SILHOUETTES : Narration cinématographique sur la fragilité de la mémoire et de la matière visuelle.
SILHOUETTES interroge la fragilité de la mémoire et l’impossibilité de saisir ce qui s’efface. Certaines séquences du film mettent en œuvre une technique innovante d’image multicouche : les différentes couches de l’image cinématographique — couleurs RVB (Rouge, Vert, Bleu), lumière (gamma) et transparence (alpha) — sont traitées séparément. Cette méthode donne au film une texture singulière, où la matière visuelle devient symbole de la mémoire, à la fois instable, morcelée, et néanmoins persistante. Dans certaines scènes, à ces images sont ajoutées des images exceptionnelles de rétines réelles, fournies par le Wyss Center for Bio and Neuro Engineering (Suisse).
La narration de SILHOUETTES s’appuie sur l’approche d’Organic Motion, venant compléter le scénario et le storyboard classiques. C’est une nouvelle approche de la narration cinématographique, que je développe dans mes films, invitant à explorer l’histoire autrement, guidé par les rythmes et les formes propres à l’œuvre. Cette approche crée un film dont la narration épurée privilégie l’intimité — comme une confession intérieure —, renforçant le sentiment de fragilité.
Ce film est une formidable opportunité de tourner un film au Royaume-Uni, avec une équipe (tournage et postproduction) composée de jeunes talents français ou francophones, dans un lieu charge d’Histoire, patrimoine français : la maison consulaire d’Edinburgh acquise par le Général de Gaulle en 1942. Cette maison a accueilli pendant la seconde guerre mondiale de nombreux soldats et refugiés, mais aussi sur les années suivantes de nombreux politiciens et artistes. Cette mémoire historique participe de la mémoire du film — par exemple avec la scène du portrait du Général de Gaulle et la scène de lecture du poème de Paul Eluard, qui lui aussi fit un séjour dans cette maison.
- Yannik Ruault, Cinéaste.
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