Depuis quelque temps, je réfléchis à une manière plus cinétique de faire vivre la littérature et la philosophie.
L’idée serait de replacer les auteurs et les penseurs non dans la distance scolaire, mais au plus près de ce qu’ils ont vécu, leurs émotions, leurs doutes, leurs élans.
Je réfléchis à une approche immersive, à la croisée des arts et des humanités, où l’on pourrait entrer dans un texte comme on entre dans un lieu, sentir la lumière d’une époque, les bruits d’une ville, le rythme d’une pensée.
Imaginer, par exemple, un parcours où l’on marcherait dans la Rome de Du Bellay, dans la chambre d’écriture de Christine de Pizan, ou dans la nuit du doute de Descartes, pour ressentir avant d’analyser.
Cette réflexion m’accompagne dans ma manière d’enseigner : donner chair à la pensée, replacer la rigueur du raisonnement dans une expérience sensible.
Je reste attaché à l’exigence des exercices, aux méthodes rationnelles qui mènent aux épreuves du bac, mais j’aimerais qu’elles s’ancrent dans une expérience plus vivante, plus incarnée.
C’est un projet encore ouvert, un fil intérieur que je poursuis : faire de l’étude une rencontre, non une répétition.