TYPE DE SOURCE : ARTICLE SCIENTIFIQUE | DATE : 2006
FIABILITÉ DE LA SOURCE
Résultats tirés d'études scientifiques
Elle date un peu
AUTEURS
Marie-France Cyr
Docteure en psychologie et chargée de cours au département de psychologie de l'Université du Québec à Montréal.
Par une analyse de plus de 300 publicités, cette recherche a permis d'étudier l'évolution de la représentation des couples en comparant des publicités de 1993 et de 2003 imprimées dans des revues de mode québécoise.
Les observations ont permis de noter que l'homme sur les publicités est dans 95% des cas plus grand que la femme. Cette représentation peut amener les femmes intégrer la norme que son partenaire doit être plus grand qu'elle : « Le tabou social qui contraint les femmes à choisir des hommes plus grands qu’elles comme partenaires, et vice versa, demeure ainsi préservé, voire renforcé en 2003. »
Le thème du mariage est aussi présent dans les publicités de 2003, alors que le thème était à peu près absent en 1993. Un retour à la vision traditionnelle du mariage est donc constaté, bien que seulement trois publicités touchent au thème en 2003.
Le thème du romantisme est assez présente avec un homme et une femme en situation de couple. La séduction est aussi souvent représentée avec encore une fois une séduction entre un homme et une femme. Le rôle de la femme dans la séduction s'est toutefois modifié : « De séductrice aguichante ou simplement amusante, la femme s’est transformée en dominatrice, parfois violente et calculatrice dix ans plus tard. » Certaines publicités vont jusqu'à ridiculiser l'homme dans la scène. L'autrice laisse entendre que c'est n'est pas une représentation plus souhaitable que celle de la femme soumise à l'homme. Un équilibre plus égalitaire serait espéré par la chercheure.
TYPE DE SOURCE : ARTICLE DE BLOG | DATE : 2019
FIABILITÉ DE LA SOURCE
Les auteurs sont des professionnels en communication en France.
L'article s'appuie sur des exemples de publicité, mais les généralisations s'appuient sur peu de source.
Une seule source est citée et provient d'un organisme militant.
AUTEURS
Wild and Slow
Cette agence de communication française se présente comme une agence engagée face aux enjeux sociaux
«Les travers de la communication traditionnelle dans la publicité sont donc nombreux. On pense bien sûr à l’hypersexualisation et à l’objectification et la marginalisation des femmes. Les publicités exploitent fréquemment le corps féminin pour attirer l’attention, réduisant les femmes à des objets de désir plutôt qu’à des êtres humains complets avec des identités et des capacités multiples.
De plus, la récurrence de ces représentations biaisées conditionne le public à accepter ces images comme normales, voire idéales. Tous ces éléments ont des conséquences, non seulement sur la perception des femmes par les autres, mais aussi sur la perception qu’elles ont d’elles-mêmes. Sans parler de la pression sur les hommes dans ce contexte d’hypersexualisation. Le savoir est une arme, et nous sommes en faveur du changement dans les pratiques publicitaires. Voici donc quelques pratiques identifiables et condamnables, bien qu’il soit difficile d’être exhaustif à ce sujet. »
La nudité et son rapport au produit
La nudité dans la publicité est un sujet controversé, qui comporte souvent les même problèmes. Lorsqu’elle est utilisée sans rapport direct avec le produit ou le service promu, la nudité devient souvent un outil de manipulation destiné à attirer l’attention plutôt qu’à informer ou persuader de manière honnête. Dans de nombreux cas, le corps des femmes est exposé de manière suggestive, détournant ainsi l’attention du consommateur du véritable message publicitaire. Cette pratique perpétue l’objectification des femmes et renforce les stéréotypes sexistes, réduisant les femmes à des objets de désir plutôt qu’à des personnes complexes.
Un exemple flagrant de cette pratique est la publicité pour les parfums Tom Ford de 2007, où le flacon de parfum (pour homme) est stratégiquement placé entre les seins d’une femme nue. Cette image utilise donc la nudité de manière gratuite, n’apportant aucune valeur ajoutée au produit lui-même, et renforce l’idée que la séduction et le corps féminin sont des outils de vente à succès. Cette approche contribue alors à ancrer dans l’esprit collectif que la valeur d’une femme réside principalement dans son apparence physique. [...]
L’angle de vue et la position des femmes dans les publicités sont souvent utilisés pour valoriser subtilement (ou non) un rapport de force. Dans de nombreuses publicités, les femmes sont placées dans des positions de soumission ou de vulnérabilité par rapport aux hommes. Ces positions sont également accentuées par des angles de vue qui rendent plus petites, ou qui se concentrent sur certaines zones du corps. Par exemple, un angle de vue en plongée, où la caméra est positionnée au-dessus de la femme, peut créer une impression de domination, tandis qu’un angle en contre-plongée, où la caméra est en dessous, peut donner un sentiment de pouvoir et de contrôle.
On reste dans le domaine automobile avec la campagne de Fisker en 2011, qui coche toutes les cases du sexisme précédemment évoqué. En bref : de l’angle de vue à la position, en passant par le message véhiculé (sans mauvais jeu de mot), rien ne va. Entre position submissive et focus sur le corps féminin sans rapport au produit, on se demande comment cette campagne à pu voir le jour. »