PSYCHANALYSE ACTUELLE
Actuel de la psychanalyse
« Le présent est un instant qui a de la chance »PSYCHANALYSE ACTUELLE
Actuel de la psychanalyse
« Le présent est un instant qui a de la chance »_____________________________
EFFET DU CONTEMPORAIN SUR LA SUBJECTIVITE
Psychanalyse actuelle, association fondée en 1987, propose d'organiser, cette année encore, un mercredi par mois, des soirées sur le thème « La psychanalyse et l'art, le semblant au service du vrai, le réel ».
Nos réunions mensuelles de psychanalyse actuelle, convient des auteurs afin d’interroger les liens qui existent entre l’actuel et la clinique psychanalytique. La parole créatrice de nos auteurs est un moyen de donner du sens aux glissements contemporains vers la destructivité, la violence et la mise en acte des politiques dangereuses, qui nous ramènent plus que jamais à l’enseignement de Freud qui doit rester acte d’interprétation par le langage et les mots . Pourquoi la guerre, comment la paix… Voilà notre ligne de front pour que notre pensée et notre altérité ne restent pas suspendues, mais soutiennent sans cesse les pluralismes démocratiques.
MERCREDI 18 FÉVRIER 2026
Débat avec :
Sonya ZADIG
Psychanalyste, psychologue et écrivaine franco-tunisienne.
TITRE :
L’apostasie : un moment de subjectivation
ARGUMENT:
Cette conférence propose d’interroger l’apostasie non comme simple fait religieux ou juridique, mais comme acte subjectif. Quitter une religion n’est pas seulement changer d’appartenance : c’est toucher à l’inscription symbolique du sujet, à la filiation, à la Loi et au lien social.
Je soutiendrai que, dans certaines configurations, l’apostasie constitue un moment de subjectivation. Elle opère comme séparation d’un signifiant-maître, rupture avec un Autre institué, déplacement du lieu de l’autorité. Elle engage un passage d’une identification groupale à une position singulière. Elle confronte le sujet à la perte, à la division, à la responsabilité de son désir.
Je distinguerai l’acte subjectivant du simple geste réactionnel. Car toute rupture ne produit pas du sujet : certaines apostasies relèvent de la répétition, de l’identification inverse ou du passage à l’acte. L’enjeu est de repérer ce qui, dans l’acte, ouvre un espace inédit de parole et de positionnement.
Cette réflexion s’appuiera sur des situations cliniques contemporaines où la question religieuse croise les enjeux d’identité, de corps et de transmission. Il s’agira de penser l’apostasie comme moment critique où le sujet se dégage d’un ordre symbolique donné pour en assumer un autre — ou pour inventer le sien.
PRÉSENTATION DE SONYA ZADIG :
Psychanalyste, psychologue et écrivaine franco-tunisienne, engagée pour la laïcité et les droits des femmes. Elle est l'auteure de Soumise, À corps perdu et À corps retrouvé, qui abordent l'apostasie et la condition féminine. Elle milite pour la modernisation de l'islam et la défense des valeurs républicaines.
Les enfants perdus de la République
Ils ont décidé de sortir de l'islam au péril de leur vie
Sonya Zadig, préface de Daniel Sibony
Editions Fayard, Collection Documents. 13/11/2025
Interview de Sonya Zadig, JDD, le 26/11/2025
Merci à Sonya Zadig d'avoir eu le courage de s'attaquer à un tel sujet avec les risques que cela comporte étant donné le contexte actuel.
Cet ouvrage permet de « radicaliser » la question de l'individualisation prise entre loyauté et transgression. Elle montre la difficulté qu'il y a à devenir unique, à se penser unique dans un monde communautaire, communauté religieuse redoublée par l'appartenance à un collectif sur internet.
L'individu n'est jamais seul, toujours pris dans le réseau soit de la communauté d'origine soit de la communauté d'appartenance sur internet . Il est reconnu, non pour sa singularité, mais pour sa capacité à répéter les patterns exigés par ces communautés.
Ce travail met aussi en évidence le déficit de la fonction paternelle du côté de l'État . Pas une seule fois n'est citée l'école républicaine pour sa capacité d'émancipation.
Les individus arrêtent de croire quand ils prennent la promesse spirituelle au sérieux. On est donc pris dans les filets de l'Idéal du moi et donc d' une autre forme d'aliénation.
Ca me fait penser à la critique par Freud du « Aime ton prochain comme toi même » derrière laquelle il débusque la haine. La haine des autres, c'est la haine de soi. Freud ne croit qu'à la dimension narcissique de l'amour . On ne peut aimer que ce qui nous ressemble, dit-il.
