Un immeuble de rapport

L’immeuble construit par Robert Mallet-Stevens est situé en fond de parcelle du 7 rue Méchain. Cette "maison de rapport" édifiée à la demande de Jean Deschamps, le propriétaire de la parcelle, se compose de 12 appartements et de deux ateliers en duplex (dont l'un a été occupé par l’artiste peintre Tamara de Lempicka).

Le bâtiment de Mallet-Stevens est implanté en fond de parcelle, dégageant ainsi un jardin qui contribue à mettre en scène la découverte de l’édifice. Il est composé de deux ailes, de taille et de hauteurs inégales six niveaux et une largeur plus réduite pour l’aile de gauche, neuf niveaux pour l’aile de droite qui s’étend sur la profondeur du terrain), articulées autour d’une « tour » centrale, qui accueille l’entrée et la cage d’escalier. Cette organisation en « L » du bâtiment permet à Mallet-Stevens d’atténuer le caractère massif de cet immeuble de rapport. Cette perception tronquée est accentuée par le travail d’épannelage des deux ailes du bâtiment : au sommet de chacune d’elles, les étages sont en retrait ou n’occupent qu’une surface réduite, ce qui contribue à la légèreté de l’ensemble. La verticalité du « pivot » central est quand à elle accentuée par un spectaculaire vitrail conçu par le maître verrier Louis Barillet, collaborateur fréquent de Robert Mallet-Stevens.


Le dessin des façades et les volumétries du bâtiment reprennent avec finesse et précision le vocabulaire architectural traditionnel de l’architecte : fenêtres d’angle, grandes baies horizontales, jeu des volumes, rapport des pleins et des vides, toitures terrasses…


Si il s’inscrit totalement dans le registre formel traditionnel de l’architecte, l’immeuble de rapport du 7 rue Méchain constitue toutefois une commande inédite pour Robert Mallet-Stevens : il ne s’agit plus de concevoir un hôtel particulier ou une villa, mais un immeuble de logements collectifs. Dans un article consacré à l’immeuble, il accordera ainsi une attention toute particulière à ses caractéristiques constructives modernes et au haut niveau de prestation offert aux futurs occupants : ossature en béton armée et remplissage en briques creuses, portes et menuiseries de l’escalier en acajou, rampe en émaux de Briare, deux ascenseurs, dont un de service, des salles de bains pourvues de baignoires encastrables, des murs garnis de faïences pour les pièces d’eau, le vidage des ordures par incinération, les fenêtres à coulisses, les terrasses aménagées en jardins, le chauffage central et l’alimentation en eau chaude.


Toutefois ces enjeux de performance vis-à-vis d’un commanditaire exigeant n’ont pas conduit Robert Mallet-Stevens à s’écarter de sa volonté de créer des œuvres totales, associant architecture et arts décoratifs, en mobilisant ses collaborateurs traditionnels (l’éclairagiste André Salomon, le «ferronnier» JeanProuvé, le maître verrier Louis Barillet…).L’immeuble est composé de deux ailes, de taille et de hauteurs inégales :-

Six niveaux et une largeur plus réduite pour l’aile de gauche,-

Neuf niveaux pour l’aile de droite qui s’étend sur la profondeur du terrain.Les

deux ailes sont articulées autour d’une « tour » centrale, qui accueille l’entrée et la cage d’escalier. Cette organisation en « L » du bâtiment permet à Mallet-Stevens d’atténuer son caractère massif, en opposition au premier projet proposé. Cette perception tronquée est accentuée par le travail d’épannelage des deux ailes du bâtiment : au sommet de chacune d’elles, les étages sont en retrait ou n’occupent qu’une surface réduite, ce qui contribue à la légèreté de l’ensemble. La verticalité du« pivot » central est

quant à elle accentuée par un spectaculaire vitrail conçu par le maître verrier Louis Barillet.Le dessin des façades et

les volumétries du bâtiment reprennent le vocabulaire architectural traditionnel de l’architecte :- Les volumes cubiques, qui

s’organisent à partir de la « tour » centrale verticale, d’oùpartent les lignes horizontale

s résultant des jardinières, des appuis de fenêtres, des balcons et des toitures terrasses (à partir du 4ème étage pour l’aile gauche et du 7ème étage pour l’aile droite) ;- La surface de l’immeuble est lisse a

vec des fenêtres d’angle et de grandes baies horizontales- Le bâtiment propose un jeu de volumes

, joue entre les pleins et les vides...- La rigueur de ce formalisme est combat

tue par les détails : perron et auvent arrondi au-dessus de l’entrée, rambardes métalliques des balcons et terrasses, bacs à fleurspris dans la maçonnerie qui viennent accentu

er le jeu des lignes horizontales, vitrail de l’escalier, les deux grandes verrières sur deux niveaux des ateliers.L’entrée de l’immeuble ancien, élevé en façade

sur la rue Méchain, restée la propriété de Madame Deschamps au moment de la construction de l’immeuble neuf en fond de parcelle, est réaménagée, selon les propositions de Mallet- Stevens, de manière à donner à la nouvelle construction une entrée sur rue en harmonie avec son architecture et à assurer la continuité formelle du parcours. L’architecte signale ainsi la présence de son édifice, dissimulé en fond de parcelle, et met en scène sa découverte, lui offrant une véritable façade sur rue et créant une "promenade architecturale".Depuis la rue Méchain, on devine la présence de la construction moderne

grâce à la mise en place de deux occuli accueillant des vitraux de Louis Barillet de part et d’autre d’une nouvelle porte d’entrée réalisée par Jean Prouvé.Un auvent de béton protège l'entrée arrondie qui accompagne le visiteur vers l’

intérieur. En pénétrant dans le hall, on découvre les parties communes aux murs habillés d'acajou, la loge, qui poursuit l’arrondi du mur et la cage d'escalier, éclairée par trois bandeaux de vitraux de Barillet et dont la rampe a été remplacée par une rampe métallique aux lignes épurées jusqu’au premier étage seulement.C’est en franchissant la seconde porte de Jean Prouvé que l'on découvre, depuis le jardin, l'imm

euble édifié par Robert Mallet-Stevens.De nuit cette mise en scène atteint son paroxysme : un interrupteur situé dans le hall de l'immeuble

sur rue permet de mettre en lumière le jardin et la cage d'escalier de l'immeuble sur jardin, illuminant ainsi le grand vitrail vertical de Barillet et produisant un effet très cinématographique, proche des décors de cinéma produits par l’architecte9.