Le travail invisible  / Invisible labor

Par « travail invisible » nous entendons l’ensemble des formes de travail qui échappent le modèle traditionnel de l’emploi salarié et qui ne sont pas reconnues, dans un sens monétaire et/ou symbolique, au point que même leur nature de « travail » est contestée. Le travail invisible se déroule derrière les coulisses du travail plus reconnu et valorisé. Vue sa nature « limite » par rapport à nos catégories établies, il peut servir de prisme pour l’approfondissement de plusieurs enjeux, de la reconnaissance aux dynamiques de ségrégation sociale à la remise en question des suppositions normatives derrière ce qui compte comme « travail ». Le séminaire explore le sujet d’une perspective à la fois philosophique et interdisciplinaire, avec la participation de plusieurs chercheur.e.s invité.e.s. Le cours prévoit une partie conceptuelle et une partie appliquée. La partie conceptuelle examinera la notion de « travail » et les défis posés par sa définition, aussi bien que le concept d’« invisibilité » au sens philosophique, à l’appui entre autres des théories de la reconnaissance et de la perception sociale. Ensuite, nous explorerons plusieurs cas paradigmatiques et hétérogènes de travail invisible.

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The concept of “invisible work” describes the forms of work that fall outside the traditional model of wage employment and that are not recognized—either monetarily and/or symbolically—to the point that even their status as “work” is disputed. Invisible work takes place behind the scenes of more widely recognized and valued work. Given its “liminal” nature in relation to our established categories, it can serve as a lens for exploring a range of issues, from recognition to the dynamics of social segregation to the questioning of the normative assumptions underlying what counts as “work.” The seminar explores the topic from both a philosophical and interdisciplinary perspective, with the participation of several guest researchers. The conceptual part of the seminar will examine the notion of “work” and the challenges posed by its definition, as well as the concept of “invisibility” in the philosophical sense, drawing, among other things, on theories of recognition and social perception. Next, we will explore several paradigmatic and diverse cases of invisible labor.


Le cours vise à familiariser les étudiant.es avec les principales théories et enjeux contemporains de l’éthique, afin de solliciter leur réflexion morale et leur esprit critique. Le cours est organisé en deux parties. La première partie approfondit les grandes théories éthiques à l’appui d’exemples concrets et d’études de cas, notamment l'utlitarisme de l'acte et de la règle, l'éthique déontologique, l'éthique des vertus et l'éthique du soin. La seconde partie explore certains enjeux en bioéthique et neuroéthique, aussi bien que les liens entre santé et justice sociale, notamment en matière d’allocation de ressources au niveau local et d’obligations morales à l’échelle mondiale. Dans l’ensemble, la méthodologie du cours privilégiera une approche orientée par les problèmes. Au lieu de présenter de manière exhaustive les thèses et les thèmes du débat en éthique, il s’agit plutôt d’apprendre à saisir la complexité des enjeux et à mobiliser diverses perspectives et méthodologies. Chaque séance se déroule en deux temps, comprenant une section théorique de lecture magistrale, ainsi qu’une section pratique impliquant des ateliers de discussion et d’écriture autour de dilemmes éthiques. 

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The course aims to familiarize students with the main theories and contemporary issues in ethics, in order to stimulate their moral reasoning and critical thinking. The course is organized into two parts. The first part explores major ethical theories in depth, using concrete examples and case studies, namely act and rule utilitarianism, dentological ethics, virtue ethics and care ethics. The second part explores certain issues in bioethics and neuroethics, as well as the links between health and social justice, particularly regarding the allocation of resources at the local level and moral obligations on a global scale. Overall, the course methodology will prioritize a problem-oriented approach. Rather than providing an exhaustive presentation of the theses and themes of the ethical debate, the goal is to learn to grasp the complexity of the issues and to draw on diverse perspectives and methodologies. Each session is divided into two parts: a theoretical section through a lecture, and a practical section involving discussion and writing workshops about ethical dilemmas.


