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Matricule 14351 KL AUSCHWITZ

 
 C'est en avril 2006, que je réussis enfin à savoir ce qui était arrivé à mon grand oncle Sobek disparu un jour de 1941, emmené "quelque part " par les allemands . Ce que je ne savais pas c'est que cet endroit, c'était l'enfer sur terre : le camp de concentration et d'extermination d'AUSCHWITZ .

Lettre du directeur du Musée d'Auschwitz à laquelle

des documents concernants Sobek étaient joints

 
Ce n'est qu'en lisant l'acte de décès que j'eus la confirmation que c'était bien lui (le nom de ses parents y figurait) . Son prénom, Sebastian me surpris, ma mère l'appelait Sobek et m'avait affirmée qu c'était le diminutif de Sobieslaw (mais elle n'était qu'une enfant durant la guerre...)
 

L'arrestation :

    Dès 1940, la résistance face à l'occupant s'organise dans la région, Sobek et d'autres anciens militaires se regroupent autour du prêtre de Huta Rozaniecka, le père Sliwa, ancien aumonier militaire. L'organisation secrète à laquelle ils appartiennent s'appelle KLON (Konsolidacja Obrońców Niepodległości = Consolidation des Défenseurs de l'Indépendance).

    Le nom de Sebastian PACHLA apparait dans les livres suivants :
  • Dzieje Najnowsze - Volume 18 - Instytut Historii (Polska Akademia Nauk) - 1986
  • Armia Krajowa na Zamojszczyźnie: Volume 1 - Jerzy Jóźwiakowski - 2001

    Les autres memebres cités sont : Jan Ryścik, Błażej Ryścik,  Paweł Zaborniak et son frère Wladyslaw, Pawel Bundyra, Ludwik Wazny.
 
    Sobek a du se faire arrêter début mars 1941 et transféré au Château de Lublin* . Ce château servit de prison aux nazis de 1940 à 1945 . On y torturait les Résistants mais aussi tous ceux que l'on considérait comme l'élite polonaise . 
    Du chateau de Lublin, 7.000 personnes furent envoyées vers le camp de concentration d'Auschwitz. 
 
*Source : société généalogique de Lublin  (http://www.ltg.pl/).
 

 

Le château de Lublin

 

 

  
 
AUSCHWITZ  I :
 
  Sobek arrive à Auschwitz le 07 avril 1941 :

Liste des arrivées du 07 avril 1941

 
Sur le site du Musée d'Auschwitz, il apparait qu'avec Sobek, 3 autres habitants de Huta Rozaniecka furent déportés à Auschwitz . Sont-ils arrivés ensembles? 
  • From the data contained in the so called Death Books of Auschwitz Concentration Camp Obirek, Andrezej
    Huta Rozaniecka
    b.1920-03-29 (Huta Rozaniecka), denomination:katholisch, remarks:zm.1941-09-04 w Auschwitz

  • From the data contained in the so called Death Books of Auschwitz Concentration Camp Obirek, Bernard
    Huta Rozaniecka
    b.1913-12-21 (Huta Rozaniecka), denomination:katholisch, remarks:zm.1941-10-19 w Auschwitz

  • From the data contained in the so called Death Books of Auschwitz Concentration Camp Pachla, Sebastian
    Huta Rozaniecka
    b.1913-01-20 (Huta Rozaniecka), denomination:katholisch, remarks:zm.1942-03-18 w Auschwitz

  • From the data contained in the so called Death Books of Auschwitz Concentration Camp Wazny, Ludwik
    Huta Rozaniecka
    b.1909-10-22 (Huta Rozaniecka), denomination:katholisch, remarks:zm.1941-11-07 w Auschwitz
 

Entrée du camp : "Le travail, c'est la liberté"

