Biographies Daoulas.
Biographies Daoulas.
Yves Jean Thomas Daoulas est baptisé le 2 juin 1786 sur la paroisse de Plobannalec. La commune de Pont l’Abbé n’existait pas avant la révolution. Il est né place du Marallac’h (aujourd’hui la place Gambetta à Pont l’Abbé). Son père était Yves Dominique Daoulas, négociant et sa mère Anne Louise Riou. Le parrain est Thomas Daoulas son oncle et la marraine Marie Renée Le Bihan. Il s’agit d’une famille de négociants. Ce terme ne veut pas dire grand-chose dans l’agglomération de Pont l’Abbé qui depuis le Moyen Age est carrefour important entre la cité épiscopale, administrative et économique de Quimper-Corentin et le littoral très actif entre Penmarch et Loctudy. Le négoce s’appliquait à peu près à tout…. Du quidam qui vend trois pommes sur le bord de la route à l’intermédiaire dans l’exportation de légumes et l’importation de toiles, de vins et de fruits, tout le monde est négociant à Pont l’Abbé…. Les Daoulas sont surtout identifiés comme des maîtres de barque, armateur ou simplement navigateurs qui commercent pour leur propre compte. La famille Daoulas est originaire de Kerity en Penmarch et s’installe à Pont l’Abbé. Ils ne sont pas nobles mais aiment semble-t-il la proximité des notables. Les notaires sont des personnages incontournables pour la vie des affaires, l’acquisition de biens et la gestion d’un patrimoine. Les paysans riches sont des garants et des sources de financement, les banques n’existent pas et le prêt n’est pas autorisé pour les nobles et les nantis surveillés par le clergé tandis qu’un riche paysan peut aisément garantir des prêts contre paiement d’une hypothèque…. Les Daoulas naviguent avec Alain puis Yves Dominique. Les Daoulas vont faire du négoce avec Yves Dominique et Yves Jean Thomas.
Hyacinthe Agathe Michelle Riou (tout court) est née le 7 février 1797 à Pont l’Abbé (la commune vient d’être créée) place des échaudées tout à côté du domicile des Daoulas. Son père est Michel René, greffier de la justice de paix. Sa mère est Agathe Renée L’Arbre de l’Épine Bellecour. Le témoin est Yves Dominique Daoulas, son oncle (par alliance paternelle) et la témoin Renée Perrine Riou, négociante, épouse de Jacques René Arnoult (Arnoult dit l’Ancien). La famille de cette demoiselle se faisait appeler Riou maître de Kerangal ou Riou de Kerangal ou Riou Kerangal. Les noms auront survécu jusqu’à aujourd’hui soit comme pseudonyme soit comme patronyme : Riou-Kerangal. Côté maternel, Hyacinthe descend de la petite noblesse de Quimper. Cette famille comptait plusieurs officiers de santé, de médecins de chirurgiens, d’accoucheurs (toutes ces qualifications étant distinctes). A noter de nombreux liens familiaux au sein de cette noblesse quimpéroise et en particulier les Huchet. François L’Arbre de L’Épine Bellecourt semble avoir eu des accointances avec la franc maçonnerie quimpéroise (ce qui lui a peut fait oublier le baptême de sa fille Agathe Renée…. Autre détail, le patronyme L’Arbre de l’Épine se trouve dans les signataires de la décision de la construction de la nouvelle église de Plomeur en 1750.
Il y a donc 11 ans de différence d’âge entre nos deux cousins germains et tout à la fois voisins proches….
En 1814 un mariage arrangé probablement se met en place. Les deux cousins seront unis par les liens du mariage d’autant que le père de la demoiselle est décédé comme le père du marié. Ce mariage devient une affaire de Riou…..Dès lors le mariage aura lieu à Quimper le 5 novembre 1814, quelques mois après la Restauration et le sacre de Louis XVIII. Il convenait de donner une certaine pompe à cette union en célébrant le mariage à Quimper dont est originaire la famille L’Arbre de l’Épine Belcour. Chacun et chacune retrouvant ses titres de Sieur et de Dame ou de Demoiselle.
