Avril 2017 :
Sortie du Fac similé de "Kebra choppe les boules !"
Pour commander c'est ici : https://www.etsy.com/fr/shop/FacSimileBD
Juillet 2016 :
Exposition :
"Inspiration BD" – Jano, Tramber, Brigitte Robert –
Maison des Peintres de Saint-Jean-du-Doigt
du 25/07/2016 au 07/08/2016
ouverture tous les jours de 15h à 19h
Vernissage le mardi 26 juillet à 18h
Dessin de Tramber
De la fin juillet à début août, la Maison des Peintres de Saint-Jean-du-Doigt offre une occasion rarissime de retrouver dans une même exposition deux stars de la BD rock’n’roll des années 80, les créateurs de Kebra (ce personnage BD désormais culte) : Jano et Tramber.
Mais point de planches de bande dessinée classiques ici, car Jano et Tramber revisitent, en « frères de la côte » et façon BD, des thématiques bien bretonnes. Décalage et humour y seront garantis.
Durant sa longue carrière dans la BD, Jano a régulièrement fait de surprenantes incursions dans les domaines de la peinture, la sculpture… Pour cette exposition, il a réalisé une série de dessins aquarellés de création très libre, qui ont tous pour personnage principal l’Ankou breton. Ce sinistre serviteur de la mort prend ici des airs de frère de la côte, inéluctablement solitaire au milieu de scènes qui sont un clin d’œil aux tableaux de marine. Et il parvient à n’inspirer au spectateur, par la magie toujours aussi efficace du pinceau de Jano, que de la sympathie…
Ces « portraits » de l'Ankou prennent la suite des grandes « Fortunes de mer », série initiée depuis 2010 en Bretagne, et que le grand public a pu découvrir lors de son exposition personnelle au Festival de la BD d’Angoulême en 2013.
Dessin de Jano
Tramber dont l’œuvre en solo est bien ancrée dans les thématiques bretonnes, sait examiner la bretonnité avec le regard détaché de l'expert. En super enquêteur-ethnologue, Tramber enregistre récits et anecdotes pour les cuisiner ensuite à sa sauce, fortement épicée d’humour franc et noir. Il exposera à la Maison des Peintres les originaux de son dernier ouvrage, « Bretagne Inside », une compilation de scènes de vie entre terre et mer, à mourir de rire…
L’exposition sera également l’occasion pour Tramber de présenter sa toute nouvelle série de 12 cartes postales de grand format sur les « Enquêtes de l’inspecteur Latruffe dans la Baie de Morlaix ».
Dessin de Tramber
L’exposition sera aussi l’occasion rarissime de découvrir l’œuvre d’une artiste normande « sans maître », injustement méconnue, Brigitte Robert. Celle que Jano et Tramber qualifient volontiers de « grand génie » ne participe « jamais » aux expositions. Mais ses poissons en céramique crées d’après modèles ont une vivacité artistique qui prouve que l’artiste sait leur insuffler la spontanéité de la nature tout en déjouant les pièges de la technique utilisée. Cette exposition veut rendre à son art toute la fascination qu’il mérite.
Dessin de Jano
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Novembre 2015 :
Pour accompagner la sortie de l'intégrale de Gazoline chez Les Requins Marteaux le 23 novembre 2015, vous trouverez pour patienter chaque semaine un dessin inédit avec l'aimable autorisation de l'éditeur :
Entretien avec Jean-Gabriel Farris - éditeur chez Les Requins Marteaux :
Les Mondes de Jano :
Quel est la genése de ce beau projet ?
Jean-Gabriel :
Et bien Jano est venu nous voir en nous expliquant qu'il avait dans ses tiroirs 48 pages d'histoires courtes de Gazoline jamais éditées en album.
Il nous a dit aussi qu'il avait récupéré les droits du premier album (Gazoline et la planète rouge - ndlr) et que si ça nous intéressait il possédait encore les planches originales.
Les Mondes de Jano :
Quel a été votre réaction ?
Jean-Gabriel :
J'étais très content ! D'abord parce qu' ici aux Requins Marteaux on est tous des enfants de Métal Hurlant, j'ai à moitié appris à lire dedans !
