Argumentaire
L’énergie, avant d’être un concept issu de la science physique, est une réalité concrète du quotidien pour les humains qui en dépendent pour se nourrir, se déplacer, s’éclairer, se chauffer, produire ou se divertir (Rinkinen, Shove, et Marsden 2020). Plus que dans des kilowattheures, des joules et des British Thermal Units (BTU) produits ou consommés, la matérialité de l’énergie (Jones 2018) se manifeste davantage dans des interrupteurs, des prises de courant, des appareil électroniques ou électroménagers, des fournaises, des stations-services, des gisements, des mines, des lignes à haute tension ou des centrales nucléaires qui transforment profondément les rapports des humains à l’espace, aux territoires qu’ils habitent et à leur climat. Les manifestations physiques et multisensorielles de l’énergie se matérialisent dans l’espace physique et social et prennent place au sein de territoires variés, urbains, ruraux, industriels, agricoles, peuplés ou abandonnés (Castán Broto 2019; Jørgensen et Jørgensen 2018; Parr 2009). Si elles contribuent largement à les façonner et à les transformer, les infrastructures énergétiques sont elles-mêmes tributaires dans leur déploiement de caractéristiques propres aux territoires et aux sociétés qui les peuplent.
Cette journée d’études propose de réfléchir aux imbrications entre énergie et territoire à travers des approches issues des sciences humaines et sociales. Elle se structure autour de plusieurs questions qui visent à faire ressortir ces imbrications sous différents angles :
Comment les infrastructures énergétiques modifient-elles les territoires et les paysages ?
Comment les territoires influencent-ils le changement énergétique ?
Comment les changements énergétiques et territoriaux influencent-ils les rapports de pouvoir et de domination ?
Quelles sont les conséquences environnementales, sociales, économiques et politiques des choix énergétiques et territoriaux des sociétés humaines ?
Comment les entreprises privées, les pouvoirs publics, les mouvements sociaux et les différents groupes d’intérêt façonnent-ils les territoires de l’énergie ?
Quel est le rôle des sciences humaines et sociales dans l’étude des transitions énergétiques et du changement matériel ?
Les disciplines des sciences humaines et sociales, si elles ne sont pas souvent mobilisées en ce sens, fournissent les outils nécessaires pour comprendre les effets concrets, matériels et spatiaux du changement énergétique sur les territoires et les paysages. Ces changements sont évidemment liés à des cadres politiques, idéologiques ou culturels et des affects qui construisent les compréhensions de l’énergie et du territoire. Nous nous intéressons à ce que ces deux types d’approches, matérielles et idéelles, ont à dire sur les imbrications entre énergie et territoire.
Le Canada est un territoire particulièrement pertinent pour travailler sur ces questions, bien que nous soyons ouverts aux travaux qui portent sur d’autres aires géographiques. Pensé dès la colonisation européenne comme un territoire immense recelant de ressources naturelles abondantes, le Canada est devenu un territoire de dépossession autochtone et d’extraction de ressources naturelles et énergétiques diverses, du bois à l’hydroélectricité (Castonguay 2011; 2023; Dagenais 2022; Poitras 2006; Sandwell 2016). Ce sentier de dépendance a entraîné des conséquences profondes sur les peuples autochtones et les territoires et écosystèmes naturels dans lesquels ils vivent depuis des millénaires (Desbiens 2014; Gagnon et Desbiens 2018; Luby 2020). Il a aussi façonné les modes de vie des colons euro-descendants, définis par une production et une consommation abondantes de ressources énergétiques et territoriales. À ce jour, la population canadienne consomme une quantité impressionnante d’énergie et d’espace comparée à d’autres populations affichant des niveaux de vie similaires.
Dans les vingt dernières années, deux ouvrages collectifs au Québec se sont saisis du concept de territoire pour réfléchir à ses liens avec les entreprises (Bellavance et Lanthier 2004) et le pouvoir (Bérubé et Savard 2017). Cette journée d’études s’inscrit dans la lignée de ces travaux, qu’elle étend pour associer l’énergie — souvent traitée sous l’angle des représentations et des études culturelles (Perron 2006) — à des réflexions territoriales et spatiales. Nous appelons en particulier les propositions à prendre au sérieux la territorialisation de l’énergie, soit les études partant de cas précis et localisés pour mieux éclairer des enjeux planétaires (Jaglin 2017).
Les propositions de communication doivent s’inspirer du regard critique et empirique des sciences humaines et sociales (histoire, géographie, études urbaines, aménagement, sociologie, science politique, anthropologie, économie, environnement…). Elles peuvent être formulées par des étudiant.e.s à la maîtrise et au doctorat, des postdoctorant.e.s, des chercheur.e.s indépendant.e.s, des professeur.e.s de Cégep et d’université, des personnes issues du milieu associatif et militant, des fonctionnaires ou tout autre métier concerné par les approches sociales de l’énergie et du territoire.
Axes d’analyse
Territoires d’extraction et de production
L’énergie doit être extraite de la nature pour être utilisée par les sociétés humaines. Gisements pétrolifères, nappes gazières, fleuves et bassins hydrographiques, forêts, parcs éoliens, mines d’uranium ou de charbon, tourbières, sites d’enfouissement de déchets, champs de maïs : sur ces territoires différents, les humains puisent de l’énergie et mettent la nature au travail. Certains de ces lieux d’extraction et de production constituent des foyers d’urbanisation et d’industrialisation (Gelly et Desloges 2002), formant autour d’eux des communautés humaines qui se développent ou se disloquent au gré de l’évolution de l’exploitation des ressources disponibles (Keeling 2010). Cette exploitation est le fait de machines, mais aussi de travailleurs et de travailleuses qui développent des identités et des cultures ancrées dans les territoires d’extraction, les transformant parfois en lieux de luttes et de revendications pour des conditions de vie meilleures (van Horssen 2016). Les processus d’extraction et de production d’énergie s’avèrent souvent destructeurs sur les plans environnemental et social, créant des territoires sacrifiés qui concentrent l’essentiel de la pollution et de la toxicité pour servir les territoires de consommation (Arboleda 2020; Davies 2018; Mah 2023; Patinaux 2023; Seow 2021). Les populations qui vivent et travaillent dans ces territoires sacrifiés sont souvent issues de groupes marginalisés, mettant en lumière les multiples rapports de domination que supposent les territoires de l’énergie (Waldron 2018; Wiebe 2017).
