Vincent Duclos est professeur agrégé au Département de communication sociale et publique de l'Université du Québec à Montréal. Ses recherches ethnographiques portent sur le capitalisme mondial, les technologies numériques, la médecine, ainsi que sur les multiples liens qui les unissent. Ses domaines d’expertise sont l’anthropologie, les STS (science, technologie et société), les études sociales des algorithmes, la datafication et les infrastructures numériques, ains que l’anthropologie de la santé mondiale.
À l’heure où l’intelligence artificielle et les technologies numériques transforment les économies, les institutions et les relations sociales, cette conférence propose une réflexion critique sur les nouvelles formes d’inégalités mondiales qu’elles produisent et renforcent. Derrière le discours d’un progrès technologique universel se cache une forte concentration du pouvoir économique, des infrastructures, des données et des capacités computationnelles entre les mains d’un petit nombre d’États et de grandes entreprises technologiques. En s’appuyant sur les notions de fracture numérique, de capitalisme de surveillance et de colonialisme numérique, cette présentation analysera la manière dont les technologies contemporaines prolongent parfois des logiques historiques d’extraction, de dépendance et de domination. La conférence abordera notamment les enjeux liés à l’accès aux infrastructures numériques, à l’exploitation des ressources et du travail invisibilisé nécessaires au développement de l’IA, aux biais algorithmiques, ainsi qu’aux conséquences géopolitiques, culturelles et environnementales de cette nouvelle économie numérique mondiale. Enfin, cette réflexion ouvrira la discussion sur les alternatives possibles : souveraineté numérique, gouvernance démocratique de l’IA, logiciels libres et modèles technologiques plus équitables.