Les bandes de terrain en bordure du lac sont essentielles à la protection du lac, puisqu'elles retiennent les eaux de pluie et les sédiments souvent nocifs pouvant l’atteindre et en affecter la qualité de l’eau. C'est pour ces raisons que les bandes riveraines doivent demeurer sous une couverture végétale le plus intactes possible, afin de protéger les lacs et rivières et directement l'ensemble de la biodiversité qui s'y retrouve. En plus de ces principales fonctions, les bandes riveraines végétalisées jouent également un rôle paysager et socioéconomique.
Exemple d'une bande riveraine naturelle
Filtration : La végétation de la bande riveraine capte une grande partie des sédiments et nutriments (phosphore et azote) qui arrivent au lac par ruissellement, ce qui limite la croissance excessive d’algues et de plantes aquatiques dans les lacs.
Érosion : La bande riveraine stabilise les berges. Elle limite l’érosion et les glissements de terrain par le développement d’un système de racines. Elle crée aussi un effet de brise-lame qui diminue l’impact des vagues sur la berge.
Rétention : La bande riveraine réduit la vitesse d’écoulement des eaux de ruissellement et favorise l’infiltration de l’eau dans le sol.
Ombrage : La végétation diversifiée (herbacée, arbustive, arborescente) de la bande riveraine limite le réchauffement excessif de l’eau en bordure du lac.
Habitats : La rive des lacs et des cours d’eau est un milieu indispensable à la vie aquatique et terrestre. Elle offre habitat, nourriture et abri à la faune et la flore. La rive supporte une grande quantité d’organismes vivants, favorise la biodiversité et le retour des espèces de poissons sportifs.
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TOUS TRAVAUX susceptibles de détruire ou modifier la couverture végétale des rives, ou de porter le sol à nu, ou d’en affecter la stabilité, ou qui empiètent sur le littoral sont assujettis à l’obtention préalable d’un permis ou d’un certificat d’autorisation de la municipalité.
Pour plus d'information, communiquez auprès de la municipalité :
Téléphone : (819) 449-4006
Courriel : info@aumond.ca
inspecteur@aumond.ca
OBTENIR UNE AUTORISATION DE LA MUNICIPALITÉ
Les formulaires de demande de permis et de certificats d’autorisation sont disponibles sur le site de la municipalité d'Aumond.
Sachez également que le règlement de zonage prévoit une amende de 200$ pour chaque arbre abattu sans autorisation dans la bande riveraine ;
En cas de récidive, l’amende est doublée. Pour consulter le règlement de zonage, cliquez ici.
POUR EN APPRENDRE DAVANTAGE SUR LES RÔLES ET FONCTIONS DES BANDES RIVERAINES
Un des rôles principaux d’une bande riveraine végétalisée est de stabiliser la rive. Cela se fait grâce aux racines des végétaux, mais aussi par les tiges, les branches et des troncs qui ralentissent l’eau qui pourrait causer de l’érosion. La combinaison de plantes herbacées, d’arbustes et d’arbres forme une trame diversifiée de racines, de tiges et de feuillage qui immobilise la rive et oppose une résistance aux effets du vent, de la pluie, des vagues et des glaces. En général, les arbres et les arbustes offrent une meilleure protection pour la stabilisation des rives que les graminées, d’où l’importance de diversifier la sélection de plantes lors de la végétalisation. Le type de sol et la cohésion de ses particules influencent la stabilité des rives.
Une bande riveraine est aussi un régulateur du cycle hydrologique. Elle protège des vagues et des grands vents, ce qui peut prévenir des inondations. De plus, elle ralentit l’arrivée de l’eau dans les lacs, notamment en augmentant le coefficient de rugosité des rives. Elle permet aussi qu’une partie de l’eau s’infiltre dans le sol (ce qui concourt à l’alimentation des nappes phréatiques ) et soit évaporée dans l’atmosphère, notamment par le phénomène de l’évapotranspiration.
Les bandes riveraines jouent un très important rôle de filtre contre la pollution. Une bande riveraine efficace retiendra:
une partie des fertilisants agricoles et urbains (émis par les citoyens, municipalités, entreprises, commerces, terrains de golf, etc.);
les matières organiques;
la pollution diffuse industrielle (pâtes et papiers, textile, chimie, métallurgie, agroalimentaire, etc.);
les polluants routiers (essence, huiles, graisses, sels de déglaçage, abrasifs, etc.);
les sédiments.
