Vita, incontri e opere di Marcel Proust
Vita, incontri e opere di Marcel Proust
la crociera interrotta
Nel 1904 fu invitato dal banchiere e filatelico Paul Mirabaud ad una crociera fra Normandia e isole anglo-normanne a bordo del proprio yacht Hélène. Fra il 9 e il 15 agosto furono scattate tre fotografie in cui compare Proust.
Da una lettera alla madre sappiamo che l'invito gli era giunto tramite l'amico Robert Billy, genero di Mirabaud. Da Le Havre raggiunsero Cherbourg, Guerseney e Dinard. Vittima di una crisi d'asma dovuta all'umidità a bordo, dovette sbarcare e riprendere il treno per Parigi, dove arrivò la mattina del 15. [informazioni e foto da Forum PAGES 14-18]
Una delle tre fotografie scattate in sequenza
Nel 2017 uscì la notizia del ritrovamento da parte del professore canadese Siroi Thahan. di un filmato in cui comparirebbe Proust fra gli invitati al matrimonio fra la sua amica Elaine Greffulhe e il duca Armand de Guiche, il 14 novembre 1904.
Qui l'articolo scritto dallo scopritore per la Revue d'études proustiennes:
https://classiques-garnier.com/editions-bulletins/MarcelProust.pdf
Sappiamo che Proust era fra gli invitati, e che il suo regalo di nozze fu un revolver in una custodia di pelle con iscrizioni di versi tratti dai poemi d'infanzia della sposa. Ma l'uomo, con baffi stranamente più corti del solito (si vedano ad esempio le foto scattate nel novembre 1904 a bordo dell'Hélène) in completo color grigio perla e bombetta, in apparente buona salute, al 37° secondo, in cui molti riconoscono l'allora trentatreeenne scrittore, potrebbe essere stato invece uno dei fotografi incaricati di immortalare l'evento.
In ogni caso, come scrive il prof. Thahan "le cinématographe restitue en images vivantes le monde des Guermantes, ce cercle fermé du faubourg Saint-Germain, bien mieux que ne le feraient les poses composées de la photographie."
Tra il 1904 e il 1905 si chiuse il periodo delle amicizie dorate, con i matrimoni di alcuni dei suoi amici: oltre a quello del duca di Guiche, vi fu quello di Albufera, cui seguirono quelli di La Rochefoucauld e Radziwill.
la morte della madre
Dalla lettera di Marcel a Madame Straus, settembre 1905:
"Madame,
Un jour ou deux après avoir reçu votre lettre (votre première lettre), peut-être une de toutes celles que j'ai jamais reçues de vous et qui m'a causé la l'impression la plus délicieuse, touché aux larmes que vous pensiez assez à moi pour avoir parlé de moi a Widmer [...] deux jours après cette lettre, pleine de l'optimisme qu'elle m'avait versé, je partais pour Evian avec Maman, j'étais heureux ! Deux heures après notre arrivée, maman a eu des vomissements et des étourdissements et est devenue très malade. Il a fallu la ramener à Paris. Mais le retour l'a achevée. Et elle est actuellemente dans un état terrible. Il a fallu cela pour que je ne vous aie pas remerciée de votre lettre et du charmant post-scriptum que vous y avez ajouté quelque jours après. Mais je suis si malheureux que j'ai peu de courage pour écrire. Maman qui nous aime tant ne comprend pas que c'est bien cruel de sa part de ne pas vouloir se soigner. C'est ainsi qu'elle est partie pour Evian dans un état d'urémie que tout le monde ignorait et qui nous a été révélé seulement à Paris, car à Evian même il était impossible d'obtenir qu'elle laissat faire une analyse. Seul avec à Evian, au plus fort de ses vertiges, l'avais le chagrin de la voir, malgré tout ce que je pouvais lui dire, descendre dès le matin dans le salon de l'Hotel, alors qu'il fallait qu'elle s'appuyât sur deux personnes pour ne pas tomber. Elle continue dans un état de faiblesse dont le seul fait qu'elle n'ait rien pris depuis quinze jours peut vous donner une idée, à se faire lever, laver, habiller en détail tous les jours ce qui est dètestable pour elle. Et impossible de lui faire prendre un médicament, un aliment. Je n'ai pas besoin de vous dire mon chagrin et si j'avais la force de vous écrirre davantage vous verriez qu'il est ancore plus grand que vous ne pouvez penser et que rien d'aussi affreux ne pouvait arriver. Enfin il y a un peu de mieux depuis hier, bien peu, ma le médecin (dans la mesure où Maman consent à le voir) assure que si Maman arrive à triompher de cette crise-ci, elle retrouvera sa santé davant. Mais je bien de la peine à le croire. Et je suis