Le cours vise à familiariser les étudiant.es avec le débat philosophique contemporain sur le travail. Chaque séance explorera une question philosophique principale. Tout d’abord, nous examinerons le problème de la relation entre travail et épanouissement de soi à la lumière du « principe aristotélicien » et des théories du « meaningful work ». Ensuite, nous nous arrêterons sur les théories « post-travail » qui contestent la centralité éthique et politique du travail ; dans ce contexte, le problème de l’automatisation du travail sera également exploré. La suite du cours approfondira les questions de justice sociale du travail, notamment par rapport aux « biens non monétaires » du travail et aux questions de redistribution connexes, y compris les valeurs de liberté et d’égalité dans un sens républicain au travail. Le cours s’arrêtera ensuite sur le problème de l’égalité des chances tel que formulé par l’approche de la « justice contributive », aussi bien que sur les critiques féministes de la division genrée du travail et le travail migrant, notamment par rapport à la question des "travailleurs hotes." Dans la troisième partie du cours nous aborderons le problème de l’obligation morale de travailler et en particulier si, au besoin (par exemple en cas de pandémie), l’état aurait le droit de forcer les gens à rendre service à travers la conscription – ce qu’on appelle la « justice productive ». Nous traiterons finalement le problème des responsabilités des conditions de travail pénibles (ex., les sweatshops) à l’échelle mondiale.

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The course aims to familiarize students with the contemporary philosophical debate on work. Each session will explore a key philosophical question. First, we will examine the relationship between work and self-fulfillment in light of the “Aristotelian principle” and theories of meaningful work. Next, we will focus on “post-work” theories that challenge the ethical and political centrality of work; in this context, the issue of labor automation will also be explored. The course will then delve deeper into issues of social justice in the workplace, particularly with regard to the “non-monetary goods” of work and related questions of redistribution, including the values of freedom and equality in a republican sense in the workplace. The course will then address equality opportunity as formulated by the “contributive justice” approach, as well as feminist critiques of the gendered division of labor and migrant labor, particularly with regard to guest workers. In the third part of the course, we will address the problem of whether we have a moral obligation to work and, in particular, whether, if necessary (for example, in the event of a pandemic), the state would have the right to force people to perform labor through conscription—what is known as “productive justice.” Finally, we will address the issue of responsibility for harsh working conditions (e.g., sweatshops) on a global scale.

La discrimination: débats philosophiques contemporains / Discrimination: contemporary philosophical debates

In the public arena, there is a certain consensus that discrimination is morally reprehensible: faced with an apparent episode of discrimination, we often react with indignation. Contemporary philosophical debate, however, is characterized by a degree of disagreement. In particular, on two issues: what discrimination is, and why it is morally objectionable. Neither problem has a simple solution, and the issue becomes even more complex when faced with the subject of affirmative action. This seminar aims to explore some of this rich debate. The first part of the course will be devoted to the questions: what exactly does it mean to discriminate? In the second part, we will look at some of the answers that contemporary philosophers have given to the question of the objectionable nature of discrimination. In the third part, we'll take a closer look at various forms of discrimination in various social and economic contexts, while highlighting their relevance to moral reflection - notably immigration (in the selection of immigrants on the basis of “skills”), the labour market, as well as algorithmic and digital discrimination. Finally, we will explore certain forms of discrimination in the private sphere, notably “intimate discrimination” and the discrimination of physical appearances (“lookism”).