Comme éditer la suite d'un album qui date de 1989 c'était pas évident, une intégrale s'est un peu imposé d'elle même. Et puis aussi parce que la première édition des aventures de Gazoline ne rend pas honneur au travail de Jano, surtout au niveau de la couleur.
Les Mondes de Jano :
Comment ça ?
Jean-Gabriel :
Il n'y a pas eu vraiment de photogravure à partir des planches de Jano. L'album a été fait sur la base des pages publiées dans la revue L'Écho des Savanes; le problème c'est que les planches ont été montées en fonction des autres éléments. Par exemple si il y avait une pub Marlboro, ils boostaient les rouges et ainsi de suite. C'est ce qui explique les grandes différences et le manque d'homogénéité entre les pages et du coup les couleurs ne sont pas respectées.
Les Mondes de Jano :
Comment s'est passé le travail de restauration et dans quel état étaient les originaux ?
Jean-Gabriel :
Jano n'a jamais vendu ses planches et il les a très bien conservées. Je suis allé les chercher en train et j'ai fait le retour avec les planches sur les genoux (rire). Quand on les a déballées avec Élisabeth notre maquettiste et graphiste, on a un peu halluciné, on se demande encore comment il a fait, toutes les couleurs sont faites à l'aquarelle directement sur les dessins originaux. On a scanné l'album et puis elle a travaillée sur la restauration. Le problème principal était essentiellement le papier qui avait un peu jaunie, les planches ont quand même 25 ans. C'est le blanc qui nous a donné le plus de travail. Il a fallu aller retoucher le blanc à l'intérieur des cases sans dénaturer les couleurs. Le défi est plus sur le traitement des planches que sur la fabrication. Sur la fab si il y a un défi, il est plutôt économique que technique puisque cette fabrication est un peu couteuse pour nous d'éditer un album à l'ancienne, tout en couleur sur papier un peu épais et dos toilé. Il sera tiré à 3000 exemplaires.
Les Mondes de Jano :
Que pouvez-vous nous dire sur les croquis préparatoires qui rythmeront les histoires courtes et sur l'album lui même ?
Jean-Gabriel :
Ce n'est pas vraiment à proprement parler des croquis préparatoires, mais plutôt des dessins que faisait Jano sur un carnet entre son travail sur les planches, la plupart du temps en couleur et un peu récréatif, de temps en temps un idée émergeait de ces dessins et Jano l'utilisait. On a choisi d'éditer ces dessins inédits pour faire une respiration entre les histoires courtes. Dans le jargon on appelle ça des "rustines". Il y aura aussi une préface de Jean-Pierre Dionnet. On lui a demandé de faire court mais il nous a fait 3 pages. Il nous parle de Jano et de la période Métal Hurlant. C'était tellement passionnant que l'on a pas pu trop couper, alors on a pris la décision de publier les 3 pages ! En tout cas ce que je peux vous dire c'est que l'on a reçu les premiers exemplaires et on est très fier du résultat. J'espère que Jano sera content du livre lui aussi.
Les Mondes de Jano :
Je pense que les anciens lecteurs apprécieront et que Gazoline pourrait séduire la nouvelle génération qui ne connait pas le travail très graphique de Jano.
Jean-Gabriel :
Oui, je suis tout à fait d'accord avec vous. D'ailleurs à titre personnel, je ne comprends pas très bien comment Jano a pu passer tout ce temps entre les années 80 et maintenant sans être plus connu par les plus jeunes, ça me dépasse un peu, car quand on relit Kebra aujourd'hui on sent que c'est très maitrisé sur les dialogues et graphiquement. Encore une fois, on est très fier de rendre hommage à son travail à travers cette intégrale.
Les Mondes de Jano :
Et l'avenir ? Si Gazoline marche bien on peut espérer un livre avec les belles illustrations de Mojo Blues ?
Jean-Gabriel :
Je sais pas trop, c'est un peu compliqué à faire, on en parle, moi je serais ravi de trouver une solution pour éditer ces dessins. Ce qui est sûr c'est que l'on a récupéré les droits de "Au bonheur des fans" de Automne '67 et qu'une nouvelle édition avec Jaquette et dessin inédit de Jano devraient sortir en mars 2016...
Merci à Jean-Gabriel, Aurélie, Élisabeth, Elsa et Kirsi.
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- Alors, où en es-tu de ton travail avec BARU ?
