Du vent dans les branches de Sassafras
Une comédie Western
un petit peu à l'ouest !
De René de Obaldia
un petit peu à l'ouest !
De René de Obaldia
A partir de 10 ans – durée 1h15 (en cours)
Parodie burlesque de western, Du vent dans les branches de sassafras, écrit par l'académicien René de Obaldia en 1965 tourne en dérision les mythes de l’Amérique héroïque pour célébrer, avec humour et tendresse, la décadence d’un patriarche dépassé et la folie douce du monde moderne.
Un western sans chevaux, une épopée sans héros. Dans son ranch du Kentucky, le vieux John Rockefeller (oui le fameux) se bat contre tout : les Indiens, sa famille déchaînée, et le vent qui souffle dans les branches de sassafras. Entre sa femme en crise mystique, son fils trop libre, le médecin ivrogne et "Petite Coup Sûr" échappée de Pancho City ... tout part en vrille.
La mise en scène de la troupe reste, comme les précédentes comédies, rythmée et déjantée avec des personnages hauts en couleur. La troupe garde également la poésie et l'absurde de cette pièce où le Far West devient miroir de nos folies modernes. Un feu d’artifice de dialogues, d’humour et de dérision soutenu par la musique : un western familial tendre et furieusement drôle. Un rire garanti sur fond de critique douce-amère de la famille et du mythe américain.
Créée en 1965 à Paris avec Michel Simon, Françoise Seigner et Bernard Murat, la pièce a connu de nombreuses reprises et un immense succès comme avec également Jean Marais (1981) ou François Berléand (2016) au Théâtre de la Porte Saint-Martin, mise en scène par Bernard Murat.
René de Obaldia, membre de l’Académie française de 1999 à sa mort (2022), est l’un des maîtres de la comédie absurde et poétique. René de Obaldia reçoit le Grand Prix du Théâtre de l’Académie française (1985) et est élu à l’Académie française en 1999. Il est souvent qualifié d'"inventeur du langage". Figure majeure du théâtre du XXᵉ siècle, poète et dramaturge franco-panaméen, il a marqué la scène française par son humour absurde, sa tendresse pour les êtres humains et son goût du décalage. Son œuvre, à la croisée de Beckett, Ionesco et Giraudoux, explore la folie douce, la nostalgie et l’imaginaire enfantin dans un monde en perte de sens.
Cette pièce traduite dans plus de 25 langues, jouée en Europe, au Canada, au Japon et aux États-Unis... , est considérée comme un classique contemporain, étudiée dans certaines écoles de théâtre, et revisitée régulièrement, preuve de sa vitalité durable.
Parce qu’elle parle, derrière la farce, d’un monde en mutation, où les anciens codes vacillent.
Parce qu’elle met en scène une humanité fragile, drôle et émouvante.
Parce que sous le vernis de l’humour, Obaldia questionne la vieillesse, la virilité, la famille et la perte des repères.
Et surtout, parce qu’elle rappelle que même au bout du désert… il y a toujours un souffle de vent dans les branches de Sassafras !
La pièce ne doit pas être analysée comme un western classique et historique, mais comme une déconstruction parodique des mythes cinématographiques du rêve américain. L'immensité du Far West est enfermée dans le huis clos d'une cabane et René de Obaldia utilise l'humour pour empêcher l'identification émotionnelle du spectateur, le forçant à observer les mécanismes du langage. Obaldia prend, par exemple, des proverbes figés et les dévie de leur sens initial pour montrer que les personnages n'ont plus de pensée propre, ils ne sont que des "machines à parler". En télescopant les registres de langue, Obaldia démontre que nos réalités ne sont bâties que sur des conventions fragiles.
C’est une comédie du malentendu et de l’absurde aussi bien par l’action que par la révélation des identités. John Rockfeller, ce patriarche puritain, est mise en défaut par ses relations avec les protagonistes … Par exemple, les personnages des Indiens, sauvage vu par l’homme blanc, sont une satire du regard colonial où Obaldia dénonce, entre autre, le racisme des représentations culturelles de l'époque.
Obaldia nous rappelle ainsi que, dans le théâtre de la vie, le costume précède toujours l'individu.