Les ateliers d'artistes

L’atelier en duplex, qui occupe les 2ème et 3ème étages de l’aile Est, est connu pour avoir appartenu à la célèbre artiste peintre Tamara de Lempicka.

Toutefois, l’immeuble ayant été conçu comme un immeuble de rapport, composé d’appartements meublés, destinés à la location, il est difficile d’affirmer, contrairement à ce qui a été écrit dans de nombreuses publications sur l’artiste, que cet appartement aurait été conçu par l’architecte pour elle dès l’origine.

En effet, si celle-ci a effectivement occupé l’atelier dès 1929, elle n’a pas pu en faire l’acquisition avant la mise en copropriété de l’immeuble et la vente des premiers lots en 1943. Par ailleurs il n’y a pas trace d’acte notarié au nom de Mme Tamaro Roza GURVIC VEL GORSKA14 pour l’achat de l’atelier. On trouve cependant un acte d’achat à son nom, en date du 20 décembre 1947 pour l’appartement du premier étage, aile gauche.15

Il est donc probable que Tamara de Lempicka ait loué l’atelier pendant une quinzaine d’années et que l’un de ses proches en ait fait l’acquisition pour elle au moment de sa mise en vente par M. Deschamps. L’appartement dont elle a fait l’acquisition elle-même en 1947, au premier étage de l’immeuble, était vraisemblablement son appartement privé, tandis que l’atelier était un lieu de réception et de création.

Les trois niveaux présentent encore aujourd’hui des éléments de mobilier intégrés, d’éclairage ou d’aménagements intérieurs très représentatifs du travail de Robert Mallet-Stevens : vitraux intérieurs de Barillet, miroirs placés à l’angle des verrières pour capter la lumière, garde-corps en acier chromé, grand dressing intégré, avec portes en acajou et poignées en laiton au 1er étage, cloison et porte arrondie avec système d’éclairage intégré au plafond, meuble bar intégré en noyer au 3ème étage...

Le second duplex de l’immeuble occupe les 2ème et 3èmes étages de l’aile Ouest. Les aménagements intérieurs de cet appartement ont fait l’objet d’un soin tout particulier et l’on retrouve de nombreux dispositifs comparables à ceux mis en œuvre dans les aménagements de la Villa Cavroix à Croix dont le chantier a débuté peu de temps après la livraison de l’immeuble du 7 rue Méchain : dispositifs de cache radiateurs en acier chromé, quincaillerie des éléments de mobilier intégrés en bois, poignées de porte dessinées par Mallet-Stevens, parquet mosaïque Noël en ébène, douche en émaux de Briare avec plafond rétro-éclairé en acier et verre opalin, dispositifs d’éclairages indirects conçus par André Salomon avec système de réflecteur réalisé en staff, rambarde en acier chromé et bois...