Le porc dans l’histoire
Vous ne m’avez pas demandé un cours d’histoire, et bien qu’en plus vous ne m’ayez aucunement réclamé le cours de zootechnie, quelques petites notions de ces dernières ne feraient de mal à personne. Nous utilisons en général « porc » comme un nom générique pour designer plusieurs entités ayant des particularités différentes et appartenant à l’espèce Suis scrofa domesticus. C’est le moment pour moi de vous les présenter ; toutefois, rassurez-vous que vous perdrez sans aucun doute mon amitié si, après avoir donné les éclaircis que je m’en vais fournir, la signification de « porc » ne changeait à vos yeux. Voici la leçon :
· Une truie est un porc femelle qui a eu au moins une portée ;
· Un verrat est un porc male entier, c’est-à-dire capable de se reproduire ;
· Un cochon est un porc mâle castré c’est à dire incapable de se reproduire ;
· Une cochette est un porc, jeune femelle reproductrice n’ayant pas encore été saillie
· Un porcelet est un petit de la truie.
Juste après ces notions peut-être barbares pour certains d’entre vous, autorisons-nous une entrée triomphale dans les méandres de l’histoire du porc qui a désormais une toute autre signification pour vous.
Le porc est un animal domestique pour chacun d’entre vous, ce qui est vrai. Mais ce que vous pourrez ne pas savoir c’est que son histoire est mille fois plus vieille que les plus vieux d’entre vous. Pour la petite histoire, le porc est apparu en Asie mineure et dans la région de l’actuelle Turquie au début de l’ère tertiaire, son processus de domestication a débuté en Europe environ 7000 ans avant Jesus-Christ. Ce processus a fait passer le porc du simple et imposant chasseur qu’il était au gentil et docile animal que nous connaissons de nos jours (peau rosée, taille relativement petite, dents écourtées et un groin affiné). Même si cette information reste encore discutée, plusieurs auteurs pensent que le porc actuel est issu de son ancêtre sauvage, le sanglier que la communauté scientifique qualifie de Suis scrofa.
Au fil des siècles, le porc a davantage été élevé pour sa viande ayant une forte symbolique culturelle et spirituelle, que pour toute autre chose. A cet effet des constatations ont été faites et je me propose de vous les dévoiler :
· Vous avez sans doute constaté que malgré la forte population de Chine, l’Islam n’a que très peu élu domicile dans ce pays : La Chine est le plus gros producteur mondial de porc et ce dernier est considéré comme un animal sale, maléfique et interdit selon les traditions hébraïques et musulmane. Leurs prophètes Moise et Mahomet leur auraient interdit tout contact avec le porc d’après le coran ;
· Pour les égyptiens, le porc est associé non seulement à la fécondité, mais aussi et surtout à la malfaisance ce qui entraine la stigmatisation des personnes en contact étroit avec le porc, allant même jusqu’à leur interdiction d’accès au temple ;
· Déméter est la déesse de la fécondité et de l’agriculture dans la mythologie grecque : ici le porc est associé à Déméter ;
· En Chine, le porc est considéré comme un signe astrologique et traduit des symboliques et des valeurs comme la loyauté, la sensibilité, la soif de connaissance, le pacifisme et l’obstination ;
· En ce qui concerne les chrétiens, le porc est le compagnon fidèle de saint Antoine. Certains pensent qu’il est à bannir car Jésus-Christ y avait introduit une légion de démons d’après la Bible.
Le coté cours et le côté jardin du porc tels que présentés dans cet historique ne sauraient inquiéter l’enthousiasme des consommateurs de la viande de cet animal qui a inspiré l’expression : « tout est bon dans le cochon ». Nous y reviendrons dans une petite section consacrée à la diversité des produits et sous-produits de l’élevage porcin.
En bref sur la zootechnie du porc
Mis à part son corps massif et cylindrique, son tissu adipeux sous-cutané fourni et l’aplatissement de son bout du nez, que diriez-vous encore pour m’impressionner s’il vous était donné de parler de cet animal que la communauté scientifique a nommé « Suis scrofa domesticus » ? C’est sans doute à ce moment que vous irez dans vos bibliothèques sécrètes pour nous dénicher le saint graal susceptible de répondre à cette requête.
Vous n’êtes peut-être pas un expert de l’espèce porcine mais il m’est impossible de vous octroyer mon indulgence si vous ignorez ceci :
· Le porc est un « as du ronflement » et cela pourrait vous étonner ; je m’en excuse d’ailleurs si vous êtes un gros ronfleur et que vous empêchez votre partenaire d’avoir un « sommeil réparateur » chaque nuit. Vous pouvez même en être malade et pourtant cette situation est tout à fait normale chez le porc ; L’étroitesse de ses cavités nasales rend sa respiration naturelle difficile. Voilà pourquoi il grogne, je voulais dire « qu’il ronfle ».
· Pour ceux qui pensent que le porc est un animal stressé, détrompez-vous ! C’est un être assez tranquille. Cependant, il supporte mal les conditions stressantes. Pour vous qui aimez perturber vos auditions avec de fortes sonorités incohérentes ou qui exigez absolument des ambiances chaudes pour vous sentir vivants, sachez que le porc en mourrait si vous lui appliquiez ces mêmes conditions. Le porc n’a aucun problème avec le bruit, il ne le supporte simplement pas, le porc n’a aucun différend avec la chaleur, toutefois il n’apprécie sa compagnie. Le porc est très sensible aux facteurs de stress, en particulier le stress thermique.
Savez-vous pourquoi le porc est considéré comme « un cardiaque qui s’ignore » ?
Eh bien ! je vous prive de toute méditation à la recherche de la réponse. Sa forte sensibilité au stress entraine la nécrose de son muscle cardiaque avec une facilité déconcertante.
Et comment ne pas s’interroger sur les éleveurs de porcs qui s’amusent à placer leurs animaux dans des environnements inadéquats (villes bruyantes, ambiance chaude et sans eau) et pourtant ils y sont émotionnellement attachés ? Peut-être y aurait-il un autre cardiaque qui s’ignore près de ces porcs innocents. Halte aux propriétaires véreux. S’il vous est impossible de vous occuper de vos porcs, les défenseurs des droits des animaux s’occuperont de vous.
Quelques paramètres zootechniques condensés :
- Durée de gestation : 3 mois 3 jours 3 semaines
- Age à la puberté : 6-8 mois
- Durée des chaleurs : 24-72 heures
- Lactation : 21-28 jours
- Durée du cycle sexuel :18-24 jours
- Espérance de vie : environ 25 ans
- Taille moyenne de la portée : 10 porcelets
- Ovulation : spontanée
La production porcine dans le monde
« Quel que soit la hargne et la rage avec laquelle vous nourrissez les porcs en Afrique Subsaharienne, le Porc local Africain n’est pas encore prêt à être comme le porc Européen ». Cette expression bien qu’empruntée d’un auteur anonyme, témoigne à suffisance des performances médiocres des races porcines de nos pays Africains. Pas étonnant que des races les plus élevées dans le monde et même en Afrique, aucune ne soit originaire de cette partie de la planète (Afrique). Nous citerons ici quelques-unes en insistant sur des races élevées en Afrique :
· La Landrace d’origine française (issue du croisement entre le Large white et les races d’Europe du Nord) a été introduite dans plusieurs pays du continent du fait de sa prolificité, de sa précocité et de ses hautes qualités maternelles. En rappel, son gain moyen quotidien est de 900grammes/jour pour un indice de consommation de 2,6 et peut atteindre jusqu’à 450kg.
· La Large white (ancienne appelée Yorkshire d’Angleterre) : cette race est rustique, prolifique et peu sensible au stress, ce qui est plutôt une bonne nouvelle lorsque nous savons que le porc est en général très sensible au stress. Avec un gain moyen quotidien (GMQ) dépassant 900g et un indice de consommation de 2,5 pour un poids total de 100kg en 5 à 6 mois, c’est une race amélioratrice qui atteint les 500kg à l’âge adulte. En rappel, à l’époque de l’introduction de la Landrace au Cameroun, cette dernière a été croisée avec la large white pour donner à la F1 des truies parentales « Naima ». Ces dernières qui sont très appréciées par les éleveurs Camerounais pour leur prolificité (Portée dépassant les 15 porcelets) sont cependant de mauvaises mères (forte mortalité des porcelets). Des dispositifs particuliers doivent être mis en place pour sauver ces porcelets de leur mère.
· La race Meishan (origine chinoise), imposante par sa précocité (premières chaleurs à deux mois), sa prolificité (portée supérieure ou égale à15 porcelets): Un clin d’œil à la Chine populaire. Elle a de grandes qualités maternelles. Cependant, sa croissance est réduite et se limite à environ 240 kg. Vous convenez avec moi qu’on ne peut pas tout avoir dans cette vie ;
· Les autres races que vous pourrez scruter si elles vous intéressent sont : Duroc et Hampshire (USA), Piétrain (Belgique), Gascon (Pyrénees), Bayeux, Blanc de l’Ouest, Créole (Gouadeloupe) etc…
Cette partie concernait évidemment la production porcine mondiale. Nous nous contenterons ici d’évoquer quelques chiffres sexy en relation avec ce secteur d’activité. La Chine ravit la vedette du premier producteur mondial de porc.
· Le porc est la viande la plus consommée dans le monde. Cela est plutôt une bonne information pour les défenseurs du climat car comparativement à la production bovine (nécessite environ 300 m2 de surface de sol pour la production d’1 kg) et la pisciculture (Environ 200m2 de sol/kg de poisson produit), la production de porc est une « spéculation écologique » qui n’exige qu’une cinquantaine de m2 pour produire 1 kg de viande.
· Les plus gros producteurs de porc sont la Chine (en tête de peloton), les USA, l’UE
La Chine est le premier producteur mondial de porc dont elle en est le premier consommateur. Sa production locale représente 50% de la production mondiale. C’est sans doute pour cette raison que lors de l’épisode de peste porcine qui a décimé une partie de son cheptel en 2019, l’organisation des nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) a aussitôt fait des prévisions d’une baisse de la production porcine mondiale de l’Ordre de 0,2% la même année. Cette Situation selon l’ONU et le ministère Chinois de l’Agriculture et des affaires rurales devrait logiquement être à l’origine d’une baisse des importations de soja et de maïs. A noter, la chine était le premier importateur mondial de soja en 2018 et la moitié de ses imports rentraient dans la constitution de l’alimentation animale.
La viande de porc est succulente et presque tout le monde entier s’en délecte. Seules les perceptions religieuses d’interdiction freinent certains dans ce bal du plaisir gustatif. Le Porc se mange cuit et, même si sa viande finit dans vos plats au bout de quelques mois seulement, n’oubliez jamais qu’il pourrait vivre jusqu’à 25 ans dans les conditions normales si vous étiez un peu plus courtois et maitrisiez vos fringales indisciplinées.
Je vous l’ai dit un peu plus tôt dans ce livre que nous reviendrons sur la pensée selon laquelle, « tout est bon dans le cochon ». Cette expression a même fait l’objet de toute une chanson de la française de l’auteure Juliette, intitulée « Tout est bon dans le cochon » :
· Dents : fabrication de certains bijoux
· Soie : fabrication de brosses et les pinceaux
· Lard et os : Fabrication d’aliments pour animaux de compagnie, fabrication de gélatine et de gomme à léger. Le lard est l’un des principaux liants utilisés dans l’industrie agroalimentaire et pharmaceutique. Le Lard s’utilise aussi pour la fabrication des bougies d’éclairage ;
· Boyaux : fabrication des cordes d’instruments de musique et de fils de suture chirurgicale ;
· Chair : la chair de cet omnivore sert dans l’alimentation humaine ;
· La constitution anatomique et physiologique du porc est assez proche de celle des humains : ce qui se ressemble s’assemble. Cette constitution motivekl- encore de nos jours des recherches en médecine (Hormones comme l’insuline et l’héparine, les xénogreffes…)
NB : Et pour conclure sur ce proverbe de Brillat Savarin « Dans le cochon, tout est bon », notons non pour enlever quoi que ce soit à la véracité de cette expression que, peu sont ceux qui admirent le caractère du porc. Cependant n’oublions pas que le porc devient de plus en plus compté parmi les nouveaux animaux de compagnie en terre occidentale ; mais il s’agit beaucoup plus là des cochons nains.
Le porc au Cameroun
Enfin nous arrivons dans ce pays taxé de « curiosité planétaire » par des contemporains. Nous allons oublier un tant soit peu l’entreprenariat et la médecine pour ne parler que du porc et de ses éleveurs en contexte Camerounais, la psychologie de l’éleveur de porc. Les grands bassins de production porcine au Cameroun sont le Littoral, l’Ouest, Le Centre, Le Nord-Ouest et l’Extrême-Nord. Vous avez raison de vous poser des questions sur les disparités culturelles de ces localités. Mais détrompez-vous je n’ai aucune réponse à ces questions ; toutefois, si vous le voulez bien, nous pouvons tous ensemble trouver des solutions durables en intégrant nos efforts collectifs.
Le porc dans l’Extrême-Nord et le porc à l’Ouest ou au Littoral Cameroun : est-il une différence fondamentale ? Et des éleveurs de porcs dans ces mêmes régions, que dire ?
Les élevages dans l’Extrême-Nord se comptent parmi le système en divagation. Les éleveurs n’apportent que très peu de soins à leurs porcs et ne s’en souviennent en général que lorsqu’il est question de vendre. Dans cette même partie du pays le porc est assez pauvre en lard ce qui en constitue un avantage par rapport aux porcs produits dans le grand Sud du pays (Centre, Littoral, ouest). Quelques fois, ceux que l’on considère comme éleveurs dans cette partie du pays ne sont en réalité que des commerçants. Ils achètent des porcs provenant du Nigéria et du Tchad et les revendent dans les marchés Camerounais surtout dans le grand Sud. Pour besoin de sécurité, ce sont les éleveurs Tchadiens et Nigérians qui déplacent leurs porcs vers le Cameroun et les échangent contre de l’argent des commerçants Camerounais.
Par contre, l’élevage de porc même s’il n’est pas tout à fait intensif dans le grand Sud du pays, les soins apportés aux animaux ici sont plus importants que ceux apportés dans le grand Nord. Mais le porc du grand Sud a un peu plus de graisse et fait le bonheur des charcutiers. Déjà dans la région de l’Adamaoua, la forte population musulmane comme nous l’avons vu plus tôt représente un frein pour l’épanouissement intégral de cet élevage de ce côté. Pour ce qui est du comportement des éleveurs dans le grand Sud Cameroun, nous y reviendrons.
NB : À retenir, les races les plus élevées au Cameroun sont la Large White, La Landrace, La Naima introduites officiellement au Cameroun en 2013 et la race Bakossi.$
Maintenant, étudions tous ensemble et minutieusement la psychologie des éleveurs de porc dans ces parties du pays. Mais avant, Prenez chacun 3 bouteilles de 33 pour pimenter la réflexion. J’ai bien dit « pimenter » et pas « enivrer » car certains auraient vite fait de penser à une très célèbre boisson alcoolisée assez connue au Cameroun. Nous restons concentrés en rappelant à tout un chacun que la durée de gestation chez la truie est de 3 mois, 3semaines, 3 jours, d’où ces 3 fameuses bouteilles de 33.
Bien ! assez rigolé, nous rentrons en plein dans le vif du sujet au sein des lignes qui suivent.
Psychanalysons l’éleveur de porc au Cameroun
Savez-vous en réalité quels sont les enjeux de l’élevage porcin au Cameroun ? L’enjeux majeur, du moins pour le moment, est le gain d’argent à court et à moyen terme. Aucun éleveur, je dis bien aucun éleveur au Cameroun n’élève juste pour les beaux yeux de ses animaux. Autrement dit, ce n’est pas parce qu’il aime tellement les animaux qu’il a choisi d’assurer leur bien-être. Si c’était les cas, l’humanité n’avait qu’à les laisser dans leur habitat naturel plutôt que d’initier des processus complexes et « vicieux » de domestication. Certains disent de cela qu’ « on n’est jamais mieux ailleurs que chez soi ». L’habitat naturel des animaux n’est sans doute pas constitué par vos bâtiments d’élevages, aussi sophistiqués et climatisés qu’ils soient. Admettez-le et avançons : les animaux de rente sont comme une banque que vous et nous exploitons avec intelligence pour nous faire de l’argent. Cependant, comme toute banque, il faut y investir, il faut épargner avant de s’attendre à une plus-value, à du bénéfice ou à des intérêts.
· Le schéma général : Pour un éleveur de porc, la dépense du moindre centime en vue l’entretien de ses animaux n’est chose aisée. Ils veulent gagner mais hésitent à investir. Nous utilisons le terme « hésiter » pour rester courtois. En effet le constat majeur est le suivant : Hygiène « nulle » », Nutrition « nulle », Stratégie de commercialisation mitigée ;
· Pourquoi les éleveurs de porcs abandonnent si vite leur projet ? De l’ambition au réalisme en passant par la motivation initiale : Cette expression répond assurément à la question. Je vais vous expliquer pourquoi : L’élevage porcin est un investissement à moyen terme qui effleure même le long terme. En effet, après avoir acheté un terrain et construit une porcherie jusqu’à son équipement, l’éleveur achète des porcelets sevrés qu’il nourrit pendant environ 6 à 8 mois avant de les mettre en reproduction pour espérer une mise-bas presque 4 mois encore plus tard (Nos fameuses 3 bouteilles de 33). À la suite de la mise-bas, il est encore tenu de nourrir et d’entretenir les porcelets et la truie pendant 2 à 6 mois avant d’envisager une vente et de commencer à pressentir un certain retour sur investissement. J’ai choisi exprès d’éviter le chemin du raisonnement chiffré afin que la logique soit comprise par tous. Pour l’éleveur nouvellement installé, l’élevage de porc est une spéculation rentable. Un éleveur qui arrive avec toute la motivation du monde, en se focalisant sur les gains commence à nourrir ses porcelets et 4 mois plus tard, il est déjà à cours de financement pour la nutrition des animaux. Dans ce contexte sa motivation et son ambition prennent un coup et s’il n’a pas des enfants ou des âmes de bonne volonté pour venir à sa rescousse soit financièrement soit pour rendre le porc « herbivore strict »[1], son projet meurt faute de planification initiale : « effet de l’abandon précoce ».
· Le contournement de la durée de ce cycle relativement long : C’est assez courant ; pour contourner l’effet de l’abandon précoce, plusieurs éleveurs ont choisi d’acheter des truies prêtes à croiser ou alors des truies croisées tout simplement. Avec cette technique, la mise-bas aura lieu dans environ 4 mois et l’éleveur sera au moins motivé en voyant ses porcelets grandir.
