Call for the Reclaiming of Cinema
For a Politics of Perception
Today, cinema is everywhere. It shapes our ways of seeing, feeling, and inhabiting time. And yet, what constitutes it most deeply — its language — remains largely invisible. We inherit forms without questioning them. We reproduce rhythms without naming them. We accept conventions as self-evident, as if cinema were a natural flow, rather than a constructed, oriented, and historically situated language. This invisibility is not neutral. It is the site of a silent power.
What organises perception without being named escapes critique. What governs the gaze without being seen cannot be discussed, nor transformed. In the face of the acceleration of images, the standardisation of narratives, and the growing delegation of creative processes to automated systems, it becomes necessary to reclaim cinema — not in order to possess it, but to reclaim responsibility for perception.
To reclaim cinema is to recognise that it cannot be reduced to stories to be told, but that it engages bodies, rhythms, durations, and memories. It is to affirm that every form is a choice, and that every formal choice is already political, because it orients how we see, feel, and understand the world. This reclaiming is not a rejection of technology. It is a refusal of automatism. It does not oppose artificial intelligence, but refuses to grant it perceptual or creative authority. AI may analyse, illuminate, and reveal; it may function as a reflexive organ, but it must never determine meaning nor substitute for human responsibility.
A politics of perception requires that we make visible the structures that shape the gaze. It requires slowing down, naming, and unfolding what usually operates under the regime of evidence. It requires considering each film as a singular body, with its own internal coherence and respiration, its organic motion, rather than as the application of a dominant model.
This call is addressed to those who film, teach, analyse, and transmit. To those who refuse to let cinema become a perceptual automatism. To those who consider that the freedom of forms depends on awareness of their effects. To reclaim cinema today is to reclaim our capacity to see. It is to affirm that perception is not a given, but a field of responsibility. It is to keep the cinematic language open — embodied, conscious, and alive.
Why sign?
To affirm the importance of cinema conscious of its forms
To support a critical approach to cinematic language
To defend human responsibility in the face of image automation
To open a space for shared reflection among artists, researchers, and institutions
How to take action?
Sign this Call on Change.org
Share it within your professional, academic, and cultural networks
Initiate a discussion about cinematic language and perception
Appel à la Reconquête du Cinéma
Pour une Politique de la Perception
Aujourd'hui, le cinéma est omniprésent. Il façonne notre manière de voir, de ressentir et d'habiter notre temps. Pourtant, ce qui le constitue au plus profond de son être — son langage — demeure largement invisible. Nous héritons de formes sans les questionner. Nous reproduisons des rythmes sans les nommer. Nous acceptons des conventions comme allant de soi, comme si le cinéma était un flux naturel, plutôt qu'un langage construit, orienté et historiquement situé. Cette invisibilité n'est pas neutre. Elle est le siège d'une force silencieuse.
Ce qui organise la perception sans être nommé échappe à la critique. Ce qui gouverne le regard sans être vu ne peut être discuté, ni transformé. Face à l’accélération des images, à la standardisation des récits et à la délégation croissante des processus créatifs aux systèmes automatisés, il devient nécessaire de se réapproprier le cinéma – non pas pour le posséder, mais pour être à nouveau et plus que jamais responsable de la perception.
Se réapproprier le cinéma, c'est reconnaître qu'il ne se réduit pas à de simples récits, mais qu'il engage les corps, les rythmes, les durées et les souvenirs. C'est affirmer que toute forme est un choix, et que tout choix formel est déjà politique, car il oriente notre façon de voir, de ressentir et de comprendre le monde. Cette réappropriation n'est pas un rejet de la technologie, mais un refus de l'automatisme. Elle ne s'oppose pas à l'intelligence artificielle, mais refuse de lui conférer une autorité perceptive ou créative. L'IA peut analyser, éclairer et révéler ; elle peut fonctionner comme un organe réflexif, mais elle ne doit jamais déterminer le sens ni se substituer à la responsabilité humaine.
Une politique de la perception exige que nous rendions visibles les structures qui façonnent le regard. Elle requiert de ralentir, de nommer et de dévoiler ce qui opère habituellement sous le régime de la preuve. Elle requiert de considérer chaque film comme un corps singulier, doté de sa propre cohérence et de sa propre dynamique, son mouvement organique, plutôt que comme l'application d'un modèle dominant.
Cet appel s'adresse à celles et ceux qui filment, enseignent, analysent et transmettent. À celles et ceux qui refusent que le cinéma devienne un automatisme perceptif. À celles et ceux qui considèrent que la liberté des formes repose sur la conscience de leurs effets. Se réapproprier le cinéma aujourd'hui, c'est se réapproprier notre capacité à voir. C'est affirmer que la perception n'est pas un acquis, mais un champ de responsabilité. C'est préserver le langage cinématographique ouvert – incarné, conscient et vivant.
Pourquoi signer ?
Pour affirmer l’importance d’un cinéma conscient de ses formes
Pour soutenir une approche critique du langage cinématographique
Pour défendre la responsabilité humaine face à l’automatisation des images
Pour ouvrir un espace de réflexion partagé entre artistes, chercheurs et institutions
Comment agir ?
Signez cet Appel sur Change.org
Partagez-le dans vos réseaux professionnels, universitaires et culturels
Engagez la discussion autour du langage cinématographique et de la perception