sûr qu'elle est persuadée du contraire et que moralement elle souffre horriblement. J'avais toujours souhaité de ne mourir qu'aprés elle pour que'elle n'ait pas le chagrin de me perdre. Mais je ne sais pas si l'anxiété où elle est, de penser qu'elle va peut-être nous quitter, me laisser si peu capable d'etre seul dans la vie qu'elle vivra peut-être incomplétement, fragile, tout cela doit la torturer peu-etre davantage. Dans tout ce que j'ai jamais imaginé de plus triste, quand j'essayais d'anticiper les douleurs futures, je n'avais jamais redouté cela. Pardonnez-moi, Madame, de vous donner tous ces détails, mais vous êtes si bonne que j'ai cru plus affectueux de vous ècrire ainsi. Si ces jours-ci comme je le crois, il y a un mieux un peu sensible, je vous l'écriverai. Mais vous je vous en supplie, ne m'écrivez pas, je sais que vous serez pleine de pitié pour moi et c'est tout à fait inutile et m' attristerai que vous vous fatiguez à me l'écrire.
Bien respectueusement à vous,
Marcel Proust
[da "Proust - Corrispondance avec Madame Straus, 1936]
Dalle Memorie di Céleste:
"Mi diceva: [...] 'La malattia se la tenne chiusa dentro, come si tenne chiuso il lutto e il dolore. Non ne ha mai fatto partecipe nessuno.'"
"Sulla natura della malattia o dell'operazione - eseguita, a quanto è stato detto, per estirpare un tumore - lui non ne parlò mai con me, e ho sempre avuto la sensazione che non avrebbe gradito le mie domande. Teneva, su quell'argomento, un grande riserbo. Mi fece solo capire, per allusioni, come faceva spesso, che Madame Proust era deceduta in seguito ad un attacco uremico.
Jeanne, già malata da tempo e reduce da una operazione, in seguito a quel grave attacco di uremia, la stessa causa che aveva provocato la morte di sua madre, morì il 26 settembre 1905.
La disperazione di Marcel fu indicibile.
"La mia vita ha ormai perduto il suo unico scopo, la sua unica dolcezza, il suo solo amore, la sua unica consolazione."
In quel momento aveva 34 anni, ma forse solo allora ebbe realmente fine la sua infanzia.
Finora aveva vissuto in una specie di simbiosi con lei, lo confessò in una lettera a Montesquiou:
"Mi è impossibile dirvi quanto ho sofferto... Ella sapeva come io sia incapace di vivere senza di lei, come io sia completamente disarmato di fronte alla vita."
La madre, del resto, ricopriva di attenzioni quel figlio tanto fragile, sotto lo sguardo critico di Adrien e di Robert che trovavano eccessivo un simile comportamento fra persone adulte.
Dalla lettera a Madame Straus del 9 novembre 1905:
"Vous comprenez bien, Madame, que si je ne vous ècris pas c'et que l'accumulation de mes pensées constantes pour vous débordaerait ving lettres, cent lettres, que je voudrais y mettre toute ma tendresse toute ma gratitude, tour ma douleur et que je n'ai pas la force, je suis à bout de forces. C'est surtout, si je ne vous écris pas, parce que ma première sortie doit etre pour vous et que toujour j'espère pouvoir ressortir le lendemain, et puis je ne peux pas. Sortir meme ce ne serait rien, mais rentrer, quand mon premier mot était: 'Madame est là?'. Et avant qu'on me répondît j'apercevais Maman qui n'osait pas entrer près de moi, de peur de me faire parler si j'étais trop oppressé et qui attendait anxieusement pour voir si je rentrais sans trop de crise. Hélas c'est ce souci qui ajoutait à ses tristesses, qui me ronge maintenant de remords et m'empêche de trouver une seconde de douceur dans le souvenir de nos heures de tendresse qu je ne peux même pas dire qui est incessant, car c'est en lui que je respire, que je pense, il est seul autour de moi. Quand l'anxiété qui s'y mêle est trop forte et me rend fou, je tache de la diriger, de la diminuer. Mais depuis quelques jours je redors un peu. Alors dans le sommeil l'intelligence n'est plus là pour doser la doulerur, la mêler de douceur; alors je suis sans défense aux impressions les plus atroces. D'ailleur par moments il me semble que je suis habitué à ce malheur, que je vais reprend goût à la vie, je mêle reproche, et à la meme minute, une nouvelle douleur s'abat sur moi. Car on n'a pas un chagrin, le regret prend à tout instant une autre forme, à chaque instant, suggéré par telle impression identique à une impression d'autrefois, c'est un nouveau malheur, un mal inconnue, atroce comme la premiére fois. [...]
