Le Recueil des usages locaux de Seine-et-Marne rédigé par Olivier BASCOU et M. DERVECOY (Melun, Imprimerie administrative, 1910) répertorie les usages à caractère agricole en vigueur dans le canton de Rebais, en ce qui concernait la coupe des bois, les baux et locations, le statut des ouvriers agricoles et journaliers, le glanage et le grappillage, la saisie des récoltes, l'apprentissage et la mesure des terres. D'une manière générale, les usages applicables à Sablonnières sont les mêmes que dans les autres communes du canton :
On y trouve cependant un usage propre à Sablonnières, en ce qui concerne les mesures des terres à la perche et à l'arpent, sachant que la contenance de la perche variait d'une commune à l'autre. Ainsi, il est précisé que dans cette commune, la perche valait 21 pieds, de sorte que l'arpent carré valait 100 perches carrés de 21 pieds carrés, soit 2100 pieds ; le quartier (25 perches) valait 525 pieds et le demi-quartier (12 perches) valait 252 pieds. Il est difficile d'affirmer que cet usage était ancien car, selon les Tables des rapports des anciennes mesures agraires avec les nouvelles dressées par F. GATEY, la perche carrée avait à Sablonnières, comme dans la plupart des communes du canton de Rebais, 21 pieds et 4 pouces de côté et équivalait à 48 centiares. Cette même valeur de 21 pieds et 4 pouces est indiquée comme mesure locale sur le Plan topographique de la paroisse de Sablonnières dressé en 1786 (3). En revanche, à une époque où les grains se mesuraient, le boisseau de Sablonnières valait 20 livres, de sorte qu'un muid (96 boisseaux) pesait 1920 livres, alors qu'à Rebais, le boisseau pesait 25 livres, le setier 8 boisseaux et le muid 12 setiers d'où le muid à 2400 livres. (4)
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(1) Petits tas de gerbes disposées de façon que la pluie n'y pénètre pas, et qu'on fait dans les champs pour permettre au grain de sécher avant de rentrer la récolte (en général, une moyette se composait de huit à 10 gerbes disposées verticalement et recouvertes par une gerbe renversée).(2) Paris, Michaud, 1812.(3) Arch. départ. de Seine-et-Marne, 1C32/9.(4) Pierre HOULLIER, Etat ecclésiastique et civil du diocèse de Soissons, Compiègne, Bertrand et Paris, Mérigot, 1783.
Ces usages sont écartés par les législations spéciales (notamment la législation du travail en ce qui concerne le statut des salariés et apprentis) mais dérogent aux dispositions du Code civil chaque fois que leur application n'est pas remise en cause par un règlement ou usage plus récent (cf. Denis LOCHOUARN, L'actualité des usages agricoles, Revue de droit rural 1996, p. 397).
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