 
Auschwitz I, le camp principal, fut le premier camp créé près d'Oswiecim. Sa construction commença en mai 1940 dans des baraquements abandonnés de l'artillerie polonaise, situés dans la banlieue de la ville. Les responsables SS forcèrent continuellement les prisonniers à travailler à l'agrandissement du camp. Au cours de la première année de l'existence du camp, les SS et la police nettoyèrent une zone d'environ 40 kilomètres carrés pour y créer une « zone de développement » réservée exclusivement au camp. Les premiers prisonniers d'Auschwitz comprenaient des prisonniers allemands transférés du camp de concentration de Sachsenhausen en Allemagne, où ils avaient été incarcérés comme récidivistes, et des prisonniers politiques polonais provenant de Lodz via le camp de concentration de Dachau, et de Tarnow dans le district de Cracovie dépendant de l'administration générale (partie de la Pologne occupée par les Allemands non annexée à l'Allemagne nazie, mais rattachée administrativement à la Prusse Orientale allemande, ou intégrée à l'Union soviétique occupée par les Allemands). 
 

 

Mirador et potences sur lesquelles les prisonniers étaient pendus


A l'instar de la majorité des camps de concentration allemands, Auschwitz I fut construit dans trois objectifs :

1) Incarcérer les ennemis réels ou supposés du régime nazi et des autorités d'occupation allemandes en Pologne pour une durée indéfinie.

2) Disposer d'une main-d'oeuvre pour l'utiliser dans les entreprises de construction des SS (et plus tard dans les usines d'armement et d'autres unités de production liées à la guerre).

3) Servir de centre d'élimination physique de petits groupes d'individus ciblés dont les responsables SS et la police jugeaient qu'il était nécessaire de se débarrasser pour la sécurité même de l'Allemagne nazie. ( pour en savoir plus )

 


 

 La tenue des déportés ;

Codage des prisonniers : Triangle rouge = politique, vert = droit commun; bleu = emigrant, mauve = religieux, rose = homosexuel, noir = parasite improductif, jaune pour former l'étoile de David = juif.  Avec une barrette au-dessus = récidiviste . Rond blanc+point noir en dessous = compagnie disciplinaire.

Triangle P = Polonais - Triangle T = Tchèque . Pour Sobek, lettre P dans un triangle rouge


    Dès octobre 1941, Sobek a certainement participé à la construction du camp de Birkenau....

 

construction de Birkenau

 

Entrée d'Auschwitz II - Birkenau


 
 


BLOC 11- le Bunker : 

Sur les registres du camp, Sobek a été envoyé au bloc 11 du 5 au 8 novembre 1941 ....

La cour entre le bloc 10 et le Bloc 11 est close d'un haut mur. Des caissons de bois placés sur les fenêtres du Bloc 10 devaient empêcher l'observation des exécutions qui s'y déroulaient.
Devant le "Mur de la mort" les SS ont fusillé des milliers de détenus, en particulier des Polonais. Dans la cour du Bloc 11, les SS appliquaient aussi la bastonnade et la suspension au poteau qui consistait à tirer d'en haut le condamné les bras tordus derrière le dos.

 
 
Le Bloc 11 était isolé du reste du camp. Dans ses sous-sols se trouvait la prison du camp.
  • Rez-de-chaussée. La 1ère pièce à droite servait de salle de garde aux SS de service.
    Dans les salles suivantes, à droite et à gauche du couloir, on enfermait les personnes civiles qui étaient incarcérées dans l'attente du jugement du Tribunal à procédure sommaire auprès de la Gestapo, à Katowice, qui arrivait à Auschwitz et qui lors d'une séance qui durait 2 à 3 heures prononçait jusqu'à plus de 100 arrêts de mort.
Le système des punitions était l'un des éléments du programme d'extermination planifié et réalisé avec préméditation.
Le prisonnier pouvait être puni pour n'importe quelle raison : avoir cueilli une pomme, être allé dans les lieux d'aisance pendant le travail, avoir échangé une des ses dents en or contre un morceau de pain, avoir travaillé trop lentement ...
On appliquait aux détenus les bastonnades, on les suspendait au poteau, les bras liés derrière le dos, on les incarcérait dans les cachots du bloc 11, on les condamnait à un travail disciplinaire, à des exercices disciplinaires, à "rester debout" ou on les dirigeait vers les commandos de représailles.

