Le but de cette veille est ici d’identifier les principales forces idéologiques, sociales, politiques, légales, économiques ou environnementales qui peuvent faciliter, freiner ou empêcher le développement ou l’adoption de notre innovation par les utilisateurs potentiels.
Figure 8 : Production actuelle d'hydrogène en France
Principe :
Surveiller les tendances des opinions, idées, communautés mais aussi les mœurs des populations.
L'hydrogène, une énergie ?
FAUX
C'est un vecteur énergétique, il doit donc être produit par une énergie existante.
L'hydrogène ne pollue pas ?
FAUX
Sa fabrication est principalement
réalisée à partir d’énergie fossiles.
Une solution miracle ?
FAUX ET VRAI
Seul, il n’est pas une solution miracle, il doit être accompagné de
mesures de maîtrise de l’énergie et d’efficacité énergétique et produit à partir d’énergie renouvelable.
Dangereux et inflammable ?
FAUX ET VRAI
Son usage en milieu industriel est maîtrisé depuis longtemps et pour les autres usages le risque est similaire à celui du gaz
Les microorganismes sont dangereux pour notre santé ?
ÇA DEPEND
En fonction de leur genre et famille, les microorganismes seront plus ou moins dangereux. La priorité est d'utiliser des souches inoffensives.
Les acteurs qui pourraient être concernés par cette innovation :
Figure 9 : Schéma simplifié de la chaîne de valeur de l'hydrogène
Le secteur de l’industrie :
80% de sa fabrication => produire de l’ammoniac pour l’industrie des engrais et du raffinage.
Aussi un réactif dans la chimie, l’industrie du verre, l’électronique, la métallurgie.
Les réseaux :
La production d’électricité française est largement d’origine nucléaire + une progression constante des énergies renouvelables dans le mix électrique.
Le secteur du transport :
Les voitures à hydrogène principalement
=> Il devient important de trouver de nouvelles solutions pour remplacer les véhicules thermiques émetteurs de CO2.
Figure 10 : Tableau comparatif de différents paramètres entre des batteries, l'hydrogène et le GNV
Le stationnaire :
Avec l’intermittence des énergies renouvelables installées sur les bâtiments, l’hydrogène pourrait s’avérer intéressant notamment lors des coupures momentanées.
Aujourd’hui, le complément est majoritairement de type fossile mais l’énergie créée par l’hydrogène pourrait le remplacer.
Les acteurs pratiquant la méthanisation :
Intégration facile à leurs appareils afin de produire également de l’hydrogène.
Figure 11 : Carte de France contenant la concentration de la demande projetée d'hydrogène d'ici 2030
On retient une augmentation des ventes de 84% par rapport à 2020 dans le monde.
Cette évolution peut être bénéfique pour notre innovation puisqu’une hausse des consommation de voitures à hydrogène amènerait inéluctablement à une augmentation de la production de l’hydrogène et ainsi à des recherches plus poussées dans ce secteur, avec notamment à des méthodes plus écologiques de production comme celle présentée par notre innovation.
Principe :
Observer les tendances géographiques pouvant avoir une influence sur notre service. Peut se faire à l’échelle mondiale avec un focus sur la France
Figure 12 : Tableau issu du rapport regroupant divers facteurs socio-démographique et leur lien avec notre projet
Aujourd’hui, produire de l’hydrogène « vert » à partir de l’électrolyse coûte au moins 2 fois plus cher que le vaporeformage ainsi que le reformage avec captage de CO2. Concrètement, l’hydrogène « vert » coûte en moyenne 5 à 10 € le kilo en fonction de la taille et de la nature des unités de production, tandis que l’hydrogène « gris », c'est-à-dire produit à partir de gaz naturel, coûte 1,50 à 2€.
Figure 14 : Schéma d'une installation de vaporeformage d'hydrogène
Figure 13 : Usine d'hydrogène par reformage avec captage de CO2
MAIS => le Conseil National de l’hydrogène (CNH) estime que le coût de l’hydrogène « vert » peut être divisé par deux d’ici 2030.
Pour se faire, deux pistes sont proposées :
Développer l’installation d’électrolyseurs de façon massive pour diminuer leur coût
Développer l’éolien en mer afin de baisser drastiquement le prix de l’énergie renouvelable.
Et en terme d'investissement pour la France ?
La France a mis 7 milliards d’euros dans la stratégie nationale pour le développement de l’hydrogène décarboné, avec 3 objectifs primordiaux :
Décarboner l’industrie en faisant émerger une filière de l’électrolyse.
Développer des mobilités lourdes à l’hydrogène.
Soutenir la recherche, l’innovation et le développement des compétences
Sans oublier les aides accordées par l'Etat dans ce secteur
Programme d’investissement d’avenir ou programme et équipement prioritaire de recherche hydrogène décarboné (PEPR)
Soutien à la recherche via l’agence nationale de recherche (ANR)
Accompagnement des PME via la Banque publique d’investissement (BPI)
Soutien au déploiement de la mobilité hydrogène via l’ Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (ADEME)
La transition énergétique : un sujet peu présent dans la sphère politique actuelle
Avec l’élection présidentielle de 2022, le thème de la transition énergétique est assez peu présent dans les programmes et dans les débats de la campagne présidentielle.
