The Terminator
La Fatalité. Voilà ce qu’est le Terminator. Un tueur inarrêtable, sans émotions, au regard froid et au visage figé, programmé à une seule chose : tuer Sarah Connor. Ses mouvements sont raides, mécaniques, il ne parle presque pas. Une machine programmée uniquement pour tuer.
Si aujourd’hui The Terminator est principalement considéré comme un film d’action et de science-fiction, on oublie parfois son immense affiliation au genre du slasher2. Il en reprend tous les codes : un tueur impossible à stopper qui tue à tour de bras, une tension permanente, une jeune femme traquée qui finit par l’affronter dans un 1v1 final en huis clos devenant ainsi une final girl3. Et voilà, on a une version futuriste et cyberpunk d’Halloween (1978). Le point culminant de cette horreur réside dans l’ultime affrontement, dans l’usine abandonnée, où le Terminator, réduit à sa forme originelle, n’est plus qu’un endosquelette mécanique. Animé avec la technique du stop-motion4, ses mouvements sont saccadés et inhumains ce qui renforce son aspect cauchemardesque.
James Cameron soigne chaque plan pour qu’ils correspondent aux différents personnages. Pour le Terminator, il est souvent filmé de face, la caméra est en plan fixe et suit ses mouvements de manière précise à l’image du scanning d'un robot. La majorité du temps, il est filmé en contre-plongée pour accentuer sa stature intimidante (comme si Schwarzenegger avait besoin de ça !). Pour Sarah Connor, en revanche, les plans sont plus mobiles, plus vifs ce qui démontre sa panique et sa vulnérabilité face aux événements. Contrairement aux bandes-son orchestrales classiques des films de science-fiction de l’époque, celle de The Terminator adopte un ton plus minimaliste et brut. Entièrement réalisée au synthétiseur, elle incarne parfaitement l’esthétique sonore des années 80. Brad Fiedel utilise des sons métalliques et industrielles qui représente la machine avec des touches électroniques et froides qui évoquent la menace constante du Terminator.
Comme tout bon film d’horreur oblige (ou pas) le film se déroule de nuit, dans une atmosphère aux couleurs froides, bleu-gris, reprenant le concept de machine et le futur dystopique d’où elle vient. La ville de Los Angeles n’est illuminée que par les néons urbains ce qui donne l’impression d’un "fever dream". Cameron réussi à mettre à l’écran son propre cauchemar, un mélange de science-fiction et de tension pure, qui a marqué l’imaginaire collectif de toute une génération.
2 Sous-genre du film d’horreur qui met en scène un tueur, souvent masqué, qui élimine des ados.
3 Concept qui revient souvent dans les slasher : la dernière survivante qui échappe au tueur alors que tout les autres sont morts.
4 Technique d’animation qui consiste a mettre en mouvement un objet, un personnage avec une série d’image fixe. Pour vous donnez une idée, L’Etrange Noël de Mr Jack c’est du stop-motion.