Docteure en Sociologie et Démographie
Chercheuse post-doctorante à l'Université de Picardie Jules-Verne (CURAPP-ESS)
Docteure en Sociologie et Démographie
Chercheuse post-doctorante à l'Université de Picardie Jules-Verne (CURAPP-ESS)
Recherche en cours
2023-2024. Positionnement de l'URSS dans les débats internationaux sur les questions de la population (dans le cadre du Projet ANR EUGENE « Gouverner l’humain, contrôler la reproduction »)
Équipe du projet :
Isabelle Gouarné, (responsable scientifique du projet, chercheuse en sciences sociales du politique chargée de recherche CNRS au CURAPP-ESS)
Lucia Direnberger (co-responsable scientifique du projet, sociologue, chargée de recherche CNRS au Legs)
Myriam Paris (co-responsable scientifique du projet, sociologue, chargée de recherche CNRS au CURAPP-ESS)
Mona Claro (membre du projet, sociologue, chargée de cours en sociologie à l'Université de Liège)
Ce projet de recherche part d’une question : comment l’eugénisme, avec son postulat d’une inégalité ontologique entre les individus, s’est-il trouvé encastré dans la pensée universaliste de l’État moderne ? Loin de disparaître après ses usages meurtriers sous le nazisme, la référence eugéniste fut non pas évincée mais reconfigurée jusqu’à aujourd’hui. C’est cette vie discrète qu’on s’attache à exhumer, en étudiant les politiques de contrôle reproductif des populations en France et en Union soviétique, abordées ici dans leurs dynamiques impériales. Dans le cadre de ce projet, je travaille sur le positionnement de l'URSS dans les débats internationaux sur la population après l’interdiction officielle de la recherche sur l'eugénisme à la fin des années 1930.
Depuis 2023. Le processus d’intégration des coréens ethniques de l’Asie centrale en Corée du Sud
Cette recherche vise à étudier le devenir des migrants d’origine coréenne de l’Asie centrale en Corée du Sud. La communauté diasporique coréenne de l’Asie centrale se trouve principalement en Ouzbékistan (181 000), au Kazakhstan (109 000) et au Kirghizistan (19 000). Depuis la chute de l'URSS, la plupart d'entre eux décident de retourner dans le pays de leurs ancêtres. Ce retour est conditionné par la politique migratoire des «compatriotes (coréens) à l’étranger» introduite par le gouvernement coréen dans les années 1990. En arrivant dans un nouveau pays, les Coréens ethniques, connus sous le nom de Koryŏ-saram (코료사람) ou Koryo-in (고려인), s'installent dans des zones où la concentration de membres de leur communauté ethnique est élevée (enclaves). La particularité de ces enclaves réside dans le fait qu'elles se forment non pas sur une base ethnique, mais sur une base culturelle, où la langue russe joue un rôle majeur. La question ici est d’étudier le rôle de ces espaces dans le processus de leur intégration, ainsi que d’étudier si les descendants de cette migration ont un accès à la mobilité sociale qui leur permet d’occuper une place significativement différente de celle de leurs parents immigrés. Ce travail cherche à montrer la complexité et la multidimensionnalité du processus d’intégration des Coréens ethniques, et la diversité des modèles d’intégration qu’ils vivent après leur installation en Corée du Sud.
Les résultats de cette recherche ont été présentés lors de la conférence “Echoes of Time: A Historical Inquiry into Religious Practices in Korea" en octobre 2024 à Venise. Source: Photo prise lors de la conférance.
Les résultats de cette recherche ont été présentés lors de la conférence “Power, People and Cultural Change in an Ever-Evolving Central Asia”, en septembre 2023 à Almaty. Source: page de European Society Central Asian Studies : https://www.facebook.com/escas1985
2024. Les jeunes adultes Koryŏ saram en Corée du Sud : vision du future et stratégies d’intégration
Collaboration avec Svetlana Tsai et le soutien de l’Association des Koryŏ saram en Corée du Sud
Cette recherche vise à montrer comment les jeunes adultes en Corée du sud issus de la migration des Coréens ethniques d’Asie centrale imaginent leur avenir professionnel et quelles stratégies ils mettent en place pour réaliser leurs rêves. L’hypothèse principale consiste à étudier si les descendants de cette migration ont accès à une mobilité sociale leur permettant d'occuper une position significativement différente de celle de leurs parents immigrés. Ces derniers représentent une migration de travail et occupent des emplois précaires dans les usines et/ou les manufactures en Corée du Sud.
Les résultats de cette recherche ont été présentés par Svetlana Tsay lors de la conférence “국내 고려인 집거지와 차세대 교육 [Forum dédié au 160e anniversaire de la migration des Coréens vers l'Extrême-Orient]" en septembre 2024 à Inha University (Corée du Sud). Source: Photo prise lors de la conférance par l’Association des Koryŏ saram en Corée du Sud
2015-2020. Recherche passé
Thèse : «La nouvelle politique familiale russe (2007-2020): de la crise démographique à la représentation de la famille traditionnelle», sous la direction de Cécile Lefèvre (Université de Paris, CERLIS) et le tutorat de Jacques Véron (INED).
À partir de l’exemple de la Russie, cette thèse tend vers une meilleure compréhension des mécanismes sociologiques pouvant influencer les dynamiques familiales en lien avec les politiques publiques. La chute de l’URSS s'accompagne d'une crise démographique qui se traduit dans la durée par le décroissement de la population russe. C'est dans ce contexte qu'émerge en Russie une nouvelle politique familiale visant à influencer en profondeur les dynamiques et représentations de la famille. Dans les années 2000, le gouvernement introduit des mesures incitant toutes les femmes à procréer, quels que soient leurs revenus. Puis, dans les années 2010, l’État accompagne ces incitations économiques d’une campagne valorisant la famille explicitement définie comme « traditionnelle » (couple hétérosexuel marié avec enfants). Sur la base d’une enquête de terrain réalisée dans trois régions de Russie (république du Tatarstan, république d’Oudmourtie et oblast d’Oulianovsk), cette thèse aborde les différents effets de cette politique sur les dynamiques familiales. Je montre que la famille semble pouvoir être influencée par la nouvelle politique familiale, mais pas nécessairement dans le sens des objectifs définis par l’État. Les mesures introduites pour stimuler la natalité ont un impact inattendu sur les dynamiques familiales par le truchement de l'amélioration des conditions de logement qu’apportent les nouvelles prestations, tandis que la promotion d’un modèle « traditionnel » influence la représentation de la famille à défaut d'influencer sa structure. Les effets sur le long terme de tels changements sont encore à observer.