Yves Thomas semble avoir pris la suite de son père dans la gestion de son activité de négociant. De quel négoce s’agissait-il ? On ne sait pas trop…. Sans doute du négoce de produits agricoles : graines et plants d’un côté et distribution des légumes primeurs, importation et transport du vin que l’on consommait déjà beaucoup en Bretagne et ce depuis bien longtemps. L’aïeul de Yves Jean Thomas fut « maître de barque », son grand père aussi mais il semble que cette activité maritime ait été délaissé par Yves Jean Thomas et son père. Par contre, Yves Jean Thomas semble naviguer sans trop de soucis dans les différents soubresauts politiques de la période révolution et post révolutionnaire. Pont l’Abbé connaît un passage par « Pont Liberté » puis « Pont Marat » avec de redevenir Pont l’Abbé…. Les Daoulas s’allient aux familles Goyat et Arnoult et suivent avec attention les évolutions au sein de la municipalité sans pour autant se mettre sur le devant de la scène.
Le couple s’installe à Pont l’Abbé dans la Grand Rue et un peu plus d’un an plus tard naît une petite fille Hyacinthe Anne Marie le 29 décembre 1815. Les parents sont désignés comme Sieur et Dame. Les témoins sont le Sieur le Gat Jean Louis juge de paix du canton et le Sieur Arnoult Michel René docteur et cousin germain du père. La sœur de Yves Thomas est elle aussi restée à Pont l’Abbé où elle contracte un premier mariage puis un second au décès de son premier mari. Les Mermet feront souche autour de la place du Marchallach. Malheureusement, un mois après sa naissance, Hyacinthe Anne Marie décède. Les témoins de cet acte sont l’un tailleur et l’autre boucher.
Le 1er août 1817 naissance de Yves Dominique (le prénom de son grand père et de son arrière-grand-père Daoulas) à Kergoz en Plomeur. A l’époque la commune du Guilvinec n’existait pas (créée en 1880) et ce hameau au cœur duquel se trouvait le manoir de Kergoz était une partie de la commune et de la paroisse de Plomeur. Curieusement la maman devient Anne Yacinthe Agathe Michelle Riou. La maman avait vingt ans et le papa trente et un an. Kergoz fut sans doute plus en placement qu’un investissement. La famille semble avoir accumulé quelques biens fonciers qui feront parfois désigner Yves Jean Thomas comme « propriétaire ». Le manoir n’était pas utilisé comme bâtiment strictement agricole (cette utilisation se fera plus tard), on ne pouvait donc pas vivre de l’exploitation de ce manoir. La vie devait être rigoureuse dans cet environnement isolé, loin de Plomeur, de Penmarch ou de Loctudy et encore plus loin de Pont l’Abbé. Hyacinthe Agathe devait certainement s’y ennuyer alors que son mari devait lui se déplacer et être absent assez souvent pour commercer à Pont l’Abbé ou à Quimper. Yves Dominique se marie à l’âge de 24 ans à Pont l’Abbé. Il est désigné comme propriétaire comme ses parents tous deux désignés comme propriétaires. Les parents et le fils signent l’acte de mariage et il est précisé qu’ils résident tous les trois à Plomeur, à Kergoz très probablement. La mariée Marie Louise Templeraud est âgée de 26 ans est commerçante. Fille d’un officier de santé décédé et d’une propriétaire décédée à Quimper. Les témoins seront un Lieutenant-colonel en retraite, oncle de la mariée, Joseph Marie Guéguen médecin et Jacques le GOYAT secrétaire de la mairie ainsi que Jean Corentin Autret, vitrier…Marie Louise Templeraud décède en 1856 à Combrit à Kermor Bihan. Yves Dominique est désigné comme menuisier. Le 13 février 1860 Yves Dominique se remarie à Quimper avec Élisabeth Veraux. Adolphe et Louis les deux frères seront témoins de ce mariage. En 1872, à Quimper, Yves Dominique décède à l’âge de 54 ans. Il est désigné comme agent voyer cantonal des chemins, l’ancêtre de la DDE….Il aura onze enfants répartis sur deux mariages.
