Principales raisons de notre union autour d'une plateforme commune
Depuis la chute du régime Duvalier, la paysannerie est négligée par le gouvernement central depuis trois décennies. Livrés à eux-mêmes, les agriculteurs ne reçoivent aucun soutien ni aucune orientation de l'État.
Aucune campagne de plantation n'a été menée par le gouvernement.
Nous avons assisté à la disparition de nombreuses cultures, victimes de l'impuissance de l'État.
Certaines cultures essentielles sont aujourd'hui menacées d'extinction, comme les oranges douces, les pamplemousses, les citrons verts, les oranges amères et les oranges communes.
Diverses variétés de mangues ont disparu, et d'autres sont au bord de l'extinction, notamment la mangue fransik, la ti klo et la mangue jan mari.
D'importantes céréales, comme le millet, et des variétés de riz comme le madan gougous et le lakrèt, sont en déclin.
Aucun travail d'irrigation n'est entrepris ; les canaux sont obstrués depuis plus de 36 ans.
Aucun projet de conservation des sols n'est mis en œuvre. La terre arable fertile disparaît sous l'effet de l'érosion marine, et les ravins restent à l'abandon.
Le café, autrefois l'une des principales sources de revenus des familles d'agriculteurs, est aujourd'hui en voie de disparition.
La patate douce et l'igname (manzonbèl) sont également menacées d'extinction.
L'indice d'activité économique du secteur agricole a diminué.
Malgré cela, l'agriculture contribue encore à hauteur d'environ 25 % au PIB d'Haïti et emploie entre 50 et 60 % de la population rurale active (Banque mondiale).
L'absence de projets agricoles d'envergure et d'interventions du gouvernement central, conjuguée à la crise sécuritaire actuelle, a engendré une situation d'urgence de plus en plus grave.
Près de 4 à 5 millions de personnes (environ 48 % de la population) sont confrontées à une grave insécurité alimentaire entre août 2024 et février 2025.
Plus de 2 millions de personnes sont en situation d'urgence, et des milliers d'autres sont confrontées à une insécurité alimentaire catastrophique. (FAO)
Car les paysans représentent une force vive et un savoir-faire que nul ne saurait négliger, et encore moins ignorer.
Cette action politique marque un tournant dans l'histoire des organisations paysannes à travers le pays. Et ce n'est qu'un début.
Trop longtemps, le secteur paysan a été méprisé, traité comme un parent pauvre par le gouvernement central. Nous avons pris la résolution d'inscrire notre lutte dans une nouvelle phase.
La crise multidimensionnelle actuelle touche toutes les classes sociales du pays. Cette réalité nous montre que toute réponse à cette crise doit être globale et que les actions gouvernementales et non gouvernementales doivent conjuguer leurs efforts pour l'appréhender sous tous ses aspects.
En tant que paysans, désormais organisés à différents niveaux, nous considérons cette structure comme une force qui nous permet d'apporter une contribution significative. Elle nous donne les moyens d'organiser nos actions pour partager nos points de vue, nos expériences et nos préoccupations, afin de contribuer à la recherche de meilleures solutions. Cette approche est valable pour tous les secteurs de la société.