SITE de SERGE CARBONNEL
Le cirque est reparti, je suis seul sur la place.
Sur le mur, devant moi, une ombre se déplace.
Elle danse pareille aux adroits funambules
Et mes grands yeux captifs la suivent, somnambules.
Le cirque est reparti, je revois la grimace
Du clown qui de mon corps a fait fondre la glace.
Il revient me donner ce rire disparu
Un peu de la tristesse est partie ! Qui l’eût cru !
Le cirque est reparti, et je ressens un vide.
La larme coule un peu sur ma face livide.
Oh ! Gens qui tous dormez sans voir la joie pâlir
Réveillez donc l’espoir afin de le polir.
Le cirque est reparti, c’est un trou dans le temps.
Nous ne reverrons plus les petits chiens savants,
Le clown qui ne rit pas, le cheval blanc qui danse,
Le tigre du Bengale et les tours de voyance.
Le cirque est reparti, comme un fleuve à la mer.
Ce qui nous reste ici va nous paraître amer.
Oh ! Gens qui tous dormez, sortez de vos sommeils,
Ne fermez pas les yeux quand passent des soleils.
Le cirque est reparti. Là, sur le sol j’écris :
« Il vous faut réveiller les grands fauves endormis.
Que vos rêves d’enfants soient des éclairs qui dansent.
Poètes, dans vos mains, faite que plumes chantent »
Serge CARBONNEL
Une 1er version de ce texte a été publié dans le N° 26 de la revue Plein Sens éditée par "La ruche des arts"