· Etre rentable : L’un des conseils les plus sexy que le Dr. HERZ aime à donner aux éleveurs c’est qu’« on ne produit que ce qui est potentiellement ou effectivement vendu ». L’élevage est une activité à but lucratif. Ainsi, sa raison d’être réside uniquement dans la rentabilité et dans une certaine mesure, la satisfaction du client. Élever des porcelets de la mise-bas jusqu’à la vente, est une profession à part entière. Ils sont lointains ces temps où le commun des mortels pensait que l’élevage est une activité à temps partiel où une distraction pour des personnes normalement occupées à longueur de journées. Si vous souhaitez implémenter un projet d’élevage et que vous n’y accordez pas un temps suffisant, faites déjà une prière funèbre pour votre argent. Rendre un projet d’élevage viable et ensuite rentable consiste à savoir répondre et à répondre effectivement aux questions suivantes :
1- Quoi produire ? : en fonction de la demande actuelle ou future (c’est le marché qui décide)
2- Pourquoi produire ? :ne l’oubliez jamais ; Vous faites de l’élevage dans le but de fournir de la viande à la société avec une contrepartie qui est celle de vous faire de l’argent ;
3- Comment produire : Produire nécessite une certaine technicité qui dépend de votre compétence, de vos équipements, de vos ressources financières et même des exigences de votre marché (quantité de graisse, qualité du jambon, porcelets sevrés, truies prêtes à croiser, etc…)
4- Quand produire ? : Une fois de plus c’est le marché qui décide. Si vos clients se recrutent parmi les familles qui ne mangent le porc qu’en temps de fêtes, vous devez organiser votre élevage de façon à avoir des animaux prêts à l’abattage à ces moments. Si vous avez une clientèle permanente, alors produisez de façon continue pour éviter les désagréments des ruptures de stocks : « C’est le marché qui décide »
· Vente des porcelets : Ceux qui élèvent et vendent leurs porcelets dès le sevrage sont très nombreux d’une part parce que cela s’aligne très aisément avec la vision strictement économiste des éleveurs camerounais de porcs ; et d’autre part, parce que le niveau de vie des populations camerounaises ne rend pas souvent facile l’achat des porcs âgées de plus de 4 mois ; Or nous le savons déjà, les éleveurs de porc n’aiment pas investir sur leurs animaux mais attendent la plus-value ; Quel paradoxe !
· La race de choix : Les éleveurs de porc puisqu’ils ne demandent que rarement des conseils, misent presque tous sur la race la plus prolifique actuellement au Cameroun. Il s’agit bien là du saint graal des éleveurs de porc, le « saint graal racial en élevage porcin » : la Race « Naima » que nous avons évoqué plus haut puisqu’il s’agit d’elle vous fera plus de 15 porcelets en une portée mais, avec un taux de mortalité qui viendra rapidement arracher le sourire si jamais les mesures adéquates n’étaient pas prises à temps. Les truies Naima sont des mauvaises mères. Cependant, les éleveurs de porcs n’accordent pas trop d’importance à ce détail jusqu’au jour ils comptent les mortalités par dizaines. C’est à de tels moments qu’ils pensent aux vétérinaires non pour payer des prestations de services mais pour obtenir une consultation gratuite : sacrés éleveurs de porcs !
· Le vétérinaire dans cette aventure : « la théorie du sapeur-pompier »[2] : Dans le contexte d’élevage de porc au Cameroun, le vétérinaire a presque toujours été le sapeur-pompier. Les éleveurs de porcs qui pour la plupart ont fait leurs premiers pas dans les villages en nourrissant les porcs à l’herbe et aux déchets de cuisine ramènent ces pratiques dans les villes dès lors qu’ils se font piquer par le virus de l’exode rural. Les conditions sont de plus en plus stressantes et polluées pour le porc, la nourriture gratuite se fait de plus en plus rare et l’optimisation de la biosécurité s’impose. Dans ces conditions ils utilisent les drêches de brasseries ou le remoulage comme seul aliment. L’abreuvement ainsi que toute autre activité nécessitant l’utilisation d’eau dans la porcherie est faite à l’aide des eaux puisées dans les maresd’eau ou le cours d’eau le plus proche. Il en résulte rapidement des évènements frustrants et agaçants à la limite. Je me souviens d’un éleveur de porcs à Yaoundé qui a perdu ses 800 porcs en période d’épidémie de peste porcine africaine. Il avait en effet donné à ses porcs cette semaine-là de l’eau provenant d’une rivière voisine. C’est ainsi que, la peste porcine africaine qui ne se fait pas prier se présente assez régulièrement, le rouget, la salmonellose et toute autre pathologie diarrhéique sont également au rendez-vous. Alors, l’éleveur appelle son voisin, lui aussi éleveur au secours, mais la mortalité ne cesse de grimper. En fin de compte, lorsque toutes ses cartes personnelles et celles de la solidarité sont grillées, il se dirige vers le vétérinaire comme s’il était sapeur-pompier et lui dit :
- Bonjour docteur, j’ai un petit problème avec mon porc là, je ne sais pas ce qui se passe vraiment.
- Tu leur a donné quoi ?
-Mon voisin m’a dit de donner le fer et j’ai donné ça n’a pas marché ; pardon docteur quand les taches rouges sortent sur le porc ça veut dire qu’ils ont quoi ?
-Venez pour une consultation-conseil mardi à 10h,
- Ok. Docteur en attendant mon voisin m’a dit que je pouvais donner le calcium. Pardon le calcium c’est combien ?
C’est ainsi que s’achèvent en général les conversations entre et vétérinaire et l’éleveur de porc qui sachant que la consultation est payante ira chercher seul des solutions à son problème et finira par abandonner l’activité. Vous m’en direz des nouvelles !
Culture ou tradition liée au porc (Cameroun)
À l’image des peuples des Bamboutos (Mbouda) qui ont été associés à l’avocat avec les gros noyaux, les peuples de la Menoua (Dschang) ont reçu l’étiquette du fameux porc sur lequel nous épiloguons aujourd’hui. Certains contemporains ont poussé les limites de la réflexion tellement loin qu’ils en sont venus à déclarer que : « les Dschang dorment avec le porc, son nom c’est beau regard » ; Un clin d’œil à la belle chanson de Saint Bruno intitulée « Chaque village a son défaut ».En réalité au fil des années la tendance était de voir chaque ressortissant de la localité de Dschang développer presque toujours une porcherie derrière sa maison. Bien plus, l’histoire raconte qu’il a existé à une époque une truie résidant dans la ville de Dschang. Elle s’alimentait à la poubelle et n’avait jamais fait de peste porcine. Lorsqu’elle venait à mettre bas, ses petits restaient toujours près d’elle et la suivaient en file indienne pendant qu’elle traversait la chaussée. On avait d’ailleurs baptisé cette truie : « le sous-préfet de Dschang». Mais une chose curieuse a toujours étonné la communauté sur cette truie : ses porcelets disparaissaient en général après sevrage sans que l’on ne soit capable de déterminer leur destination.
Anecdote du Pr. ZPA : A une époque un peu lointaine, certains villages du Cameroun étaient connus pour leur forte propension à faire des concessions familiales sans latrines. On se demande alors où est-ce qu’ils avaient l’habitude de faire leurs selles ? en effets, ces maisons avaient une caractéristique principale : elles étaient chacune dotée d’au moins une à deux porcheries. Alors, quand je parle de cette histoire, je me souviens encore de mon professeur de physiologie de la reproduction (le Pr. ZPA) : pendant les moments de détente qu’il créait expressément dans ses cours magistraux, il avait toujours l’habitude d’interpeller un étudiant issu de la localité de Batibo dans le Nord-Ouest et un autre issu de la localité de Bafou dans la Menoua à qui il posait chaque fois la question suivante : « on chi toujours dans les porcheries à Batibo ? on chi toujours dans les porcheries à Dschang ? »
Ces questions avaient tendance à faire rire les étudiants et à détendre l’atmosphère de la salle de classe, ce qui était le but initialement recherché. Toutefois, il y’avait une vérité ahurissante derrière ces questions. En effet le Pr. ZPA avait fait beaucoup d’études scientifiques sur la cysticercose porcine dans ces parties du pays. Et pendant ces études, il s’est rendu compte d’une forte prévalence de malades épileptiques dans l’aire d’étude. Après avoir fait ce constat, une enquête a été rapidement menée par le Pr. ZPA et son équipe avec à terme une découverte impressionnante : les porcheries ont été confondues en latrines (« latrino-porcheries ») et le cycle de transmission de la cysticercose et du téniasis qui se fait par voie oro-fécale et par la viande a prospéré. Vous aurez un cycle en image pour mieux comprendre.
Attention : Que vous soyez originaire de Bafou ou de Batibo, cette anecdote n’a qu’une valeur didactique, N’en faites pas une affaire personnelle.
Romantisme, cérémonies traditionnelles
· « Chérie fais-moi plaisir, j’ai envie de manger du porc » Je rends ici hommage à tous ces hommes qui ont parfois été obligés de jouer au romantique plutôt que d’être romantiques en cédant aux caprices d’une demoiselle qu’ils voulaient séduire à tout prix et à tous les prix. Avant d’aller plus loin j’aimerais bien que la seule femme qui n’aime pas le porc lève le petit doigt.
· Votre liste : « un porc, dix vaches, trois chèvres etc… » Suivant la position géographique où vous vous situez au Cameroun, il vous a sans doute été demandé (si vous êtes marié) de fournir quelques-uns des éléments énumérés dans cette liste avec pour but d’assumer une responsabilité, celle de l’amour qui bouillonne en vous pour la femme qui portera bientôt votre nom. Dans notre tradition Africaine en général et camerounaise en particulier, on appelle cela la dot. Ainsi, en plus d’égailler vos papilles gustatives, le porc est un instrument culturel lorsqu’il s’agit de certaines cérémonies comme celle de la dot en pays Bantous.
Note :Je me souviens de l’une de mes copines, c’était une fille, l’idéale que chaque homme aimerait avoir à ses côtés. Puisqu’elle savait que je l’aimais beaucoup, elle avait tendance à me soumettre à tous ses caprices et je cédais chaque fois. Mais un jour avec beaucoup de recul, j’ai enfin pu découvrir son tendon d’Achille[3] : on l’appelait Leticia et elle ne résistait pas au porc, j’allais dire à la viande de porc braisée. Depuis ce jour, je la tenais en laisse avec le porc et je pouvais désormais choisir le caprice auquel je cède, pour vu qu’elle ne soit jamais privée de sa dose de porc lorsqu’elle en aurait envie. Elle avait tout de même la possibilité de s’acheter de la viande de porc. Mais elle préférait que je la lui offre car disait-elle : « Chérie, quand c’est toi qui donne, c’est plus sucré ». N’allez surtout pas me demander où nous en sommes avec cette relation car je ne répondrais pas.
· Le porc, mon gagne-pain
Autour du cochon dans lequel tout est bon, une vaste activité lucrative s’est développée :
- L’élevage de porcs : les éleveurs peuvent faire un élevage naisseur, de l’embouche ou alors de l’élevage mixte ;
- Les ventes de porcs sur pattes : l’éleveur peut aller sur des marchés pour trouver des clients ou vendre directement au sein de son exploitation. Dans ce cas, les revendeurs se déplacent à la porcherie, achètent les porcs et les acheminent vers les marchés pour la revente ;
- La vente de la viande de porc : Le porc acheté est ensuite conduit vers l’abattoir et après abattage, la prochaine escale est sur les étals d’un boucher qui préfère généralement les porcs lourds (gras) car il peut extraire le lard (graisse de porc) et le vendre aux artisans pour la fabrication de bougie par exemple. Site de vente : marché à bétail ;
- La braise de la viande de porcs : Le braiseur et le boucher peuvent acheter le porc au même endroit mais contrairement au boucher, le braiseur recherche des porcs légers (peu gras). Plusieurs préfèreront alors les porcs du Nord Cameroun du fait de la teneur en gras relativement faible. Leurs sites de vente privilégiées sont les esplanades des bars ;
- Le rôtissage de la viande et des boyaux de porc : Ceux qui font dans cette activité achètent les boyaux aux bouchers ou aux braiseurs et peuvent les rôtir et les vendre devant des bars et autres lieux de loisirs.
- Où donc classer ces ménagères qui font marcher à merveille le business autour du cochon dans lequel tout est bon ???
- L’industrie : Saucisson, Produits dérivés tels qu’énumérés plus haut.
[1] Dans nos villages, afin d’aider leurs parents, les enfants vont dans des brousses pour couper de l’herbe qui servira à la nutrition du porc.
[2] Celui à qui on a recours lorsque la situation devient désespérée
[3] Point faible
©️Dr Armand Fokeng
1- CAS DES ÉLEVEURS ET PROPRIETAIRES DE CHIENS
INTRODUCTION
Nous allons tous ensemble parler dans un seul but : mieux se comprendre. La causerie pourra être longue, elle pourra tout aussi être courte car aujourd’hui tout dépends de vous. J’aimerais donc vous suggérer ce qui me passe par l’esprit mais, c’est à vous d’en décider. Je veux qu’on parle de maison, non pas la mienne mais bien la vôtre. Au fait voici ce qui m’anime, et c’est l’ambiance dans vos maisons. J’ai fait des tours en une semaine dans 20 maisons de ce quartier et j’ai été assez curieux en observant leurs atmosphères. J’ai pris la peine d’aller chez les boss (les plus nantis) du quartier mais également chez les pauvres (moins nantis) et les moyens afin de toucher du doigt toutes les couches sociales. Alors le constat était surprenant d’une maison à une autre indépendamment de la classe sociale.
· En effet dès l’entrée des domiciles familiaux, soit le chien aboyait, soit c’était du silence.
· Dans les maisons où le chien aboyait, il y avait au moins un chien et inversement pour les autres maisons ;
· Dans presque toutes les maisons où le chien aboyait, l’on m’a spontanément proposé un verre d’eau pendant la causerie ;
· Dans les maisons où le chien n’aboyait pas, j’ai longtemps attendu le verre d’eau au point de le demander de mon propre chef ;
· Dans les maisons où le chien aboyait, les enfants étaient très volontaires et éveillés ;
· Dans les maisons sans chiens, les enfants étaient introvertis et timorés ;
Alors de retour chez moi après cette semaine d’étude je me suis reposé en me posant une seule question : « doit-on mêler le chien à çà ? »
NB : Certaines indiscrétions pensent que ceux qui sont attentionnés envers les animaux le sont davantage envers les humains.
Comme je vous l’ai dit dès le début, aujourd’hui c’est vous qui décidez. Alors je vous écoute et je continuerais de vous écouter tout au long de ce voyage au cœur de l’univers très mitigé des compagnons à 4 pattes.Afin que nul n’en ignore, je dois vous rappeler qu’avec votre permission nous allons rendre visite pendant ce voyage à quelques vétérinaires ainsi qu’à quelques propriétaires et éleveurs de chiens. Le Dr. TAW sera à l’œuvre.
Si vous êtesprêts, allons-y !
ENTAMONS PAR LA ZOOTECHNIE
Pour ceux qui continuent de faire confiance au culte des ancêtres, sachez que le chien a aussi un ancêtre : le loup. Pour qualifier l’espèce canine, vous entendrez toujours dire : chien (le male), chienne (la femelle) ou chiot (le petit immature). Le chien peut vivre jusqu’à 10 à 15 ans et de ce fait, si vous ne le maltraitez pas ou si ne décidez pas de faire de lui une victime de vos abattoirs et boucheries, vous passerez de très beaux moments en sa compagnie. La croissance du chien est assez rapide et son poids de naissance peut doubler en 8 à 10 jours. La femelle atteint la puberté dès l’âge de 5 à 6 mois (femelle) mais il est conseillé d’attendre 8 mois pour le mettre en reproduction question d’avoir une meilleure maturité physique. Le male quant à lui atteint la puberté entre 8 et 9 mois et est remarquable par son fameux os pénien (baculum) qui rend l’accouplement spécial (chien et chienne restent accolés quelques minutes après l’éjaculation). La chienne ne vous donnera pas forcement trop de petits chaque année parce que d’une chaleur à une nouvelle chaleur, il faudra attendre presque 6 à 9mois.
Son alimentation est assez démocratique et les rations peuvent varier selon les spécificités du portefeuille et celles de la race de chien dont vous disposez.
En bref : Quelques paramètres zootechniques
- Durée de gestation : 58-63 jours
- Age à la puberté : 5-24 mois selon la taille
- Durée des chaleurs : 3-10 jours
- Durée du cycle sexuel : 6 mois
- Espérance de vie : 10-15 ans
- Taille moyenne de la portée : 2-10 chiots
- Durée de lactation : 40-50 jours
- Ovulation : Spontanée
POURSUIVONS PAR L’ETHOLOGIE
Le chien est la plus ancienne espèce animale domestiquée. Il constitue le « compagnon fidèle de l’homme ». En disant cela, j’ai une pensée pieuse pour tous les couples humains du monde qui sont dans la discorde et souffrent le martyre à cause de l’infidélité de l’un ou l’autre conjoint.
Ce sont des animaux faciles à dresser et amoureux inconditionnels de caresses. Si vous avez un chien, ne ménagez aucun effort pour lui offrir un lot bien étoffé de caresses. En réalité le dressage du chien consiste en deux mots : « action » et « réaction ». Quand votre chien fera ce que vous aimez (action), récompensez-le en lui donnant une friandise ou des caresses (réaction). Si votre chien fait ce que vous n’aimez pas (action), ne le récompensez pas mais ne le punissez pas non plus (réaction).
Les aspects du comportement du chien peuvent être lus à travers son langage corporel car il ne parle pas comme nous les humains ;
- Queue entre les jambes : peur
- Queue levée et immobile : alerte
- Queue levée et en mouvement latéral : joie, reconnaissance et acceptation du visiteur
- Oreilles tendues vers les côtés :
- Oreilles tendues vers l’arrière : position d’attaque
De plus, éviter d’agacer le chien lorsqu’il est endormi ou alors lorsqu’il mange. Sachez qu’il aime bien jouer mais qu’il n’est pas un joueur. Aussi il ne joue pas avec sa nourriture. À chaque chose son temps. Nous avons des choses à apprendre des animaux.