Proust a Évian-les-Bains, 1905
Dai ricordi di Céleste:
"Parlando della morte dei genitori, e soprattutto della madre, mi ha detto più volte cose di questo genere:
'Mi hanno viziato fino all'ultimo lasciandomi un patrimonio con tutta la libertà di farne quel che mi pareva senza dover chiedere più nulla a nessuno. Ma neanche questa libertà ha mai potuto sostituirli nel mio cuore. Eppure esiste, Cèleste, esiste... Senza di essa non avrei potuto fare quello che faccio. E Dio solo sa quanto mia madre quand'era in vita s'ingegnasse di darmela!'
Il che era vero, Madame Proust lo favorì sempre. Ne covava le idee come la salute. Era appena diventato un giovanotto e lei subito ne protesse l'abitudine di uscire e lavorare di notte. In rue de Courcelles la vita era già per lui quella fu poi in boulevard Haussmann: una volta del tutto libero, non fece altro che perfezionarla a suo talento, come diceva. Sebbene a volte lo redarguisse, in realtà gli faceva fare tutto quel che voleva. [...] Soprattutto toccava alla madre appianare i contrasti tra lui e il professor Adrien e nonostante tutto l'amore del padre per il figlio ve ne furono di gravi.[...] Il padre gli rimproverava anche di essere uno spendaccione, mentre poi, in realtà, era solo generoso."
E le raccontava aneddoti che la dimostravano: uno di questi era quello di una lauta mancia che aveva dato ad un cocchiere e che aveva mandato su tutte le furie il padre che all fine aveva detto: "Ricorda bene quel che ti dico: di questo passo morirai sulla paglia!" E glielo ripeteva spesso. "Povero papà!"
i tentativi di cure
Debolissimo e annientato dal dolore e dalla malattia, Proust decise di trascorrere due mesi in una casa di cura a Boulogne-sur-Seine, per guarire dall'asma e riprendere orari di vita normali. Ma ne uscì dopo sei settimane ancora "incredibilmente malato".
Facciata interna dello Stabilimento Idroterapico a Boulogne-sur-Seine
Quando Proust aveva deciso di sottoporsi ad una cura aveva considerato per la prima volta il trattamento di Jules Dejerine, che sarebbe diventato il secondo successore di Jean-Martin Charcot. Considerò anche due medici svizzeri che avevano studiato con Charcot e Vulpian: Henry Auguste Widmer, fondatore della Clinique Valmont sopra Montreux, e Paul Dubois, compagno di scuola di Dejerine, che esercitava a Berna. Brissaud raccomandò Paul Sollier, sotto la cui cura Proust seguì una cura di isolamento di 6 settimane; Sollier, insieme a Babinski, era considerato il più intelligente dei seguaci di Charcot. Aveva studiato ampiamente la memoria, in particolare la memoria affettiva, il che lo portò a rifiutare le teorie di Bergson. Sollier tentò di innescare risvegli emozionali (reviviscenza), riproducendo l'intero stato della personalità del soggetto al momento dell'esperienza iniziale. Questo concetto fu integrato da Proust nel suo romanzo (memoria involontaria). L'ultimo neurologo di Proust fu Joseph Babinski, che consultò ripetutamente perché temeva di diventare afasico, come sua madre.
[da https://karger.com/ene/article/57/3/129/124411/Marcel-Proust-s-Lifelong-Tour-of-the-Parisian]
Nel giugno 1906 la casa editrice Mercure de France pubblicò anche la sua seconda traduzione ruskiniana: "Sésame et les Lys" con introduzione e note proprie di Proust.
