Le myriophylle à épi est une plante aquatique exotique envahissante (PAEE) submergée, d’origine eurasiatique. Sa présence au Québec remonte à 1958, mais son caractère envahissant s’est surtout manifesté dans les années 2000.
À l'heure actuelle, le ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, de la faune et des parcs (MELCCFP) précise que cette plante aquatique exotique envahissante a été authentifiée dans plus de 200 plans d'eau du Québec.
Les impacts de l'infestation du myriophylle à épi sont nombreux. En tête de liste, la perte de biodiversité et les nuisances pour les riverains du lac. Avec un risque accru de noyade, la natation doit être évitée dans les zones touchées.
Cette plante aquatique exotique envahissante s’enracine peu profondément dans les sédiments et elle croît verticalement, surtout à des profondeurs de 1 à 4 m (3 à 12 pieds), ainsi qu'horizontalement, une fois qu’elle atteint la surface de l’eau. Les feuilles se répartissent généralement par groupes de quatre le long des tiges. Elles sont vertes et ont la forme d’une plume (18 à 32 mm sur 10 à 20 mm), qui compte chacune de 12 à 18 paires de segments (parfois de 10 à 24 paires).
Lorsque les plants de myriophylle à épi atteignent la surface du lac, ceux-ci présentent de très petites fleurs (< 1 mm) blanches, verdâtres ou pourpres. Elles sont rassemblées en grappes ou sous forme d'épis qui émergent jusqu’à 15 cm au-dessus de la surface de l’eau. La floraison du myriophylle à épi peut s’étendre de juin à octobre. Lorsque les herbiers sont relativement denses, les plants de myriophylle forment de denses tapis en surface et peuvent réduire la quantité de lumière en profondeur pour alors affecter la croissance des autres espèces de plantes vasculaires. Ces tapis denses peuvent même nuire à la faune du lac.
Le myriophylle se reproduit de façon sexuée, mais la propagation végétative est probablement le moyen de reproduction le plus important en Amérique du Nord. Le myriophylle se fragmente naturellement de juillet à octobre. Les fragments qui se détachent peuvent, s’ils se déposent sur les sédiments, être à l’origine de nouveaux herbiers.
Herbier monospécifique dense qui atteint la surface de l'eau (MELCCFP, 2023)
Petites fleurs blanches et verdâtres émergeant de la surface de l'eau (Association du lac Castor Blanc, 2022)
Fragment de tige de myriophylle à épis, avec racines déjà formées, sur le point de se détacher de son plant mère (MELCCFP, 2023)
Selon l'information disponible, les premières observations du myriophylle à épi au lac du Castor Blanc sont survenues vers le milieu des années 2010. Depuis, l'association a mandaté des professionnels afin de réaliser des études permettant de cartographier la présence des herbiers de cette plante envahissante et d'établir un portrait diagnostic précis de la propagation du myriophylle à épi au lac du Castor Blanc.
Les travaux réalisés par l'ABV des 7 (2015 et 2022) ainsi que ceux du consultant AP enviro-conseil (2019) permettent d'établir les constats suivants :
PARTIE NORD DU LAC
Présence de 12 herbiers mixtes et 8 herbiers monospécifiques de forte densité de myriophylle à épi ;
La superficie des herbiers mixtes est de 37 158 m2 ;
La superficie des herbiers monospécifiques est de 56 557 m2 ;
Présence d’herbiers monospécifiques de grande envergure ;
La partie nord du lac semble moins touchée que la partie sud pour le moment.
Présent entre 1 et 4 m de profondeur.
PARTIE SUD DU LAC
Présence de 6 herbiers mixtes et 15 herbiers monospécifiques de forte densité de myriophylle à épi ;
La superficie des herbiers mixtes est de 19 305 m2 ;
La superficie des herbiers monospécifiques est de 135 696 m2 ;
Présent entre 1 et 4 m de profondeur, mais pourrait atteindre des profondeurs supplémentaires selon la carte bathymétrique.
Délimitation des herbiers de myriophylle à épi d'après les travaux de l'ABV des 7 (2015, 2023) et de AP enviro-conseil (2019)
Le nettoyage des embarcations nautiques
La meilleure façon de prévenir la dispersion du myriophylle consiste à inspecter et laver nos embarcations à l’entrée et à la sortie de l’eau. Un simple fragment de tige de myriophylle à épis peut devenir un plant entier, puis une nouvelle colonie. Cette particularité fait de cette plante une adversaire redoutable. Il suffit donc que quelques centimètres de tige restent accrochés sur une embarcation, sa remorque ou tout autre accessoire pour potentiellement coloniser un autre lac.
Inspectez attentivement l’embarcation, le moteur, la remorque, l’arrière du véhicule et tout autre équipement afin de retirer les fragments de plantes, les débris, la boue et les mettre dans une poubelle.
Videz l’embarcation de toute eau (cale, vivier, moteur, glacière), à au moins 30 mètres d’un lac, cours d’eau, fossé ou égout.
Nettoyez l’embarcation, le moteur, la remorque, l’arrière du véhicule et tout équipement avec une laveuse à pression.
Séchez tout le matériel pendant au moins 5 jours à un taux d’humidité de moins de 65%.
La navigation responsable
Des bouées ont été installées sur le lac afin de délimiter les herbiers de myriophylle. Il est extrêmement important de ne pas circuler dans ces zones et ce, avec aucun type d’embarcation (bateau de plaisance, kayak, canot, ponton, chaloupe, moto-marine, palmes, etc).
De plus, il est important de réduire votre vitesse lorsque vous circulez à proximité des bouées afin de limiter les vagues dans les herbiers. Ces exigences permettent de limiter la fragmentation de la plante et, par conséquent, de limiter la reproduction exponentielle du myriophylle dans notre lac.
Il est aussi essentiel de faire part de cette règlementation à tous les usagers de votre résidence au lac (incluant vos locataires)
La gestion des fragments de myriophylle à épi
La fragmentation du myriophylle à épi permet à la plante de se multiplier efficacement lorsque ceux-ci se déposent sur les sédiments et les berge du lac. Ainsi, il est bon de retirer les fragments de myriophylle si vous en voyez flotter à la surface du lac pendant l’été et à l’automne, afin d’éviter la formation de nouveaux herbiers.
L’enlèvement des fragments peut être effectué avec vos mains et/ou des filets.
Les fragments enlevés du lac devront être mis sur la terre ferme afin de les faire sécher, évitant ainsi que les fragments ne se retrouvent dans le lac à la suite d’une pluie et/ou montée des eaux.
Veuillez noter qu’il est aussi possible de faire du compost avec ces rebuts, puisque les plantes aquatiques sont très riches en éléments nutritifs.
VOTRE ASSOCIATION POURSUIT ACTIVEMENT SES RECHERCHES DE SOLUTIONS AFIN DE LIMITER LA PROLIFÉRATION DU MYRIOPHYLLE À ÉPI.
EN PLUS DE CES ACTIONS, NOUS CONTINUONS À ENCOURAGER LES AUTORITÉS PROVINCIALES ET MUNICIPALES À PRENDRE L'INITIATIVE DE S'ATTAQUER À CE PROBLÈME!