15 OCTOBRE 2025
Capture et Commerce des insectes
une législation larvaire !
15 OCTOBRE 2025
Capture et Commerce des insectes
une législation larvaire !
L’actualité récente nous a révélé une fois de plus, la situation dissimulée mais bien présente du pillage des insectes et arthropodes de collection dont fait l’objet notre territoire.
Un constat dénoncé par Maiouri Nature depuis 2014 mais qui perdure par manque de contrôle mais aussi du fait d’une législation trop laxiste selon nous.
Un marché lucratif, sans retombées véritables pour le territoire et probablement impactant une biodiversité entomologique à l'éthologie mal connue.
D’ailleurs aucune étude sérieuse n’a été publiée pour évaluer les conséquences de tels prélèvements.
EN 2014, Maiouri Nature lance une campagne de sensibilisation sur les excès de la chasse vivrière et commerciale et autres prélèvements d'espèces animales sauvages sur le territoire : Chasse des oiseaux et mammifères, pêche excessive du mérou géant mais aussi l’usage des pièges à insectes et son commerce international ; la Guyane étant à l’époque l’un des rares pays d’Amérique du Sud dénué de toute législation en matière d’exportation.
Vous pouvez télécharger ce Rapport de doléances de 16 pages, illustré et argumenté, sans précédent et malheureusement toujours d'actualité en 2025 !
TÉLÉCHARGER LE RAPPORT 2014 CHASSE-PÊCHE
de Maiouri Nature
Concernant la collecte et le commerce d'insectes en Guyane, nous proposions, entre autres, ces mesures de restriction :
- La règlementation des puissances des ampoules des pièges lumineux
- des restrictions saisonnières sur des secteurs trop convoités ;
- une limitation par personne sur les pièges à fruits ou les filets de type « toile d'araignée »
A L'EXPORTATION !
- un quota de prélèvement d'insectes, toutes espèces confondues, de 150 spécimens par personne et par an.
- Un quota strict d'espèces patrimoniales trop convoitées tel Titanus giganteus ou Téraphosa blondi ainsi que les papillons Agrias.
EDUCATION :
- On protège mieux ce que l’on connait ! Créer sur fonds publics des outils de diffusion des Savoirs et des Connaissances sur le thème des insectes et arthropodes tels des vivariums et insectarium.
- Encourager la vente d'insectes issus d'élevage locaux avec Certificat de capacité plutôt que le prélèvement en espace naturel
EN SEPT 2014 : Maiouri Nature Guyane médiatise la première fermeture partielle de la chasse à l’iguane : du 1er septembre au 31 décembre de chaque année.
Cette inédite période de non-chasse, pour une espèce sauvage en Guyane, n’a malheureusement pas fait l’objet d’une information suffisante depuis sa publication en 2011…
DÉCOUVRIR ET FAIRE CONNAITRE NOTRE AFFICHETTE
D'INTERDICTION SAISONNIÈRE DE LA CHASSE À L'IGUANE
EN 2019, reprenant quelques une de nos doléances, un premier arrêté est publié. il concède l’exportation, par personne et par an :
- 1 mygale de Leblond
- 1 titan géant
- 10 arachnides
- 100 spécimens d’insectes
En 2024, après 14 années d'études opaques et des centaines de milliers d'euros de subventions , pour leurs bénéficiaires, il semble toujours « urgent d'attendre » pour agir et protéger véritablement le mérou en lui épargnant pour le moins la pêche de loisirs mais aussi commerciale en Guyane.
EN 2014, nous avions pourtant déjà dénoncé cet insoutenable et irresponsable laisser-faire
Lire notre Communiqué agacé à ce sujet
- EN 2020, suite aux pressions de quelques professionnels du commerce des insectes de collection, la Préfecture rétropédale et publie un nouvel arrêté qui augmente considérablement la quantité d’insectes exportable par un touriste lambda. Ce quota passe de 100 à … 1000 spécimens !
Et ce, malgré le principe de non-régression inscrit dans le Code de l'environnement depuis 2016 ; il impose que la protection de l'environnement ne peut faire l'objet que d’une amélioration constante !
- Mieux encore, les personnes agréées* par la DGTM peuvent exporter jusqu’à 2500 spécimens par an, soit bien au delà des 100, …heu non 1000 spécimens spécifiés dans la version 2020 de l’Arrêté.
* agrément accordé à toutes personnes pratiquant des cessions de spécimens de manière régulière
Ces règlementations ne concernent que l’exportation hors du Territoire de la Guyane.
En sont donc exemptés, les collectionneurs qui récoltent pour un usage personnel ou la revente, sur le marché local. sous forme de souvenirs ou d'artisanat,
- EN 2023, un nouvel arrêté est publié ; il rajoute la catégorie des « Myriapodes » et limite leur prélèvement à 10 spécimens par an et par personne.
Postcriptum :
Maiouri Nature a été pour plusieurs combats précurseur dans des luttes historiques contre des multinationales (Iamgold, Montagne d’or, ..) ou des promoteurs immobiliers , mais c'est notre campagne pour l'instauration d’une législation sur le business d’insectes qui a généré la plus forte pression, de la part des acteurs du commerce entomologique local.
Une pression qui est restée modeste mais qui révèle une niche économique discrète mais consciente de ses privilèges.
Vous noterez que les arrêtés ne concernent que les spécimens de plus de 1cm !
C’est à dire que tous les insectes en deçà de cette dimension sont exclus de la législation. Il faut croire que les membres du CSRPN (qui ont validé cet arrêté) sont démunis de curiosité de l’infinitésimal biodiversité ou… de loupe binoculaire.
Plus sérieusement, quiconque a assisté à la diversité prodigieuse qui s’accroche après quelques heures sur un drap de piège lumineux en foret, doit se poser la question suivante :
Soit les insectes inférieurs à 1cm n’intéressent personne, alors pourquoi les sortir de la législation ?
Soit ils intéressent une autre niche de collectionneurs et dans ce cas, il faut leur accorder une véritable importance !