Histoire

Le 27 juillet 1926, Mme Louise Eugénie Fernande Bartholoni, épouse Deschamps, née le 23 février 1873, acquiert une « maison », située dans le 14ème arrondissement, au n°7 de la rue Méchain, consistant en « un corps de bâtiment élevé sur cave et composé d’un rez-de-chaussée et de quatre étages, d’un jardin derrière ladite maison, le tout d’une contenance superficielle de mille mètres carrés environ ». La maison est achetée louée, l’ensemble des baux et locations sont listés dans l’acte de vente.1

Le 31 décembre 1927, Monsieur Jean Octave Médéric Deschamps, fils de Mme Deschamps, né à Paris le 2 mai 1902, adresse un courrier au préfet de la Seine sollicitant « l’autorisation de bâtir un immeuble de rapport à l’usage d’habitation bourgeoise (ateliers d’artiste et appartements) » sur un terrain lui appartenant, au 7 rue Méchain dans le 14ème arrondissement de Paris. Il précise que ces appartements seront loués meublés.

En réalité ce n’est que le 18 octobre 1928 que Mme Deschamps revend une partie de cette propriété à son fils, une parcelle de terrain qui forme tout le fond de la propriété située au numéro 7 de la rue Méchain.

« Cette parcelle qui se trouve en retrait et à environ 18 mètres soixante-quinze de la rue Méchain a une contenance de six cents mètres environ et tient :

Par devant, sur une longueur d’environ vingt-deux mètres, au surplus de ladite propriété, restant, ce surplus, la propriété de la venderesse.

Et le droit de passage à pied seulement pour accéder de ladite parcelle de terrain vendu et de la construction qui y sera élevée, à la rue Méchain.

Sur le couloir du bâtiment réservé en façade sur la rue, couloir partie de ladite rue et aboutissant au jardin également réservé.

Et en prolongement de ce couloir sur deux mètres de largeur dudit jardin réservé en partant de l’extrémité dudit couloir pour aboutir au terrain vendu ».2

Le 31 décembre 1927 également, M. Deschamps dépose une demande de permis de construire, pour l’édification d’un bâtiment en L de huit étages sur rez-de- chaussée édifié dans l’angle Sud-Ouest de la parcelle. Les deux ailes, perpendiculaires en façade (mais dont les façades arrières suivent l’angle ouvert de la parcelle), s’articulent de part et d’autre de la cage d’escalier en demi-cercle autour de l’ascenseur et placée en retrait de la façade. A l’extérieur, les fenêtres respectent la répartition des étages, bien que les ateliers (tous exposés au nord), ont 5m80 de hauteur sous plafond, tandis que les appartements ont 2m80.

Cette première demande fera l’objet d’un avis défavorable de la préfecture du département de la Seine et plus particulièrement de l’architecte voyer, M. Gonnot, le 20 janvier 1928 au motif que :

- Les plans étaient incomplets et insuffisamment cotés ;

- Les cabinets d’aisance étaient installés à chaque étage dans un local sans éclairage ni aération directe ;

- Une pièce d’habitation du 8ème étage était d’une surface inferieure à 8m2 ;

- Toutes les pièces d’habitation étaient dépourvues de conduits de fumée et que les conduits de fumée de cuisine ne seraient pas construits selon les prescriptions en

vigueur ;

- Le mur de façade sur cour, au 8ème étage, sortait du gabarit autorisé.


Une seconde demande de permis de construire - dont on ne retrouve plus la trace dans les archives y compris dans celles de la Ville de Paris - sera acceptée puisque le bâtiment est construit en 1929 sous la direction de Robert Mallet-Stevens. Ce second projet, tel qu’il a été exécuté en 1929, a beaucoup progressé dans l’agencement des volumes. On note les différences suivantes :

- Le bloc escalier circulaire avec l’ascenseur sur le côté est toujours entre les deux ailes, mais placé en façade ;

- Une petite cour en arrière du corps de l’escalier permet l’aération des sanitaires ;

- L’aile droite a conservé ses huit étages sur rez-de-chaussée, mais l’aile gauche n’en a plus que cinq ;

- Les deux ateliers (l’un exposé Nord, l’autre exposé Est) ont de larges baies en double hauteur ;

- Les toits terrasses sont plus nombreux et plus marqués ;

- Les plans des appartements sont différents.

Il existe très peu d’archives pour ce bâtiment. Les seuls documents graphiques originaux dont on trouve encore la trace dans les archives de la ville de Paris sont des plans des sous-sols déposés en 1930 à l’occasion d’un dépôt de demande de raccordement au réseau d’égouts de la ville. Etonnamment, ces plans ne sont pas conformes à l’état existant des caves de l’immeuble.4

Il semble que l’architecte ait initialement envisagé une desserte du sous-sol et des caves par l’escalier principal alors qu’il n’est finalement possible que par la cage d’escalier de service.

De la même façon, les plans de rez-de-chaussée publiés en 1930 dans la revue de l’architecte ne représentent pas avec fidélité les aménagements intérieurs effectivement réalisés (par exemple, la porte de l’appartement situé au rez-de- chaussée gauche n’est pas représentée à son emplacement exact et la distribution des pièces n’est pas non plus conforme à celle qui a été effectivement mise en œuvre).

L’immeuble de rapport, édifié en 1929, est resté la propriété de M. Deschamps jusqu’en 1943 : le 29 août 1943 est enregistré le règlement de copropriété de l’immeuble5 et la vente du premier appartement intervient la même année. 6

Les ventes se poursuivent jusqu’au 19 décembre 1955, date du dernier acte notarié enregistré au nom de M. Deschamps au 7 rue Méchain.7