Voici un recueil de textes sur l'idéal du scout et les différents engagements que les jeunes sont invités à prendre au cours de leur vie scoute :
La grâce de Dieu nous aide à marcher et nous soutient. Elle nous est nécessaire comme les béquilles à ceux qui ont mal aux jambes.
St Curé d’Ars
Sois Prêt
Etre prêt,
Ce n’est pas être préparé ;
Ce n’est pas avoir tout prévu ;
Cela est impossible ;
Personne ne peut le faire.
La vie est trop grande, trop inconnue encore, pour que l’homme puisse dire : « je sais ce qui m’attend; je veux me préparer. »
Elle est trop forte aussi.
Elle vient avec une brusquerie, une impétuosité qui n’épargne rien.
Tout est bousculé : nos projets, nos plans, nos programmes, et parfois le but même que nous nous étions proposé.
Alors, si nous ne sommes pas prêts, aurons-nous le courage et la volonté de reconstruire, sur les ruines de nos rêves, d'autres rêves, d'autres plans, un édifice nouveau?
Etre prêt,
Ce n’est pas être préparé ;
Ce n’est pas avoir tout prévu ;
Cela est impossible ;
Personne ne peut le faire.
Etre prêt,
C’est accepter la vie ;
C’est bondir au devant du jour nouveau ;
C’est tendre les bras vers sa richesse inconnue;
C’est se tenir en face des heures qui viennent, calme et sereine ;
C’est vivre le présent avec force, courage et bonne volonté, sans s’inquiéter de demain ; ni de ce que sera après-demain ; ni de ce qui peut arriver dans un avenir éloigné.
Demain n’est pas a toi.
Il te sera peut-être refusé.
Pourquoi t’épuises-tu dans la préparation de demain en négligeant le jour d’aujourd’hui?
Aujourd’hui t’appartient.
Il t’a été donné.
Accepte-le comme une offrande de la vie et fais de ce jour quelque chose de beau.
Demain, si demain t’est donné, tu feras la même chose. Et après-demain, de même; et ainsi de suite, jour après jour, jusqu’a la fin.
Etre prêt,
C’est accepter la vie ;
Toute la vie;
Telle qu'elle vient à nous ;
Avec ce qu'elle a de plus beau et ce qu’elle a de plus triste:
Avec ses jours légers qui passent comme passe un papillon ;
Et ses jours pesants qui trainent comme traine le brouillard sur les champs mouillés.
Etre prêt,
C’est être disposée à faire ce que l’heure exige ;
C’est accepter avec bonne volonté.
Ce n’est pas dans tes paroles que je verrai si tu es prêt ; ce n’est pas dans tes actions ;
C’est dans ton attitude en face de la vie ; peut-être dans ton regard.
Accepter... C’est beaucoup.
Ce n’est pas assez.
Pour être prêt, il faut avoir choisi.
La vie est trop riche ;
Il y a trop de choses qui nous attirent et qui nous appellent.
Les forces physiques et les forces intellectuelles d’un homme ne suffisent pas pour tout embrasser et pour tout accomplir.
Dans cette diversité, il faut choisir.
Quel sera le verbe de ta vie?
Quel sera ton chant?
Tu as promis de servir.
« Servir Dieu, ta famille, ton prochain », telle fut ta promesse.
C’est le service que tu as mis au centre de ta vie.
C’est à lui que tu reviendras toujours après les folles escapades et les doux abandons.
Servir est ton verbe.
Tu l’as voulu et tu le veux encore.
Tu sais bien que ta vie ne peut être autre chose qu’une offrande faite à autrui.
Tu as choisi.
Tu es prêt.
Aimée Degallier-Martin
Texte tiré du Livre de Lézard (pages 62 à 64)
Vocation au scoutisme
« Ce n’est pas vous qui m’avez choisi… »
Jean XV, 16.
Tu es mon ami, non plus seulement mon serviteur : mon ami parce que je t’ai fait connaître, plus qu’à d’autres, les secrets de mon Père.
Tout ce que tu as, tu l’as reçu. De moi.
Tout ce que tu es, tu l’es par moi.
Ce n’est pas toi qui m’as choisi pour Dieu – c’est moi qui t’ai choisi.
J’ai choisi ton âme entre toutes les âmes possibles et qui n’existeront jamais : je l’ai créée et lui ai donné un corps.
Je t’ai choisi entre tous les hommes pour te faire chrétien.
Et entre tous les chrétiens pour te faire Français.
Et entre tous les Français pour te faire scout de France.
Pense aux millions d’infidèles qui ne seront jamais chrétiens et qui mourront sans savoir que je suis mort pour eux.
Pense à tous les chrétiens qui n’ont pas le bonheur d’être fils du royaume très chrétien et de descendre spirituellement de saint Louis et de sainte Jeanne la Pucelle.
Pense à tous les petits garçons de France qui n’ont pas la chance d’être scouts – la grâce d’être scouts.
Tu crois que tu es scout parce que tu as voulu le devenir. En vérité, je te le dis, c’est moi qui t’ai élu en secret et qui préparais toutes choses pour que tu le devinsses.
Car c’est une élection, puisque mes scouts sont une élite.
Je t’ai élu, je t’ai distingué, je t’ai choisi.
Et tel est l’effet de ma prédilection, de ma dilection de préférence.
Je t’ai aimé gratuitement. Tu n’y es pour rien.
Je t’ai choisi, et tel est le mystère de mon amour.
Et mon amour fait bien les choses.
Si le Seigneur n’est pas l’architecte, c’est en vain que les maçons travaillent.
Si le Seigneur ne monte la garde, c’est en vain que les sentinelles veillent sur les remparts de la cité.
Et si le Seigneur n’est pas dans la barque, c’est en vain que se fatiguent les rameurs.
Ce qui veut dire, scoutmestre ou chef de patrouille, que sans moi tu ne peux rien faire.
Vois, mon scout, les moyens de Dieu et les moyens de l’homme, et apprends à ne te confier qu’au surnaturel.
Je pressais mes disciples de prendre la mer, et de me précéder de l’autre côté du lac.
Puis, la nuit venue, je me retirai seul sur la colline pour prier.
Ce n’était pas pour moi que je priais, mais pour ma petite patrouille, ma première patrouille, mes apôtres et mes éclaireurs qui, ce soir-là, et bien malgré eux, étaient un peu mes éclaireurs marins.
Et je priais.
Je t’ai choisi, toi et tes frères scouts, et je vous ai institués, afin que vous alliez, que vous ayez une vie féconde et fructueuse, et qu’il y ait quelque chose de changé parce que vous avez passé sur la terre.
Comme un bon cep, tu dois produire du fruit. Et il faut que ce fruit demeure.
- Quelque chose de changé, en mieux, parce qu’il y a un scout à l’école ou à l’atelier.
- Quelque chose de changé, en mieux, parce qu’il y a un scout au régiment.
- Quelque chose de changé, en mieux, parce qu’il y a un scout à la maison.
- Et dans la paroisse et dans la cité, et dans ta patrie et dans mon Eglise, si mes scouts sont ce qu’ils doivent être – et pourquoi ne le seraient-ils pas ? – Il doit y avoir quelque chose de changé en mieux :
Plus de concorde entre les citoyens et plus de ferveur dans la paroisse ;
Plus de prospérité dans la patrie, et dans mon Eglise plus de sainteté.
Et ces merveilles ne s’opéreront pas sans ta prière. Mais pour arriver à cela, tout ce que tu demanderas à mon Père en mon nom, il te le donnera.
Extrait des méditations scoutes sur l’Evangile. Père Sevin.