Les chants de la Résistance
FRANCE :
Le Chant des partisans est l’hymne de la Résistance française durant l’occupation par l’Allemagne nazie, pendant la Seconde Guerre mondiale. Créées en 1943, les paroles sont de Joseph Kessel et de Maurice Druon, et la musique est composée par Anna Marly. (suite).
Ami, entends-tu le vol noir des corbeaux sur nos plaines ?
Ami, entends-tu les cris sourds du pays qu'on enchaîne ?
Ohé, partisans, ouvriers et paysans, c'est l'alarme.
Ce soir l'ennemi connaîtra le prix du sang et les larmes.
Montez de la mine, descendez des collines, camarades !
Sortez de la paille les fusils, la mitraille, les grenades.
Ohé, les tueurs à la balle et au couteau, tuez vite !
Ohé, saboteur, attention à ton fardeau: dynamite...
C'est nous qui brisons les barreaux des prisons pour nos frères.
La haine à nos trousses et la faim qui nous pousse, la misère.
Il y a des pays où les gens au creux des lits font des rèves.
Ici, nous, vois-tu, nous on marche et nous on tue, nous on crève...
Ici chacun sait ce qu'il veut, ce qu'il fait quand il passe.
Ami, si tu tombes un ami sort de l'ombre à ta place.
Demain du sang noir sèchera au grand soleil sur les routes.
Chantez, compagnons, dans la nuit la Liberté nous écoute...
Ami, entends-tu ces cris sourds du pays qu'on enchaîne ?
Ami, entends-tu le vol noir des corbeaux sur nos plaines ?
Oh oh oh oh oh oh oh oh oh oh oh oh oh oh oh oh...
POLOGNE :
Le chant des partisan polonais "Rozszumialy sie Wierzby placzace" (les saules pleureurs ont frémi) a été écrit en 1942 par Roman Szlezak sur une mélodie reprise d'un chant des troupes russes blanches (fidèles au Tsar) durant la Révolution Russe de 1917 : "l'adieu des femmes slaves" (Pozegnanie Slowianki).
Rozszumialy sie wierzby placzace Les saules pleureurs ont frémi,
Rozplakala sie dziewczyna w glos La jeune fille a pleuré à chaudes larmes
Od lez oczy podniosla blyszczace Puis a posé ses yeux luisants
Na zolnierski, na twardy zycia los. Sur le triste sort du soldat.
Nie szumcie wierzby nam. O saules, ne frémissez pas.
Z zalu co serce rwie, Avec cette douleur qui arrache les coeurs,
Nie placz, dziewczyno ma, Ne pleures pas, ma fille,
Bo w partyzantce nie jest zle. Car chez les partisans, c'est pas si mal.
Do tancza graja nam Ils jouent pour que l'on danse
Granaty, wisow szczek, Grenades, crissements de mâchoires,
Smierc kosi niby lan, La mort fauche au plus bas,
Lecz my nie wiemy co to lek. Mais nous ne connaissons pas la défaite.
Bloto, deszcz, czy sloneczna spiekota Boue, pluie ou soleil de plomb
Zawsea slychac miarowy, rowny krok, Toujours, on entend ce pas régulier, cadencé,
Maszeruje ta lesna piechota C'est l'infanterie de la forêt qui marche
Na ustach spiew, spokjna twarz, pogodny wzrok. Une chanson aux lèvres, le visage calme, le regard joyeux.
Nie szumcie wierzby nam.... O saules, ne frémissez pas....
I choc droga sie nasza nie konczy, Et même si notre route n'en finit pas,
Choc nie wiemy. Gdzie wedrowki kres, Même si nous ignorons quelle sera notre fin,
Ale pewni jestesmy zwyciestwa, Nous sommes sûrs de la victoire,
Bo przelano juz tyle krwi i lez. Car il y a déjà eu tant de sang et de larmes versé.
Nie szumcie wierzby nam.... O saules, ne frémissez pas.....
UNION SOVIETIQUE :
Par le froid et la famine
Dans les villes et dans les champs
A l’appel du grand Lénine (bis)
Se levaient les partisans.
