Marco Cappellini
Heurs et malheurs de l’interculturel en (télé)tandem
*En présentiel à Nancy (France), Laboratoire ATILF, et en visioconférence
*En présentiel à Nancy (France), Laboratoire ATILF, et en visioconférence
Marco Cappellini
Marco Cappellini est professeur des universités en Sciences du Langage, spécialiste de la didactique des langues et des cultures. Il enseigne actuellement à l’INSPÉ de l’Université Lyon 1 et est membre du Laboratoire ICAR (UMR 5191 CNRS). Auparavant, il a travaillé à Aix-Marseille Université (AMU), où il a mené des recherches sur l’interaction médiatisée par ordinateur pour l’acquisition des langues étrangères et secondes et où il a dirigé le Centre de Formation et Autoformation en Langues. Ses travaux portent notamment sur la télécollaboration, l’autonomisation des apprenants par la métacognition, et l’intégration des outils numériques dans l’enseignement des langues. Il s’intéresse aussi à la pédagogie différenciée et à l’hybridation des cours pour favoriser l’autonomie des apprenants. Ses articles sont parus dans des revues scientifiques en linguistique appliquée et en didactique (Alsic, ARAL, Language Learning & Technology, Mélanges Crapel, RDLC, ReCALL, System, entre autres) et participe à ou porte des projets de recherche internationaux. Parmi ceux-ci, on compte le projet ANR Vapvisio (2018-2021), qui a étudié le développement des compétences techno-sémio-pédagogiques pour l’enseignements des langues par visioconférence, et le projet Erasmus+ PENSA (2021-2023), qui a développé des ressources pour l’éducation à la citoyenneté numérique par les échanges virtuels. Depuis juin 2024, avec Suzi Cavalari il coordonne le projet Capes-Cofecub Reasoning, qui étudie le processus d’autonomisation d’apprenants en télétandem.
Dans cette conférence, je questionnerai les potentialités et les limites des dispositifs de tandem et de télétandem pour le développement de la compétence communicative interculturelle telle qu’elle a été définie par Byram & Zarate (1997), y compris à l’aune des observations de Dervin concernant les approches culturalistes (e.g. Dervin, 2017). Dans un premier temps, je discuterai une étude empirique où l’analyse des interactions en ligne dans le cadre d’un télétandem montre une forte présence de positionnements culturalistes. A partir de ce constat, je décrirai trois dispositifs visant à contrer la dérive culturaliste dans les interactions (télé)tandem. Le premier dispositif (Cappellini & Macré, 2020) fait levier sur des tâches d’apprentissage à visée interculturelle et sera étudié à partir des verbalisations des apprenants dans des carnets de bord collectif (Cappellini, 2015). Le deuxième dispositif hybride le format télétandem avec des télécollaborations en petit groupe afin de faire levier sur la francophonie et l’hispanophonie pour complexifier les rapports langues-cultures. Le troisième dispositif développe les observations de Barbot et Dervin (2011) pour explorer les potentialités de l’accompagnement de la métacognition pour l’interculturel en faisant levier sur l’analyse conversationnelle en formation de formateurs. Dans la conclusion, je résumerai les indications que ces expériences offrent pour l’ingénierie pédagogique à visée interculturelle dans les échanges tandem en présentiel et à distance.
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