ENSUITE C’EST LA SOCIOLOGIE
En abordant l’aspect sociologique du chien, il nous sera désormais possible de mieux cerner la psychologie de l’éleveur des chiens et celle des propriétaires de chiens. En empruntant ce chemin très étroit pour certains (le commun des mortels) mais également assez large pour d’autres (Les vétérinaires, propriétaires de chiens et les praticiens canins), nous passerons par des histoires vécues pour mieux éclairer la lanterne commune.
Nous le savons déjà, le chien a selon l’histoire été le tout premier animal à être domestiqué. Autrement dit, que vous le voulez ou pas, le chien est le plus ancien compagnon animal de l’homme et c’est sans doute pour cette raison qu’il est possible aujourd’hui de parler d’une certaine sociologie homme-chien. Une relation de longue date existe donc entre l’homme et le chien ; halte aux esprits pervers, je ne parle pas de relation contre nature (Zoophilie)comme celles qui ne cessent de se compter par centaines de nos jours.
Il semblerait que tous les humains aiment les chiens, et même si cette vérité n’est pas universelle, souffrons d’accepter que les faits parlent d’eux-mêmes et la minorité que l’on classerait dans le groupe de ces personnes anti-chiens n’aurait pas d’incidence sévère sur cette vérité. A l’instar de la femme qui est par ailleurs traitée ironiquement de mal nécessaire par les hommes, le chien comme plusieurs autres animaux domestiques en général et les animaux de compagnie en particulier aime les petites attentions (caresses, mots doux, jeu, câlins…). Que les femmes me pardonnent si cette image venait à heurter la sensibilité de plus d’une d’entre elles. Je voulais juste faire comprendre au monde combien ces animaux sont sensibles et désirent notre attention le plus souvent. D’ailleurs, dans la hiérarchie sociale de plusieurs pays européens (Canada par exemple), la femme, l’enfant et le chien passent avant le père de la famille. Ceci peut paraitre excessif mais considérez cela comme une occasion de voir combien l’importance des chiens n’a cessé de grandir au fil du temps.
L’amélioration génétique a permis le développement d’une grande variété de races chacune ayant ses particularités propres tout en restant purement et simplement un chien. Leur élevage et leur entretien dans les pays développés est également émergeant mais dans un contexte de pays sur la voie du développement, il serait important de catégoriser les types de propriétaires et les types d’éleveurs de chiens en fonction de la qualité et de l’importance des soins qu’ils offrent à leurs chiens.
D’abord, le saviez-vous ? LES CHIENS NOUS AIMENT ET ÇA SE VOIT
Mes chers confrères des professions vétérinaires et d’autres couches de la société, je vais sans doute vous étonner par ce qui va suivre mais c’est de la stricte et pure vérité. Les chiens nous aiment et ça se voit. Ils sont toujours contents de nous voir, que nous ayons ou pas découché, que nous soyons ou pas beau, que nous leur donnions des croquettes ou seulement du riz, que nous soyons ivres ou lucides ; ils nous accueillent avec la même joie. L’hypocrisie n’existe pas chez eux. Ils n’ont pas besoins que vous soyez riches pour vous aimer. Les humains aiment parler d’amour inconditionnel mais je ne croirais pas en cet amour plein d’artifices qu’ils apprennent dans leur société. Cependant, s’ils se sont approchés du chien pour recevoir des leçons d’amour, alors seulement je pourrais donner du crédit à cet amour qu’ils qualifient d’inconditionnel. En effet, le chien ne sait faire qu’une chose : aimer ses propriétaires jusqu’à l’impossible et même s’il faut en perdre la vie, ils ne lésinent pas, pour vu que le propriétaire soit sain et sauf.
Si vous en doutez encore, dites-moi si votre chien de garde a déjà laissé un étranger venir vous causer du tort sans votre permission ? cela n’arrive jamais. Le chien est fidèle et loyal, il est très lent à la colère et remplit d’amour. Les chrétiens comprennent mieux ce message que quiconque.
Bien, avant d’aller plus loin, je mets en garde tous les hommes qui pensent qu’ils préfèrent avoir un chien qu’une femme car le chien est fidèle, loyal et peu capricieux. Vous avez raison mais faites attention ! demandez à votre humanité d’apprendre à aimer, à imiter l’exemple du chien ; donc, ne vous fuyez pas les uns les autres. Apprenez à vous donner de l’amour inconditionnel sinon le règne humain mourra. De toutes les façons, continuons avec notre psychologie de l’éleveur et laissons les leçons de morale en paix.
1- Les éleveurs de chiens
En fonction de la variabilité des comportements des éleveurs de chiens, nous les avons catégorisés en deux grands groupes : les éleveurs délinquants et les éleveurs consciencieux.
· Les éleveurs délinquants (ou éleveurs « I go better »)
Vous avez accepté que nous parlions d’éleveurs de chiens. La première chose dont je dois me rassurer est qu’il n’y ait aucun éleveur de chien dans la salle au risque de heurter par inadvertance la sensibilité de certains. Mais de toutes les façons, ils ne sont pas tous ainsi et dont nous allons choisir l’option de la vérité tout en vous considérant tous comme des éleveurs de chien en règle. J’ai souvent parcouru certaines villes du Cameroun, parfois avec le Dr. HERZ et souvent avec le Dr. T et comme pour tous les voyages, nous avons fait des découvertes, la plupart du temps par sérendipité (Parce que ces découvertes ne faisaient généralement pas l’objet de nos différents voyages).
Avec l’avènement des races importées, l’élevage de chien est devenu une spéculation qui visiblement nourrit son homme et peut-être même plus qu’il n’en faut. Il est des races élevées et vendues pour leur beauté (races de petite taille comme les caniches, les bichons, les retrievers, les chiwawa etc…) et d’autres pour leur agressivité et pour leurs aptitudes au gardiennage (bergers allemand, malinois, Cane-Corso, bull dogue, Boer bull, pit bull, rottweiler etc…). Dans les deux cas, il y a de la plus-value et certains même veulent en gagner trop : il s’agit des éleveurs délinquants et irresponsables que nous appellerons ici les « I go better »[1].
En m’adressant ce matin à vous, vétérinaires de la nation, j’aimerais vous rappeler ce que nous ne cessons de marteler chaque jour à nos clients que sont les éleveurs et propriétaires des animaux : la santé du chien passe par son alimentation et le respect de son programme de prophylaxie. Vous le savez et le martelez tous les jours à ceux-là qui passent dans vos cabinets vétérinaires et se comportent comme s’ils voulaient obtenir leur certification d’aptitude à la pratique de la médecine vétérinaire en une journée chez vous ; eux, ce sont les éleveurs de chiens et malgré cet intérêt qu’ils manifestent à votre égard et à vos paroles, leurs comportements quotidiens sont dignes de personnes ayant fait la sourde oreille à vos conseils. Les opérations et certains actes médicaux qui sont une exclusivité du vétérinaire deviennent leur responsabilité. Résultats, ils font :
· Des caudectomies avec la machette ;
· Des castrations avec le marteau ;
· Des vaccinations massives avec une quantité de vaccin préparée initialement pour un seul animal.
Il en résulte rapidement des dérives graves. Les chiots souffrent le martyre lors des chirurgies archaïques et lorsqu’ils sont vendus, ils portent l’étiquette de « chiots vaccinés contre toutes les maladies ». Cette situation est assez grave et est souvent favorisée par des vétérinaires qui se comportent en vendeurs des médicaments et vendent les vaccins et autres médicaments sans aucune ordonnance ou sans se rassurer de la profession de l’acheteur. Je fais un clin d’œil bien sévère à tous les vétérinaires véreux et aux éleveurs délinquants de chiens au Cameroun.
La conséquence de ces actes ne se fait en général pas attendre :
· Le propriétaire qui dans son innocente crédulité, a cru à tort que son chien était vacciné, va rapidement se retrouver avec un animal qui fait de la diarrhée, qui tousse, qui vomit ou qui ne mange pas. Alors il accoure vers un vétérinaire comme s’il était sapeur-pompier ;
· Les animaux font du stress post traumatique (chirurgie archaïque sans anesthésie), ne sont plus facilement dressables ou en meurent tout simplement.
C’était là les éleveurs « I go better » qui mettent en général les vétérinaires en difficulté et créent le doute sur les éleveursconsciencieux (« step by step ») qui font pourtant toujours de leur mieux. Nous en reparlerons plus bas non sans être passé par l’anecdote de mon tout premier chien-mort.
Anecdote : Après mes études de médecine vétérinaire, j’ai été amené à faire un stage d’imprégnation à la profession vétérinaire (exigé à tous ceux qui souhaitent devenir des vétérinaires installés en clientèle privée) chez Dr. HERZ. C’est à cette période que la COVID-19a sévi dans le monde entier. A peine 30 jours après le début de ce stage, nous avons donc été obligé de nous confiner pendant une période de deux mois. C’est au cours de ce confinement que j’ai fait la rencontre d’un chiot de race cane corso qui venait d’être acheté par son propriétaire. Il avait reçu la première dose de la primovaccination et jusqu’à trois mois après cette dernière, il n’avait pas encore reçu l’injection de la seconde dose qui selon l’épidémiologie de la région était nécessaire pour pouvoir assurer une protection du chiot pendant un an. J’ai en tout professionnalisme fait la consultation de ce chiot et comme ses paramètres étaient stables j’ai engagé la vaccination.
Conséquence : le propriétaire m’appelle 12 heures après et me dit : « Dr. Mon chiot là a chié la diarrhée toute la nuit et il vomit, viens voir pardon ». Après des efforts de traitement, je suis rapidement devenu un mauvais véto à ses yeux parce que malgré le traitement gratuit que j’ai mis en place, il a perdu ce chiot de « race ».
Alors je me suis remis en question et voici les erreurs que j’avais faites autour de ce cas qui ne nécessitait initialement que la vaccination :
· J’ai vacciné un chien hors période d’intervalle de primovaccination ;
· L’un des chiots qui était dans la même maison était mort de symptômes de parvovirose la veille, détail que je n’avais pas pris en compte ;
· Un chiot de la même portée que ce cane corso situé au voisinage de cette maison venait de mourir après avoir montré les symptômes d’une célèbre virose ;
· L’anamnèse était donc insuffisante en un mot.
Que ceux qui ont des oreilles pour entendre entendent. Passons donc au deuxième type d’éleveur.
2- Les éleveurs consciencieux (ou éleveurs du « step by step »)
Elever requière de la patience et de l’attention. Si votre animal est un bovin, vous devez attendre des années ou tout au moins plus d’un an logiquement avant d’avoir un petit, Pire encore si c’est un cheval. La situation est différente lorsqu’il s’agit du chien mais dans tous les cas, il faut attendre. Un minimum de patience est requis même lorsque vous n’élevez que des cobayes (cochon d’Inde).
C’est justement cela que les éleveurs consciencieux ou éleveurs « step by step » font avec leur animal (chien). Ils en prennent tellement bien soin qu’ils se refusent de les vendre à n’importe qui. Je me souviens à cet effet du Dr. AMS, un éleveur de chien qui était même capable d’engager des procédures judiciaires contre des propriétaires qui après achat d’un chiot chez lui ne l’entretenait pas suffisamment. Dans certains cas, il récupérait purement et simplement son animal et remettait l’argent du propriétaire véreux.
Dans un autre cas, je me suis rendu compte que le propriétaire appelé Aladji Dog love n’aimait pas vendre ses chiots et pourtant tout le monde aimait prendre les chiots chez lui. Il apportait tous les soins à ses animaux et en faisait même plus que ce que recommandait le vétérinaire.
Mon attention a été interpellé lorsque j’ai constaté qu’il n’était jamais fier lors de la vente de son animal. Mais quand un mois plus tard il allait chez l’acheteur et constatait que le nouveau propriétaire s’en occupait bien, ce n’est qu’alors qu’il pouvait sourire.
Un troisième cas et non des moindres, est celui de madame Magne. Elle élevait les chiens de races importées et en prenait grand soin. Elle ne les vendait pas mais les distribuait sous une seule condition : « prenez soin de mes chiots sinon je vous traine en justice ». Quel amour ! Heureusement les propriétaires arrivaient à la satisfaire mais pas tous.
3- Les propriétaires de chiens
Posséder un chien est sans nul doute le « rêve américain » de plus d’une multitude de personnes de par le monde. Vous allez peut-être vous dire que ce sont les choses des Blancs mais, préparez-vous à la stupéfaction lorsque je vous raconterais dans cette partie les histoires des Noirs et vécues chez les Noirs par des Noirs qui en sont acteurs. Ce sont des histoires vraies et ceux d’entre vous qui sont vétérinaires ou qui prennent soin des animaux ne nous diront pas le contraire.
Ainsi pour mieux structurer notre échange, permettez-moi de séparer les propriétaires de chiens en trois catégories en fonction de l’ampleur de la relation qui les lie à leurs compagnons à 4 pattes ; et surtout de l’ampleur de l’amour que les propriétaires portent à leurs animaux de compagnie (ici le chien) : les propriétaires irresponsables (amour forcé), les propriétaires utilitaires (« fifty/fifty »), les propriétaires romantiques (« love story »).
· Les propriétaires irresponsables (ou propriétaires « amour forcé »)
La première catégorie ici est celle des propriétaires les plus désintéressés par leur (s) animal (aux) de compagnie. Comme dans toute autre activité humaine, celle qui consiste à être propriétaire d’une chienne peut véritablement se vanter d’être déficitaire en brebis galeuses.
Ils achètent un chien ou le reçoivent par quelque moyen que ce soit mais ne s’en occupent pas ou ne s’en occupent que très peu. Leurs chiens sont laids la plupart du temps et je le dis sans aucune exagération. S’il vous arrive d’en voir qui sont d’allures acceptables, alors accordez ce miracle à la providence divine (« Dieu n’oublie pas ses enfants ! »).Leurs chiens sont truffés de parasites tant internes qu’internes et pour ceux qui font l’exploit d’avoir encore des poils, ils sont tellement piqués qu’on les comparerait aux épines du citronnier. L’animal sent mauvais parce que son propriétaire compte sur les pluies pour lui offrir l’illustre bain.
En outre, puisque son propriétaire se comporte envers lui comme un « persona non grata », le chien est contraint de se nourrir à la poubelle pour vivre mais fini toujours par « rendre l’âme », j’allais dire mourir par manque de soins adéquats ou par une crise violente de rage. Ce type de chien est un danger pour la santé publique, ce que le propriétaire semble presque toujours ignorer. A qui la faute à votre avis ?
· Les propriétaires utilitaires(ou propriétaires « fifty/fifty »)
De même que dans le règne humain où vous pouvez être mon ami parce que nous buvons souvent des bières ensemble, ou parce que nous partageons des séances de sports ou encore parce que nous faisons du business ensemble, la relation utilitaire existe aussi entre le chien et son propriétaire. C’est de ce type de relation que nous avons initié les qualificatifs de propriétaire utilitaire ou propriétaire « fifty/fifty ». Pour ces derniers, le chien est avant tout acheté pour une fonction économique bien précise qui la plupart du temps est le gardiennage ou alors l’assistance à la recherche policière.
Cette nouvelle vision du chien part du fait que plusieurs personnes doutent de plus en plus de l’efficacité des gardiens de nuits (ils peuvent somnoler pendant la nuit et c’est cette petite erreur qui s’avère généralement fatale). Le chien devient alors le gardien le plus digne de confiance car il est toujours aux aguets et même prêt à donner sa vie pour sauver son propriétaire ce que ne fait pas le gardien humain. Pour cette simple fonction utilitaire, le propriétaire accorde à son chien des soins dignes de ce nom :
· Il paie un dresseur pour son chien ;
· Le gardien humain sert désormais à faire des courses ou à s’occuper de l’entretien du chien ;
· Le vétérinaire a désormais sa place et apporte tous les soins dont a besoin l’animal aux frais de son propriétaire ;
· L’animal est bien nourri avec des aliments de choix.
Ce genre de propriétaire est gentil tant que son chien assure bien sa fonction de gardiennage. Mais dès que le chien est atteint d’une maladie qui pourrait entraver cette fonction et qui ne peut pas être adressée de manière efficace (hernie, fractures, rupture des cordes vocales…) par la médecine vétérinaire, ce propriétaire qui fut attentionné capitule sur le champ et laisse son chien mourir à petit feu par manque de suivi. C’est ce que nous appelons propriétaire « fifity/fifty ». Il ne soutient son animal que dans la mesure où ce dernier lui rend le service pour lequel il l’a acheté : satisfait ou délaissé !
Les propriétaires utilitaires sont également ceux-là qui confient leur animal à la garde d’un tiers et sont assez prompt à se plaindre si jamais ce dernier venait à faire la moindre erreur d’entretien: ils vont l’accuser de maltraitance et pourtant dans ce genre de cas c’est un propriétaire qui n’aime ou qui a peur de toucher le chien mais qui s’en procure quand même pour une fonction de gardiennage.
· Les propriétaires romantiques (ou propriétaires « love story »)
Nous n’allons surtout pas nous rabaisser au point de parler ici de zoophilie car ce livre s’adresse à des personnes dont l’intégrité et la moralité sexuelle ne souffre d’aucun doute. En lieu et place de cela, nous parlerons surtout de la dimension émotionnelle et affective qui arrive de plus en plus à lier ces animaux à leurs propriétaires qui les considèrent comme des membres à part entière de la famille. Nous parlons bien là de chien, je tiens à le rappeler afin que nul n’en ignore. Il est donc question pour nous d’entrer dans l’univers de ces propriétaires que nous avons appelé propriétaires romantiques ou propriétaire « love story » afin de mieux comprendre leur quotidien. En rappel, les évènements que nous évoquerons ici sont des cas vécus en Afrique et au Cameroun plus particulièrement par des Noirs ayant grandi sur leur terre natale (le Cameroun).
Les propriétaires «love story» sont prêts à tout pour sauver leur animal. Ils l’entretiennent, le soignent et le traitent comme ils traiteraient leur propre bébé :
· Ils taillent régulièrement les ongles du chien ;
· Font des bisous et des câlins au compagnon ;
· Dorment souvent ensemble ou alors aménagent une couchette digne de ce nom au chien ;
· Les bains du chien sont doux attentionnées ;
· Ils brossent les dents du compagnon avec une bonne pâte dentifrice ;
· Et quand l’animal tombe malade, toute la famille est triste et le vétérinaire a tout intérêt à faire très attention sinon il risque des poursuites judiciaires. Il doit donc soigner l’animal et être un fin psychologue pour son propriétaire.