- Et bien je l’ai terminé il y a trois jours. (Entretien réalisé le 2/12/2014 ndlr)
- Ah ! on peut en parler alors ?
- Oui on peut en parler maintenant.
- Pour commencer, comment tu en es venu à travailler avec BARU et quelle est la genèse de ce projet ?
- Et bien tout a commencé au festival d'Angoulême en 2013. Jean-Claude DENIS alors président des 20 ans du festival m'a invité à faire une expo, (exposition_angouleme). Parmi les dessins exposés, il y avait comme tu sais une trentaine d’illustrations de la bible graphique que j’ai faite pour le dessin animé sur Robert Johnson (mojo_blues). BARU est venu avec Claude GENDROT éditeur à Futuropolis. Il avait une histoire qu'il commençait à écrire sur la Louisiane et quand il a vu les originaux il a eu une espèce d’étincelle. Jean-Claude DENIS lui avait dit que je n’avais pas vraiment de scénario en ce moment. Plus tard j'ai été contacté par Futuro et j'étais partant car BARU fait parti des 5 scénaristes avec qui j'avais envie de travailler et que je respecte. Il n'y a pas 10 000 mecs avec qui j'accepterai de bosser.
- Tu le connaissais ?
- Pas plus que ça, pourtant on se croise dans des festivals depuis 30 ans, on s'appréciait mutuellement. Maintenant je le connais un petit peu mieux.
- Et ensuite ?
- On s’est rencontré avec BARU. Il m'a raconté son histoire, très aboutie et sympa et j'ai dit ok, même si je savais que j’aurais des parties difficiles à faire, d’autant plus que c’est une histoire au premier degrés et j’avais jamais fait ça avant. Ce que je lui ai proposé c’est : «Je le fais si tu fais le découpage. Car ce que j'aime chez toi c'est ton sens du rythme, la façon que tu as d'alterner les gros plans et les grandes cases». C'est très cinématographique d'ailleurs. Je ne voulais pas qu'un de nous deux écrase l'autre. Je souhaitais un travail hybride, une histoire de BARU dessinée par JANO. Il a été surpris, il pensait que je ferais le découpage.
- Que peux-tu révéler de l'histoire ?
- Et bien c'est une histoire contemporaine au 1er degrés qui tourne autour de l'histoire du Rock’n’ Roll. Ça se passe sur plusieurs générations et l'intrigue principale a lieu en Louisiane.
- Comment a réagi BARU quand tu lui as proposé qu'il fasse le découpage ?
- Et bien il a été d'accord et m'a apporté son découpage. C'est là que je me suis rendu compte vraiment qu'il allait falloir relever des défis. Et jusqu'à ce que je le termine j'ai eu des moments de doutes, c’est aussi pour ça que je ne voulais pas en parler trop tôt. Maintenant qu'il est terminé je sais que je m'en suis sorti et je suis satisfait du résultat, BARU aussi et les gens de Futuro pareil, mais c'était pas évident.
- Quels étaient ces défis justement ?
- Et bien dans l'exigence de BARU par apport à son découpage il y avait des cadres que je n'ai pas l'habitude de dessiner, les très gros plans de face par exemple. Mes personnages se prêtent très peu à ça. Un vautour ou un rat de face en très gros plan ça veut plus rien dire. J'ai donc adapté un peu en positionnant les personnages de 3/4 et en changeant un peu les perspectives et en rajoutant des petits détails comme des rides.
- BARU était d’accord pour cette adaptation du découpage ?
- Il a bien compris le problème car il est aussi dessinateur, et ça c'était confortable comme condition de travail, car souvent les scénaristes ne comprennent pas toujours ce genre de problèmes techniques.
- Tu as eu d'autres défis à relever ?
- Oui, dans la mise en scène. Mes personnages sont à l’aise dans le genre de l'humour par ce qu'ils sont sarcastiques. Là, c'est la première fois que je dessinais une histoire sérieuse. J'ai donc adapté le jeu des personnages et essayé d'arrêter des tics de dessins comme les petites gouttes autour de leurs têtes. Bon elles revenaient de temps en temps quand ils s'énervent un peu, ça reste du JANO !
- Et au niveau de la documentation, tu as été obligé de faire des recherches ?
