Une capitelle (du languedocien capitèlo)1 est une cabane en pierre sèche, c’est-à-dire sans liant, servant autrefois d'abri temporaire à de petits propriétaires, à leurs outils et à leurs produits agricoles dans les anciennes garrigues des villes du sud de la France. Cette appellation, à l'origine strictement nîmoise a été reprise, dans le courant du xxe siècle, par des érudits étudiant de semblables constructions dans les départements voisins.
La capitelle est rarement un habitat permanent, c'est plutôt un abri destiné à accueillir temporairement outils, matériaux, ou personnes.
Construite sur un terrain souvent ingrat aux époques de grands défrichements (garrigue, maquis, taillis…), le matériau de construction provient normalement du défonçage et de l'épierrement du lieu. Il s'agit très souvent de calcaire mais on trouve aussi, selon la géologie locale, du schiste, du grès, du granit, ou même du basalte.
Les pierres ramassées à terre rendent ainsi le lieu propre à la culture (vigne, oliviers, etc.) ou à l'élevage et sont entassées aux abords du terrain en monticules parfois encore visibles aujourd'hui, que l'occitan désigne sous le terme de " clapas ". Certaines pierres sont sélectionnées et mises à part en vue de l'édification de murets de clôture, terrasses, ou abris.
Toutes les pierres destinées à la construction de la cabane ne sont pas laissées à l'état brut : elles peuvent être dégrossies dans un but fonctionnel ou esthétique, mais il ne s'agit pas d'une véritable maçonnerie de pierres taillées.
Sur un sol éventuellement aménagé pour bloquer l'édifice, les murs sont montés en empilant les pierres sans aucun mortier, et une voûte (qui peut parfois commencer dès le sol) est élaborée pour couvrir le tout.
Différentes techniques très précises et abouties entrent en jeu. Par exemple :
Le parement extérieur peut être affecté d'un fruit permettant au mur de résister aux forces qui le poussent vers l'extérieur
Pour augmenter encore la cohésion de l'ensemble, des pierres sont placées qui traversent toute l'épaisseur du mur (les boutisses parpaignes).
La solidité et l'étanchéité de la construction sont également assurées par la pose de cales, plus fines, entre les grosses pierres forcément toujours un peu irrégulières.
L'entrée de la cabane est surmontée par une ou plusieurs grosses dalles horizontales formant linteau. Celui-ci est parfois lui-même chapeauté par un arc de décharge qui le soulage d'une partie du poids venant d'en haut.
À la place du linteau, certaines entrées possèdent un véritable arc clavé (avec une clef au centre).
La voûte est montée selon la technique de l'encorbellement : chaque dalle (ou " lausa " dans l'aire occitane) déborde de la précédente vers l'intérieur et est retenue à l'extérieur par le contrepoids formé notamment par une couverture de dalles choisies.