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Dans l’espace public, il existe un certain consensus selon lequel la discrimination est moralement repréhensible : face à un épisode apparent de discrimination, nous réagissons souvent avec indignation. Le débat philosophique contemporain est cependant caractérisé par un certain désaccord. Notamment, par rapport à deux problèmes : ce que la discrimination est, et les raisons qui la rendent moralement répréhensible. Aucun de ces deux problèmes n’est de simple solution, et la question devient encore plus complexe face au sujet de l’action positive. Ce séminaire vise à explorer une partie de ce riche débat. La première partie du cours sera consacrée aux questions : qu’est-ce que ça veut dire, exactement, discriminer ? Dans la seconde partie, nous examinerons plusieurs réponses que les philosophes contemporain.es ont donné à la question du caractère répréhensible de la discrimination. Dans la troisième partie, nous approfondirons diverses formes de discrimination dans des contextes sociaux et économiques variés, tout en mettant en lumière leur intérêt dans la réflexion morale – notamment l’immigration (dans la sélection des immigrants sur la base des « habilités »), le marché du travail, et la discrimination algorithmique et digitale. Finalement, nous explorerons certaines formes de discrimination dans la sphère privée, notamment la « discrimination intime » et la discrimination des apparences physiques (« lookism »).


Qu'est-ce que l'égalité, et pourquoi s'en soucier ?  / What is equality, and why does it matter?

Equality is a contested concept. Disagreements concern not only the weight to be attributed to equality with regard to other values such as freedom, merit or need, but also the various criteria of justice, such as sufficiency or priority. In addition, there are a number of theories as to the very meaning to be attributed to the term. The course examines the different answers that political philosophers have given to Amartya Sen's question: "Equality of what?" We will explore the foundations of the critiques of inequality: why and under what circumstances are inequalities objectionable? Among the concepts that we will examine: fair and formal equality of opportunity, democratic equality, equality of opportunity for well-being, equality of well-being, equality of resources, equality of access to advantages, complex equality, and social or relational equality. We will also study the main objections to egalitarian arguments, such as the "levelling down objection." The aim is to provide students with a nuanced and in-depth understanding of the problem through a critical examination of the various ways in which equality has been defined, justified and challenged within the contemporary philosophical-political debate.*L’égalité est un concept contesté. Les divergences concernent non seulement la prépondérance à attribuer à l’égalité face à d’autres valeurs telles que la liberté, le mérite ou le besoin, mais également les divers critères de justice, tels que la suffisance ou la priorité. De surcroît, il existe une pluralité de théories quant au sens même à accorder au terme. Le cours examine les différentes réponses que les philosophes politiques ont données à la question d’Amartya Sen : « De quelle égalité parlons-nous ? ». Nous explorerons les fondements sur lesquels reposent les critiques des inégalités : pourquoi et dans quelles circonstances les inégalités sont-elles susceptibles d'être contestées ? Parmi les concepts examinés : la juste égalité des chances et l'égalité des chances formelle, l'égalité démocratique, l’égalité des chances pour le bien-être, l'égalité de bien-être, l’égalité des ressources, l’égalité d'accès aux avantages, l’égalité complexe, l’égalité sociale ou relationnelle. Nous étudierons également les principales objections aux arguments égalitaristes, telles que l'objection du "nivellement par le bas." L’objectif est de fournir aux étudiant.es une compréhension nuancée et approfondie du problème, à travers un examen critique des diverses manières dont l’égalité a été définie, justifiée et remise en cause au sein du débat philosophique-politique contemporain. 

Paradigmes de justice : la redistribution et ses critiques / Paradigms of justice: redistribution and its critics


Theories of justice differ not only in the values and principles they uphold, but also in their underlying presuppositions about what issues a theory of justice should address and how (e.g. prevailing terminology, preferred lines of reasoning, etc.). These substantive differences in approach are what Iris Marion Young (1990) described as "paradigms of justice". For example, according to this reading, the "distributive paradigm" sees justice issues primarily in terms of the redistribution of goods or resources. Critics of this paradigm argue that it omits other important normative dimensions, such as social recognition, the quality of social relations, or what individuals can do (capabilities), including issues related to their contribution to social cooperation. The course explores the issues at stake in this debate, focusing on the most emblematic theories of the most debated justice paradigms: distributive, recognition-based, capability-based and contributive. We will examine the scope and limits of each of these theories to better understand how they shape ideas of of social justice.

