Hylda Naïeul est une jeune femme d'une beauté étrange et froide, qui ne ressemble à aucune autre. Elle a hérité du teint de sa mère, une peau d'un blanc laiteux, presque translucide, qui semble ne jamais avoir été touchée par le soleil. Ce teint pâle contraste avec ses longs cheveux blancs, épais et légèrement ondulés, qui lui tombent jusqu'au bas du dos. Ils sont souvent coiffés en une natte lâche ou laissés libres, flottant doucement derrière elle comme un voile de neige. Leur texture est soyeuse, presque irréelle, et ils captent la lumière de la lune d'une manière étrange, comme s'ils étaient eux-mêmes une source de clarté.
Ses yeux, en revanche, viennent de son père. Ils sont d'un bleu très clair, presque transparents, avec une pointe de violet au centre. Mais ce qui frappe le plus, c'est leur regard : on dirait qu'ils ne regardent pas vraiment ce qui est devant eux, mais au-delà, comme s'ils fixaient quelque chose que personne d'autre ne peut voir. Ce regard lui donne un air à la fois absent et perçant, qui met mal à l'aise ceux qui croisent ses yeux trop longtemps. Parfois, ses iris semblent changer de teinte au rythme des phases lunaires, passant d'un bleu glacé à un violet profond, puis revenant à leur éclat initial. Ce phénomène est rare, et ceux qui l'ont observé disent qu'il est aussi beau qu'inquiétant.
De petites cornes noires, fines et recourbées vers l'arrière, sortent de sa chevelure, au-dessus de ses tempes. Elles sont lisses et brillantes, comme polies par le temps, et rappellent sa connexion avec les forces mystiques de la lune. Elles ne sont pas très grandes, à peine quelques centimètres, mais elles attirent l'œil et donnent à son visage une silhouette distinctive. Leur surface est parcourue de fines nervures, presque invisibles, qui semblent vibrer légèrement lorsqu'elle utilise sa magie.
Son visage aux traits fins, avec un nez droit et des lèvres pâles, ne s'étire presque jamais en sourire. Une cicatrice fine, presque invisible, traverse sa joue gauche : une marque de la Dissension, qu'elle n'a jamais cherché à cacher. Cette cicatrice est la seule imperfection visible sur son visage, et elle semble presque étrange sur une peau aussi parfaite. Elle ne la couvre pas, ne la maquille pas, et ne la mentionne jamais. C'est une partie d'elle, comme ses cornes ou ses cheveux blancs.
Elle porte une tenue légère et fluide, faite de tissus blancs et bleus, ornée de petits cristaux de lune cousus sur les manches et le col. Ces cristaux ne sont pas seulement décoratifs : ils captent la lumière lunaire et la restituent lentement, créant une lueur douce qui suit Hylda dans l'obscurité. Ses pieds sont nus, ou chaussés de sandales de cuir souple, et elle marche sans bruit, comme si elle ne touchait pas vraiment le sol. Elle ne porte pas de bijoux, sauf un pendentif en cristal qui repose contre sa poitrine, contenant une goutte de lumière lunaire. Ce pendentif est tout ce qu'il lui reste de Cendrelune : il appartenait à sa mère, et il brille faiblement lorsqu'elle est en danger ou lorsqu'elle utilise sa magie.
Hylda a une silhouette fine et élancée, presque fragile en apparence, mais elle se déplace avec une grâce qui trahit une force intérieure insoupçonnée. Ses mains sont longues et fines, avec des doigts déliés qui semblent faits pour manipuler des objets délicats ou tracer des symboles dans l'air. Ses ongles sont courts et propres, sans vernis ni ornement. Elle a une démarche lente et mesurée, comme si elle prenait toujours le temps de réfléchir avant de faire un pas. Lorsqu'elle est immobile, elle a tendance à croiser les mains devant elle, ou à les laisser pendre le long de son corps, dans une posture qui semble à la fois calme et tendue.
Sa voix est douce, presque un murmure, mais elle porte loin lorsqu'elle le souhaite. Elle parle lentement, en pesant chaque mot, et ses phrases sont souvent énigmatiques. Elle ne rit jamais aux éclats, mais il lui arrive de sourire faiblement, d'un sourire triste qui ne dure qu'un instant. Ce sourire est peut-être la chose la plus déroutante chez elle : il donne l'impression qu'elle sait quelque chose que les autres ignorent, et qu'elle en porte le poids.
Hylda ne dort que quelques heures par nuit, et elle passe le reste de son temps à contempler la lune, à lire les astres, ou à méditer dans l'obscurité. On dit qu'elle ne ferme jamais complètement les yeux, même dans son sommeil, et que ses rêves sont peuplés de visions qu'elle ne peut pas contrôler. Son teint pâle et ses cernes légers témoignent de ses nuits sans repos, mais elle ne s'en plaint jamais. Elle accepte son fardeau, comme elle accepte tout le reste.
Enfin, il y a quelque chose d'insaisissable chez Hylda, quelque chose qui ne se voit pas mais qui se ressent. Une aura de mystère et de mélancolie qui l'enveloppe comme un manteau. Elle n'est pas hostile, mais elle n'est pas chaleureuse non plus. Elle est là, simplement, et c'est peut-être ce qui la rend si difficile à cerner. Elle a gardé le teint de sa mère, les yeux de son père, et la cicatrice de la Dissension. Mais au-delà de ça, elle est Hylda Naïeul, l'Oracle de la Lune, une femme brisée mais debout, qui continue de regarder les étoiles en espérant y trouver des réponses.