Mon approche à la croisée de l’art et de l’écologie scientifique : la photographie postnaturaliste
Mon approche à la croisée de l’art et de l’écologie scientifique : la photographie postnaturaliste
Ma double identité d'artiste et de scientifique crée un langage visuel unique que ni la science pure ni l'art traditionnel ne pourraient réaliser seuls.
En poursuivant le mouvement du biologiste et photographe Jean Painlevé, je cherche à créer des ponts insoupçonnés entre perception et réalité, en me dissociant du naturalisme de la photo sous-marine animalière.
Mes créations photographiques s'offrent le luxe de l'étonnement et de la curiosité, sur de multiples supports et de multiples techniques. Loin des standards, je m'autorise à développer une approche personnelle de la photographie, profondément ancrée dans mon monde intérieur.
La complexité de la biodiversité marine devient ainsi un modèle d'art particulier, brisant les barrières et s'établissant en œuvres contemporaines.
Le Post-Naturalisme : définition du concept
Le concept de photographie postnaturaliste n'existe pas comme un courant établi ou largement reconnu dans l'histoire ou la théorie de la photographie — du moins pas sous ce nom précis. Ainsi, je propose de discuter de ce concept comme nouveauté dans le monde de l'art photographique :
Le préfixe « post- » désigne généralement une posture critique ou une évolution au-delà d’un courant antérieur. Le naturalisme, en art et en photographie, renvoie à une représentation fidèle de la nature et du monde visible, sans idéalisme ni symbolisme excessif.
Par extension, la photographie postnaturaliste pourrait donc être définie comme une pratique photographique qui remet en question, déconstruit ou dépasse les principes du naturalisme. Cela pourrait se manifester par :
Une manipulation numérique ou analogique des images assumée (postproduction, retouche, superpositions).
La création de tirages uniques ou l'envie de proposer des œuvres exclusives : à la manière des peintres, le photographe postnaturaliste propose non plus des exemplaires d'une même photo, mais un seul format choisi par lui pour une photographie d'art, unique pour les collectionneurs.
Une mise en scène ou une esthétique qui falsifie ou ironise la notion de « vérité » photographique, notamment dans le domaine de la photographie animalière.
Une exploration de l’artificialité du paysage ou de la nature domestiquée, par exemple dans les aquariums, les plages, les parcs à thème, etc.
Mes sources d'inspiration s'ancrent profondément dans les travaux d'Ernst Haeckel (1834 - 1919), à la fois zoologiste, philosophe et illustrateur éclairé, dont la fascination pour la symétrie des organismes a nourri une interprétation artistique unique. Je fusionne l'approche singulière d'Haeckel envers les modèles marins avec l'œuvre novatrice du cinéaste et photographe émérite Jean Painlevé (1902-1989), dont je partage certaines caractéristiques : le littoral comme terrain de prédilection ; l’approche scientifique et pédagogique ; les relations avec l'art, et notamment avec le mouvement surréaliste. Associé à l'avant-garde, il s'émerveille de la plasticité des formes animales qu'il compare parfois avec l'architecture.
Je m'inscris dans une lignée artistique qui remet en question les frontières traditionnelles entre Art et Science avec une approche singulière et régénérée. Ses influences s'étendent à des artistes aussi divers que des peintres, des photographes et des illustrateurs tels que Niki de Saint-Phalle, Yves Klein, Folon, Magritte, Hervé di Rosa, Robert Combas, Miquel Barceló, Laurent Ballesta, Jérémie Villet et Henri Matisse.