Pour reprendre le rivage
Le dernier rempart des blancs
Par les monts et par les plaines
S’avançaient les partisans. (bis)
Notre paix, c’est leur conquête
Car en mil neuf cent dix-sept
Sous les neiges et les tempêtes
Ils sauvèrent les Soviets. (bis)
Ecrasant les armées blanches
Et chassant les atamans
Ils finirent leur campagne
Sur les bords de l’Océan. (bis)
ITALIE :
Bella Ciao est une chanson italienne. D'origine traditionnelle et populaire elle connut une multitude de versions à travers les époques, souvent de ton protestataire. Elle fut chantée par les "mondine", des femmes travaillant dans les rizières de la plaine du Pô, puis devint le chant des partisans italiens.
Sur l'air de la chanson traditionnelle des "mondine", les paroles ont été écrites pour la lutte antifasciste.
Version partisane
Una mattina mi son svegliato
O bella ciao, bella ciao, bella ciao ciao ciao
Una mattina mi son svegliato
E ho trovato l'invasore
O partigiano porta mi via
O bella ciao, bella ciao, bella ciao ciao ciao
O partigiano porta mi via
Ché mi sento di morir
E se io muoio da partigiano
O bella ciao, bella ciao, bella ciao ciao ciao
E se io muoio da partigiano
Tu mi devi seppellir
E seppellire lassù in montagna
O bella ciao, bella ciao, bella ciao ciao ciao
E seppellire lassù in montagna
Sotto l'ombra di un bel fior
E le genti che passeranno
O bella ciao, bella ciao, bella ciao ciao ciao
E le genti che passeranno
Mi diranno: che bel fior
È questo il fiore del partigiano
O bella ciao, o bella ciao, o bella ciao ciao ciao
È questo il fiore del partigiano
Morto per la libertà.
Traduction
Un matin, je me suis levée
O bella ciao, o bella ciao, o bella ciao ciao ciao
Un matin, je me suis levée
Et j'ai trouvé l'envahisseur
Oh partisan emmène-moi
O bella ciao, o bella ciao, o bella ciao ciao ciao
Oh partisan emmène-moi
Car je me sens mourir
Et si je meurs en partisan
O bella ciao, o bella ciao, o bella ciao ciao ciao
Et si je meurs en partisan
Tu dois m'enterrer
Tu m'enterreras là haut dans la montagne
O bella ciao, o bella ciao, o bella ciao ciao ciao
Tu m'enterreras là haut dans la montagne
Sous l'ombre d'une belle fleur
Et les gens qui passeront
O bella ciao, o bella ciao, o bella ciao ciao ciao
Et les gens qui passeront
Me diront « Quelle belle fleur »
C'est la fleur du partisan
O bella ciao, o bella ciao, o bella ciao ciao ciao
C'est la fleur du partisan
Mort pour la liberté
L'expression "Bella ciao" en italien n'a pas vraiment de sens, c'est plutôt une interjection. Elle est utilisée ici pour interpeler le spectateur sur le sort des "mondine", puis des partisans.
YOUGOSLAVIE :
1- "Padaj silo i niepravdo" (tombent la force et l'injustice) est un chant révolutionnaire Croate repris durant la seconde guerre par les partisans de Dalmatie .
Padaj silo i nepravdo,
Narod ti je sudit zvan.
Bjež'te od nas noćne tmine,
Svanuo je i naš dan.
Pravo naše ugrabljeno,
Amo natrag dajte nam!
Ne date li ne molimo,
Uzet će ga narod sam.
Gradove smo vam podigli,
I palače gradili.
Oduvijek smo roblje bili,
I za vas smo radili.
Nevolja će biti vela,
Po palači tvrdimi,
Kad vidite da sa sela,
s mašklinima gremo mi.
Nastati će novo doba,
Matija Ivaniću.
Ustati ćeš ti iz groba,
S tobom u boj poći ću!
Zastava će nova viti,
Iznad naših glava tad.
Radnik seljak jedno biti,
Isti im je trud i rad!
Tombent la force et l'injustice,
Le peuple est appelé à te juger.
Fuyez loin de nous, oh ombres de la nuit,
Notre jour est enfin arrivé.
Nos droits volés,
nous seront restitués!
Si vous ne le voulez pas, nous ne mendierons pas,
Le peuple se servira lui-même.
Les villes que nous avons érigées pour vous,
Et les palais que nous avons construits.
Jamais nous n'avons été esclaves,
Travaillant pour vous.
