FIABILITÉ DE LA SOURCE
Démarche journalistique
Rencontre avec une sociologue
AUTEURS
Stéphane Baillargeon
(Journaliste) interroge Mariette Julien (sociologue et historienne de la mode)
Dans cette publication, l'artiste québécoise Mariana Mazza arbore le crop top du haut de ses 34 ans.
L’évolution du haut court selon Mariette Julien
Mariette Julien, sociologue et historienne de la mode, a écrit La mode hypersexualisée en 2010. Elle y analysait les signes visuels et l'origine des vêtements mettant l'accent sur la sexualité, comme les hauts courts.
Elle rappelle que ce type de vêtement existe depuis longtemps. Dans les années 1960, alors qu’elle avait neuf ans, elle avait demandé à sa mère couturière de lui reproduire un haut de la chanteuse Jenny Rock. Mais la mode des années 2000 était différente : les pantalons très bas laissaient apparaître les strings, et les vêtements exposaient de nouvelles parties du corps féminin, souvent liées à des revendications comme « je m’habille et je choisis ce que je veux ».
Aujourd’hui, la tendance du crop top revient dans un contexte très différent. Le féminisme a évolué, tout comme les discours autour de la diversité corporelle. Désormais, des personnes de toutes tailles et de tous âges portent ce vêtement, parfois avec fierté. Mariette Julien observe même des danseuses dans la soixantaine en haut court. Pour elle, cela montre une libération des corps, peu importe leur forme ou leur âge. Elle note aussi que ce vêtement peut "rajeunir" l’apparence selon les normes sociales actuelles, qui valorisent toujours la jeunesse.
TYPE DE SOURCE : ARTICLE JOURNALISTIQUE | DATE : 2022
« On veut instaurer certaines règles et faire en sorte qu’on les prépare pour le marché du travail plus tard où, parfois, il y a des codes vestimentaires, où parfois il y a des règles à suivre. Le code vestimentaire est une règle qu’on doit suivre ici à l’école, comme toutes les autres règles, a expliqué Marianne Larouche, directrice par intérim de l’École secondaire Riverside. »
« Elles peuvent s’habiller comme elles veulent, mais il ne faut pas qu’elles aillent trop loin et arrivent avec des petites brassières. Il faut quand même qu’elles aient un respect pour leur corps», a ajouté pour sa part Mika Lambert.
Chaque entrave au code provoque une intervention.
Quand les enseignants constatent que le code vestimentaire n’est pas conforme, on a des petits papiers qui vont être distribués à l’élève sur lequel il y a un message qui dit : "Tu ne respectes pas la règle liée au code vestimentaire, on te demande donc de remédier à la situation". Mais c’est fait de façon très respectueuse et bienveillante envers les élèves, a poursuivi la directrice par intérim. »
TYPE DE SOURCE : CHRONIQUE D'UNE ENTREPRISE DE COMMUNICATION | DATE : 2021
FIABILITÉ DE LA SOURCE
La personne rencontre connait le domaine de la communication.
Informe tout en faisant connaître sa compagnie.
AUTEURS
Geneviève Morin
(Chroniqueuse) s'entretient avec Sann Sava, vice-présidente et cheffe de la création chez Publicis.
« Entrevue avec Sann Sava, vice-présidente et cheffe de la création chez Publicis.
Chaque jour au Canada, nous sommes exposés à plus de 4 000 publicités.
Qu’elles soient directement sous nos yeux, ou qu’elles longent le long des murs ou des autoroutes, qu’elles soient dans une publication Instagram ou derrière une pinte de lait, les publicités occupent une place importante, voire majeure dans nos vies. C’est parce qu’elle scrute méticuleusement nos habitudes, nos réflexes, nos valeurs, nos croyances et nos comportements que la publicité soulève malgré elle des problématiques relatives à une mise en scène répétée des mêmes modèles. [...]
« Les femmes sont bombardées d’injonctions et de stéréotypes qui, même s’ils évoluent, restent toujours présents et se manifestent sous diverses formes », nous indique Sann Sava, vice-présidente, cheffe de la création chez Publicis. Nous parlant notamment de la femme-objet, la créatrice avise que « les hommes ne sont pas à l’abri du sexisme non plus » et qu’ils sont également visés par des stéréotypes : « Je suis une féministe qui milite pour l’égalité et les clichés me dérangent. En tant que publicitaires, on a le devoir moral de nous en éloigner. »
Par sexisme, on peut entendre stéréotypes. Ainsi, les représentations stéréotypées constituent des constructions de la réalité qui cherchent à « recréer la norme ». Bien qu’il soit difficile parfois de faire l’exercice mental et de réfléchir autrement, Sann Sava invite les agences à faire l’effort supplémentaire : « La publicité doit utiliser des insights universels pour être efficace et souvent, on utilise les mêmes ficelles stéréotypées. C’est parce que nous cherchons à plaire à tout le monde qu’on tombe dans des raccourcis. Il faut arriver à comprendre que ça prend beaucoup d’efforts pour désarticuler nos biais inconscients. »
TYPE DE SOURCE : ARTICLE DE BLOG | DATE : 2019
FIABILITÉ DE LA SOURCE
Les auteurs sont des professionnels en communication en France.
L'article s'appuie sur des exemples de publicité, mais les généralisations s'appuient sur peu de source.
Une seule source est citée et provient d'un organisme militant.
AUTEURS
Wild and Slow
Cette agence de communication française se présente comme une agence engagée face aux enjeux sociaux
De plus, la récurrence de ces représentations biaisées conditionne le public à accepter ces images comme normales, voire idéales. Tous ces éléments ont des conséquences, non seulement sur la perception des femmes par les autres, mais aussi sur la perception qu’elles ont d’elles-mêmes. Sans parler de la pression sur les hommes dans ce contexte d’hypersexualisation. Le savoir est une arme, et nous sommes en faveur du changement dans les pratiques publicitaires. Voici donc quelques pratiques identifiables et condamnables, bien qu’il soit difficile d’être exhaustif à ce sujet.
Les couleurs jouent également un rôle crucial dans la manière dont les publicités ciblent différents genres. Dans les publicités adressées aux femmes, on observe une prédominance de couleurs douces, pastel et surtout du rose. Ces choix de couleur ne sont pas innocents; ils véhiculent des stéréotypes de genre profondément ancrés, associant la féminité à des notions de douceur, de délicatesse et de beauté superficielle. Les nuances de rose et de pastel sont donc utilisées pour vendre des produits allant des articles ménagers aux cosmétiques, en passant par les vêtements et les produits pour enfants. Ce schéma systématique de couleurs renforce ainsi l’idée qu’une femme se doit d’être docile et charmante.
Par exemple, les campagnes publicitaires pour les produits de beauté et les soins personnels utilisent fréquemment des palettes de couleurs pastel pour créer une ambiance de douceur et de féminité. Ces choix visuels peuvent sembler inoffensifs, mais ils renforcent des stéréotypes. Tout ceci limite clairement la perception des rôles et des capacités des femmes en les confinant à des espaces esthétiques. »