Dans ce genre de cas, l’animal est placé au même pied d’égalité que tout autre membre de la famille. Dans certains cas extrêmes, ce chien est le seul membre de la famille de son propriétaire et l’éventualité d’une séparation n’est même pas envisageable en cas de maladie. Lorsqu’elle finit par se présenter il sera organisé : le deuil du chien en bonne et due forme.
Pour une meilleure compréhension de cette partie nous allons à présent scruter quelques histoires vécues entre quelques cliniques vétérinaires et des propriétaires romantiques d’animaux (chiens).
NB : A ceux ou celles qui aiment beaucoup les chiens, un conseil : épousez les vétos !
Anecdote 1 : Un deuil de chien à la clinique
(D’après une histoire vécue par Dr. TW et une de ses clientes)
C’était un matin de Mars en plein cœur de la ville de Douala ; le Dr. TW qui avait coutume de venir toujours très tôt à son cabinet vétérinaire n’a pas désobéit à la tradition ce jour-là. Toutefois, une ambiance inhabituelle l’a accueilli devant son lieu de service en ce matin de Mars : une voiture était garée en lieu et place où il était censé garer la sienne. En se rapprochant de plus près, il se rend compte qu’un homme et sa femme y sont assis avec un air inquiet et déprimé. En bon médecin vétérinaire et fin psychologue, il leur demande ce qui ne va pas. Et leur réponse ne s’est pas fait attendre :
· « est-ce bien vous êtes le Dr TW ? »
· « ‘oui ! » répondit-il
· « Dr. Notre chien ne mange pas depuis 02 jours. Nous sommes venus vous voir pour trouver une solution »
Le Dr. TW a donc prononcé des paroles réconfortantes et a invité ce couple à le suivre avec le chien au cabinet.
Un fois le chien sur la table de consultation, le Dr. TW ausculte l’animal et en relevant ses paramètres, il découvre que le chien est en état de choc et que ses réflexes sont instables. Lorsque la femme de ce couple a entendu cela est a décidé de sortir du cabinet pour aller s’asseoir dans la voiture afin de prier pour son chien ; c’était tellement difficile pour elle de voir son chien souffrir. Après le traitement de soutien soigneusement choisit par le Dr.TW, il a remis le chien à l’homme qui est allé le remettre à la voiture. Et c’est à ce moment que la femme est revenue au cabinet puisqu’elle ne supportait plus de voir la souffrance de son animal chéri.
Alors que la femme était au cabinet avec Dr. TW, son mari revient et dis à ce dernier en aparté : « Dr. le chien est mort ». Il voulait en fait cacher la triste nouvelle à son épouse qui était extrêmement attachée à cet animal. Et comme le Dr. ne le savait pas, il s’est exclamé en bon Camerounais : « Le chien là est mort comment ? ». C’est alors que la femme qui était à coté apprends la nouvelle et fond en larmes. Le mari a appelé les autres membres de la famille qui sont immédiatement venus à la clinique et ont tous pleuré à chaudes larmes. On aurait dit un véritable deuil dans un cabinet vétérinaire. Le Dr. TW les a consolés jusqu’à ce qu’ils décident enfin de rejoindre leur véhicule et de retourner continuer les lamentations à leur domicile familial.
Anecdote 2 : Mon Fils va me tuer
(D’après une histoire vraie qui s’est déroulée au cabinet du Dr. HERZ)
Ça me fait toujours un peu sourire de raconter cette anecdote car elle me fait me rendre compte de l’importance et de l’attention que certains parents accordent encore à leurs enfants de nos jours.
C’est l’histoire d’un papa, la quarantaine bien accusée qui arrive tout affolé au cabinet vétérinaire un après-midi de Mai 2010 avec un chat. Sans attendre qu’on l’accueille et le reçoive selon les règles de l’art, il dit : « où est le Dr. ? Dr. sauvez le chat de mon fils je vous en prie ».
Il faisait frais ce jour-là mais le Monsieur transpirait à grosses gouttes. Le Dr. HERZ dans sa logique diagnostique rigoureuse en face d’un cas d’urgence présumée comme celui-là a d’abord posé quelques questions d’historique pour mieux comprendre la situation et lorsque l’urgence s’est avérée réelle selon les réponses recueillies, il s’est introduit dans la salle de consultation avec le chat et a continué son examen approfondi.
À l’auscultation du cœur de ce chat, il se rend compte que celui-ci faisait une insuffisance cardiaque sévère, ce qui lui a aussi conduit à faire un examen rapide de l’urine. Le résultat était ahurissant : le chat souffrait également d’insuffisance rénale.
Alors le Dr. a été clair et a porté la nouvelle au papa de façon distincte et professionnelle. Alors le papa savait désormais que la vie son chat, j’allais dire le chat de son fiston ne tenait plus que sur une ficelle, ce qui a accrue une fois de plus l’intensité de son inquiétude.
Le Dr. HERZ lui a d’ailleurs proposé l’alternative de l’euthanasie et pendant que le papa réfléchissait encore à la décision à prendre, le chat s’en est allé paisiblement.
La sueur a coulé sur cet homme, on aurait dit une véritable source d’eau. Il avait des difficultés à articuler et a dit au Dr. HERZ : « Dr. Mon fils va me tuer, où pourrais-je trouver un autre chat tout de suite ? ».
Alors le Dr. HERZ a mis en jeu tout son réseau de relation et a finalement pu trouver un de ses amis qui avait une chatte (un animal et pas un organe reproducteur comme le penseraient les pervers) ayant mis bas il ya une semaine. Le problème était réglé et il espérait que le fiston de ce Monsieur allait pouvoir accepter le nouveau chaton en lieu et place de son chat mort (animal et pas une femme de mauvaise moralité).
Anecdote 3 : Allo Dr. Ma femme va mal, Sauvez ma femme !
(Inspirée d’une histoire réelle vécue par Dr. WILL au Cameroun)
Ces évènements se déroulent entre le quartier Bonamoussadi à Douala et le cabinet vétérinaire du Dr. WILL dans la même ville. Cette anecdote me fait repenser aux différentes raisons des prestations vétérinaires à domiciles qui ne cessent de prendre du terrain et qui sont assez riches d’avantages et d’inconvénients. NOUS y reviendrons.
C’est l’histoire de Mme ADZE qui appelle d’urgence le Dr. WILL un matin de Décembre 2016 :
- « Dr.J’étais en voyage et à mon retour à la maison, j’ai trouvé mon chien dans un très sale état. S’il vous plait je voudrais que vous veniez voir »
- D’accord madame je finis rapidement avec mes consultations en cours et je suis à vous cet après-midi.
Pendant que le Dr. Poursuivait encore avec ses cas cliniques du jour, son téléphone sonne encore avec insistance et lorsqu’il finit par décrocher, c’est la même femme qui est à l’autre bout du fil. Elle lui dit : « Dr. C’est vraiment important, je ne supporte pas de voir mon chien dans cet état s’il vous plait venez tout de suite, je vous en prie pour l’amour du ciel faites ça pour mon chien. »
Alors le Dr. WILL se lève et confie tous ses cas de l’instant à son collaborateur avant de courir de toute vitesse chez la dame.
Arrivé au domicile de la dame à Bonamoussadi (Douala, Cameroun), le Dr. se dirige directement vers le chien, lui place une muselière à ses risque et péril car la femme refusait absolument de toucher ce chien truffé de parasites. À l’examen, le chien avait une hyperparasitose (tiques et à puces) et avait des manifestations faisant suspecter un ictère. Alors en première intention, le Dr. WILL a administré un comprimé miracle actif contre les parasites externes et internes ; Tous les vétérinaires le connaissent. (Désolé pour tous ceux qui ne sont pas vétos. Ce n’est en tout cas pas un problème). Je ne ferais pas de publicité ici car je n’ai pour le moment aucun contrat avec l’entreprise qui fabrique ce produit ; je préfère donc taire le nom. Après ce traitement initial, le docteur est retourné en clinique tout en promettant à la dame que la situation des parasites externes et interne sera réglée. Avant même que Dr. WILL n’arrive en clinique, son téléphone sonne à nouveau et Mme ADZE demande au Dr. de revenir pour le bain de l’animal en lui faisant comprendre que les tiques sont déjà mortes sur l’animal mais qu’elle ne peut les toucher. Lorsque le Dr. arrive le lendemain au domicile de Mme ADZE, il lui fait comprendre en bon professionnel que l’idée du bain n’est pas la meilleure solution pour l’instant car le chien pourrait entrer dans un état de choc. La dame ayant insisté, le Dr. a levé sa responsabilité de cet acte et a agi au nom de cette dame.
Après le bain, le chien semblait stable et le Dr. a quitté cette maison laissant une femme (Mme ADZE) visiblement réconfortée. Tout aurait été bien si l’histoire finissait là.
Cependant, le lendemain, la même dame appelle le Dr. et étant occupé à d’autres consultations, il ignore l’appel mais les appels se multiplient avec des numéros différents. Lorsqu’il finit par décrocher, c’est la mère de Mme ADZE qui est à l’autre bout du fil et dit : « S’il vous plait Dr. faites tout votre possible pour sauver le chien de ma fille. Ma fille ne va pas bien ». Pendant qu’il causait encore avec la maman, il est notifié d’un double appel et le décroche ; c’est le mari de Mme ADZE à l’autre bout du fil : « Ce n’est pas une affaire d’argent Dr. ! sauvez le chien de ma femme sinon elle va craquer, je vous en prie, faites un miracle ». Alors le Dr. WILL se dépêche, arrive chez Mme ADZE, trouve le chien en état de choc, fait un traitement de soutien en toute urgence, le chien le regarde, respire, et aboie d’une voie fine. La température est basse mais il y a de l’espoir. Après 5 minutes de thérapie liquidienne, le chien se lève, va vers sa mère (Mme ADZE), aboie pour une dernière fois et meurt. C’était son ultime aboiement.
Le Deuil commence, Mme ADZE qui était seule à la maison avec le Dr. WILL se met à pleurer à chaudes larmes sous le regard triste et consolateur du Dr. Puis quelques minutes après, elle demande à ce dernier : « mais Dr. où va-t-on l’enterrer ? » et le Dr. de dire dans son grand entrain et sa forte innocence : « On peut le mettre à la poubelle Mme ! la société d’hygiène et de salubrité s’en chargera » La femme irritée lui répond : « Quoi ? le chien de qui à la poubelle ? en tout cas je vais l’enterrer dignement avec l’aide de mon petit frère lorsqu’il va rentrer du travail. C’était mon seul enfant ce chien. Dr. faites ma facture et sortez de chez moi, j’ai besoin de passer du temps seul avec mon bébé avant de l’enterrer »
Elle s’est promis de ne plus jamais acheter de chien de peur de s’y attacher encore et de souffrir une fois de plus si jamais il mourrait.
Finalement avec l’attachement de plus en plus grand entre les propriétaires et leurs animaux, il faut toujours soigner l’animal et le propriétaire de l’animal en même temps comme aime souvent le dire le Dr. HERZ.
Anecdote en note : Son chien n’ayant pas pu supporter de le voir malade est mort
C’est la substance de l’une des histoires réelles vécues par Dr HERZ et Dr TW dans la cité capitale du Cameroun. Un homme qui s’entendait bien avec son chien a eu un malaise et a été transporté d’urgence dans un hôpital de la place. En effet, lorsque le chien préalablement bien portant a vu son maitre couché sur un brancard en direction de l’ambulance qui devait le conduire à la formation sanitaire, il a cessé d’aboyer, est rentré dans une dépression et en est mort le soir de cette même journée sans autres antécédents pathologiques.
Des cas spéciaux pour les chats
Anecdote 1 : Dépilation à faire sourire
Pendant le premier semestre 2020 avec la monté de la pandémie à coronavirus, une dame nous amène sa chatte en consultation et dit : « Dr. ma chatte ne fait que perdre des poils depuis plus d’un mois, je ne sais pas pourquoi. Voilà la raison pour laquelle je suis venue en consultation ». Le Dr. HERZ avait bravé la formule du « restez chez vous » ce jour-là et était bel et bien présent à la clinique. Alors entre l’urgence puis la pression mise par cette dame qui voulait une solution rapide pour sa chatte et l’adoption systématique de l’approche sémiologique classique, le Dr. HERZ a comme à l’accoutumé choisi la deuxième pour mieux comprendre ce cas clinique particulier. Alors, à l’examen rapproché de l’animal, le poil n’existait plus véritablement sur la peau et ce dernier était truffée de lésions inflammatoires sans cause évidente. C’est à ce moment que, le Dr. HERZ, fin psychologue du propriétaire s’est assis à sa place habituelle dans la salle d’attente du cabinet et a amorcé une profonde conversation non violente avec la dame. C’était l’occasion pour lui de mettre cette dernière en confiance afin d’en savoir plus sur l’anamnèse entourant le cas clinique. De cette communication longue et pas ennuyeuse, une découverte curieuse a été faite : Cette dame a comme tous les citoyens du monde écouté les messages de sensibilisation de l’OMS selon lesquels il fallait éviter des contacts étroits avec les animaux ou alors se désinfecter les mains après tout contact. Prise par la panique car elle était âgée et ne voulait pas nourrir de COVID-19, elle décide non pas de se séparer de sa chatte qui représentait sa seule famille, mais plutôt de la mettre dans un local confiné où elle la désinfectait chaque jour avec de l’eau de javel. La source du problème était désormais établie et il ne restait plus qu’à effectuer un traitement de soutien et à donner quelques recommandations à cette dame qui avait fait payer les frais de sa peur à son innocente chatte.
Anecdote : Ma chatte m’a donné le paludisme, des cas extra d’une carrière
Il est des jours en clinique vétérinaire où vous avez l’impression que tous les animaux sont guéris et bien portant, parce depuis le matin jusqu’à l’après-midi vous n’avez pas le moindre cas de consultation. Et alors que vous vous dites que la journée est achevée, un événement bizarre vient vous aider à ne la parachever peut-être pas en beauté mais au moins avec matière à réfléchir. C’est le cas de cette dame accompagné de son fiston qui nous a apporté sa chatte un lundi soir pour un problème qui l’inquiétait elle aussi. L’animal qui présentait une parésie avait été retrouvé au salon tout près des câbles électriques et saignait abondamment de l’oreille gauche avec une inflammation de l’œil du même côté. Il était presque immobile et présentait une tête qui se retournait comme dans les cas de torticolis chez la poule. Dans l’échange préliminaire avec la dame et son fiston, l’hypothèse d’une intoxication ou d’un empoisonnement est rapidement éliminée. Il ne reste donc plus qu’à explorer celle de l’électrisation puisque la chatte a été retrouvée près des câbles électriques. Un traitement de soutien a été fait ce jour-là et nous avons demandé à la dame de revenir le lendemain, le temps de mieux faire le point sur ce type de cas extraordinaire. Elle est donc retournée chez elle et a régulièrement appelé le Dr. HERZ pour d’autres informations complémentaires sur de la conduite à tenir pour maintenir sa chatte en vie tout en réduisant ses souffrances. Remarquant le grand attachement de la dame à son animal et dans le but de mieux comprendre les cas d’électrisation animale, le docteur décida de faire le suivi de cette chatte gratuitement. Au prochain rendez-vous, le Dr. HERZ a subtilement posé la question de savoir pourquoi la dame s’attachait autant à cette chatte et voici sa réponse : « je me suis mariée il y’a 20 ans et juste après mon mariage, mon mari et moi avions acheté un chaton et l’avions élevé pendant quelques années. Et un jour de retour du travail, nous avons constaté l’absence de ce chat et même après mille et une recherches, nous ne l’avons plus jamais retrouvé. J’ai tellement été déprimée et j’ai pleuré pendant ces moments que j’ai dit à mon mari que je ne prendrais plus jamais de chat à la maison pour éviter de m’attacher encore. Maintenant, cet autre chaton auquel je me suis attaché a été acheté par mon fils et voilà que je ne supporte déjà plus de le voir souffrir. Ça fait deux jours que j’ai un paludisme et je suis sûre que c’est cette situation qui me rend malade». Après s’être confiée ainsi, elle s’est sentie toute soulagée et heureusement ce jour-là sa chatte avait repris conscience et avalait déjà les aliments liquides. La dame venue toute triste et crispée ce jour-là est rentré avec un sourire d’écolière. Je n’en dis pas plus, vous pouvez aisément imaginer les suites possibles de cette histoire non sans noter la bonne nouvelle ci-dessous :
Bonne nouvelle : Contre toute attente, la dame propriétaire du chaton a fait une vidéo pour présenter à l’équipe ayant traité le chaton durant ses pires moments les progrès notables dans l’état de ce chaton. Le chaton jadis déprimé et apathique marchait déjà, certes avec difficulté mais la famille était joyeuse de cette amélioration. Cela était un feed-back positif comme nous n’en voyons pas souvent de la part des propriétaires qui ne savent pas toujours manifester leur gratitude. REMARQUE : je ne peux pas m’expliquer que e chaton soit mort quelques semaines plus tard des suites d’un abcès idiopathique.
Les femmes s’attachent sincèrement aux animaux de compagnie, mais les personnes masculines jouent aux hommes forts ; ainsi va la vie.
CLINIQUE vétérinaire à domicile
Les prestations vétérinaires à domicile sont une véritablerévolution technologique à l’heure de l’essor du digital en Afrique et surtout à un moment où nous vivons avec les jeunes ce que l’on a appelé génération éclair ou microonde (qui veut tout, tout de suite).
Raison d’être
Ce type particulier de prestation dans lequel le vétérinaire va au domicile d’un particulier à la demande de ce dernier est motivée par plusieurs raisons :
· Manque de temps libre pour accompagner l’animal à la clinique ;
· Eviter de salir son véhicule avec le chien ;
· La paresse ;
· La peur de voir son animal infecté au cabinet vétérinaire ;
· Animal trop agressif et fait peur à son propriétaire ;
· Certains jeunes vétos offrent des prestations à domicile à moindre cout ;
· Etc…
Alors pourquoi ne pas parler les avantages et des inconvénients de cette activité qui offre une lueur d’espoir à plus d’un jeune vétérinaire et surtout qui constitue le gagne-pain de plusieurs anciens de la médecine vétérinaire.