In agosto Proust si trasferì nella stanza 22 del settecentesco Hotel des Réservoirs a Versailles, dove restò
ben cinque mesi, in quasi totale isolamento.
la ricerca di una nuova abitazione
Da questa lettera all'amica Madame Straus si capisce come si fosse trovato ben poco a suo agio ai Réservoirs:
[Versailles, vers août 1906]
Madame,
Je suis si mal depuis deux jours que je ne puis vous écrire, je vex seulement vous dire que, à cause de l'état de mon oncle, ne pouvant m'éloigner, je me suis installé à Versailles aux Réservoirs et y suis immédiatement tombé malade. Je ne crois pas que j'y resterai et je crois que dés que je serai de quitter Versailles je le ferai. Mais même si je devais aller à Trouville, ce ne serait pas immédiatement parce que je suis trop fatigué. Je vous écris vite tout cela, parce que dans votre gentillesse vous pourriez continuer à penser aux maisons pour moi et que ce serait inutile. D'ailleur si jamais vous apprenez par hasard que quelque chose de bien et de pas cher est à louer vous pouvez toujours me le dire. Mais je ne crois pas que j'irai, au moins de si tôt. Chaque fois que je fais un essai malheureux je suis découragé, mais une fois que je suis remis j'oublie et je suis prêt à recommencer. [...] J'ai aux Réservoirs un appartement immense et admirable (qui maintenant me coûte beaucoup plus cher que Trouville!) mais tellement triste, noir et glacé avec des tableaux, des tentures et des psychés. C'est un appartement genre historique de ces endroits où la guide vous dit que c'est là que Charles IX est mort, où on jette un regard furtif, en se depéchant d'en sortir et de retrouver dehors la lumière, la chaleur et le bon présent. Mais quand il faut non seulement ne pas ressortir mais accomplir cette suprême acceptation, s'y coucher! c'est à mourir. Je ne sais pas comment cela a pu être orienté pour que jamais le soleil n'y pénètre, à aucune heure. J'ai demandé si les cheminées ne fument pas et on m'a affirmé que non, ce qui est jésuitquement vrai; en effet quand on allume du feu ne fume pas, mais à la même seconde toutes les autres se mettent à fumer avec une telle violence que l'appartement n'est plus qu'un nuage. Je vous demande pardon de vous décrire des choses si ennuyeuses et du restge je ne veux pas me fatiguer, car j'ai une fièvre de cheval.
Votre respectueux ami
Marcel Proust
Da lì diresse il trasloco che lo portò, per i successivi dodici anni da rue de Courcelles al 102 di Boulevard Haussmann, nella stessa zona dove aveva abitato con i genitori, in un vasto appartamento appartenuto allo zio Georges Weil. Sarà questa la casa in cui nel 1910 farà tappezzare di sughero la camera da letto per isolarla dai rumori esterni.
Per la prima volta in vita sua era solo, privo dell'appoggio famigliare, costretto a diventare "adulto".
Intanto gli attacchi d'asma erano resi ancora più intollerabili "da una ipesensibilità sensoriale che gli provocava addirittura stimoli dolorosi."
Dalla successiva lettera a Madame Straus:
[Versailles, vers août 1906]
Madame,
vous ne devez rien comprendre à mon silence et hélas je ne peux le rompre encore. M'étant décidè, par nécéssité, à la separation d'avec la rue de Courcelles, je viensm depuis plujs d'un mois, de faire chercher tous les jours des appartements e te mes Hésitations, mes anxiétés, mes locations commencées, puir rompues au moment de signer, m'ont enlevé tout sommeil j'ai à peine la force de vous ècrire. Finalment je n'ai pu me décider à aller vivre dans une maison que Maman m'aurait pas connue et, pour cette année, comme transition, j'ai sous-levé un appartement dans notre maison du boulevard Haussmann où nous avons vu ensemble mourir mon vieil oncle dans la chambre que j'occuperai. Par exemple, j'aurai tout! La poussière affreuse, les arbres sous ma fenêtre, contre elle, le bruit du boulevard, entre le Printemps et Saint-Augustin! Si je ne peux pas rester, je partirai. Et l'appartement est trop cher pour qui je puisse rester toujours. Mais cette année, l'ayant sous-levé a une locataire qui le payat sans l'habiter, je l'ai eu pour peu de chose, relativement. [...]. Mais je suis trop fatigué e veux seulement vous dire que je ne vous ai jamais tant aimée.
Marcel Proust