Une mobilisation intersyndicale est organisée le mardi 10 mars dans notre secteur sanitaire, social et médico-social. Cette journée est l’occasion de nous faire entendre collectivement sur des questions essentielles : les salaires, les conditions de travail et l’avenir de nos métiers.
Dans notre fondation, les chiffres parlent d’eux-mêmes.
En 2024, 48 % de l’effectif total avait moins de trois ans d’ancienneté, soit près d’un salarié sur deux.
À l’inverse, 25 % des salarié·es (662 personnes) ont entre 3 et 10 ans d’ancienneté, et 31 % (819 salarié·es) ont plus de 10 ans d’ancienneté, parfois jusqu’à 35 ans de carrière.
La réalité de nos établissements est là, d'un côté des équipes stables et de l’autre un turn-over extrêmement important. Cette rotation permanente a des conséquences concrètes dans les services : il faut sans cesse réapprendre à travailler ensemble, recréer de la confiance, découvrir le fonctionnement des équipes et apprendre à connaître les personnes que nous accompagnons et soignons.
Cette instabilité pèse sur les collectifs de travail. Elle génère du stress, de la fatigue et dégrade nos conditions de travail. Pour le dire avec des chiffres : 18 304 journées d’absence liées aux accidents du travail et aux maladies professionnelles en 2024. Un tel niveau ne peut pas être considéré comme normal dans un secteur dont la mission est justement de prendre soin des autres !
Mais la question des salaires reste centrale. Aujourd’hui, les négociations dans notre secteur sont au point mort. Avec le vote de la loi de financement de la Sécurité sociale, aucune revalorisation significative de nos salaires ne doit être attendue si nous restons passifs. Le gouvernement fait la sourde oreille aux revendications du secteur et préfère orienter ses priorités budgétaires ailleurs, tandis que des dizaines de milliers de foyers parmi les plus fortunés continuent d’échapper largement à l’impôt.
Cette injustice se répercute directement sur nos établissements, dont beaucoup restent sous tension budgétaire.
Dans le même temps, les négociations des conventions collectives 66, 51 et de la future convention collective unique sont aujourd’hui bloquées. Les représentants employeurs expliquent attendre des engagements financiers du gouvernement, qui pour l’instant ne viennent pas. Résultat : aucune avancée salariale concrète pour les salarié·es du secteur.
Pourtant, au niveau de notre fondation, des choix existent. En 2024, la Fondation Léopold Bellan a dégagé près de 2 millions d’euros d’excédent. Dans le même temps, les frais de siège imputés aux établissements ont fortement augmenté, passant de 2,94 % à 3,4 %, soit 7,16 millions d’euros en 2024 contre 5,23 millions en 2023, une hausse de près de 2 millions d’euros.
Autrement dit, nos établissements doivent faire toujours plus avec toujours moins, tandis que les équipes continuent de subir la pression sur les effectifs, les salaires et les conditions de travail.
Face à cette situation, une question doit être posée clairement :
quelles décisions concrètes sont prises pour améliorer nos salaires, stabiliser les équipes et protéger nos conditions de travail ?
La journée du 10 mars est l’occasion de porter ces revendications collectivement.
Auprès du gouvernement, auprès des députés, auprès de notre fondation.
Dans les négociations comme dans les choix politiques, seule la mobilisation permet de peser. L’absence de réaction collective est trop souvent interprétée comme une acceptation de notre situation et nos revendications continueront d’être reléguées au second plan.
Mobilisons-nous le 10 mars
Pierre-Paul Seince
Membre du bureau CGT Fondation Leopold Bellan
Après de multiples séances de négociation et compte tenu le peu d'apport spécifique fondation, la CGT a décidé de ne pas être signataire de l'accord QVT. cependant, nous avons proposé avant l'été d'ouvrir de nouvelle négociation afin de permettre la mise en place d'un accord.
Nous sommes des salarié·es de la Fondation et nous refusons que les droits reculent, que les plannings explosent et que la qualité se fasse sans moyens. La CGT FLB, c’est un collectif qui négocie, défend, propose — avec transparence. Sur ce site vous trouverez des tracts à imprimer, nos déclarations syndicales, des comptes rendus de négociation...
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