Avantages
· Le propriétaire gagne en temps ;
· Son animal ne risque pas d’être infinité par une maladie nosocomiale ;
· Ses animaux sont au petit soin ;
· Il économise face aux véto débutants
Inconvénients
· La consultation est susceptible d’être moins minutieuse. Il existe certains éléments de l’arsenal thérapeutique qui ne peuvent pas être transportés à domicile ;
· Le vétérinaire risque d’être mordu car l’animal est dans sa zone de confort ;
· Des appels qui se soldent par des déplacements inutiles : vous êtes appelés et lorsque vous arrivez au lieu du rendez-vous, le numéro qui vous a appelé est désormais indisponible ;
· Une certaine insécurité physique ou métaphysique du vétérinaire qui se déplace dans des domiciles privés ;
· Le vétérinaire est parfois mal payé ou même considéré comme un chien lorsqu’il arrive dans certains domiciles : généralement, le commun des mortels pense que, puisque les humains soignent les humains, les animaux devraient logiquement soigner les animaux ;
· Les soins donnés aux animaux sont parfois de moindre qualité et entrainent un coup à l’image de la noble profession vétérinaire.
ENFIN Pour Service vétérinaire à domicile optimal, Pensez ainsi :
Ceux qui respectent et honorent les animaux peuvent vous appeler animal et ce serait un compliment. Mais si un insensé qui se moque des animaux vous traite d’animal, vous devez lui faire payer jusqu’au dernier centime. J’ai fait il y a quelques années des sessions de pratique de la médecine vétérinaire à domicile et pour avoir vécu la difficulté de cette situation, il m’est tout à fait possible de justifier mon propos initial.
Imaginez que vous soyez appelé en urgence par un propriétaire d’animal qui s’inquiète pour la situation de son chien ; vous abandonnez votre cabinet vétérinaire pour voler à son secours ; lorsque vous réussissez après quelques dizaines de minutes à résoudre son problème, voici ce qu’il trouve à vous dire : « merci mon fils » ; Pas d’argent de transport, pas d’honoraire et vous vous demandez pourquoi vous avez passé autant d’années à vous former pour devenir un excellent véto. Si vous revenez à la charge, il ou elle vous fait simplement de lui dire ce que vous-même fait de spécial pour lui réclamer de l’argent…? (Souvenez-vous du fameux tableau de Picasso[2]) Ainsi va la médecine vétérinaire à domicile :
Dans la même veine, mon collègue s’est un jour rendu chez une dame apparemment de bonne famille d’un point de vue financier. Il arrive dans ce domicile pour une opération de toilettage des caniches. Comme un miracle du sort ce jour, la tondeuse qu’il a préalablement aiguisée ne lui servira à rien car le courant électrique a été suspendu dans cette localité pour des raisons que seule la société de distribution maitrise. Alors, en bon vétérinaire, il ne baisse pas les bras et est donc obligé de faire une tonte manuelle à l’aide d’une paire de ciseaux pendant toute une journée de travail. Mais à la fin, lorsqu’il présente la facture à la propriétaire de ces caniches, celle-ci lui dit simplement que la facture est exorbitante et qu’elle ne paiera pas ; le Dr. s’est indigné pendant quelques minutes a finalement quitté cette maison sans ses honoraires. Chose encore plus curieuse, une semaine après le passage de mon collègue au domicile de cette dame, et alors que mon collègue était assis au cabinet, un infirmier vétérinaire lui a rendu visite pour l’achat des médicaments et lorsqu’il sympathisait avec ce dernier, le Dr. s’est rendu compte que cet infirmier se rendait chez la dame en question pour apporter des soins à ses caniches : elle avait déjà viré une fois de plus un vétérinaire et était passée à autre chose ; Ainsi va la clinique vétérinaire à domicile...
· Etc…
SORTONS PAR L’ASPECT CULTUREL
Le chien contre le vampirisme
Les tradipraticiens pensent que la consommation de la viande de chien préviendrait des attaques mystiques par les vampires. Attention !!! ceci n’est pas une information vérifiée scientifiquement.
Chez les Tupuri, le chien a été un animal utilisé pour se protéger mystiquement des attaques des peuples musulmans car ces derniers considèrent cette viande comme impure. Les Tupuri consomment surtout l’extrémité de la patte pour les besoins de la circonstance.
La consommation de chien au Cameroun
Ne pensez surtout jamais, au grand jamais qu’un chien considéré comme viande pourrait avoir la même valeur qu’un chien de compagnie, un chien de chasse ou alors un chien de gardiennage. Vous ne demanderezjamais à un être qui considère son chien comme une viande de dépenser des sommes exorbitantes afin de lui assurer un quelconque bien être. Si le prix de sa santé devient élevé, alors une solution efficace pour les papilles gustatives s’offre à tout point de la rue avec un assaisonnement de boisson alcoolisée locale blanche: « s’il ne peut guérir à moindre cout, alors je le mange. »
· Cas de Bansoa à l’Ouest Cameroun
A l’ouest Cameroun, le village qui vient rapidement en mémoire lorsqu’on parle de de consommation de chien est bel et bien Bansoa dans le département de la Menoua.
· Cas de la chèvre de Barca chez les TUPURI à l’Extrême Nord Cameroun.
Les Tupuri représentent la tribu Camerounaise la plus célèbre en matière de consommation de la viande de chien. En effet, ils savourent tellement cette chair qu’ils n’ont pas hésité un seul instant à la baptiser ; « la chèvre de barca ».
Attention à la rage (réactions culturelles après morsures par le chien)
Tuer le chien et le transformer en viande que mangera le mordu
Mordre aussi le chien afin d’égaliser selon la loi du talion
· CHIEN ET CHASSE
Dans d’autres parties du Cameroun, le chien, surtout le mâle est utilisé pour la chasse car il est capable de voir ou de sentir la présence d’une proie et de même, il est assez agile pour aider le chasseur à l’attraper. La valeur d’un chien de chasse qui a démontré son efficacité ne peut dont pas être comparable à celle d’un chien errant.
©️ Dr Armand Fokeng
[1] Terme d’espoir dans le jargon Camerounais qui signifie : Ça va aller
[2] Il a sacrifié plusieurs années pour apprendre à faire de belles peintures ; Alors il lui est tout à fait possible de vous facturer un dessin fait en 5 minutes à un prix d’or.
1- CAS DE L’ÉLEVEUR DE VOLAILLES
Anecdotique : La poule aux œufs d’or a toujours reçu un entretien en or de son éleveur. La fragilité des poules oblige leurs éleveurs à faire preuve de beaucoup de tact lorsqu’il s’agit de conduire leur élevage.
INTRODUCTION
Il m’a toujours paru difficile d’entrer dans l’univers des éleveurs de poule en toute assurance et pourtant, je vais en parler aujourd’hui. Lorsque je poursuivais encore mes études vétérinaires, j’aimais bien dire : « la poule a deux pieds ». Cela faisait bien rire mes camarades car pour eux la poule n’avait que des pattes et pas des pieds. Quelle grande différence allez-vous sans doute me demander ? mais la réponse est claire, les pattes ont le même rôle que les pieds et en réalité cette terminologie est une manifestation du complexe de supériorité de l’être humain qui aimerait distinguer ses qualificatifs de ceux des animaux. Voilà ce que j’ai trouvé à vous dire en guise d’introduction. Maintenant, si vous le voulez bien, nous allons parler des aviculteurs mais tout aussi d’aviculture.
PETITE HISTOIRE DE LA POULE
La poule aux œufs d’or n’est certainement pas la belle histoire de la poule telle que racontée par les scientifiques. Mais ceux qui se sont intéressées jusqu’à nos jours aux poules se posent une foultitude de questions dont les réponses interpellent les esprits philosophiques des plus érudits de l’humanité. Les éleveurs ne s’en inquiètent pas car, la plus-value qu’ils tirent de la poule est leur seule motivation à en parler. Nous allons donc entrer dans une logique de questionnement de l’existentiel en ce qui concerne les origines de la poule.
Première question : La poule pond-elle des œufs ?
Cette question a de tout temps alimenté les débats scientifiques. Et j’espère que la solution viendra un jour pour résoudre ces derniers à l’unanimité. Des pistes de solution à cette question qui ne doit pas être stupidement répondu par un « oui » ou par un« non » existent de nos jours et il convient alors de définir deux éléments fondamentaux : c’est quoi un œuf ? et ensuite, qui est sensé produire l’œuf ? à ces questions s’ajoutent le facteur « œuf de consommation » » et œuf de reproduction ». Et si nous nous évertuons encore à parler d’œuf dans ce cas, comment doit-on qualifier les produits à coquilles issus des poules pondeuses ? et comment donc qualifier ceux issus des poules communément appelées poules villageoises ?
Je ne suis pas prêt à répondre à ces questions car nous sommes ici pour parler de la psychologie de l’éleveur. Pour des personnes assez curieuses, vous pouvez utiliser les moyens modernes de recherches pour mieux effacer vos doutes.
Deuxième question : Qui est venu en premier entre la poule et l’œuf ?
En supposant que la poule pond des œufs, il faut qu’elle soit adulte pour les pondre, et s’ils sont issus d’une fécondation, ceux-ci donneront quelques jours plus tard un poussin et chacun finira dans le normal des cas par devenir adulte et à reproduire le processus. D’où est dont venu le tout premier œuf de l’histoire si l’on sait que de l’œuf vient la poule ? la question peut être reformulée autrement et devenir : d’où est issue la toute première poule de l’histoire si l’on sait que la poule pond des œufs ? Alors, qui est le premier venu entre la poule et l’œuf ?
RAPPEL ZOOTECHNIQUE
La belle histoire des termes usuels :
Il était une fois, alors que passaient les grandes vacances de fin d’année, je fis un voyage dans une jolie contrée connue pour ses étables et toutes ses belles volailles. Quand je passais par là pendant mon court séjour, je fus impressionné par les oiseaux femelles (poules) qui avaient rendez-vous chez le coq (mâle) du village. Les poules se déplaçaient en file indienne et seules les plus vaillantes pouvaient donc s’accoupler, à condition de déjouer les obstacles vivants que constituaient assidument les chapons (mâles castrés). Certains mâles, les plus farouches avaient la mauvaise habitude de tuer une poule après quoi ils empruntaient automatiquement le chemin de l’abattoir (poulets). Ces derniers étaient réputés de l’avantage de réduire l’effectif des poules qui arrivaient jusqu’au roi coq reproducteur. Les jeunes poules engraissées (poulardes) et les autres jeunes poules (poulettes) étaient assez rapidement stoppées sur le chemin, du fait d’une part de leur jeune âge et d’autre part de leur graisse abondante. C’est donc à la fin de ce long parcours que les poules, les plus rustiques accédaient alors au domicile du coq qui les attendaient comme un roi. Il chevaucha les femelles l’une après l’autre et quelques jours plupart, les fruits ovales (œufs) commencèrent à se présenter pour être influencés par une substance (la prolactine) et de la chaleur puis donner plus loin encore (21 jours après) des poussins capables d’écrire une nouvelle histoire. Mon patron m’a appelé ce matin de bonne heure, c’est déjà la fin de mes vacances. Dommage que l’histoire s’arrête en si bon chemin.
Quelques paramètres zootechniques condensés :
- Durée d’incubation : 21 jours
- Début de ponte : 20-24 semaines
- Temps de formation de l’œuf : 24-26 heures
- Durée du cycle sexuel :
- Espérance de vie : 5 à 10 ans en l’absence d’interférences humaines
- Ovulation : provoquée par la durée du jour (éclairement)
- Nombre d’œuf par an : 280-312 Œufs par an
- Les races africaines
- Races
- Caractéristiques principales
UN ELEVEUR AU QUOTIDIEN
· Typologie et spécificités des élevages
Lorsque je parle de typologie des élevages, je sais que vous vous attendez à ce que je commence à décrire des expressions du genre « élevage intensif », « élevage extensif » et son intermédiaire « élevage semi-intensif ». Non ! il n’en sera pas ainsi, je n’écris pas ce livre dans le but de vous rappeler ce que vous savez déjà, ce qui existe déjà dans des livres plus anciens encore. Vous avez déjà trop de peines et de stress dans vos vies pour que je daigne en rajouter. Au contraire, nous allons catégoriser les types d’élevage sur la base de l’orientation de la spéculation (œuf ou chair) afin de mieux pénétrer la psychologie des éleveurs dans chaque cas et ce, en toute convivialité. Entrons donc dans l’univers de ces deux spéculations :
· L’élevage des poulets de chair : sa rentabilité est moyenne à faible en fonction de l’effectif de la bande (troupeau en aviculture). Le cycle est court (45 à 60 jours) ce qui est une bonne nouvelle pour ceux qui sont à cours de capitaux abondants mais également elle vous exige une certaine discipline et une bonne gestion de la pression car la moindre triche se paiera sur les produits en fin de cycle. En effet, dans plusieurs domiciles pour ceux qui vivent en Afrique au sud du Sahara, il n’est pas rare de compter les poulets de chair par centaines qui servent à la subsistance de la maison. Toutefois, ceux qui s’investissement lourdement dans la production de poulets de chair finissent presque toujours par virer systématiquement dans la spéculation ponte plus contraignante d’un point de vue spatiotemporel mais aussi financier. Cependant, les retombées positives sont en général de nature à effacer les peines liées à l’attente et à l’investissement.
· L’élevage des poules pondeuses : Voici un autre cas de figure qu’il convient de bien observer. C’est la mine d’or de l’aviculture pour ceux et celles qui savent s’y prendre. Lorsqu’on vous parle des pondeuses, en vantant la magie de sa rentabilité, vous vous dites à coup sûr que vous êtes déjà devenus riches. Effectivement vous avez raison, vous l’êtes, vous êtes déjà riches. Ces paroles qui semblent ironiques ne le sont pas dans la réalité. Il suffit de maitriser les contours de la spéculation pondeuse et votre portefeuille sera bientôt titulaire d’une gestation financière gémellaire.
Malheureusement certains éleveurs novices sont tellement emportés par l’éclat du résultat final qu’ils en oublient le processus qui permet d’en arriver là. Alors ils se lancent dans une ambition démesurée, louent un bâtiment d’élevage, y mettent des milliers de poussins pondeuses dans l’espoir de recevoir bientôt le jackpot. Un mois et demi après, aucun œuf n’est pondu et ils sont déjà financièrement limités pour assurer l’alimentation des poulettes ; l’élevage est en crise, l’éleveur surendetté et vienne enfin le désespoir mêlé d’une bonne dose de déprime.
Dans toute activité économique, au-delà des succès que ceux qui y réussissent déjà peuvent miroiter, il convient d’être SMART (Spécifique, Mesurable, Atteignable, Réaliste, Temporel) dans la stratégie. Comment voulez-vous être actif au volant d’une voiture précieuse et délicate si vous n’avez aucun rudiment de la conduite et du code de la route ? en d’autres termes, comment pouvez-vous acheter 1000 poussins avant de vous demander ce qu’ils mangeront ? Sachez-le dès aujourd’hui : pendant que vous vous embrouillez du fait de votre manque de planification, les poussins s’en vont à l’au-delà, l’un après l’autre sans aucune pitié pour la dette que vous avez contractée ou alors pour les 700 FCFA que vous avez investi sur chacun d’eux à l’achat. Si vous y allez sans planifier, vous avez déjà échoué.
Le cas décrit plus haut est applicable spécifiquement à ceux qui font de l’élevage leur seule, principale et unique activité. En effet, les personnes qui ont une activité principale autre que l’élevage choisissent parfois d’investir dans l’aviculture soit pour multiplier leurs sources de revenus ou alors pour faire du blanchissement d’argent (Ceci dans le but de détourner l’attention sur leur activité principale qui en général est encore plus florissante et quelques fois illégale). Ces derniers y injectent des capitaux à tout moment et peuvent naviguer à vue (avancer sans planification) sans abandonner leur projet d’élevage car celui-ci ne représente pas une véritable source de revenus pour eux. Si vous les imitez, vous échouerez de la pire des manières. Avec ces deux cas de figures, on vient à se demander ce qui anime en réalité les aviculteurs : amour, argent ou passion ?
· Le leitmotiv des éleveurs
On ne parle que très rarement de la poule comme un animal de compagnie et pourtant des gens l’aiment, d’autres aiment l’élever et certains s’en servent pour se faire de l’argent ou de l’aliment : à chacun son couloir comme le disent les africains.
Mais en toute honnêteté, il importe d’aimer les poules avant de les élever pour se faire de l’argent ou pour en faire un repas copieux. L’amour et la passion sont ces deux forces qui entretiendront votre détermination à réussir votre projet avicole nonobstant la violence des tempêtes y associées. Les poules auront beau être votre banque, votre source de revenus ou votre nourriture, si vous ne leur apportez pas une bonne pincée d’amour, vous perdrez entre autres la banque, le revenu et la nourriture. Les meilleurs éleveurs aiment avant tout l’élevage et les animaux avant de bénéficier des avantages associés. Mais est-ce à dire que l’éleveur n’a que des animaux (poules) dans sa vie ? Nous ne sommes pas bien loin de la réponse à cette question. Suivez-moi !
· Les interactions avec les métiers associés
Dans une société de réseautage accru, n’espérez pas que les aviculteurs soient à la traine du troupeau. Ils sont eux aussi conscient de la place de certains professionnels dans leur vie en ce qui concerne les prestations de service. De plus, aimer et élever les animaux, ne leur prive pas de la possibilité de vivre une vie sentimentale épanouie et gratifiante. Il n’est presque jamais aisé d’être un excellent poète (un univers où vous faites parler votre âme avec toutes les émotions qu’elle comporte) et d’être un brillant scientifique (un monde où la raison combat avec acharnement toute tendance à l’émotion). Je rends ici un vibrant hommage à tous ces honorables scientifiques qui excellent pourtant en poésie.
a- Eleveur et le gestionnaire de provenderie (Impacts de ces relations pour sa productivité)
Nous sommes encore à une époque où les gestionnaires de provenderies ont la propension à mystifier les formulations alimentaires. Et dans une logique qui n’en est pas véritablement une, le manque d’intégrité peut être au rendez-vous et créer des fraudes sur les formulations alimentaires. C’est l’animal qui décide comme le dit souvent le Dr. HERZ si vous faites un mauvais mélange de matières premières, l’animale ne fera pas semblant de grandir : il ne grandira pas tout simplement. Et même, dans des cas extrêmes il mourra.
