La laïcité en France est un principe fondamental qui garantit la neutralité de l'État et l'égalité de tous devant la loi, sans distinction de religion ou de conviction. Elle permet à la fois aux croyants et aux non-croyants d'exercer leur liberté d'expression. Pour autant, elle ne permet pas de tout dire ni de tout faire au nom de sa religion et surtout « neutralité » de l’État ne signifie pas passivité.
Il suffit de lire les articles de cette fameuse Loi du 9 décembre 1905 concernant la séparation des Églises et de l’État pour se rendre compte que nombre de versets du Coran sont en infraction avec cette loi et que leur diffusion devrait tout bonnement être interdite en France.
Article 1 :
« La République assure la liberté de conscience. Elle garantit le libre exercice des cultes sous les seules restrictions édictées ci-après dans l'intérêt de l'ordre public. »
La diffusion dans les lieux de culte des versets haineux ou appelant à la violence comme ceux cités sur nos affiches ne constitue-t-elle pas de potentiels appels au trouble à l’ordre public ?
Article 2 :
« La République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte. »
« La République ne reconnaît [...] aucun culte. » : En conséquence, les religions ne jouissent plus d’un statut officiel dans l’espace public et ne sont plus considérées comme des institutions publiques. Elles sont gérées par des associations cultuelles relevant de la loi de 1901 sur les associations.
Le Coran est donc pour notre République un livre comme un autre sans caractère sacré. Sa critique comme toutes les recherches en islamologie ne doivent pas être entravées sous de faux prétextes de « provocation à la haine » ou d’islamophobie. Surtout, l'Etat peut et doit donc interdire en France la diffusion et l'enseignement des versets violents et haineux qu'il contient en application de la Loi du 29 juillet 1881 sur la presse et la communication.
Article 35 :
« Si un discours prononcé ou un écrit affiché ou distribué publiquement dans les lieux où s’exerce le culte contient une provocation directe à résister à l’exécution des lois ou aux actes légaux de l’autorité publique, ou s’il tend à soulever ou à armer une partie des citoyens contre les autres, le ministre du culte qui s’en rend coupable est puni de cinq ans d’emprisonnement et de 75 000 euros d’amende, sans préjudice des peines de complicité dans le cas où la provocation est suivie d’une sédition, révolte ou guerre civile. »
Les versets du Coran appelant au jihad ou au combat contre les mécréants, contre les juifs et les chrétiens, ne tendent-ils pas à soulever ou à armer une partie des citoyens contre les autres ?
Article 36-3 :
Création LOI n°2021-1109 du 24 août 2021 - art. 87
I.-Le représentant de l’État dans le département ou, à Paris, le préfet de police peut prononcer la fermeture temporaire des lieux de culte dans lesquels les propos qui sont tenus, les idées ou théories qui sont diffusées ou les activités qui se déroulent provoquent à la haine ou à la violence envers une personne ou un groupe de personnes ou tendent à justifier ou à encourager cette haine ou cette violence.
Les versets du Coran ou les hadiths et éléments de la sunna appelant au combat contre les mécréants, à la violence contre les femmes, les homosexuels, les apostats… ne contreviennent-ils pas à cet article de loi ?
L’accusation de provocation chez le lecteur de nos affiches de réactions d’hostilité et de rejet contre la religion musulmane n’est-elle pas une façon de se cacher derrière son petit doigt et de refuser de voir dévoiler et de reconnaître que de multiples versets du Coran, hadiths et éléments de la sunna tendent à provoquer chez certains musulmans des réactions d’hostilité et de rejet contre toutes les autres religions et tous les non-musulmans, notamment les juifs et les chrétiens et contreviennent ainsi aux lois françaises ?
Une application stricte de la Laïcité et de la Loi du 9 décembre 1905 concernant la séparation des Églises et de l’État devrait entraîner l’interdiction de pans entiers du Coran. Surgit alors un paradoxe apparemment inextricable : Comment l’État peut-il garantir la liberté de culte d’une religion (Art 1 : Elle garantit le libre exercice des cultes… ) en interdisant la diffusion d’une partie de son livre saint (sous les seules restrictions édictées ci-après dans l'intérêt de l'ordre public.) ?
Nous proposons une solution pour sortir de ce dilemme,
solution qui nous a été donnée par le théologien musulman
Mahmoud Mohamed Taha dans « Le second message de l’islam ».