C’est en lisant l’œuvre Espèces d’espaces de Georges Perec que la recherche plastique et chorégraphique de La chambre rouge commence. Marion réalise alors des séries de dessin, puis élabore des performances scéniques autour de ce livre.
Ce solo, inscrit dans un monde imaginaire et immersif, prend la forme d’un conte dansé et matérialise un lieu de reconstruction, représenté par cette chambre, sa chambre : un lieu de refuge et de reconstruction.
Ces lieux, dont parle Georges Perec, résonnent avec l’espace imaginaire. Ils prennent la forme de maisons mentales. J’ai moi même créé mon propre monde pour me sauver, me protéger, me sentir en sécurité et survivre à la maison violente dans laquelle j’ai vécu. J’y habite secrètement
depuis 26 ans.. J’ai choisi d’incarner ces figures dans ce solo pour qu’elle puisse avoir un corps, un espace, et qu’elles parlent à celles qui existent en chacun.e. Qu’elles se déploient, existent en dehors de ma tête, sur scène et qu’elles parlent, qu’elles transmettent ma vérité. Elles sont là pour donner de la parole à l’enfant que j’étais, et viennent intrinsèquement poser ces questions :
Comment continuer à vivre adulte dans le monde imaginaire qui nous a sauvé enfant ?
Comment un corps silencié fait-il résistance ?
Comment transforme -t’on ses souvenirs et mémoires traumatiques en nouvelles images de force ?