Certains éleveurs ont rompu définitivement leur relation avec les gestionnaires de provenderie à cause d’une part des fraudes de formulation et d’autre part du fait que cela les rend dépendants de l’achat d’aliment et des formules qu’ils ne maitrisent pas. C’est ainsi que chaque grand éleveur recrute un ingénieur agronome ou comme par magie devient lui-même l’ingénieur agronome et se bâtit une provenderie personnelle pour ravitailler ses poulets et être à l’abris de la plupart des ruptures de stocks et de la qualité des matières premières.
b- Eleveur et charpentier, maçon, architecte
Qu’il soit ou non de bonne foi, vous ne verrez que très rarement un éleveur faire appel à un Zootechnicien () ou à un vétérinaire avant de construire son bâtiment d’élevage. Il fait directement recours au maçon et au charpentier en s’inspirant de la formule selon laquelle : « pourquoi passer par le serviteur si l’on a la possibilité d’accéder au chef ? » ; Sauf que dans ce cas précis, celle formule n’est pas valable. Le vétérinaire ou le zootechnicien représentent dans ce cas de figure les architectes des bâtiments d’élevage. Si vous construisez vos locaux sans les consulter, il est possible que les données soient faussées dès le départ.
A ce titre, on a coutume d’observer des cas suivants chez nous les vétos ;
· « Bonjour Dr. j’aimerais élever les pondeuses, le bâtiment est déjà prêt. Je veux les conseils pour la suite. » Cette déclaration apparemment anodine peut porter en elle l’échec de tout ce projet d’élevage. En effet, pour une meilleure mise en place de la biosécurité générale, la conception (biosécurité conceptuelle) du bâtiment doit être pensée par un professionnel compétent de l’élevage avant sa réalisation par le maçon et le charpentier. Si cette étape est bafouée, les autres étapes deviennent difficiles à implémenter. Là encore, quelqu’un sera sapeur-pompier.
c- Eleveur et volailler
Voici un exemple de relation dans laquelle la condescendance règne presque toujours. Un volailler de grande qualité est d’une importance cruciale pour la réussite de l’éleveur avicole. Le volailler est d’ailleurs le saint graal de ce dernier. Le volailler est celui qui s’occupe de l’hygiène et de l’alimentation des volailles et du fait de sa proximité avec ceux-ci, il est le premier à alerter l’éleveur sur toute anomalie de comportement ou de santé. Il est donc à valoriser au plus haut point. Et pourtant, vous allez difficilement voir dans le contexte camerounais actuel un aviculteur qui paie ses volaillers chaque mois. Les affaires sont toujours difficiles selon les dits de ce dernier et, que le volailler obéisse scrupuleusement à sa mission ou non, il se trouve généralement être la première victime de cette situation. Le volailler fidèle est très difficile à trouver et quand l’éleveur fini par fini par tomber sur sa perle précieuse, il la soumet rapidement à un traitement digne du « non-respect des droits de l’Homme ». Dans ce contexte, le volailler est parfois obligé de perdre un peu de son intégrité en commettant des larcins pour subvenir à ses besoins et nourrir son éventuelle famille. Et ainsi vous verrez facilement un éleveur se séparer d’une dizaine de volailler au cours d’une même année : Ne cherchez la solution ailleurs ; les volaillers ne sont pas tous des démons, lorsqu’ils sont maltraités, soit ils volent, soit ils s’en vont délibérément soit encore ils sont renvoyés par l’éleveur. Donnez-leur un peu d’amour et de considération tout en demeurant prudent et tout ira bien.
d- Eleveur et son épouse
Qui vous a dit que l’amour et la considération envers les animaux est incompatible avec l’amour des humains ? En effet, tout éleveur qui réussit doit également comme tout autre professionnel épanoui sa réussite à la qualité de la relation qui le lie à sa femme. La femme de l’éleveur n’est pas obligée d’être elle aussi éleveur même s’il faut avouer que cela faciliterait sa relation de proximité avec son mari. Qu’à cela ne tienne, les éleveurs qui réussissent le mieux ont presque toujours une femme pour les épauler, leur donner des conseils d’ordre décisionnels ou alors intervenir dans la démarche markéting des produits et cet de cet élevage : c’est ce que les érudits de la profession appellent le « female branding »
e- Eleveur et vétérinaire
Si vous êtes vétérinaire, sachez-le dès aujourd’hui pour ne plus vous sentir frustré à l’avenir : « l’éleveur est le véto et vous êtes son sapeur-pompier ». En effet, à l’exception de quelques cas d’éleveurs disciplinées, vous remarquerez que les éleveurs ne vous feront appel que si la situation est devenue désespérée malgré tous leurs efforts de Pseudo premiers soins. Toutefois il faut quand même remarquer que les aviculteurs sont sensiblement les plus disciplinés de tous les éleveurs du Cameroun. La plupart d’entre eux suivent à quelques triches près les programmes de prophylaxie proposés par des vétos agrées. Certains autres dans le but de booster la plus-value de leur activité, sollicitent les vétérinaires de seconde catégorie ou des individus sans foi ni loi qui offrent des prestations de qualité douteuse à vil prix. Heureusement, en aviculture intensive, la moindre erreur ne pardonne pas. Lorsque l’éleveur malin fait face à une hécatombe, il se tourne alors vers le vétérinaire compétent qui colmate la brèche, stoppe le saignement et gagne sa confiance.
Alors chers vétos, même si vous êtes aujourd’hui traités comme des « sapeurs-pompiers » par les éleveurs, ne vous en faites pas ; agissez avec maestria dans l’exercice de votre rôle de sapeurs-pompiers et ils vous adopteront comme leur véto, leur sauveur pour la vie.
f- Eleveurs et pouvoirs publics
C’est en général ici que l’éleveur aime bien se cacher, quitte à ce que l’agent de l’Etat vienne le dénicher de sa cachette par la force. En effet, lorsqu’il s’agit d’activité agropastorale en général et d’aviculture en particulier, peu sont ces éleveurs qui prennent l’initiative de déclarer leur activité. Ils sont dans une stratégie de fuite des taxes et impôts et même, lorsque certains osent déclarer, ils ne donnent que rarement l’effectif exact de leurs animaux. Certes, cette situation leur fait gagner quelques FCFA mais le revers de la médaille n’a aucune pitié pour ces malins de circonstance. Pendant l’élaboration du budget annuel de l’Etat, les autorités font toujours une comparaison entre la production locale et la demande nationale. Et dans ce cas, même si le Cameroun est effectivement autosuffisant en poulet de chair, les autorités seront obligées de prévoir des importations car les données faussées communiquées par les éleveurs font état d’un déficit de quelques centaines de tonnes de poulet de chair, d’où la nécessité et même l’urgence de la corriger en sollicitant les importations. Ici, la balance commerciale prend un coup, de même que l’économie des éleveurs ayant manqué d’intégrité dans leurs déclarations.
Erreurs de la plupart des aviculteurs dans leur quotidien
Erreur 1 : Confondre le volailler au le vétérinaire
En aviculture, les éleveurs considèrent souvent leurs volaillers comme étant le vétérinaire chargé du suivi. Ce sont les volaillers qui font des prescriptions, qui décident quelle est la maladie dont souffrent les poules et qui administrent les médicaments en perpétrant les mêmes erreurs indéfiniment. Mais un jour tout se bloque et il faut absolument un sapeur-pompier pour juguler la situation : c’est à ce moment que le Messie de la santé animale est sollicité pour un ultime exercice de dépassement de soi. Vives les vétérinaires et leur anatomie comparée.
Erreur 2 : Penser que le gestionnaire de provenderie ou le vendeur de poussins ou de poulette est un vétérinaire
Ce n’est plus un secret pour personne. Les éleveurs pendant leurs premiers pas dans le métier font aveuglement confiance en celui qui leur fourni soit les poulets ou encore l’aliment. Quel que soit le problème qui se pose dans leurs pratiques quotidiennes, ils ont recours à ces derniers en première intention ; Alors, les mêmes erreurs sont partagées et perpétuées bande après bande. Mais un jour, le pire arrive et il y’a besoin urgent du sapeur-pompier, du vétérinaire pour éteindre le feu du désespoir qui y règne en l’éleveur.
Erreur 3 : Confier son argent à un frère pour l’investissement au pays d’origine : l’extraordinaire de la diaspora africaine
Avec le problème de la crise des devises ainsi que la dévaluation du FCFA et autres monnaies africaines, les membres de la diaspora ont en général tendance à envoyer les capitaux dans leurs pays d’origine afin qu’un membre de la famille resté au pays puisse l’investir dans un projet agropastoral. Le projet le plus souvent choisi est l’aviculture. Le problème qui se pose dans ce cas est que personne ne peut mieux s’occuper de vos affaires que vous-même. De plus, la situation économique chaotique dans certains pays africains, rend presque normal le fait pour un membre de la famille de détourner une partie de votre argent car il doit aussi subvenir à ses besoins. En effet, la population de la diaspora qui aspire à retourner un jour au pays prépare ce retour en injectant des fonds dans ce type de projet. Sauf quelques cas extraordinaires, la déception est presque toujours sans appel. A chacun donc de s’occuper de ses propres affaires.
Erreur de la plupart des vétos face aux aviculteurs
Erreur 1 : Courir après les éleveurs
La règle est simple : « si vous courez après quelque chose, cette chose vous fuira assurément ». En d’autres termes, ne courez pas après les éleveurs sinon ils vous fuiront. Les éleveurs sont des personnes très fières pour qui certains rudiments de la santé animale n’ont aucun secret. Lorsque vous venez à eux dans le but de proposer vos services, vous êtes d’emblée mal barré car vous apparaitrez comme un désespéré, présent pour initier un manque à gagner dans leur économie. Au lieu d’agir de cette façon, soyez stratégique, préparez-vous en vous formant quotidiennement. Un jour ils viendront vers vous avec un cas délicat qui dépasse leur entendement. Vous serez alors leur sapeur-pompier. N’ayez crainte. Faites exactement ce que je vous ai dit plus haut : « agissez avec maestria dans l’exercice de votre rôle de sapeurs-pompiers et ils vous adopteront comme leur véto, leur sauveur pour la vie. »
Erreur 2 : Faire des mauvaises prescriptions
Quel que soit les sueurs froides avec lesquelles un éleveur viendra dans votre cabinet vétérinaire, ne vous précipitez jamais. En réalité il aurait dû faire recours à vous dès le début de son projet mais il ne l’a pas fait. Lorsqu’il vient vers vous à ce moment, alors sachez que la situation est assez grave, un client à gagner ou une crédibilité à perdre. Vous devez donc causer paisiblement avec l’éleveur en prenant des notes et si la situation le nécessite, faites une descente sur le terrain et établissez un diagnostic fiable. Vous aurez sauvé l’économie de cet éleveur, gagné en notoriété, défendu les lettres de noblesse de la profession vétérinaire et cet éleveur ne manquera pas de vous recommander à d’autres personnes : Publicité gratuite.
Erreur 3 : Aller à la ferme à tout bout de champ
Si vous vous rendez toujours disponibles aux éleveurs qui vous font appel pour une descente sur le terrain, vous deviendrez bientôt leur volailler. Cela ne veut pas dire que vos longues années d’études auront disparues mais plutôt que votre image de marque aura pris un sérieux coup car, comme vous le savez, ce qui est important l’est aussi à travers sa rareté. Vous êtes un vétérinaire, un haut cadre de la santé et pas le chien des éleveurs pour répondre à tous leurs caprices.
Erreur 4 : Céder à la pression des éleveurs.
Lorsqu’un éleveur vous fait appel, il vous met automatiquement la pression parce que son argent est en jeu. Toutefois, ne l’oubliez jamais, votre carrière et votre notoriété sont aussi en jeu. Prenez toujours votre temps et soyez le plus professionnel et le plus méthodique possible dans votre démarche diagnostique. C’est vous le médecin, c’est lui le patient ou si vous voulez, le propriétaire des patients : agissez comme tel.
UNE NOTE SUR L’AVICULTURE VILLAGEOISE AU CAMEROUN
C’est une aviculture de subsistance. Attention à ne jamais vous amuser avec les poulets d’un villageois car ils représentent sa fortune, son patrimoine et l’élément stratégique qui le soutire des situations difficiles (paiement de la pension de ses enfants, paiement de ses soins de santé, paiement de ses frais de voyage, offre des dons ou alors objets de ses rites sacrificiels).
En général, cette aviculture est faite sans une prise en compte sévère des mesures de biosécurité, les poulets villageois étant plus rustiques comparativement aux poulets industriels. Toutefois il faut noter que cette rusticité ne les rend pas insensibles à toutes les infections. En effet, lorsque des épisodes de la maladie de Newcastle font escale dans un village, les poulets villageois en paient les frais. Voilà pourquoi, si vous êtes vétérinaire et que vous rencontrez un jour sur votre chemin un paysan adepte d’aviculture locale, l’un des cadeaux précieux que vous puissiez lui donner c’est le conseil suivant : « VACCINEZ vos poules contre la MALADIE DE NEWCASTLE !».
Cet élevage bien qu’encore embryonnaire est susceptible d’être catégorisé suivant le système de l’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO) :
· Système en divagation : « l’éleveur et son animal sortent se débrouiller en journée et se retrouvent à la maison le soir pour y passer la nuit »
· Système extensif libre :
Ma liberté de penser va encore s’ébranler entre ces lignes pour vous conduire dans l’univers d’un système particulier d’élevage. L’union jouissant d’une présomption de faiseuse de la force, je vous invite à venir découvrir avec moi la psychologie de l’éleveur de volaille en système extensif libre.
Il ne se soucie simplement pas de la santé de ses animaux qui heureusement sont rustiques la plupart du temps. En général l’espace sur lequel les animaux se déploient est très vaste permettant aux animaux de s’épanouir au maximum. Lorsque l’éleveur passe par là et voit ses volailles s’épanouir, son visage arbore rapidement un sourire comme celui d’un affamé qui rencontre un billet de 10 000FCFA sur son chemin.
· Système semi-intensif : la main mise se fait plus importante
Les jeunes filles mal préparées à l’échéance du mariage sont presque toujours étonnées d’observer quelques changements dans leurs vies au moment même où un homme fait son entrée dans l’un des ventricules de leurs cœurs. Elles pensent avoir perdues un peu de liberté car elles doivent logiquement rendre des comptent à l’amé sur leur mouvement et avoir davantage de politesse lors notifier chacun de leur mouvement d’aller et venir. Des questions comme « tu vas où ? » «D’où sors-tu ? » sont des moments qui fâchent ceux qui ne s’étaient pas préparés à la réalité de l’union sacrée. Et pourtant ils le font sans pitié lorsqu’il s’agit de des animaux comme les volailles. Les éleveurs comme les femmes mariées détestent perdre un peu de leur liberté et pourtant dans les systèmes modernes d’élevage, ils font perdre aux animaux la majeure partie de cette liberté. Dans le système semi intensif la liberté d’aller et venir est progressivement arrachée aux poules et elles ne se plaignent guère. Seuls des caprices comme des maladies passagères peuvent devenir récurrentes.
· Système intensif : Comme tout homme normalement constitué, l’éleveur qui déteste être surveillé, surveille l’animal comme si celui-ci était un prisonnier. Nous en reparlerons certainement afin que nul n’en ignore.
Le système intensif est rare pour l’élevage de volailles villageoises, par contre il est de règle pour les poulets de chair et les poules pondeuses. Dans ce système, les éleveurs réduisent les libertés des animaux. Il y’a une liberté d’aller et venir mais dans un périmètre bien défini et restreint ; l’animal obéit aux caprices zootechniques des normes de densité. Il y’a une liberté de manger et de boire, le service se faisant à des heures précises. Les animaux sont confinés et vaccinés dans un même espace pendant une période plus ou moins longue en fonction de la spéculation. Si les animaux viennent à tomber en situation de maladie, l’éleveur leur administre des antibiotiques de diverses catégories. Ils ne font appel au vétérinaire que dans la mesure où la situation perdure et s’accentue. Nous parlerons encore ici du syndrome du « sapeur-pompier ».
LE POULET DANS LA CULTURE ET LA TRADITION CAMEROUNAISES
· Rites traditionnels
Le poulet a toujours joué un grand rôle dans les traditions bantoues et la religion animiste. Il existe de nombreux rites au cours desquels le coq est sacrifié pour arroser les crânes et honorer les ancêtres. Il est aussi sacrifié et le sang est versé sur des pierres au pied d’un arbre sacré. Cette tradition est bien connue à l’Ouest Cameroun autour des chefferies traditionnelles.
Dans certaines communautés du Septentrion camerounais, une femme nouvellement dotée est accompagnée chez son mari avec un coq de grand calibre.
Le poulet est aussi utilisé pour certains rites de purification appelés vulgairement « lavage ». La question qu’il convient de se poser est celle de savoir : que deviennent ces poulets après le rite de purification ? Quelles valeurs ont-ils désormais aux yeux que ceux qu’ils ont « lavé ». Une toute autre question de la valeur symbolique et culturelle apparait à ce niveau et ce poulet qui ordinairement pourrait coûter 3000 FCFA n’a désormais plus de prix. Face à ce type d’animal, le vétérinaire doit faire preuve de beaucoup de tact car ce poulet n’est plus un animal aux yeux de son propriétaire, il représente une vie ou si vous voulez la vie du propriétaire.
De plus, dans les zones rurales, le chant du coq représente l’alerte naturelle du réveil matinal pour les habitants. Vivez en zone rurale et vous n’aurez pas besoin de dépenser le moindre franc pour l’achat du réveil électronique ou mécanique. Une économie qui ne fera pas de mal à votre épargne.
· Maraboutage
Etes-vous habitués des marabouts ? comptez-vous souvent sur ces derniers pour trouver des solutions à vos problèmes ? Avez-vous déjà cherché très longtemps un coq entièrement noir ou blanc sans tout à fait le trouver ? Si votre réponse à l’une de ces questions est « oui », alors vous devenez un élément important de la psychologie de l’éleveur.
Le poulet est en effet un instrument pour les marabouts ou guérisseurs traditionnels en fonction de sa couleur (noire ou blanche) lors dans des pratiques dites de « purification ». Les femmes sont les plus attirées par cette pratique qui a pour conséquence l’accroissement de la valeur propre des poulets locaux ainsi que celle des œufs qu’ils produisent. Pour éviter toute polémique, j’aimerais noter que les femmes sont aussi celles qui vont les plus en grand nombre dans les églises, elles sont des « croyantes nées ».En revenant à notre sujet, il est donc important de noter que toutes les pratiques traditionnelles effectuées avec ces poulets modifient leur perception et leur valeur économique. Nous parlerons certainement de la rentabilité de l’aviculture villageoise en un autre point.
En outre, les œufs de poules ont une autre valeur à relever ici. Chez la plupart des peuples du Cameroun, les œufs de poule surtout les œufs blancs des poules villageoises sont parfois utilisés dans les lieux de sacrifice ou alors déposés sur les routes pour obéir à un processus de guérison spirituelle.