 
 
  • Sous-sols. En septembre 1941, c'est ici qu'on effectua le premier essai d'exécution massive des prisonniers en utilisant le Cyclon B : 600 prisonniers de guerre soviétiques et 250 détenus malades de l'hôpital du camp trouvèrent la mort ce jour-là.
    Dans les cellules aménagées dans les caves, on enfermait les prisonniers du camp et la population civile suspecte d'entretenir des contacts avec les détenus ou d'aider ces derniers à s'évader, des prisonniers condamnés à mourir de faim pour avoir aidé leurs camarades à prendre la fuite ainsi que ceux que les SS estimaient coupables de n'avoir pas respecté le règlement du camp et qui étaient soumis à un interrogatoire.
    Les autorités du camp effectuaient dans les cellules des sélections périodiques appelées "nettoyage du Bunker"

    Cellule N°20 : cachot où il arrivait que les prisonniers meurent par asphyxie, par manque d'air.
    Cellule N°22 : 4 petits compartiments d'une superficie de 90x90 cm où l'on enfermait 4 prisonniers debouts, soit 16 au total. La seule source d’air était un petit orifice de 5x5 cm. Les prisonniers ne pouvaient se coucher ni même s’asseoir et étouffaient à cause du manque d’air.
  
 

L'hopital :
 
Dans le camp Auschwitz I, les médecins SS procédèrent à des expériences médicales dans l'hôpital, le bloc 10.  Le médecin le plus connu fut le capitaine et docteur SS Josef Mengele.

 

L'hopital (dessin d'un déporté - photo à la libération du camp)

 

Registre de l'hopital mentionnant le passage de Sobek

 

L'appel :
 
    L'appel quotidien, sous la pluie ou la neige, debouts durant un moment interminable où les SS égrennaient les noms des vivanys et des morts.... ce 18 mars 1942, le matricule 14351, "Sebastian" PACHLA, ne le subira plus ..... il est mort à 11h 55 !
 

 

L'orchestre joue durant l'appel

 

Appel du 18 mars 1942

 
 
 
 

Acte de décès de Sobek

Cause de la mort : tuberculose

 

Les fours crématoires

 
 

Autres documents :
 
Site du Musée National Auschwitz-Birkenau, recherche de déporté : http://en.auschwitz.org.pl/m/index.php?option=com_wrapper&Itemid=31 
Site de l'ITS (international Tracing Service) : http://www.its-arolsen.org/fr/page_daccueil/index.html 

Epilogue :

  Le 26 juin 1943, l'armée allemande commence la "pacification" de Huta Rozaniecka (représailles contre les actions de la Résistance) . La population entière du village est arrêtée et déportée.

 
 
Jozef  PACHLA, le père de Sobek, mon arrière grand père fut déporté au camp de MAJDANEK dont il réussit à s'enfuir pour rentrer mourrir dans la maison le 29 août 1943..
                                         http://www.fmd.asso.fr/updir/37/memoire_vivante54.pdf
 
 
 
 
 
 

Décès de Jozef Pachla sur les registres paroissiaux

 
Joanna OBIREK, nièce de Sobek, ma tante, fut déportée dans un camp de travail à Schneidemühl (Pila). Elle sera libérée par l'armée soviétique en 1944.
Jan OBIREK (mon grand père) et deux de ses filles, Leonia et Bronislawa (ma mère) échappèrent à la raffle de 1943, les allemands ayant oublié le hameau de Maziarnia. Karola, l'ainée des filles de Jan OBIREK, combattait dans les bois aux côtés des Partisans depuis l'âge de 15 ans.
 

Plaque aux victimes du Nazisme de Huta Rozaniecka

Eglise de Huta Rozaniecka

 
Les polonais ont payé un lourd tribu durant la Seconde guerre mondiale . Il y avait la Shoah (extermination systématique du Peuple Juif), mais aussi la disparition programmée du Peuple Polonais (dans les camps allemands mais aussi dans les camps soviétiques).
 
Si, comme le voulait Hitler, le Reich avait duré 1000 ans, je ne serais sans doute jamais né.....
 
                                        A toi Sobek, à mes enfants, à la VIE.....
 
 
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EPILOGUE :
 
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