Les rapports d'activité 2018 des établissements MÉTABOLE 75 et MÉTABOLE 93 viennent d'être publiés. Ils sont accessible au téléchargement sur ce site à partir du menu « Nos établissements ».

Bonne lecture.

ÉVALUATION EXTERNE

PROPOSITION DE LOI

Conformément à la législation en vigueur, MÉTABOLE a fait réaliser sa première évaluation externe en 2018. C'est le cabinet Bleu Social qui a été sélectionné au terme de la procédure de sélection.

Les rapports complets sont à télécharger sur les pages dédiées aux établissements et services.

Voici l'appréciation globale de l'évaluateur externe commune aux trois établissements et services évalués :

« Pour conclure, nous observons que les mesures d’amélioration identifiés portent, pour une très grande majorité, sur des détails et uniquement sur des points de formalisation. Aucun processus structurant n’est en situation de faiblesse au sein de cet établissement.

De plus, il convient de souligner le professionnalisme et l’engagement des salariés et des accompagnateurs psychosociaux.

Le modèle MÉTABOLE propose, dans le champ de la protection de l’enfance, un nouveau paradigme.

Tout d’abord, il s’exonère des servitudes de l’accueil collectif.

Dans le même mouvement, il articule en un même lieu, dans une même temporalité et dans une même dynamique le soin et l’éducatif au sein d’un processus psychosocial unique.

De plus ce modèle s’appuie d’abord sur les potentialités du public accueilli avant de considérer les difficultés des jeunes.

Il sort la psychanalyse de ses salons feutrés pour déployer ses outils dans le milieu ordinaire de vie du jeune.

Enfin, il prend le risque de mettre ces mêmes jeunes en situation d’autonomie.

Ce modèle casse les codes habituels sans omettre de sécuriser son déploiement. Il trace une route nouvelle que de nombreux jeunes confiés à l’Aide Sociale à l’Enfance empruntent avec succès.

Demain, la finalisation de la recherche action va légitimer un peu plus ce modèle, le structurer davantage et démultiplier sa diffusion et sa lisibilité.

MÉTABOLE signifie « changement », changement pour le jeune d’abord, changement pour les professionnels qui l’accompagnent, changement pour l’Association qui s’adapte aux évolutions de son environnement, changement, enfin pour le secteur qui voit s’ouvrir devant lui de nouvelles perspectives.

In fine, la valeur ajoutée apportée par MÉTABOLE s’inscrit dans chacune de ces dimensions, dépasse sa mission, son cœur de métier, pour nourrir pleinement chacune de ses parties prenantes. »

Le texte de loi relatif aux jeunes majeurs vient d'être discuté le 7 mai en première lecture à l'Assemblée nationale. Les amendements proposés par le gouvernement et adopté dans un hémicycle presque vide font craindre qu'il ne va pas seulement accoucher d’une souris, c’est pire que cela : il risque d'abîmer un peu plus un système déjà bancal qui ne permet pas d’apporter toute l’aide dont elles ont besoin aux victimes d’histoires traumatiques souvent très lourdes et de la double peine d’être soumise a une obligation de résultat bien avant leurs camarades.

Adrien Taquet, secrétaire d’État à la Protection de l’Enfance, ne porte pas seul la responsabilité de ce naufrage annoncé. Il est appuyé par Brigitte Bourguignon pourtant a l’origine du texte qui avait suscité tant d’espoir.

Les anciens jeunes placés et les associations, vent debout, sont en colère. On les comprend.

Après 6 mois de contestation sociale et au cœur du « plan pauvreté », le gouvernement et la majorité LERM de l’Assemblée Nationale vont-ils, une fois de plus, montré leur mépris et leur indifférence à l’égard des plus fragiles et des plus démunis ?

Le texte va maintenant partir vers le Sénat qui pourrait éventuellement lui redonner un peu de substance, avant de revenir à l'Assemblée pour une adoption définitive. L'espoir va-t-il se transformer en sévère déconvenue ? L'amélioration annoncée en détérioration ? Seul un battage médiatique peut redresser la situation. Espérons.

Pour rappel, les principaux points du projet de loi sont :

    • De rendre obligatoire la prise en charge des majeurs de moins de 21 ans « lorsqu’ils ont à la fois bénéficié d’une prise en charge par le service de l’aide sociale à l’enfance avant leur majorité, qu’ils sont en situation de rupture familiale ou ne bénéficient pas d’un soutien matériel et moral de la famille, et qu’ils ne disposent ni de ressources financières, ni d’un logement ou d’un hébergement sécurisant »
    • De transférer à l'État la charge financière de ces dépenses.
    • De déconnecter la fin de la prise en charge à la date anniversaire du jeune afin de lui permettre de terminer un cycle scolaire ou universitaire engagé.
    • De pouvoir prolonger la prise en charge jusqu'à 25 ans.
    • De mieux articuler la prise en charge de ces jeunes avec les dispositifs d'accès à l'autonomie (garantie jeune, EPIDE, logement social, etc.)

La discussion à l'Assemblée à vider le texte de sa substance et ouvre m^me la voie à une détérioration du système :

L’article 1 remodelé propose finalement d’instaurer un nouveau « contrat d’accès à l’autonomie » accessibles aux jeunes « s’ils en font la demande » auprès de leur collectivité, et sous réserve qu’ils aient été pris en charge par les services de l’ASE « pendant au moins dix-huit mois cumulés dans les vingt-quatre mois précédant l’atteinte de leur majorité ». Selon la version adoptée, ces contrats auraient pour mission de « garantir l’accès du jeune à un logement ou un hébergement correspondant à ses besoins » et de « l’accompagner dans ses démarches d’accès aux droits et aux soins » jusqu’à ses 21 ans. Les CJM, eux, resteraient facultatifs.

Exit l'obligation de prise en charge jusqu'à 21 ans. Quant au rôle des futurs « contrat d’accès à l’autonomie » (qui doivent donc cohabiter avec les CJM), il est jugé trop flou pour espérer lutter efficacement contre les sorties sèches. Pourquoi ne « garantir » que l’accès à un logement ou hébergement et ne pas assurer l’accès à la totalité des droits et des aides sociales ? D’ailleurs, ce logement sera-il pérenne ? Et les contrats ne risquent-ils pas d’être appliqués à la carte selon les départements ? Finalement : « Quelle plus-value apporte cette réécriture pour les jeunes sortant du dispositif si ce n’est beaucoup plus de zone d’ombre que de clarification ? » (Gisèle Biémouret - PS).

La condition pour bénéficier de ce nouveau contrat est également considérée comme discriminatoire. Les « dix-huit mois cumulés dans les vingt-quatre mois précédant l’atteinte de leur majorité » vont exclure de fait les jeunes pris en charge par l’ASE après leurs 16 ans et demi. « Les premiers recalés seront les mineurs non accompagnés, car nombre d’entre eux arrivent dans notre pays vers 16 ans et vous le savez très bien ! » (Mathilde Panot - LFI).

Source : Libération, 8 mai 2019 - 17:15, Anaïs MORAN.

Propal loi jeunes majeurs.pdf