Le 21 février 1819 Adolphe Joseph voit le jour. L’origine du prénom Adolphe reste un mystère. Les témoins sont des « locaux » : Thomas Gloanec et François Trébern. Il conviendrait de chercher l’acte de baptême pour savoir qui fut parrain et marraine de ce deuxième garçon. Adolphe se marie le 14 novembre 1847 à Quimper. Il a 28 ans et son épouse Fanny Le Têtu en a 21. Nous n’avons pas de mention du domicile du marié mais compte tenu de son âge il est probable qu’il est déjà engagé dans la profession de boulanger à Quimper quartier de la gare. Son épouse décède à l’âge de 46 ans et est désignée comme repasseuse. Le devenir de Adolphe est assez incertain. Il disparaît de Quimper après avoir exercé le métier de boulanger. Ses enfants n’ont pas d’adresse à mentionner lors des actes publics. Il décède en 1884 dans le Cher. Il aura eu onze enfants. Il est difficile de savoir ce qui l’amènera à Saint Germain du Puy où il se déclare rentier. Il aura onze enfants pour une union avec Fanny Le Têtu
Le 3 septembre 1821, toujours à Kergoz, naissance de Victor, Achille, Marie. La mode était aux prénoms originaux. Le témoin sera René Hyacinthe Arnoult notaire bien connu à Pont l’Abbé et Jean Louis Salaun, sous-lieutenant des douanes (il existait déjà un poste de douane au Guilvinec à l’emplacement de ce qui deviendrait la première conserverie du Guilvinec en 1865. Le 24 octobre 1842, quelques mois après son frère aîné, Victor Achille se marie à Treffiagat à 21 ans avec Marie Catherine Le Calvez de 17 ans. La mère du marié redevient Hiacinthe Agathe Michelle Riou Kerengall. Le 26 septembre 1859, âgé de 38 ans, Victor décède en mer. La chaloupe La Marie Urbanne chavire au large de Léchiagat . Le couple aura connu plusieurs domiciles : Kergoz comme locataires, Pouliguénar, Rue Haor puis Lohan, toujours donc dans le périmètre de la commune du Guilvinec créée en 1880. Il aura neuf enfants pour une union
Le 1er octobre 1823, avec une certaine régularité, naissance d’un garçon : Alexandre Michel. Notons que comme pour les autres enfants, la mère est désignée par le seul et unique nom de famille de Riou. Les témoins sont une nouvelle fois des locaux Thomas Gloanec qui conserve l’âge de 60 ans malgré les années passées…et Noël Cosquer. En 1852, seulement un mois après le décès de son père, Alexandre Michel se marie avec Marie Joseph Gloaguen. La mère du marié est présente. Ce dernier est présenté comme cultivateur vivant à Plomeur. La première épouse d’Alexandre décède à l’âge de trente ans. Le couple vivait à Kergadien en Penmarch. Les parents de la décédée vivaient rue Bacchus à Penmarch. Alexandre Michel se remarie en 1860 à Penmarch avec Jeanne Le Tanter elle-même déjà veuve (son premier mari est décédé à l’Asile St Athanase de Quimper). Hyacinthe Agathe est toujours domiciliée au Palais à Belle Île. La même année, Alexandre et son épouse Jeanne Le Tanter décèdent en 1897. Il aura eu sept enfants pour deux enfants.
