SITE de SERGE CARBONNEL
Quel étrange étranger que cet étranger là
Quelle étrange attitude que de se terrer là
que de ce taire là
sur cette terre là
Cette terre perdue comme une île au milieu
mise au ban, lieux
de l’humain
surhumain
Cet étranger perdu comme une goutte d’eau
qu’on laisse au caniveau
Il n’est jamais trop tard
il n’est jamais trop tôt
pour chanter le crédo
Farandole des maux
la révolte des mots
passe passe le temps
crache crache le sang
Quel étrange étranger que cet étranger là
qui vient suer ici ce qu’il a fuit ailleurs
son sort est-il meilleur ?
Quel étrange étranger que cet étranger là
que les autres voient pas
et qui n’a pas de voix
son chemin n’est pas croix
mais sa vie est trépas
Quel étrange étranger que cet étranger là
dont je vois le regard
dans le matin blafard
comme dans mon miroir
et dans ses yeux qui crient
pleure un Paradis
Paradis en allé
dignité ravalée
Quel étrange étranger que cet étranger là
qui n’est plus dans ses pas
et n’est pas dans nos pas
Quel étrange étranger que cet étranger là
si étrange que moi
parfois aussi je crois
que l’étranger c’est moi
et que de lui à moi
le chemin est étroit
Quel étrange étranger suis-je de me sentir
être étranger au monde
de ne pas consentir
à ses horreurs profondes
C’est étrange vraiment d’être étranger à soi.
Ce texte a été publié dans le N° 27 de la revue Plein Sens édité par "La ruche des arts"