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Les théories de la justice se distinguent non seulement par les valeurs et principes qu’elles défendent, mais également par leurs présupposés sous-jacents concernant les questions qu’une théorie de la justice devrait aborder et la manière de le faire (par exemple, la terminologie prévalente, les lignes de raisonnement privilégiées, etc.). Ces différences de fond dans les approches sont ce qu’Iris Marion Young (1990) a décrit comme les « paradigmes de justice ». Par exemple, le « paradigme distributif » considère les enjeux de la justice principalement sous l’angle de la redistribution des biens ou des ressources. Les critiques de ce paradigme soutiennent qu’il omet d’autres dimensions normatives importantes, telles que la reconnaissance sociale, la qualité des relations sociales, ou ce que les individus peuvent faire (capabilités), y compris les problèmes liés à leur contribution à la coopération sociale. Le cours explore les enjeux de ce débat en se concentrant sur les théories les plus emblématiques des paradigmes de justice les plus discutés : distributif, de la reconnaissance, des capabilités, et contributif. Nous examinerons la portée et les limites de chacune de ces théories pour mieux comprendre comment elles façonnent notre vision de la justice sociale. 

Le temps libre : enjeux éthiques et politiques / Free time: ethical and political concerns


Le temps libre (ou « temps discrétionnaire ») est souvent défini comme le temps consacré à la poursuite de fins que nous avons librement choisies, sans la contrainte de fins ultérieures (ou même : l’état d’être « sans fins »). Sa disponibilité est cependant limitée et sa répartition sociale inégalitaire. Ce n’est pas un hasard qu’il a fait l’objet de luttes politiques depuis longtemps, de la journée de travail plus courte à la « conciliation travail-vie » et le « droit à la déconnexion ». Le temps libre a une histoire sociale peut-être inattendue. Si à la fin du 19ème siècle Thorstein Veblen a créé l’expression « classe de loisir » pour désigner la fonction de distinction sociale et de « consommation ostentatoire » du loisir chez les classes supérieures, signalant leur affranchissement exclusif du domaine de la nécessité, aujourd’hui la situation semble renversée : c’est le fait d’être très « occupé.es » à signaler un statut social élevé (Bellezza et al. 2017). Faudrait-il considérer le temps libre comme un bien susceptible de redistribution équitable, au même titre que d’autres biens qui font plus souvent l’objet des théories de la justice ? À l’appui d’arguments de liberté (Rose) et égalité complexe (Walzer), plusieurs philosophes contemporain.es répondent par l’affirmative. Vue la complexité de la division sociale du temps libre, spécialement à l’ère de l’« accélération sociale » (Rosa), la question se mesure à des défis. Les axes sociaux d’inégalité temporelle ne se limitent pas uniquement à la classe et à ses perceptions sociales – la division genrée du travail de soin étant un exemple. Ce dernier montre également que les frontières entre le « temps improductif » et le « temps productif » sont bien plus floues qu’il n'y paraît. De même, l’usage pervasif des plateformes numériques tend à mêler la sphère du loisir avec celle de la production de valeur, d’où les termes « playbour » ou « weisure ». Les nouvelles technologies, qui étaient censées nous faire gagner du temps, créent davantage de « travail fantôme » selon des logiques d’« hétéronomation », là où nous pensions nous consacrer à davantage de loisir. 
Le séminaire explore les enjeux normatifs du temps libre par le biais d’une sélection de textes contemporains hétérogènes, sous quatre angles principaux : 1) la justice distributive du temps libre, y compris les enjeux de « justice circadienne » et les arguments environnementaux pour la réduction du temps de travail ; 2) les philosophies « post-travail », défendant la revalorisation du temps libre et de la paresse contre la culture du sur-travail, inspirée par un idéal de vie ludique  ; 3) la théorie de l’accélération sociale, et 4) l’impact du travail de soin et du numérique sur le temps libre. Nous nous arrêterons également sur un cas concret plus spécifique : les enjeux soulevés par le « temps morts » de la bureaucratie.
*The seminar explores the normative theories of free time in the recent philosophical debate. The first part examines contemporary theories of distributive justice of free time, including the problems of temporal inequalities with regard to care work and age. The second part addresses post-work arguments on the value of free time and their critiques, including the analysis of some ethical and political concerns raised by idleness. The third part explores various topics, with particular attention to accelerationist theories and the problem of the shrinking of (free) time (e.g., the "rat race," "time pressure," etc.), as well as the problem of the increasingly blurred boundaries between the time of work and free time. 