· La fête du Coq chez les TUPURI du Cameroun
Elle est considérée comme une fête de fin d’année chez les Tupuri. En effet elle se déroule habituellement en Octobre et chaque personne ou famille sacrifie un ou plusieurs coqs en fonction de ses possibilités financières. C’est une fête qui symbolise le remerciement aux divinités pour l’année qui s’achève. Autour de cette période, les prix de poulets explosent pour le bonheur des vendeurs de ces derniers.
· Les éleveurs et leurs cercles des millionnaires
Dans les régions du Cameroun à forte densité en éleveurs de poules, des clans ont tendance à se former en fonction du chiffre d’affaire rendant éligible pour des tontines. On distingue alors ceux qui « cotisent 100.000FCFA à 1Million par mois ». Les groupes sont formés sur la base du chiffre d’affaire de chaque éleveur.
· Le poulet et la romance
À tous les garçons romantiques, si vous avez aimé une fille ces derniers jours, alors elle vous a peut-être demandé le poulet. Et si vous avez hésité à lui donner son poulet, le porc devait assurément venir au menu. Lorsque vous invitez une fille à un premier rendez-vous galant, vous avez une folle envie de faire bonne impression. Alors vous lui demandez de choisir dans le menu riche en poulet et en porc. De toutes les façons, « on n’a jamais une seconde chance de faire une première bonne impression ». Vous donnez à votre cible tout ce dont elle a besoin quitte à manquer d’argent de transport : Vous êtes tout de même un « gentleman ».
Notons également en passant cette sagesse de Leclainche que le Dr. HERZ cite fièrement lorsqu’il s’agit de parler de biosécurité en élevage : « Il faut reconnaitre que l’élevage n’est autre chose que de l’hygiène en action »Cette expression parait hors du contexte de ce paragraphe mais c’est à dessein si je l’ai inclus sur cette portion. La romance éveille les sens, rien de mieux qu’une telle occasion pour injecter une information importante pour que s’épanouisse davantage votre romantisme.
· L’anecdote du Pr. TPK
La poule a réellement commencé à m’intéresser lorsque que je faisais mes cours d’embryologie à l’école vétérinaire. C’était à l’université de Ngaoundéré. Nous avions à cette époque un brillant enseignant qui était doué d’un inhabituel art de l’humour ; Le Pr. TPK puisqu’il s’agit de lui avait une manie incommensurable de lorsqu’il s’agissait de stresser et de détendre les étudiants. Lors de mon premier cours d’embryologie dispensé par ce dernier, il avait posé la question suivante : « la poule pond t-elle des œufs ? ». Dans l’euphorie de la jeunesse estudiantine, mes camarades et moi avions unanimement répondu : « oui monsieur, la poule pond bel et bien des œufs ». Très étonné par notre réaction épidermique, le Pr. TPK répliqua d’un ton sarcastique : « waouh, vous êtes des génies ; Pour une question qui a déjà été soulevée plusieurs fois sans réponse dans des colloques internationaux, vous avez pu trouver la solution en quelques secondes ? Vous êtes de vrais génies » ; En fait la poule pond t-elle des œufs ? Je laisse libre cours à votre réflexion car mon esprit est pour le moment à la recherche du premier ayant existé entre la poule et l’œuf.
PROBLEME DE LA RENTABILITE DE L’AVICULTURE
Concernant la rentabilité de l’aviculture, il ne sert absolument à rien de penser qu’elle ne nourrit pas son homme. Mais attention, il est important de semer et de s’occuper de ses cultures avant d’espérer une bonne récolte. En général, les aviculteurs camerounais n’en font pas véritablement un métier mais plutôt un passetemps ou même un moyen d’amortir la frustration qu’elles ont essuyée à la suite de la perte de leur emploi. La vision qui est nécessaire dans la réussite de tout projet ambitieux leur a toujours manqué. Ceci est une situation encore plus accentuée chez les éleveurs de poulets de chair mais aussi chez les éleveurs des volailles villageoises qui se lancent dans ce métier mais n’y croient pas réellement. Résultat, quelques années après la mise en œuvre de leur projet, ils sont toujours à un niveau digne d’un élevage de subsistance s’ils n’abandonnent pas tout simplement l’aventure.
Question : Selon vous, quelle activité est la plus rentable s’il était question de comparer la production en élevage et la distribution finale des produits d’élevage ?
Quelques raisons pour lesquelles les aviculteurs échouent
· L’étude du marché
La plupart du temps, vous verrez des honnêtes citoyens se lever un beau matin et commencer une aventure en aviculture sans avoir la moindre idée sur l’environnement des affaires qui les entourent. Ils investissent d’importants capitaux, élèvent des centaines de poules et se trouvent emprisonnés avec leurs poulets lorsque ces derniers atteignent l’âge de la vente : ils ne savent purement et simplement pas à qui ils peuvent vendre leurs animaux. La conséquence est simple et consiste en une vente promotionnelle des poulets qui ont déjà consommé plus d’aliment qu’il n’en fallait pour la conduite d’une bande. De plus, ils ne savent pas s’ils auront à faire à la concurrence, encore moins combien est forte cette concurrence ; ils n’ont aucune notion de météorologie et sont alors étonné par les signes du temps.
· Ne pas se poser les bonnes questions :
Pour une étude de marché plus approfondie, d’autres questions doivent être posées. Nous les avons déjà évoqués plus haut dans ce livre. Il s’agit de :
a) Quoi produire ? Poulet de chair, poulet pondeuse, volaille villageoise ;
b) Pourquoi produire ? Pour satisfaire un besoin réel et effectif sur le marché ;
c) Comment produire ? On produit en fonction des exigences du consommateur (c’est le client qui décide ou si vous le voulez, c’est le marché qui décide). S’il veut des gros poulets, vous obéirez ; idem s’il en veut des plus petits, ou s’il n’en veut pas du tout, il peut même vouloir des poulets biologiques ;
d) Quand produire ? En fonction des moments de disponibilité et du besoin de votre cible.
Certains éleveurs à l’instar des éleveurs de pondeuses l’ont compris et prennent toutes ces précautions avant de se lancer car en général leurs capitaux sont encore plus importants : prudence oblige !
©️ Dr Armand Fokeng
FOCUS SUR LES RUMINANTS ET LEUR RUMEN
Depuis nos années d’école primaires, nos vaillants instituteurs avaient des techniques très ingénieuses pour nous permettre de retenir des leçons qu’ils trouvaient pertinentes. À cette époque, nous aimions véritablement l’école parce qu’il y avait l’argent du gouter et que les enseignements étaient très ludiques. Je me souviens des scènes comme :
- Debout
- Je me lève
- Assis
- Je m’assieds
La scène précédente était utilisée lorsque les élèvent devenaient somnolents et perdaient le fil de la leçon en cours. Mais au-delà de toutes les scènes, vous vous souvenez sans doute de celle qui était consacrée au cours sur les ruminants. Cette fois-là les différents réservoirs gastriques nous étaient présentés par une chanson : « Panse Bonnet Feuillet Caillette intestin ».
Nous sommes désormais un peu moins jeunes aujourd’hui mais nous devons encore parler des ruminants, ces animaux qui possèdent une panse, un rumen qui est une extraordinaire machine capable de fabriquer de l’Energie avec des matières premières les plus insoupçonnées. Si vous en doutez, écoutez plutôt :
Le rumen est une usine qui a donné à certains herbivores le qualificatif de ruminants. Dans le rumen tout un écosystème se développe avec aisance et est responsable de sa machinerie : il s’agit des bactéries, des protozoaires et des champignons. Ce même écosystème qualifié de microflore vit en symbiose avec le ruminant et lui fournit au terme de son métabolisme les acides gras volatiles (butyrique, propionique, acétique), des vitamines du groupes B et des protéines issues de ces microorganismes. Les fibres alimentaires et la cellulose y sont valorisées. Lorsque l’usine ruminale se porte bien, alors l’animal vit de façon optimale. Maintenant que nous savons une fois de plus ce qu’est un ruminant, l’aventure peut se poursuivre.
La zootechnie en quelques mots (Il a violé ma plus belle vache)
C’est ce matin dans mon seul ranch
Que j’ai croisé un jeune taureau (male non reproducteur)
Qui a croisé mon unique vache (femelle)
La plus belle vache que j’aimais tant.
Quand elle était encore génisse (Jeune vache n’ayant jamais été gestante)
Je l’éloignais des taurillons (Jeune taureau)
Pour éviter qu’ils puissent conduire
Ma vache à l’impudicité.
Maintenant je suis désemparé
De voir que ma vache est violée
Par un petit taureau broutard (bovin ayant pâturé)
Que j’ai nourri au fil du temps.
Je suis tenté même de l’abattre
Mais je préfère mieux le castrer
Afin qu’il perde l’identité
Et qu’il devienne un simple bœuf (mâle castré).
D’ici 9 mois j’aurais un veau (jeune male)
Qui pourrait bien être une velle (jeune femelle).
Si c’est le veau je le dévore
Pour venger ma belle vache violée
Si c’est la velle, je l’élève
Pour un hommage à ma vache.
Je ne veux plus des bouvillons (jeune bœuf)
Encore moins de ces taurillons.
Ce que je veux c’est une vache vierge
Qui me console de la violée.
Quelques paramètres zootechniques
- Durée de gestation : 280 jours
- Age à la puberté : 12-14 mois
- Durée des chaleurs : 5-30 heures
- Durée du cycle sexuel : 18-25 jours
- Espérance de vie : 20-25 ans
- Durée de lactation : 305 jours
- Taille moyenne de la portée : 1 veau / velle
- Les races africaines
La porte d’entrée
Les éleveurs des bovins sont des propriétaires d’un troupeau. Chez eux, c’est le nombre de têtes qui compte. Et le bénéfice immédiat n’est pas leur objectif majeur. Ils considèrent le troupeau dans sa taille (nombre de têtes de bovins) comme une sorte de banque dans laquelle ils épargnent les revenues issues d’autres activités lucratives
.
Entre effectif et productivité
Est-ce véritablement le leitmotiv des éleveurs des bovins ? élèvent-ils vraiment pour se faire de l’argent ou juste pour une démonstration de leur pouvoir et de leur argent ? Nous allons tous ensemble tenter de répondre à cette question dans une logique conviviale. J’ai un troupeau de 10 000 bovins et pourtant je me refuse à accepter le fait de le faire suivre par un vétérinaire. Je me moque de leur nutrition et je les laisse se débrouiller dans la nature. Résultat, pendant les saisons difficiles (saison sèche) les animaux perdent du poids, deviennent très maigres et sont susceptibles à la moindre infection. Lorsque j’interviens dans une réunion des dignitaires de ma région, je ne m’arrête jamais de dire j’ai mon troupeau de 10 000 têtes en brousse. Ce que je ne leur dis jamais est que mes bovins sont tous maigres et maladifs à cause de la négligence. J’aurais donc dû dire la vérité, seulement, la vérité est trop triste et est la suivante : J’ai 10 000 têtes de bovins maigrichons et maladifs. Ce qui n’a absolument rien à voir avec « dix milles têtes de bovins » tout court. Dites la vérité et vous aurez bientôt la chance d’avoir de meilleurs troupeaux car, vous ne pourrez que difficilement résister aux moqueries sarcastiques de votre entourage. Et la conséquence sera simple, vous donnerez plus d’attention (nutrition, soins de santé) à vos animaux et ils ne se que porteront mieux.
L’engagement des éleveurs
Les éleveurs de bovins ne s’engagent pas de façon très importante comme le feraient les éleveurs de poules. Ce qui peut s’expliquer de diverses manières :
· La durée de l’élevage bovin
Les bovins font partie des animaux à cycle long croissance lente. En effet, une vache atteindra la puberté à l’âge de 6 à 12 mois et vous devez en général laisser passer les premières chaleurs avant de songer à la mise en reproduction. Lorsque viendra le moment où vous déciderez de la mettre en reproduction, vous devez encore attendre environ 9 mois pour avoir un petit, la gestation gémellaire étant plutôt exceptionnelle chez les bovins. La patience est hautement requise dans ce cas.
· Le type d’élevage extensif
Dans la plupart des cas, les élevages bovins connus au Cameroun sont ceux du système extensif. L’éleveur se charge simplement d’acquérir de plus en plus de bovins par achat dans des marchés, par reproduction de ses vaches ou même par des dons comme nous le verront plus loin en parlant des cérémonies traditionnelles.
Lorsqu’il a un troupeau plus ou moins grand, l’éleveur recrute un paysan, en général un jeune de la tribu « bororo[1] » qui se charge de conduire les animaux vers les pâturages où qu’ils soient. La transhumance (Se déplacer avec son troupeau sans ambition de revenir au lieu de départ) ou la sédentarité (rester sur place avec son troupeau) se présentent comme les deux alternatives en général utilisées lorsque le bilan fourrager du pâturage devient déficitaire par rapport aux besoins du troupeau. Cet acte effectué intuitivement par les paysans est d’une intelligence scientifique spectaculaire. Ils connaissent les besoins de leurs animaux et sont conscients lorsque ceux-ci ne sont plus à mesure d’être couverts par les plantes fourragères de leur contrée.
Particularité des éleveurs de type laitier
Je commence cette partie avec cette simulation satyrique de conversation que j’ai souvent avec les consommateurs abonnés de lait de vache :
-Buvez-vous du lait de vache ?
- Oui !
- Alors vous volez continuellement la nourriture des veaux !
- Je ne se savais pas !
- Ce n’est pas grave, le tribunal du coyote a statué sur votre cas !
- Et alors ?
- vous avez été déclarés coupables !
- Coupables ? Mais coupables de quoi ?
- Vous êtes coupables de vol aggravé de la nourriture des veaux. Vous êtes coupables de crime crapuleux contre les veaux à travers le monde.
Les éleveurs de vaches à lait sont ceux qui font le plus recours à des vétérinaires avec exigence de la compétence car les vaches laitières ont plus d’exigences nutritionnelles et de pathologies métaboliques survenant la plupart du temps autour du vêlage (tétanie d’herbage, acétonémie, fièvre vitulaire ou fièvre de lait…)
En dehors des spécificités liées aux races qui sont capables génétiquement de produire plus de lait que les autres, un vétérinaire qui augmente la production laitière des vaches d’une éleveur laitier en modulant l’alimentation gagne le cœur de ce dernier et peut être sûr de bénéficier d’une publicité positive, rapide et efficace par la méthode du téléphone arable (bouche à oreille).
NB : il faut aussi dans cet élevage un veau chaque année pour permettre la production continue de lait par la vache. En effet, votre vache doit obligatoirement être saillie 3 mois après le début de la lactation qui s’achève 2 mois avant la mise-bas. Il ne faut négliger aucun paramètre dans cette reproduction car chaque seconde compte.
· Les autres occupations de l’éleveur
Vous verrez rarement un éleveur de bovins faire de cet élevage sa principale activité. En général
L’élevage de bovins est rarement la préoccupation principale de l’éleveur. Il aura alors coutume d’investir les bénéfices de ses autres activités dans l’achat de ses bovins. Ensuite il laisse l’entretien à un paysan ou dans certains cas, un vétérinaire.
Il est toujours assez difficile pour le vétérinaire d’intervenir dans une exploitation en l’absence du propriétaire. Je sais que vous allez me demander si la présence du propriétaire est corrélée à la compétence du vétérinaire ? mais en fait il ne s’agit pas de cela. Plusieurs éleveurs n’attribuent pas au vétérinaire la valeur qui lui est due. Ce dernier peut par exemple aller dans un ranch et y travailler toute la journée seul ou alors accompagné du Berger. Lorsqu’il termine sa tache de brave, il rend des comptes au propriétaire qui était absent. Le propriétaire aura coutume de dire : « merci pour le travail, je vais te payer le plus tôt possible ». Lorsqu’il vous fait cette promesse rassurez-vous que dans 90% des cas, il ne vous donnera pas facilement votre argent et vous pourrez même vous retrouver finalement devant un tribunal en fonction de votre tempérament.
Conseil : Si le propriétaire ne peut venir vous superviser pendant le travail, qu’il vous paie avant d’être servi ; votre famille en dépend.
· Eleveurs des races à viande vs éleveurs de races laitières
C’est un petit jugement tendancieux mais les éleveurs de races laitières semblent accorder plus d’importance à leurs animaux que les éleveurs de races à viande . Et je pourrais vous dire pourquoi.
Les bovins dans la culture
- Le Kossam
Un lait fermenté succulent avec des dénominations locales comme « Kindirmou» (Yaourt local). Un tourne dos un peu spécial, le « Kindirmou » fait des merveilles. Il a été à l’origine de nombreux bars laitiers dans les régions septentrionales ; une nouveauté qui s’étend progressivement dans les autres régions du pays. Les adeptes des sensations fortes du lait y passent un temps fou pour se faire plaisir ; comme quoi, pas besoin de souler aux molécules alcooliques de joie pour voir la vie en rose. Le « kindirmou » se consomme habituellement consommé avecdu « Dakéré »(fait à base de manioc)
« Le lebol » : beurre de lait pour vos cheveux
« Biradam » : fromage ?
- Cérémonies traditionnelles
Dans les cérémonies traditionnelles, le bovin peut être sacrifié pour servir de repas d’uneréception. Toutefois, il représente aussi, en plus du porc, un élément important pour la dot des jeunes femmes. En fonction des localités, vous pourrez donner 02 à 10 bœufs et plus en fonction de vos capacités pour obtenir symboliquement la main de la bien-aimée.
· La vache laitière et le « Gurna » des Tupuri avec la danse des bâtons.
C’est une cérémonie sous l’arbre à palabre au cours de laquelle ceux qui le peuvent doivent venir avec une vache laitière. Le lait extrait de ces vaches permet de faire la bouillie au lait pour le regain en énergie des danseurs de cette cérémonie.
· Des sacrifices animistes
Dans la culture de l’Extrême Nord Cameroun, il est souvent une vache utilisée pour garder spirituellement la maison. Lorsque cette vache met-bas, on ne vend pas les petits sans faire le sacrifice d’un coq. Ceci est une demande de permission aux ancêtres.
- Le travail champêtre
Avant l’arrivée du tracteur mécanique qui vole progressivement la vedette aux bovins, ces derniers étaient d’excellents animaux de travail. Ils servaient alors à labourer efficacement les terres dures et fertiles du Grand Nord et à la traction.