En 1825, le 25 septembre, naissance encore à Kergoz de Édouard (sans autre prénom). Thomas Gloanec est toujours là mais il a désormais 69 ans, Noël Cosquer est aussi fidèle et Jean Baron est un troisième témoin. Édouard désigné comme cultivateur se marie le 22 juillet 1846. Cette date n’est pas très courante dans le monde agricole dont le calendrier laisse bien peu de place à une fête de mariage en plein mois de juillet…La mariée Marie Perrine Kervevan a 22 ans et sa famille est particulièrement bien ancrée dans le pays bigouden entre Penmarch et Plomeur. Édouard fait dès lors le choix d’un métier strictement paysan. Habite-t-il déjà Kersoc’h ou est-il encore à Kergoz ? Édouard décède à Kerzoc’h sur la commune de Plomeur en 1877 le 11 juillet à l’âge de 52 ans. La ferme de Kerzoc’h était une ferme de 22 hectares ce qui représente une taille convenable pour le pays bigouden où les exploitations étaient souvent petites. Par ailleurs, souvent d’autres terres étaient louées. Environ un tiers des terres de Kerzoc’h étaient difficiles à exploiter (marécageuses). Édouard ne fera pas beaucoup parler de lui et exploitera sa ferme de manière appliquée tout comme sa succession au travers de ses dix enfants.
Deux ans plus tard, Hyacinthe Agathe accouche à Pont l’Abbé, place du Marhallach. Elle se trouve chez Anne Marie Désirée, sœur de son mari. Le 27 décembre 1827 Agathe Désirée Jeannette voit le jour. Yves Jean Thomas est désigné comme propriétaire, Sieur et son épouse est désignée comme Dame. Les témoins seront le Sieur Jean Bernard Daoulas marchand, cousin germain et le Sieur Le Goyat propriétaire. A 29 ans, le 14 juillet 1856, Agathe Désirée se marie à Quimper avec Joseph Dubois, originaire de Lamballe, limonadier et négociant en vins. Adolphe Joseph ainsi que Yves Dominique Daoulas seront témoins à ce mariage. Par la suite, Agathe Désirée Jeannette partira vers Lamballe où se trouvent les activités de son mari. Elle réside à Plévenon où elle accueillera sa mère Hyacinthe Agathe qui y finira ses jours en 1882 à 85 ans. Agathe Désirée décède à Lamballe en 1885. Trois enfants pour une union.
Le 30 octobre 1831, Louis Eugène Marie naît à Kergoz. Témoins Jean Louis le Gat et Jacques Trébern. Il se marie à l’âge de 26 ans le 25 novembre 1857 à Quimper avec Marie Reine Louise Le Guillou. La mère du marié Hyacinthe Agathe est à ce moment domiciliée à Belle Île en Mer. Les témoins sont Joseph Dubois le nouveau beau-frère du marié et Adolphe Joseph son frère. L’épouse de Louis Eugène décède en 1877 à Quimper. Elle est désignée comme limonadière, âgée de 42 ans. Louis Eugène est identifié comme typographe. Il décède à Mantes La Jolie le 26 mars 1892 après avoir, semble-t-il coupé les ponts : une de ses filles déclare ne pas avoir de nouvelle de son père depuis plus de 23 ans alors qu’elle contracte mariage à Brest. Deux enfants pour une union
Dernier enfant, Athanase Jean Marie naît le 29 mars 1834 à Kergoz. Témoins Marie Jeanne Quitot la sage-femme et Jean Bernard Daoulas oncle du père ainsi que le fidèle Thomas Gloanec à 78 ans…Nous ne savons que peu de choses sur le parcours de Athanase que nous retrouvons professeur de mathématique rue de Gigant à Nantes où il se marie en 1857. Il décède en 1875. Trois enfants pour une union.
Yves Jean Thomas décède à Penmarch le 21 janvier 1852. Les témoins sont ses deux fils Alexandre Michel et Édouard tous deux désignés comme cultivateurs domiciliés à Plomeur. Yves Jean Thomas résidait à Quimper et sa femme, propriétaire est nommée Dame Hyacinthe Agathe Michel Riou Kerangal demeurant à Bourlibou (désignation bretonne de Bourg les Bourg…Quartier limitrophe de St Mathieu à Quimper).
Hyacinthe Agathe, après son long séjour à Kergoz et son isolement partira vivre durant quelques mois à Nantes puis au Palais à Belle-Île en Mer avant de rejoindre sa fille à Plévenon où elle décède en 1885.