LE REGARD QUI BAT. . .
C'est l’apport réciproque entre des cinéastes, leurs œuvres et des psychanalystes
Une fois par mois a lieu la projection d’un film suivie d’un débat entre spectateurs, cinéastes, psychanalystes, philosophes, historiens…
Une fois par mois a lieu la projection d’un film suivie d’un débat entre spectateurs, cinéastes, psychanalystes, philosophes, historiens…
Projection au Cinéma Les 3 Luxembourg
67 Rue Monsieur le Prince, 75006 Paris
DIMANCHE 17 MAI 2026, à 20h
Intelligence Artificielle
Un Film de de Steven Spielberg
Film Aventure, Drame, Science Fiction. Octobre 2001. 2h 20min
Scénario de Stanley Kubrick
La projection sera suivie d'une rencontre-débat en présence de Yann Diener, auteur de L’inconscient inculqué à mon ordinateur (sous résèrve).
Ainsi que :
Jean-Jacques Moscovitz, Simone Wiener, Lysiane Lamantowicz, Laura Koffler, Maria Landau, Françoise Moscovitz, Thomas Moskowitz, Daniel Friedmann, Muriel Prieur, Annie Staricky, Muriel Aptekier, Catherine Erman, Marie Selin, Laurence Croix - David Rofé-Sarfati - Sandra Basch…
SYNOPSIS :
Dans un XXIe siècle, où la fonte des glaces a submergé la majorité des terres habitables et provoqué famines et exodes, les robots sont devenus une composante essentielle de la vie quotidienne et assurent désormais la plupart des tâches domestiques.
Pourtant, le professeur Hobby veut aller encore plus loin en créant le premier androïde sensible : un enfant capable de développer un vaste répertoire d'émotions et de souvenirs.
Peu après cette annonce, David, un robot de onze ans, fait son entrée chez Henry et Monica Swinton, un couple dont le jeune fils a été cryogénisé en attendant la découverte d'un remède pour guérir sa grave maladie. Bientôt abandonné par sa mère adoptive, David entame un périlleux voyage à la recherche de son identité et de sa part secrète d'humanité..
AVANT-PROPOS DE JEAN–JACQUES MOSCOVITZ :
… « Les dérèglements climatiques ont détruit nos moyens de production, notamment agricoles. D’où une pénurie de nourriture et interdiction d’avoir des enfants. Le héros, David le robot, c’est le conte de Carlo Collodi (1881) Pinocchio mais inversé. David est à la recherche de sa fée bleue, sa mère en chair et en os, pour devenir chair de sa mère. Le voyage dure 2000 ans, équivalent à l’ère chrétienne sur notre planète. Notre héros se retrouve à « Man’Hattan », au bout du monde.
Tout est robot ou extra-terrestre. Seul David est la preuve de l’espèce humaine disparue. Ni corps, ni jouissance, ni sexe, ni vie, ni mort, seule reste ce qui nous ressemble, la parole ! Mais il manque quelque chose. Quoi donc ?
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Le professeur Hobby, constructeur de la machine, père-dieu, père-la-science, serait Giuseppe, le père de Pinocchio. il n'en est rien. Sa cruauté est infinie. Il est impossible à David de sortir des logiciels, aucun « uninstall » ne viendra à son secours, le programme est ineffaçable. David le héros ne peut le savoir. Il est une marchandise parfaite, il est inscrit en lui d’aimer tout de sa mère, en toute éternité.
Trait singulier, il n’y a pas de fonction paternelle dans la machine, tout est mort. Il n’y a pas de ventre de mère, pas de baleine par où la vie pourrait resurgir comme dans le conte de Collodi. Il n’y a pas de bûche de bois, ni de burin de Guiseppe, d’où s'entendent des cris de la vie qui veut naître. Dans le conte, Pinocchio et son père se retrouvent tous deux dans un ventre de baleine bien chaud dont ensemble ils seront éjectés sur la terre ferme pour vivre libres en chair et en os. Rien de tel dans A.I. où un ratage a lieu parce que la machine n’a pas de fonction, de question père « installée » sur la « carte mère . Il n’y a pas de mort du père par le meurtre symbolique fondateur de la Loi. Au contraire, il y a une forclusion construite de cette fonction père, son absence construite et voulue par le constructeur pour garantir son pouvoir.
C’est un manque, dont les robots témoignent puisqu’ils parlent. Ce manque-là a échappé au constructeurs, ils ne l’ont pas inscrit, ce père mort par le meurtre, ce manque radical qui fonde la parole. Il a pu passer dans la machine à l’insu de tous. Puisque les robots parlent, ils parlent le manque. Est-ce leur langue ?
C’est ce qui nous capte aujourd’hui avec une IA en plein essor. Les robots « contiennent » d’où ils viennent. Ils en sont la trace, une trace ineffaçable et infinie de leur origine humaine. On ne peut recopier ce point de manque dans le cerveau-machine, d’où un regret immense et éternel dans la présence d’un robot, dénotant un irreprésentable. L’intelligence artificielle est-elle une image de l’être ?
Etre, ici, veut dire que le signifiant marche à tous les coups, soit qu’à travers ses mailles, un quelque chose est passé, à l’insu de Hobby le constructeur de robots-enfants. Ce qui est passé est un point d’exil de l’origine insaisissable, ce point de réel par quoi le sujet s’inscrit dans ce réel. C’est la question du père primordial, originaire qui ne peut s’inscrire, être « activé » dans le programme.
Là surgit une rivalité terrible entre psychanalyse, religion et science.
Husserl en parle dans La terre ne se meut pas, texte de 1936, qu’il écrit lors de l’instauration du nazisme en Allemagne. ll écrit ce texte pour dire ce « quelque chose » qui échappe à la machine nazie. Dire comment pourra quand même passer à la génération suivante, la dimension du sujet qui se sait porteur d’un manque qui le fonde. Quoi qu’il se passe.
Intelligence Artificielle est la version… de notre aller droit dans le mur, dans les frayages de la religion en place de science. Mais de l’inatteignable, un point d’interrogation, au bord de l’inconscient, passe dans la machine quoi qu’il en soit. Et quelle que soit cette machine, sa seule arme, c’est sa fragilité propre à ce manque face au bio-politique. Il y résiste par ce point fragile du manque qui en écha bio-politique veut inscrire cette accroche de ce qui lui échappe, qui est une accroche du sujet, du sujet parlant. Mais le bio-politique répond ainsi toujours de la même façon à une question à laquelle il ne sait pas qu’il ne peut pas répondre.
Il ne peut pas répondre aux coupures freudiennes ni à la théorie de la culture chez Freud. ni au comment une névrose vient au monde aujourd’hui... » JJMoscovitz
C’est pourquoi nous proposons un débat avec Yann Diener, auteur de L'inconscient inculqué à mon ordinateur.
Jean–Jacques Moscovitz
BANDE ANNONCE
Membres de l'Association Le Regard Qui Bat
Lysiane Lamantowicz - Jean-Jacques Moscovitz (jjmoscovitz@gmail.com) - Simone Wiener - Laura Koffler - Maria Landau - Françoise Moscovitz - Thomas Moskowitz – Daniel
Friedmann - Claude-Noële Pickmann - Barbara Didier-Hazan - Martine Linares (La Rochelle) - Muriel Prieur – Annie Staricky - Muriel Aptekier -Catherine Erman - Marie Selin - Laurence Croix - David Rofé-Sarfati - Sandra Basch
« Il y a en effet un chemin qui permet le retour de l’imagination à la réalité, et c’est l’art » Sigmund Freud