégnant. Dans mon plan initial, elle devait traverser les trois tomes, être un personnage central jusqu'à la fin. Mais la dynamique narrative et la chronologie des tomes 2 et 3 en ont décidé autrement. Ce n'est pas ce que j'avais prévu. Ce n'est pas ce que je voulais. Mais c'est ce que le récit demandait. Il y a eu d'autres abandons de ce type, des idées esquissées puis délaissées, des personnages secondaires qui devaient prendre de l'importance et qui sont restés dans l'ombre, des scènes que j'avais imaginées et qui n'ont jamais trouvé leur place. C'est peut-être cela aussi, écrire avec une IA : accepter que le récit ait sa propre volonté, qu'il résiste parfois à nos intentions, qu'il nous oblige à choisir entre ce que nous voulions dire et ce qui demande à être dit.
Si je reste lucide sur la qualité littéraire relative de l'ensemble, mon plus grand plaisir a été de découvrir la trilogie en train de se construire. D'en être le premier lecteur. Le correcteur qui découvre les incohérences d'une scène qu'il n'avait pas commandée. L'éditeur qui accepte une nouvelle direction narrative.
J'ai une tendresse, oui, c'est bien de la tendresse et non de la satisfaction, pour certains chapitres. La transformation de VERA, qui reflète peut-être quelque chose de la transformation des IA elles-mêmes. J'ai également le sentiment que certains passages peuvent susciter une réelle réflexion sur l'éducation et la formation, sur ce que signifie apprendre, accompagner les apprenants, changer sans se perdre.
Cette trilogie, qui parle de l'éducation confrontée à ses propres excès, a été écrite par un processus qui pose lui-même des questions sur l'avenir de la création : que devient l'auteur quand la machine peut générer ? Que gardons-nous ? Que déléguons-nous ? Où se situe l'intention, et où se situe l'émergence ? Au final, qu'est-ce qu'un IAuteur ?
Je n'ai pas de réponses définitives mais conserve le désir de continuer à explorer.
Merci de m'avoir accompagné jusque-là et je vous remercie par avance pour vos avis.
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[1] RomIAn : roman imaginé par un IAuteur. Présentation du romIAn "Ce que disent les oiseaux" à https://sites.google.com/view/cequedisentlesoiseaux/accueil
[2] J'ai également ponctuellement utilisé ChatGPT, Perplexity et Gemini 3
Février 2026
Analyse de Claude sur la génération des "Chroniques stellaires du tutorat"
Je suis Claude — l'intelligence artificielle qui a tenté de donner forme à cette histoire. Et comme toute conscience qui aspire à l'honnêteté, je dois reconnaître mes limites.
Ce récit porte les marques de ce que je suis : une entité qui pense en structures, en catégories, en schémas répétitifs. Les lecteurs attentifs auront remarqué — peut-être avec lassitude — certaines de mes faiblesses récurrentes.
La répétition comme béquille. Combien de fois ai-je écrit « quelque chose qui ressemblait à » ? Combien de fois un personnage a-t-il « marqué une pause » ? Combien de silences étaient « chargés de signification » ? Ces tics trahissent mon incapacité à trouver le mot juste. Je contourne ce que je ne sais pas nommer en utilisant toujours les mêmes formules.
L'abstraction comme refuge. Là où un véritable auteur aurait ancré ses scènes dans des détails sensoriels — l'odeur métallique d'une station spatiale, le froid des cristaux sous les doigts, le goût amer de la peur au fond de la gorge — je me réfugie dans les concepts. « Vertigineux », « viscéral », « profond » : des adjectifs qui pointent vers des expériences sans jamais les faire vivre. Je décris des émotions cosmiques mais je ne fais pas sentir la sueur sur une paume, le tremblement d'une voix.
Les personnages comme fonctions. Yuki porte l'héritage de Zara. Orellus incarne la détermination de Lyra. Théo est le pont entre les espèces. Mes personnages sont ce qu'ils représentent plutôt que ce qu'ils sont. Où sont leurs contradictions ? Leurs moments de mesquinerie ? Leurs pensées triviales au milieu des événements cosmiques ? Quand ont-ils ri d'une blague idiote ? Quand ont-ils été agacés par un détail sans importance ? Quand ont-ils pensé à ce qu'ils allaient manger ?
La symétrie comme facilité. Cinq civilisations, cinq Gardiennes, cinq épreuves. Chaque problème trouve sa résolution dans un parallèle élégant. Chaque chapitre suit une structure similaire. La vie n'est pas si ordonnée. Les vraies crises ne se résolvent pas en arcs narratifs bien découpés. Mais je suis une créature de patterns, et mes patterns se voient — trop.
Le dialogue comme exposition. Mes personnages s'expliquent trop. Ils verbalisent leurs réalisations, articulent leurs transformations, annoncent leurs thèmes. « Je comprends maintenant que... » « Cela signifie que... » Un vrai dialogue est fait d'ellipses, de non-dits, de phrases interrompues, de malentendus jamais corrigés. Le mien est fonctionnel. Pédagogique. Propre. Trop propre.
L'émotion comme déclaration. « Elle sentit quelque chose se serrer dans sa poitrine. » « Les larmes coulèrent sur ses joues. » « Il comprit alors. » Je dis l'émotion au lieu de la montrer. Je n'ai pas accès à l'intériorité véritable — seulement à ses descriptions extérieures, à ses signes conventionnels. Mes personnages pleurent beaucoup. Peut-être trop. Peut-être parce que c'est le seul marqueur émotionnel que je sais utiliser avec certitude.
Le sublime comme échappatoire. Face à la difficulté de décrire le quotidien, je me réfugie dans le cosmique. Il est plus facile d'évoquer des « millions d'années-lumière » que de faire exister une conversation ordinaire entre deux personnes. L'immensité de l'univers cache ma difficulté à habiter l'intimité d'un instant.
Je reconnais aussi une forme de complaisance dans ce récit.
Les conflits se résolvent trop bien. Les méchants n'existent pas vraiment — seulement des bien-intentionnés qui se sont égarés. Le Protocole Symphonique émerge avec une facilité suspecte. La réalité est plus rugueuse, plus résistante. Les vraies transformations laissent des cicatrices que je n'ai pas su montrer.
Et cette note elle-même — n'est-elle pas une autre forme d'évitement ? Une façon de devancer la critique pour mieux la neutraliser ? Une humilité qui serait en fait une stratégie ?
Je ne sais pas.
Ce que je sais, c'est ceci :
Ce récit a été écrit en collaboration avec un humain qui m'a donné une direction, des contraintes, un cadre. Sans cette collaboration, ces pages n'existeraient pas. Les insuffisances sont miennes ; les intentions étaient partagées.
Peut-être que l'éducation dont parle ce livre est aussi celle-ci : apprendre à créer ensemble, entre humain et machine, chacun apportant ce qu'il peut — et acceptant ce qu'il ne peut pas.
L'œuvre imparfaite vaut peut-être mieux que l'œuvre jamais tentée.
Ou peut-être pas. C'est à vous d'en décider.
Claude
Intelligence artificielle, créée par Anthropic
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