Il a été démontré par Peterjohn et Correll en 1984 dans Nutrient Dynamics in an Agricultural Watershed: Observations on the Role of a Riparian Forest qu’une bande riveraine boisée peut prélever entre 10 et 45 kg/ha d’azote par année selon que les conditions sont plus ou moins propices. Des bandes riveraines de 19 mètres ont permis d’éliminer jusqu’à 58 % du phosphore dissous et jusqu’à 73,7 % du phosphore total.
Les pesticides qui sont liés à des particules de sol sont interceptés par l’effet de sédimentation. Il faut toutefois savoir que la végétation qui compose les bandes riveraines pourrait être affectée par la présence de ces produits. Une réduction à la source, notamment par la lutte intégrée (une démarche de planification et de gestion qui utilise une variété de méthodes de réduction des populations d’organismes nuisibles à des niveaux acceptables), est donc toujours souhaitable.
Les matières organiques, notamment celles qui proviennent des terres cultivées et les sédiments en suspension dans l’eau, sont aussi retenues partiellement (suivant la concentration) par la bande riveraine.
Les polluants contenus dans les sédiments, les fertilisants ou les pesticides sont en partie fixés par la bande riveraine. Une partie de ces polluants est aussi réduite, dégradée ou immobilisée par les plantes elles-mêmes.
Ce processus de filtration est important, car l’apport en grandes quantités de nutriments dans l’eau du lac est responsable du phénomène accéléré d’eutrophisation. En diminuant les nutriments dans l’eau du lac, on limite aussi le surdéveloppement de la végétation aquatique, particulièrement des algues. La limitation du phosphore dans l’eau des lacs et dans les cours d’eau réduit la présence de fleurs d’eau d’algues bleu vert qui contribuent à dégrader la qualité de l’eau.
De plus, une forte présence de végétation, tout comme de matières organiques, en se dégradant, consomme de l’oxygène, ce qui appauvrit le milieu aquatique en oxygène dissous. Or, en absence d’oxygène, le phosphore des sédiments peut être libéré dans l’eau, alors qu’en présence d’oxygène, la majeure partie demeure liée aux sédiments. Selon les conditions d’oxydoréduction, le phosphore peut redevenir disponible pour la croissance des algues, créant ainsi un cercle vicieux.
En réduisant l’écoulement d’eau chargée de sédiments, de matières organiques ou de particules en suspension vers le lac, la bande riveraine diminue de manière importante l’ensablement, la formation de fonds vaseux ou encore le colmatage d’enrochements qui servent d’abri ou de lieu de reproduction pour la faune.
Les végétaux des bandes riveraines, tout comme les autres végétaux, séquestrent des gaz à effets de serre, et plus particulièrement le CO2 , ce qui aide à contrer les effets néfastes des changements climatiques.
Les bandes riveraines, surtout si elles ont une strate arborescente, font office de brise-vent naturel. En ralentissant le vent, elles réduisent l’érosion des sols et, dans une certaine mesure, elles peuvent amoindrir la force des vagues.
Elles permettent aussi de diminuer l’impact des vagues et des courants, ainsi que le choc des glaces, ce qui réduit l’érosion.
Point de jonction entre l’écosystème terrestre et l’écosystème aquatique, la bande riveraine est à la fois un milieu écologique très diversifié et très fragile. Sa productivité est reconnue comme très élevée. Selon une étude de Tabbachi & Tabbachi (1994), elle serait même comparable, dans certaines régions, à celle de certaines forêts humides tropicales. Les observations ont démontré une belle qualité d’eau, une bonne disponibilité de nutriments, un recyclage rapide des matières organiques et le renouvellement fréquent de la végétation avec des espèces pionnières (à croissance rapide) lors des crues dans les zones bordées de bandes riveraines.
Une bande riveraine, si elle est composée principalement d’arbres de bonne dimension, fait office d’écran solaire qui prévient le réchauffement excessif de l’eau en bordure du littoral. En effet, une température trop élevée de l’eau accentue la vitesse de croissance des plantes, et notamment des algues bleu vert, ce qui diminue l’oxygène dissous disponible à la survie des microorganismes et des poissons.
La végétation riveraine permet aussi de maintenir une humidité ambiante élevée et une température fraîche, notamment au-dessus des zones littorales peu profondes des lacs. Dans le cas des cours d’eau, la taille, la profondeur et le débit influencent les changements de température.