Territoires de transport
Puisque les villes, territoires de consommation de ressources et d’énergie par excellence, sont souvent éloignées des territoires d’extraction, des infrastructures de transport sont nécessaires pour acheminer l’énergie jusqu’aux points d’utilisation finale (Kroot 2024). Les infrastructures de transport incluent des lignes à haute tension, des pipelines, des rivières, des bateaux, des chemins de fer, des routes et des autoroutes. Les territoires de transport mettent souvent en scène les rapports métaboliques inégaux et conflictuels entre villes et campagnes, entre centralité et périphérie, entre métropole et hinterland (Barry 2013; Benson 2015; Hein 2021; Kheraj 2020; Kim et Barles 2012; Naumann et Rudolph 2020; Needham 2014; Prémont et Proulx 2020).
Territoires de transformation
De sa forme brute durant la phase d’extraction à sa forme finale reliée à la phase de consommation, l’énergie doit être transformée. Cette transformation implique des activités de manipulation, de modification, de stockage et d’entreposage qui nécessitent de l’espace, impliquent du travail humain et causent des nuisances et des pollutions (Bécot et Le Naour 2023; Hein 2018; Morisset 1998). Les incarnations spatiales de la transformation énergétique comprennent les centrales électriques, les raffineries de pétrole, les gazomètres, les postes électriques, les cours à bois et à charbon, les incinérateurs à déchets, les centres de données ou encore les abattoirs. Ces sites sont des vecteurs de visibilisation des infrastructures énergétiques, souvent décrites comme invisibles à l’échelle urbaine (French 2017; Karvonen et Guy 2018; Lopez 2019).
Territoires de consommation
Si les sociétés humaines déploient tant d’efforts pour extraire, transporter et transformer de l’énergie, c’est parce qu’elle leur fournit des services énergétiques indispensables à la vie humaine : la chaleur et le travail, qui permettent le chauffage et la climatisation, la cuisson et la réfrigération des aliments et l’actionnement de machines pour se déplacer et produire des biens et services (Fell 2017; Shove 2010). Certains territoires se prêtent particulièrement bien à l’étude des pratiques de consommation d’énergie : la sphère domestique au niveau du logement et du chauffage, la sphère commerciale au niveau du magasin et la sphère industrielle au niveau de l’usine (Bouzarovski et Petrova 2015; Cowan 1983). C’est dans ces territoires que les consommatrices et consommateurs entrent en contact avec l’énergie sous ses différentes formes et influencent les trajectoires de transition énergétique par leurs choix de consommation. Ces choix sont tributaires de codes culturels, d’attentes sociales, d’appréhensions genrées et raciales et d’idéologies politiques (Moore et Sandwell 2021). Malgré la situation d’abondance énergétique du Canada, plusieurs groupes sociaux connaissent des situations de précarité énergétique selon les territoires et les époques (Riva et al. 2024).
Territoires d’abandon
Les sites d’extraction, de transport, de transformation et de consommation d’énergie sont parfois abandonnés lorsque leur utilité s’épuise ou que leur valeur s’étiole. Les acteurs qui les exploitent laissent fréquemment derrière eux des territoires saccagés bien souvent sous l'œil indifférent du législateur. L’évaluation de l’ampleur de leur toxicité, l’attribution de la responsabilité et la détermination des moyens à mettre en œuvre pour assainir ces territoires donnent lieu à des conflits, à des négociations et parfois à des arrangements (Henni 2024; Müller 2023; Patinaux 2021; Williams 2024). Les territoires énergétiques frappés par la désindustrialisation et l’abandon, des puits orphelins aux raffineries désaffectées, mettent en exergue les relations entre les territoires de l’énergie et des déchets. Les territoires énergétiques industriels, pendant leur heure de gloire ou après la fin de leur vie utile, sont parfois sujets à des processus de patrimonialisation, de conservation et de réhabilitation qui engendrent des mobilisations communautaires et des conflits d’aménagement (Marrec 2024).
Territoires de conceptualisation et de contestation
Le déploiement territorial des systèmes énergétiques est sujet à de multiples formes d’expertise et d’autorité et réunit plusieurs corps de métiers et savoirs autour de la table (Moss 2020). Ces différentes manières de comprendre les systèmes énergétiques et leurs conséquences, souvent en opposition, engendrent des espaces de contestation (Van Neste et Couture-Guillet 2024). Les territoires de conceptualisation et de contestation des infrastructures énergétiques comprennent les salles de réunion des entreprises, des ministères et des organisations non gouvernementales, les locaux associatifs, les espaces publics des manifestations, les studios d’enregistrement d’émissions de radio et de télévision, les plateaux de tournage, les salles de dessin et de cartographie, les espaces d’exposition et les musées. Ce sont dans ces espaces et ailleurs que des personnes, revendiquant différentes formes d’expertise, de savoirs et d’autorité, interviennent et contestent la planification et la territorialisation des systèmes énergétiques (Barber 2020; Chatterjee 2024; Turnbull 2023; Wright 2023).
Bibliographie
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