La tenue traditionnelle du pratiquant d'arts martiaux japonais se compose essentiellement d'un "gi" (judo-gi, karate-gi, aïkido-gi...), prononcer "gui", que nous avons pris l'habitude, en occident, de nommer "kimono" (au japon le "kimono" désigne la tenue traditionnelle de cérémonie). Allons-y pour kimono, donc.
Le kimono est un élément-clef dans la pratique du judo ou du ju-jitsu brésilien (le prolongement approfondi du judo au sol); il permet les saisies et contrôles au corps à corps. A ce titre le kimono de judo est le plus solide, mais également le plus lourd, doté notamment d'une partie supérieure en "grain de riz" d'un grammage élevé, permettant les tractions puissantes lors des techniques debout (photo 1). Vous avez peut-être noté les blessures aux mains des compétiteurs: essayez d'attraper le col de Teddy en début de compétition lorsque son kimono est tout propre et rèche, vous pourriez vous casser les doigts!
Au sol, en judo mais encore davantage en ju-jitsu brésilien (JJB), art martial hérité du judo mais spécialisé dans le travail au sol ("ne-waza" en japonais), le port d'un kimono est également d'un intérêt capital en ce qu'il permet un travail technique précis et très réaliste. Néanmoins les contraintes appliquées (tractions notamment) sont moindre qu' en judo lors du travail debout (projections), absent en JJB. Le kimono de JJB est donc moins résistant que le kimono de judo, mais également moins lourd et moins "chaud" (photo 2).
Lorsqu'il s'agit de travail pieds-poings, en karaté par exemple, le kimono n'a pas d'utilité particulière: il constitue simplement la tenue "conventionnelle" de la discipline, en harmonie avec les autres "budo" (arts martiaux) japonais pratiqués dans un "dojo" (lieu de pratique des budo). Si vous observez attentivement une compétition de kumite (combat de karaté traditionnel), vous constaterez que les "karaté-gi" portés par les pratiquants sont très légers, pour faciliter le confort des mouvements et évacuer la transpiration (photo 3). Si vous portez un tel kimono pour pratiquer le judo avec un peu d'intensité il sera déchiré dès la fin du premier entraînement.
En toute logique donc, les autres disciplines pratiquant les techniques de percussion pieds-poings (boxe thaï, krav maga, mma, boxe française, karaté-mix, sambo...) ne s'embarrassent pas d'un kimono: le pratiquant de Muay Thaï (boxe thaï) par exemple ne porte qu'un short et des gants de boxe (photo 4).
Dans notre pratique nous travaillons les 3 compartiments du combat: pieds-poings, projections/amenées au sol, travail au sol... alors comment s'équiper ?