- Ah ça oui alors, car BARU voulait telle guitare de telle année ou un ampli d'un certain modèle. Il était très exigeant avec ça, avec les bagnoles aussi, car il connait bien c'est son truc, quand il voulait un teppaz, il voulait un vrai teppaz. moi quand je dessinais Kebra sa guitare c'était une "strato casse-tête" et son ampli un "satur 2000" ! Bien évidement rien de tout ça n'existe !
- Combien de temps tu as travaillé dessus ?
- À peu prés 1 an, 11 mois précisément. Mais il faut savoir que l'album fait 75 pages.
- Tu peux nous donner le titre ?
- "THE FOUR ROSES". Ça ne dévoile pas grand chose, mais quand on connait l'histoire c'est assez évident.
- Un date de sortie ?
- Les gens de Futuro m’ont donné mai/juin 2015.
- Tu es d'accord pour diffuser sur le site des visuels en avant première pour les lecteurs ?
- Oui je suis d'accord, les gens de Futuro aussi, on va trouver un moyen de publier des cases ou des croquis sur le site.
- Deux mots sur MOJO BLUES, la dernière fois que l’on s’est vu en janvier 2013 le studio NORMAAL cherchait des financements pour faire avancer le projet, quant est-il aujourd’hui ?
- Et bien le projet est dans un placard avec la naphtaline, pour ne pas dire dans le cercueil. Les petits studios d’animation comme NORMAAL vivent essentiellement grâce à la télé et les commandes ne suivent plus, du coup pas mal de boites ont bu la tasse, le studio NORMAAL essaye de garder la tête hors de l’eau et de survivre.
- As-tu essayer de faire publier les belles illustrations faites pour la bible graphique ? Une édition à l’italienne du genre Carnet d’Afrique sera la forme idéale.
- Oui, c’est vrai quitte à en refaire quelques une, car il en manque un peu. J’ai été contacté par un premier éditeur (qu’on ne citera pas ndlr) mais il me proposait une avance minable pour le travail fait et la forme qu’il voulait était plus de la BD que juste les illustrations. Une autre éditrice m’a contacté suite à l’expo, mais ce qu’elle voulait faire c’était un espèce de pack avec un CD d’un artiste de Blues et une forme un peu bizarre, se servir de l’un pour vendre l’autre, j’ai trouvé ça glauque.
- Enfin pour finir, est-ce qu’on verra un jour sortir l’arlésienne Tome 2 de Gazoline ?
- Et bien non, je ne crois pas, c’est un peu compliqué, bon je vais t’expliquer si tu veux. En 2005 Hervé DESINGE alors rédacteur en chef et directeur de publication de l’écho des savanes m’a proposé de lui livrer des histoires courtes de façon régulière, lui les publierai de façon aléatoire dans les mois à venir et au bout des 52 planches il devait y avoir un album.
- Et alors que s’est-il passé ?
- De 2005 à 2007 plusieurs histoires ont été publiées, ce rythme de travail m’allait bien car j’avais des soucis de santé à l’époque et puis Glénat a racheté L’écho des savanes/Albin Michel, ils ont viré le rédacteur en chef et moi aussi par la même occasion sans que je sache vraiment pourquoi et l’album est passé à la trappe alors que tout n’a pas été publié et que les planches étaient terminées. Aujourd’hui c’est un cas un peu à part parce que les histoires courtes comme dans la Santa Sardinha même si elles sont indépendantes forment un tout rassemblé en album. Ici avec Gazoline on se retrouve avec un album fait de bric et de broc. Si tu veux chercher dans ces trois années tu trouveras des nouvelles histoires de Gazoline, moi ça me rappelle trop de mauvais souvenirs, je préfère tourner la page.
Very spécial thanks à Jano pour sa confiance et à Julie & Kirsi sans qui ces entretiens n'auraient pas été possible...
Pour découvrir les premières cases avant tout le monde c'est par là :
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Décembre 2014 :
D'habitude très discret sur son travail, Jano a accepté de se prêter au jeu des questions/réponses. L'occasion de dévoiler quelques infos en avant-première sur la sortie de son nouvel album qu'il a fait avec BARU. La sortie chez Futuropolis est prévue au printemps 2015, ainsi que de lever un peu le voile autour de Gazoline et Mojo Blues.