Figure 15 : Résultats électoraux de l'écologie politique LV-EELV selon différentes années
Cependant, le nombre de voix pour les élections européennes et présidentielles tend quelques peu à augmenter pour le parti écologiste EELV (anciennement LV), ce qui montre une plus grande place de l’écologie dans la sphère politique qu’en 1974
L’hydrogène régit par le code de l’énergie
Le code de l’énergie, dans son article L811-1, définit l’hydrogène comme « le gaz composé, dans une proportion déterminée par arrêté du ministre chargé de l'énergie, de molécules de dihydrogène, obtenu après mise en œuvre d'un procédé industriel ».
La règlementation définit trois types d’hydrogène qui se distinguent par un seuil d’émission de gaz à effet de serre et par l’origine de la source primaire utilisée pour le produire.
Ainsi, c’est l’article 5 de l’ordonnance Titre I « Production » du livre VIII qui nous présente ces trois catégories :
L’hydrogène renouvelable : Produit à partir de sources d’énergies renouvelables et un certain seuil d’émission d’équivalent dioxyde de carbone est fixé.
=> Hydrogène créé à partir de l’électrolyse fonctionnant avec de l’énergie renouvelable
L’hydrogène bas carbone : Respecte le même seuil d’émission d’équivalents dioxyde de carbone que la catégorie précédente mais est issu d’énergie non renouvelable.
=> Hydrogène créé par électrolyse fonctionnant à l’énergie nucléaire.
L’hydrogène carboné : Celui-ci est produit à partir d’énergie fossile ou dépasse les seuils fixés dans les deux autres catégories.
=> Hydrogène produit à partir de biogaz ou issue de la biomasse dont les entrants seraient fortement émetteur de gaz à effet de serre.
Aux vues de la classification énoncée dans la législation, notre innovation permettrait de créer de l’hydrogène classé soit dans « hydrogène renouvelable » soit dans « hydrogène carboné » si le procédé de biomasse était fortement émetteur de CO2.
Concernant l’hydrogène renouvelable, la législation organise deux mécanismes permettant d’assurer la traçabilité de l’hydrogène produit ainsi que son origine lors de sa production. En effet, c’est l’Article 5 de l’ordonnance Titre II « Les garanties de traçabilité et d’origine » du livre VIII qui nous les détaille :
S'il n’est pas mélangé à un autre type d’hydrogène ou à un gaz entre l’étape de la production et sa consommation alors seule une garantie de traçabilité suffit pour attester de sa traçabilité physique.
Si les critères précédents ne sont pas respectés, il faut une garantie d’origine pour attester de l’origine de l’hydrogène.
Ici, l’hydrogène créé par notre innovation respecterait les critères de la première catégorie, étant donné que dès sa production il serait isolé, il n’aurait donc besoin que de la garantie de traçabilité.
La législation met en place un soutien à la production de certaines catégories d’hydrogène dans les articles L812-1 à L812-10 du code de l’énergie.
Ainsi, l’article L812-1 énonce que ce dispositif de soutien « est exclusivement réservé à la production d'hydrogène renouvelable ou d'hydrogène bas-carbone par électrolyse de l'eau, répondant aux définitions données à l'article L. 811-1 ».
Notre innovation ne rentrant pas dans cette catégorie, elle n’est donc pas éligible à ce dispositif de soutien en vigueur.
Une nouvelle institution : Le conseil national de l’hydrogène (CNH)
Le CNH a été créé le 11 janvier 2021 au sein du conseil national de l’industrie par le ministre de la transition écologique, le ministre de l’Économie des finances et de la relance, le ministre de l’Enseignement supérieur de la recherche et de l’innovation, ainsi que le ministre en charge délégué de l’industrie.
Cette instance a pour but de structurer les échanges entre l’Etat et les acteurs de la stratégie nationale pour le développement de l’hydrogène décarboné.
C’est donc une bonne initiative du point de vue de notre innovation puisque cette instance permet de promouvoir l’hydrogène vert en France et ainsi de soutenir les différentes méthodes de productions de cet élément.
A la lumière des différents éléments évoqués dans cette veille, nous pouvons conclure qu’il existe des forces mais aussi des faiblesses à la mise en œuvre de notre innovation sur le marché et à son utilisation par des acteurs futurs.
Concernant l’approche économique, la production de l’hydrogène vert coûte encore trop cher comparée à celui de l’hydrogène gris. Ce coût pourrait tendre à diminuer avec la raréfaction des énergies fossiles à l’avenir, additionné aux aides de l’état et au développement des méthodes de production à grande échelle.
En somme, faire état des forces et faiblesses amenant au succès ou à l’échec de notre innovation permet, d’une part, d’être conscient de l’environnement dans lequel elle s’inscrit, et d’autre part, de mettre en place une stratégie afin de combler les faiblesses évoquées dans le but de maximiser les chances de son futur développement sur le marché et donc de sa réussite.