Et la jouissance dans tout ça ? demande Lacan.
Les juifs représentent le mal absolu pourquoi ? Haine de l'origine mais aussi haine de l' altérité donc de soi dans l'autre.
Lacan prolonge la réflexion de Freud et propose : l'amour est athée ou n'est pas. Ce qui implique un amour qui n'est pas s'aimer en soi dans l'autre mais qui accepte radicalement l'altérité de l'autre. C'est l'expérience de la Chose, étrange et hostile en soi d'abord, être étranger à soi-même, accepter l'agressivité qui est en soi. Pulsion et jouissance.
Israël empêche la région de trouver la paix de Henry Laurens à Albanese. L'autre doit disparaître . La haine de l'autre c'est la haine de soi quand le narcissisme est trop défaillant pour se construire.
Mais c'est aussi la question du sujet de l'inconscient athée, lesté de toute croyance ?
Le grand Autre existe toujours et même si il se barre et surtout si il se barre, il revient toujours au bras de l'Idéal et au rendez-vous de l'appel du Signifiant. On cherche son désir dans le grand Autre qui n'en finit pas d'exister justement parce que mort.
La soumission est trop massive . Il ne se joue pas l'ambivalence qui soutient le désir mais le clivage d'où les décompensations dépressives et persécutives.
Le collectif pèse. Pourquoi pas ? Mais il pèse trop . Il ne fait que peser et ne constitue pas le socle qui permet de s'ouvrir à de multiples identifications.
La promesse d'émancipation républicaine universaliste et individualiste échoue. C'est celle qu'on lit à toutes les lignes de ce livre. Celle qui permet de lever les voiles de l'ignorance, celle que Freud appelait de ses vœux dans l'avenir d'une illusion . Celle qui se leurre sur la possibilité de l'humain de se désarrimer du signifiant ?
Pourquoi ? Massivité du collectif ? Culpabilité de l'occident . Reproche d'une promesse non tenue et donc désidéalisation du père qui devait apporter l'émancipation, l'autoriser. Adhésion aux valeurs d'émancipation échoue. Car encore une fois, prises trop littéralement sans dialectisation.
Leurre de vouloir un savoir athée qui se passerait d'un sujet du savoir en l'occurrence Dieu.
Notre immaturité constitutive, êtres de langage et d'incomplétude donc nous fait aspirer à ce leurre malgré notre raison.
Lacan oppose alors la vérité menteuse de la psychanalyse à la vérité révélée de la religion et à la vérité forclose de la science , ce qui renvoie l'individu à sa limite.
l'individu est trop tiraillé et pas assez divisé. Il a besoin d'une coupure radicale mais qui le laisse dans un état de déréliction profonde. L'absence de possibilité d'identifications multiples le renvoie à l'identité figée et peu émancipatrice semble-t-il de «l'apostat ».
Les modèles sont trop hétérogènes ? La violence est non médiée par le social d'autant qu'elle s'exprime librement sur les réseaux sociaux.
On dénonce à juste titre l'arrogance des riches qui se croient tout permis dans l'affaire Epstein mais on ne dit rien des abus machistes qui règnent dans les milieux musulmans.
Soumission et / culpabilité. Refus d'imposer un modèle au nom de la liberté et du relativisme culturel. Donc refus d'assumer une fonction paternelle, symbolique.
Absence de limites intégrées, identification au groupe et vie sur les réseaux sociaux.
Revenons à Lacan qui nous permet de reconnaître les trois structures dans leur rapport au religieux ; le névrosé, athée trivial qui suspend son désir à la bonne foi du signifiant, où il trouve liberté et empêchements et tente la sublimation ( mais y- a- t'il un art sans dieu ?)
le pervers, idolâtre de la foi en se consacrant à la jouissance d'un Autre rendu à sa plénitude . On reconnaîtra les prédicateurs
le psychotique qui troque la croyance pour la certitude et qui en sait plus que Dieu lui-même sur la jouissance.
Si on s'en tient à ces définitions, on voit que le modèle névrotique ne tient pas, modèle qui va avec une société démocratique du un par un . Dans un modèle d'appartenance communautaire, d'adhésion et d'identification à un leader selon la définition freudienne, on oscille entre perversion et psychose , ce que François Richard a appelé la logique paranoïaque-perverse.
Lysiane LAMANTOWICZ
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DISCUTANTS des REUNIONS de l’ANNEE :
Lysiane Lamantowicz - Jean-Jacques Moscovitz - Maria Landau - Annie Staricky - Françoise Moscovitz - Muriel Aptekier - Nathalie Moshnyager - Renée Fregosi - Sonya Zadig
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