Chronique ordinaire d'une haine de circonstance...
Quand ce n'est pas le froid d'hiver, c'est la chaleur caniculaire qui altère le caractère. Paul et Christine sont des personnes dont les trajectoires de vie ne se rejoignent pas de manière naturelle. Cependant, Paul et Christine s'accordent pour penser à distance, et surtout sans se concerter, qu'une séance de cinéma serait propice à occuper le temps et malheureusement l'espace public. Paul a pris un bon déjeuner et envisage de se détendre dans une salle juste climatisée, dans une sérénité qui semble déjà compromise par la présence inopportune d'un groupe de jeunes encadré de pseudo-adultes en quête de pseudo pause.
La jeunesse hurlante s'est tue dès le début du film. Paul peut alors envisager de meilleures perspectives. Et merde ! Pardon... Christine, dont les tiroirs coulissent sur de mauvais rails du fait des 30 degrés affichés, ou plus probablement d'un dérèglement de conception, « disjoncta » de la première à la dernière minute. Christine commente chaque scène de l'oeuvre, réagit à haute voix aux propos des acteurs, se pense en mesure de pratiquer en béhavioriste. Oui, nous lui expliquerons le concept le cas échéant. Agacé par la gêne qui se propage inéluctablement à au moins trois rangées, Paul constate aussi que la femme dispose d'un organe vocal qui ne restitue pas avec clarté et intelligence ses propos indispensables à la compréhension des dialogues par les spectateurs innocents...
C'est dans la souffrance que l'heure quarante s'écoula.
Au risque de cauchemarder les nuits suivantes, Paul décida de ne jamais se retourner pour mettre un visage sur cette voie sans issue.
En conclusion : si tu es habité par un doute, opte pour une séance privée à la maison, sous réserve d'une visite inattendue et non désirée.
moijedis@litténarrateur 11 juillet 2026