- Les bovins et les titres de propriété
Dans la culture des Peuls du grand Nord Cameroun, c’est la taille du troupeau qui définit la valeur et la puissance d’une autorité traditionnelle ou économique. Il est alors assez facile de voir des personnes qui brandissent haut et fort leur autorité en disant des paroles telles que « Tu sais qui je suis ? j’ai 10 000 têtes de bœufs en brousse hein ». C’est un véritable instrument de noblesse et de manifestation de la richesse et du pouvoir. Pour un ressortissant du Grand Nord, l’accroissement du chiffre d’affaire doit se refléter presqu’immédiatement sur celui du nombre de têtes de bovins.
©️ Dr Armand Fokeng
[1] Peuple autochtone du Cameroun
La porte d'entrée
Leur tendresse doit être décisive ; les éleveurs de lapins ont presque toujours peur et sont la plupart du temps très proches émotionnellement de leurs animaux, eux qui SONT d’ailleurs assez sensibles aux conditions environnementales et génétiques.
Dans notre contexte actuel, plusieurs l’utilisent encore pour tester leur aptitude à faire de l’élevage et à en tirer profit. Vous verrez par exemple un jeune enfant se bâtir un clapier (cage pour élevage de lapin) et d’utiliser ses économies pour s’offrir un couple de lapin afin de s’en occuper au quotidien. Ce qui est un peu plus difficile c’est d’observer leur élevage en masse plus grande d’un point de vue effectif. Voilà pourquoi les vétérinaires du Cameroun ne semblent pas beaucoup s’y investir car ils travaillent pour les éleveurs et ne peuvent aucunement travailler avec des éleveurs qui n’existent presque pas (éleveurs de lapins).
Histoire
........................
Zootechnie
Qualificatifs de Oryctolagus cuniculus :
Lapin : Male
Lapine : femelle
Lapereau : petit
Cuniculture : élevage de lapin
Quelques paramètres zootechniques condensés :
- Durée de gestation : 29-31 jours
- Age à la puberté :
- Durée des chaleurs : irregulière
- Durée du cycle sexuel : irrégulier
- Espérance de vie : 5-10 ans
- Durée lactation : 20 et 35 jours
- Taille moyenne de la portée : 2-10 lapereaux
- Ovulation : Provoquée par le coït, 10h après l’accouplement
- Coït : Bouquinage
- Attention ! Poussée continue des incisives !!!
Particularités des éleveurs de lapin
C’est pour la plupart une passion et rarement un métier. Dans certains domiciles, un espace est aménagéderrière la maison principale pour l’élevage de quelques lapins. Les enfants sont alors chargés de s’organiser au sein de la famille afin de trouver des herbes appropriées pour nourrir ces animaux.
Ils sont parfois des étudiants de médecine vétérinaire ou de production animale qui, le font pour se sentir en plein cœur de leur métier.
Particularités de l’élevage de lapins au Cameroun
Il est encore très sous-développé au Cameroun.
Lapins dans la culture et la société
Il est des gens qui pensent lapine est toujours en chaleur ; ce qui peut se comprendre car chez cette espèce, c’est le contact sexuel qui provoque l’ovulation : la lapine est toujours prête. Cette particularité offre à la lapine une fécondité élevée car chaque fois qu’un male fertile est auprès d’une femelle elle aussi fertile, le processus de reproduction peut aisément s’enclencher.
Le lapin est aussi signe de tendresse et douceur de par son pelage doux et sa beauté naturelle. Dans les relations amoureuses des temps contemporains, en témoignage d’affection, il n’est pas rare d’entendre les amants s’appeler par des petits noms tels que :« mon lapin blanc, mon petit lapin, ma lapine, mon beau lapin etc… ». Quoi de plus beau que cette romance, fertilité…
Viande blanche pour la santé
La chair de lapin a une position de choix dans le cercle fermé des viandes blanches connues pour leur légèreté et de leur faible taux d’acide urique pouvant entrainer des maladies métaboliques et certains Cancer. Mais cette place de choix est devenue de plus en plus mitigée et discutée lorsque selon le centre international de recherche sur le Cancer (une structure de l’OMS), toutes les viandes sont des viandes rouges à l’exception de la volaille. Cette information a fait couler beaucoup d’encre et de salive et l’on se demande s’il est intelligent d’accorder du crédit à tout ce qui vient de l’OMS.
©️ Dr Armand Fokeng
Mouton & chèvre
Elle est belle et donne du lait, elle c’est la chèvre. Oui il est beau et fait la laine, lui c’est le mouton. C’est ainsi le temps pour nous de faire le point sur la Psychologie de ceux qui élèvent moutons et chèvres.
NB : ceux dont nous allons parler dans les lignes qui suivent sont des éleveurs que vous ne devez pas espérer voir régulièrement dans votre cabinet si vous êtes vétérinaires mais tenez-vous tranquilles, ce n’est pas une fatalité. Ecoutez-moi bien car j’ai des choses à vous dire. Je vais donc vous donner un conseil d’entrée de jeu : trouvez une stratégie pour qu’ils viennent régulièrement chez vous. Il ne s’agit pas de leur escroquer tout leur argent, loin de là (je vous ai vu venir) mais il s’agit de rééduquer l’éleveur à fréquenter le responsable de la santé de ses animaux. C’est utile pour la bonne relation client et même capitale pour votre service et image de qualité. Vous allez sans doute me demander de vous donner quelques stratégies, ça je le sais. Ne vous en fait pas, je suis là pour les besoins de la cause et rassurez-vous que je continue depuis toujours mon combat acharné contre l’égoïsme. Voilà ! trêve d’explications, rentrons dans le vif du sujet.
· Ne leurs vendez pas tous les médicaments au même moment
Si vous vendez à un éleveur tous les médicaments dont il aura besoin pour la conduite complète de son élevage d’un seul coup, il ne viendra plus vous rencontrer et préfèrera vous appeler pour vous demander des conseils par téléphone, et vous savez bien que la loi des hommes de notre profession (déontologie) n’aime pas cela ;
· Ayez un accueil chaleureux
· Donner leurs des programmes de prophylaxie en indiquant les jours d’achat d’un nouveau médicament ;
· Etc… Vous êtes libres de partager aussi avec nous vos propres stratégies.
Histoire
...............
Zootechnie
Les qualificatifs des ovins (Ovis aries)
Mouton : mâle castré
Bélier : male entière
Brebis : femelle
Agneau : petit
Agnelle : moins d’un an
Agnelage : Période de gestation jusqu’à la mise-bas
Les qualificatifs des caprins (Capra hircus)
Chèvre : femelle
Bouc : male entier
Chevreau : petit
Chevrette : sans corne, femelle moins d’un an
Chevrotage : période de gestation chèvre ou mise bas
Quelques paramètres zootechniques condensés (Mouton) :
- Durée de gestation : 150 jours
- Age à la puberté : 5-9 mois
- Durée des chaleurs :24 à 36 heures
- Durée du cycle sexuel : 17 jours
- Espérance de vie : 10-14 ans
- Durée de lactation : 270-300 jours
- Ovulation : Spontanée
- Taille moyenne de la portée : 1-4 agneaux
Quelques paramètres zootechniques condensés (Chèvre) :
- Durée de gestation : 29-31 jours
- Age à la puberté : 6-8 mois
- Durée des chaleurs : 32-36 heures
- Durée du cycle sexuel : 16-25 jours
- Espérance de vie : 14-16 ans
- Durée lactation : 270-300 jours
- Durée de gestation : 150 jours
- Taille moyenne de la portée : 2 chevreaux
- Ovulation : Spontanée
Elevage basé sur le troupeau (la taille du troupeau)
Lesecteur de l’élevage des petits ruminants au Cameroun reste encore assez peu règlementé. La chèvre est plus vue comme un élément traditionnel qu’un élément économique bien qu’étant elle aussi un animal de rente. Peu sont ceux qui font de l’élevage de chèvre une activité principale. La plupart de ceux qui détiennent une chèvre et la nourrissent préparent en général une cérémonie traditionnelle durant laquelle la chèvre sera offerte ou alors sacrifiée.
Pour ce qui est du mouton, cet élevageintéresse assez de personnes surtout dans les zones les plus islamisées du pays. Nous verrons plus loin ce que le mouton représente pour cette catégorie de personnes.
Eleveurs et vendeurs de chèvres
Les éleveurs de chèvres sont des paysans qui peuvent avoir quelques têtes de chèvres en divagation dans des zones rurales. Ils n’offrent en général que très peu de soins à leurs animaux et les vendent en cas de besoin pour satisfaire leurs familles respectives. Les vendeurs de chèvres dans des marchés à bétails sont avant tout des acheteurs de chèvres qui parcourent les zones rurales du Cameroun pour les acheter à vil prix afin de les revendre dans les marchés urbains à des prix plus élevés. Question de plus-value
Il pourrait ne pas exister d’élevage laitier de chèvre au Cameroun encore moins celui de mouton à laine. C’est élevages sont plus récurrents dans les zones tempérées.
Eleveurs et vendeurs de moutons
Les éleveurs de moutons sont en général conscients de la valeur de l’animal qu’ils élèvent. Ils font de l’embouche ou de la reproduction. Et organisent leur élevage de façon à avoir des animaux de gabarits marchands pendant les périodes de la fête de la tabaski et de la fête du ramadan. Pendant ces périodes, le mouton a le coût le plus élevé.
Les vendeurs maitrisent également ces détails, voilà pourquoi certains parmi eux se convertissent généralement en éleveurs de type embouche ovine ; en effet, ils achètent les moutons pendant les périodes creuses de l’année, les engraissent et revendent deux à trois fois plus cher à la veille de la fête du mouton : ils pensent rentabilité et agissent en conséquence.
Dans la culture et tradition
Mouton et chèvre sont deux espèces à très forte valeur culturelle et traditionnelle au Cameroun. Malgré leur faible prolificité, les éleveurs et vendeurs qui s’engagent dans cette activité arrivent toujours à en tirer profit s’ils s’y prennent bien.
- Sacrifice
En pays Bamilékés, la poule et la chèvre sont les deux principaux animaux qui rentrent habituellement dans les rituels traditionnels impliquant un sacrifice d’animal.
- La dot
Doter une femme est un moyen pour l’homme de donner symboliquement une certaine valeur à la femme qu’il désire prendre pour épouse. Dans plusieurs groupements culturels Camerounais, la chèvre est un animal de choix dans la liste des éléments exigibles pour la dot.
- Cérémonies traditionnelles à l’Ouest Cameroun
D’autres cérémonies traditionnelles comme la cérémonie de « la chaise » à l’Ouest Cameroun nécessite absolument une chèvre en bonne santé qui sera ou non sacrifiée.
Dans la religion et tradition
- Tabaski
La tabaski est la fête du Sacrifice. Dans la bible comme dans le Coran, le prophète Abraham ou Ibrahim sur recommandation de Dieu a sacrifié un agneau en lieu et place de son fils. Ce qui est à l’origine de la fête de la tabaski célébrée chaque année par les musulmans ;
Plusieurs musulmans achètent et élèvent des moutons qu’ils sacrifieront le jour de la tabaski. S’ils arrivent que ces moutons tombent malades, les vétérinaires auront une approche différente face à ce cas et à son propriétaire parce que la valeur religieuse désormais liée à ces moutons les a rendus beaucoup plus précieux aux yeux du musulman propriétaire. En tant que vétérinaire ou professionnels de la santé animale, vous ne soignez peut-être pas la mort mais il vaut mieux éviter que ce genre d’animal meure entre vos mains car le propriétaire vous en voudra à jamais ;
- Agneau de Dieu Immolé
Selon la bible, Le fils de Dieu, Jésus-Christ a été sacrifié pour annuler tout autre sacrifice d’animaux dans le monde. C’est ce qui lui a valu la qualification d’«agneau de Dieu immolé ».
Dans l’économie
L’importance culturelle, traditionnelle et religieuse des petits ruminants augmente la valeur perçue de ces espèces et donc leurs couts sur le marché augmente bien que leur viande ne soit pas très prisée.
Mouton dans la société
- Considération péjorative
Si on vous traite de « mouton », sachez que ceux qui le font ont jugé que vous manquez d’intelligence.
- Comparaison de l’intelligence
Le mouton par son attitude dans un troupeau (Suivre religieusement celui qui est en avant sans trop savoir où il va) est à l’origine de : « Le suivisme moutonnier ». Si l’on dit de vous que vous faites preuve de suivisme moutonnier, il est possible que l’on vous accuse de manquer de caractère et d’orientation dans la vie.
©️ Dr Armand Fokeng
Les espèces en question :
Crocodiles, serpents, primates non humains, tortues, cobayes, escargots.
Un focus sur ces éleveurs encore assez inconnus de la scène publique : Qu’en pensez-vous ?
Ce sont des amoureux des animaux étranges et des passionnés de la nature et de la biodiversité. Elever une espèce non conventionnelle est un travail assez original qui nécessite que vous soyez un amoureux inconditionnel de la nouveauté et un féru de l’adaptation ou de la réadaptation. En effet, contrairement aux éleveurs de porcs, poules et autres qui savent exactement où leur voyage s’achèvera et relativement toutes les contraintes à endurer pendant ce périple, les éleveurs de spéculations non-conventionnelles voyagent vers l’inconnu et ce, avec beaucoup de joie.
Cette partie s’annonce très particulière parce qu’il n’y aura pas de règles préétablies ; les éventuelles si elles finissent par exister seront le fruit de notre propre expérience. Nous allons donc y aller tous ensemble. Alors j’écris, j’allais dire nous écrivons cette nouvelle page avec quelques hésitations dans la tête. Ma pensée est claire et elle pourrait bien être la vôtre. Pour moi actuellement, faire un nouveau texte qui en fin de compte n’inquiète ni n’émeut personne est une perte de temps, un gaspillage de l’alphabet de la langue utilisée, une dilapidation du temps de celui qui écrit et finalement une chronophagie envers ceux qui me lisent. Je ne voudrais surtout pas que nous en arrivions là.
Nous sommes entre nous les professionnels de la santé animale et je souhaite que nous soyons assez courtois et tolérants les uns envers les autres. Rencontrer un éleveur d’espèce non conventionnelle n’est pas monnaie courante. J’aimerais que chacun d’entre nous puisse raconter sa petite expérience avec le cas de ces éleveurs que vous aurez sans doute rencontré pendant votre carrière. Je sais que c’est assez rare mais s’il vous plait oubliez vos égoïsmes et partagez vos expériences. Je sais qu’elles ne sontpas nombreuses voilà pourquoi la moindre d’entre elles vaudra de l’or à nos yeux. Oublions les vieux égoïsmes et partageons !
Problème avec la faune sauvage
Il est possible que la faune sauvage soit vraiment sauvage comme son nom l’indique. Et si tel est le cas, il ne suffit pas simplement d’une grande volonté pour pouvoir se lancer dans cette activité. Il faut du courage, de la concentration, de l’abnégation et même une grande capacité physique pour s’y aventurier. Vous devez aussi être prêt à accepter qu’un de ces jours, vous sortiez de votre maison, saine et sauf, et de rentrer le soir handicapé de l’un de vos membres qui a par inadvertance servi de repas à un fauve. C’est cela la faune sauvage.
1- Reproduction
Apprivoiser les animaux les met en général dans des conditions d’inconfort comparativement à leur environnement sauvage naturel. Dans ces circonstances leur processus naturel de reproduction se trouve perturbé. Et il n’est pas rare de passer des années sans détecter la moindre chaleur et s’attendre à faire un petit. Le challenge de l’éleveur est donc de créer un maximum de conditions qui assureront le confort de ces animaux peut être permettront que le processus de reproduction se mette en place.
2- Adaptation
Rentabilité liée parfois aux visites touristiques
Un animal sauvage ou apprivoisé ne peut pas aisément être considéré comme un animal de rente pour plusieurs raisons :
- Vous vous rendrez des comptes si l’on vous attrape.
La lutte contre le braconnage est désormais officielle dans la plupart des pays du monde, de même que le Cameroun. Si l’on vous voit avec une viande qui représente les restes d’un animal sauvage, alors vous allez à coup sûr avoir un rendez-vous avec les responsables des services de protection de la faune. Et donc pour un vétérinaire qui entre en contact avec un animal de la faune sauvage mort ou vif, il doit au préalable se rassurer de la légitimité de la possession de ce dernier par son propriétaire du moment. Ceci lui permet de se protéger contre les représailles inutiles des forces de l’ordre dans la forêt et la faune.
- La biodiversité est l’objet du combat de plusieurs
En effet, avec l’évolution des espèces et la disparition progressive de certaines d’entre elles, des scientifiques ou alors acteurs de la société civile s’engagent de plus en plus dans des projets de protection des espèces en voie de disparition. Voilà pourquoi ceux qui élèvent ou abattent les animaux de la faune sauvage sont en danger de poursuite judiciaire à tout moment.
- Les sites touristiques
Apprivoiser des animaux pour attirer des touristes dans le cadre d’un site touristique est noble. Toutefois, apprivoiser les animaux sauvages est une forme d’atteinte aux droits et libertés de ces animaux. Or dans la société contemporaine, il est de plus en plus des sociétés de défense des droits des animaux. Alors si vous faite cette activité attractive et à but lucratif, alors vous aurez de temps en temps des ennuis avec ces associations.
- Ils ne vous donnent que rarement une descendance
Faire de l’élevage des animaux de rente est une belle activité économique. Mais il faut que les animaux se reproduisent, grandissent et qu’ils soient vendus pour leur chair. Or les animaux de la faune sauvage ne vous offrent que peu ou pas ces différents avantages.
- Question
Avec tous les arguments ci-dessus, les animaux de la faune sauvage sont-ils des animaux de rente ? est-il réellement pertinent de scruter la psychologie de ceux qui les élèvent ?
Psychologie des éleveurs des animaux de la faune sauvage
On peut tout de même ranger les éleveurs des espèces de la faune sauvage parmi les éleveurs de spéculations non conventionnelles. Ils les aiment, les apprivoisent et attirent des touristes pour partager leur passion. Ce sont en général des personnes supervisées par les pouvoirs publics sur un domaine appartenant à l’Etat. Il s’agit plus particulièrement des animaux purement sauvages et des espèces en voie de disparition. Ils reçoivent leurs soins de la part des éleveurs, mais mettent ces derniers en perpétuel danger de morsure puisqu’ils sont avant tout des animaux sauvages.
Ils sont aussi des amoureux de la conservation de la biodiversité qui agissent pour protéger les espèces menacées d’extinction sous l’action des activités humaine telles que la chasse illégale et le braconnage.
©️ Dr Armand Fokeng