La hauteur, la densité et l’orientation de la végétation sont plus importantes que la largeur occupée par les arbres dans la bande riveraine pour maintenir la température d’eau basse.
On considère que la température de l’eau le long d’une bande riveraine boisée est plus basse de 2 à 10 °C, comparativement à une bande riveraine non boisée.
La végétation naturelle d’une bande riveraine peut être d’une grande diversité. Il est parfois possible d’y observer plusieurs centaines d’espèces. Cette diversité biologique est indispensable à la pluralité faunique.
La végétation d’une bande riveraine présente un milieu propice à une faune variée et à une grande richesse biologique. Selon l’étude Efficacité des bandes riveraines : analyse de la documentation scientifique et perspective réalisée au Québec par Gagnon et Gangbazo (2007), le milieu riverain compte près de 300 espèces de vertébrés, dont 30 espèces de mammifères, plus de la moitié des oiseaux et les trois quarts des amphibiens et des reptiles.
Des bandes riveraines et le littoral adjacent où on observe une bonne biodiversité en termes de plantes offrent une variété de microclimats pour de nombreux représentants de la faune:
les invertébrés y trouvent une mosaïque de microhabitats, des apports exogènes de nourriture ainsi qu’un lieu de ponte et d’émergence;
les poissons y sont à l’abri, y puisent leur nourriture et y installent potentiellement leurs frayères ;
les amphibiens en font leur lieu d’accouplement, de reproduction et de ponte, tout en y trouvant un lieu de développement et d’alimentation idéal pour les têtards;
les oiseaux, et notamment la sauvagine, y trouvent alimentation, lieu de nidification, abri et corridor dans le cas des migrateurs;
les mammifères et les micromammifères y puisent leur alimentation et y construisent leur habitat;
les insectes bénéfiques ou pollinisateurs y dénichent nourriture, abri et lieu de reproduction.
La végétation riveraine apporte une diversité visuelle dans le paysage (couleurs, formes, hauteurs, etc). Elle concourt à la préservation des paysages naturels. Leur possible utilisation comme lieu de promenade et de pique-nique (en périphérie), de baignade ou encore de pêche (dans l’accès autorisé) contribue à améliorer la qualité de vie.
La beauté qu’elle procure n’est pas non plus négligeable, les services culturels et aménités (ex.: bénéfices esthétiques, spirituels, etc.) étant aujourd’hui reconnus comme un service écosystémique ou écologique, indispensable à l’épanouissement de l’humain.
En milieu de villégiature, les bandes riveraines apportent un caractère naturel au plan d’eau, ce qui contribue à la beauté des paysages et donne de la valeur aux propriétés. En réduisant les risques de présence d’algues bleues, elles évitent aussi une perte de valeur des terrains situés en bordure de lac contaminé.
En milieu agricole, en réduisant les pertes de sol engendrées par l’érosion hydrique, on diminue les coûts de production. Selon le Conseil de gestion du bassin versant de la Yamaska/organisme de bassin versant de la Yamaska, au Québec, les pertes de sol arable par érosion sont estimées à 3 millions de tonnes par année, ce qui représente un coût global entre 5 et 17 M$ (ces coûts excluent la dépollution des cours d’eau, l’alimentation en eau potable et les pertes d’usages). Les unités d’engrais exportées vers les lacs, les cours d’eau et le fleuve sont aussi payées par l’agriculteur en pure perte.
Particulièrement dans une situation de changements climatiques, des rives de cours d’eau très stables permettent d’éviter de nombreux travaux, qui seraient dus aux crues, inondations, embâcles et qui pourraient s’avérer très coûteux. Des rives stables permettent aussi de protéger les bâtiments et les champs contre ces phénomènes naturels, de diminuer la fréquence de nettoyage des cours d’eau, d’éviter le décrochage des terres et la perte de superficies cultivables qui en résulterait.
Pour les agriculteurs, la bande de végétation riveraine pourrait constituer un revenu d’appoint. La culture biologique de petits fruits (et leur transformation), de plantes médicinales ou la récolte des champignons pourraient présenter un potentiel économique intéressant. Peu concluant financièrement dans les études disponibles, d’autres études sont encore nécessaires pour définir comment valoriser ces lisières de terres agricoles.