Contre l'infériorité sociale : approches contemporaines  / Against social inferiority: contemporary approaches


Le séminaire explore le débat contemporain sur l'égalité. Dans la première partie, il examine certaines des théories les plus importantes de l'égalité distributive. Dans la deuxième partie, il examine le "tournant relationnel" dans le débat contemporain sur l'égalité, à l'appui des textes fondateurs de l'égalitarisme relationnel. La troisième partie explore quelques exemples d'application de l'égalitarisme relationnel à certains problèmes concrets, à savoir les micro-agressions, les hiérarchies au travail, les inégalités en matière de santé dans le monde.*The seminar explores the contemporary debate about equality. In the first part, it examines some of the most prominent theories of distributive equality. In the second part, it examines the "relational turn" in the contemporary debate about equality, through the foundational texts of relational egalitarianism. The third part explores some examples of application of relational egalitarian views to some real world problems, i.e., micro-aggressions, work hierarchies, global health inequalities.

Philosophies du travail  / Philosophies of Work


Le cours présente aux étudiants certaines des philosophies du travail les plus discutées dans le débat contemporain. Chaque cours s'articule autour d'une question clé : le travail doué de sens (meaningful work), doit-il être un droit garanti par l'État ? Avons-nous un devoir moral de travailler ? Est-il juste de recevoir des avantages distributifs sans travailler ? L'État peut-il légitimement obliger les individus à fournir des services en cas de besoin (par exemple, lors d'une pandémie) ? Le travail socialement nécessaire devrait-il être réparti autrement et, dans l'affirmative, comment et sur la base de quels principes ? Les consommateurs des pays riches sont-ils responsables des mauvaises conditions de travail dans les pays en développement ?*The course introduces students to some of the most prominent philosophies of work in the contemporary debate. Classes are developed around some key political questions: should meaningful work be a right guaranteed by the state? Do we have a moral duty to work? Is it just to receive distributive benefits without working? Can the state rightfully force individuals to provide services in times of need (e.g., during a pandemic)? Should socially necessary labor be distributed alternatively and if so, how and based on which principles? Are consumers from wealthy countries responsible for the bad working conditions of developing countries?

AI and Privacy, Autonomy, Fairness, and Responsibility


AI technologies are rapidly impacting all sectors - from healthcare, recruitment, provision of loans to transportation and education. The course explores some of the ethical challenges raised by AI applications by analyzing several case studies (e.g., surveillance, persuasive technology, algorithmic bias, automated decision-making) through the lenses of four key concepts: privacy, autonomy, fairness, and responsibility. While they do not capture all the ethical concerns raised by AI, they introduce some of the key themes of the debate. We will explore questions such as: what is "datafication," and why are data deemed the "new oil"? Why privacy matters, even if you have "nothing to hide"? Is algorithmic bias inevitable, and how does it translate into discriminatory practices? (How) can autonomous systems make ethical decisions, and who is responsible when something goes wrong?