La terreur sera immense,
Dans vos palais fortifiés,
Lorsque vous nous verrez arriver des campagnes,
armés de haches.
Un âge nouveau arrivera,
Oh Matija Ivanić.
Sors de ton tombeau,
Et avec toi, je me jetterai dans la bataille!
Un nouveau drapeau sera hissé,
Très haut, au-dessus de nos têtes, ce jour là.
Ouvriers et paysans ne feront qu'un,
Unis dans le travail et le labeur!
2- "Uz Marsala Tita" (avec le Maréchal Tito) est l'hymne des partisans Yougoslaves qu'ils fussent Serbes, Croates, Bosniaques, Monténégrins ou Macédoniens....
Uz Maršala Tita, junačkoga sina
nas neće ni pakao smest'.
Mi dižemo čelo, mi kročimo smelo
i čvrsto stiskamo pest.
Rod prastari svi smo, a Goti mi nismo,
Slavenstva smo drevnoga čest.
Ko drukčije kaže, kleveće i laže,
Našu ce osjetit' pest.
Sve prste na ruci u boju i muci
Partizanska stvorila je svijest.
Pa sad kad i treba, do sunca do neba
Visoko mi dižemo pest.
Ensembles avec le Maréchal Tito, ce fils héroique
même l'enfer ne nous arrêtera pas.
Nos fronts sont hauts, nous marchons d'un seul pas
et nos poings sont serrés.
Nous sommes tous de bonne éducation; pas des Goths
Mais des Slaves , dans la pure tradition.
Quiconque dira le contraire, calomnies ou mensonges,
goutera de nos poings
Tous les doigts de nos mains, dans le combat et la souffrance
Ont construit les partisans.
Et maintenant, parce qu'il le faut, haut vers le soleil et vers les cieux,
nous levons nos poings.
GRECE :
De 1941 à 1944, les résistants de l'E.L.A.S (Armée Populaire de Libération Nationale) furent les principaux opposants aux forces de l'Axe .
Mon fusil sur l'épaule,
dans les villes, plaines et villages
je dégage la route pour la liberté
Je lui laisse une large voie et elle passe.
Marche E.L.A.S. pour la Grèce,
pour la justice et la liberté
aux sommets des montagnes et dans les vallées,
vole, bats toi avec le coeur.
Une chanson est ton souffle
lorsque tu marches sur la crête
et de ta voix résonnent
les coeurs et les plaines E.L.A.S. E.L.A.S.
Avec des milliers de noms, un seul charme
Akritas ou Armatolos
rebelle, paysan, gamin,
C'est toujours le Peuple.
Partout où la Patrie m'a envoyée
pour protèger mais aussi venger
et de mon élan a grandi
une nouvelle vie de liberté.
Maudit soit celui qui voudra me faire peur
avec l'esclavage et la honte
j'ai liquidé la mort,
je ne sais pas ce que veut dire la peur.
Mon fusil sur l'épaule,
la journée sera splendide, il ne faudra pas longtemps
pour ouvrir le chemin à la liberté,
pour qu'elle se répande dans tout le pays.
LA RESISTANCE JUIVE :
PARTIZANENLIED
Ne dis jamais que c'est ton dernier chemin
Malgré les cieux de plomb qui cachent le bleu du jour
Car sonnera pour nous l'heure tant attendue
Nos pas feront retentir ce cri : nous sommes là!
Le soleil illuminera notre présent
Les nuits noires disparaitront avec l'ennemi
Et si le soleil devait tarder à l'horizon
Ce chant se transmettra comme un appel.
Ce chant n'a pas été écrite avec un crayon mais avec du sang
Ce n'est pas le chant d'un oiseau en liberté
Un peuple entouré de murs qui s'écroulent
L"a chanté, nagan* à la main.
Du vert pays des palmiers jusqu'au pays des neiges blanches
Nous arrivons avec nos souffances et nos douleurs
Et là où est tombée la plus petite goutte de sang
Jaillira notre héroisme et notre courage.
C'est pourquoi ne dis jamais que c'est ton dernier chemin
Malgré les cieux de plomb qui cachent le bleu du jour
Car sonnera pour nous l'heure tant attendue
Nos pas feront retentir ce cri : nous sommes là!
*nagan = pistolet de l'armée soviétique