Inderdiscplinary Perspectives on Automation (readings in ethics, political philosophy, sociology, and economics)


The prospect of automation has historically raised two main types of reactions: fears of mass unemployment and economic disruption on the one hand, and hopes for a future finally free from drudgery on the other ("robot" originally meaning "forced labor"). The course provides students with tools to understand the complexities of the problem of automation. Technological change is introducing massive transformations in the way we think of, experience, and organize work. Examples include surveillance through algorithmic management; automated recruitment practices; the increasing reliance on algorithms in the professions; the outsourcing of "taskified" AI micro-work to developing countries; the creation of new tasks behind the scenes of technology ("ghost work"); and the increasingly blurred line between the time of work and free time, as testified by the concepts of "data labor" and "playbor." The course offers resources to navigate the debate about automation and the future of work, through interdisciplinary readings in ethics, political philosophy, sociology, and economics. 

The Ethics and Politics of Work


Many think that work is necessary for a virtuous life, while others believe that more free time is essential for a meaningful existence. The course familiarizes students with the philosophical debate about work, exploring its main themes, normative frameworks, and key arguments, with particular attention to ethical questions. Among the questions explored: what is the role of work in the good life, and is it necessary for self-realization? What goods does work provide beside pay? What counts as meaningful work? What is the work ethic? What are the ethical implications of automation? What is the relation between the values of autonomy, equality, and efficiency with regard to work? What are some of the ethical problems of the way in which societies organize work?

Les théories de la justice de l'utilitarisme à l'approche des capabilités  / Theories of justice: from Utilitarianism to the Capabilities  Approach

Qu'est-ce qu'une société juste ? Pourquoi une forme d'organisation ou une politique devrait-elle être qualifiée d'injuste ? Sur quelle base le critère de l'égalité doit-il être préféré à celui de la liberté, du besoin, du bien-être ou du mérite ? Le cours examine les principales réponses à ces questions dans la philosophie politique et l'éthique contemporaines, à partir d'une sélection de textes modernes et contemporains, de John Stuart Mill à l'approche par les capacités.*What is a just society? Why should one form of social organization or policy be called unjust? On what basis should the criterion of equality be preferred to that of freedom, need, well-being, or merit? The course examines the main answers to these questions in contemporary political philosophy and ethics, based on a selection of modern and contemporary texts, from John Stuart Mill to the capability approach. 

Les enjeux normatifs du travail / Normative concerns of work

Le cours explore certaines des enjeux normatifs du travail dans le débat contemporain. Tout d'abord, il explore le problème du travail doué de sens (meaningful work), ce qu'il est et s'il devrait être un droit garanti par l'État. Ensuite, il examine le problème de la réalisation de soi par rapport au travail : ce que cela signifie, et si le travail devrait jouer un rôle particulier dans nos idées d'épanouissement. Ensuite, nous explorerons la relation entre la justice distributive et le travail, en accordant une attention particulière aux débats sur le revenu de base universel et au problème du "surfeur de Malibu". Nous aborderons ensuite le problème du travail socialement nécessaire et de sa division sociale, en examinant les propositions visant à le redistribuer différemment sur la base des principes d'égalité des chances et d'"égalité complexe". Nous nous concentrerons ensuite sur les critiques féministes de la division genrée du travail. Les derniers cours porteront sur la démocratie au travail, les arguments qui la défendent et ceux qui s'y opposent.*The course explores some of the normative concerns raised by work in the contemporary debate. First, it explores the problem of meaningful work, what it is and whether it should be a right guaranteed by the state. Second, it examines the problem of self-realization with regard to work: what it means, and whether work should play a special role in people's ideas of fulfillment. Then, we will explore the relationship between distributive justice and work, with particular attention to debates on Universal Basic Income and the "Malibu surfer" problem. We will address then the problem of socially necessary labor and its social division, considering proposals to redistribute it in a different way based on principles of equality of opportunity and "complex equality." We will then focus on the feminist critiques to the gendered division of labor. The final classes will focus on workplace democracy, the arguments defending it and those against it. 

2017/2018 - Graduate workshop, École des Hautes Études en Sciences Sociales, Paris

Spring 2016, Teaching Assistant (prof. L. Caranti), undergraduate/graduate courses, Università di Catania

Coordinator