Ce sont les gardes, les douaniers et les cavaliers du royaume. Ils chevauchent des “Xylandres”. Ces énormes mentidés font 3 mètres de haut. Leurs cavaliers sont en armure légère et équipés d’une hallebarde.
C’est l’armée principale du royaume. Ils sont séparés par groupe de deux. Chaque duo a un lien “un troisième œil” qui lie chaque membre d’un même duo. Ce lien est psychique, ils peuvent donc se parler l’un et l’autre par la pensée. Toute l’armée a exactement la même armure légère de tissu et de cuir. Cela permet à tous les visionnaires d’être rapides et agiles en combat. Ils sont armés de 2 dagues recourbées qu'ils utilisent lié ou non (chacun à sa préférence).
Dans les récits murmurés par les vents de Tengoku, les Visionnaires occupent une place à part, aussi fascinante que redoutée. Ces guerriers aux capacités ne sont pas nés, mais créés, tissés ensemble par un rituel aussi ancien que mystérieux.
Sous la lumière dorée de chaque équinoxe, la Reine Vala Oldekis se tient au sommet de ll'Institut Kamigawa, entourée de nourrissons soigneusement sélectionnés. Ces enfants, tous nés dans les dix jours précédant cette date symbolique, sont destinés à un avenir que leurs parents considèrent comme le plus grand des honneurs, bien qu'aucun ne comprenne vraiment ce qui les attend.
"Plus les étoiles sont proches dans le ciel, plus forte sera leur lumière partagée."
Murmure le Gardien du Vent. C'est le nom du doyen des Visionnaires. Pendant que la Reine trace des symboles d'oeil sur les fronts des nourrissons.
Les familles racontent avec fierté les légendes des duos exceptionnels, ceux nés dans la même minute, dont le lien transcende les limites ordinaires de la télépathie. On dit que ces paires rares peuvent percevoir le monde à travers les yeux l'un de l'autre, partageant non seulement des pensées mais des rêves entiers.
Le rituel lui-même reste voilé de secret. Les parents remettent leurs enfants aux anciens vionnaires à l'aube et les récupèrent au crépuscule, transformés à jamais. Entre leurs sourcils, une marque délicate apparaît - non pas un œil visible, mais une iridescence subtile dans la peau, comme si un fragment d'étoile s'était logé sous leur chair.
Dès ce jour, les enfants liés commencent à percevoir la présence l'un de l'autre. D'abord, ce ne sont que des impressions vagues - un sentiment de chaleur quand l'autre est heureux, une inquiétude soudaine quand l'autre pleure. Mais le lien grandit avec eux.
À l'âge de cinq ans, ils sont séparés de leurs familles pour rejoindre la forteresse isolée du "Désert du Ciel", une île flottante aux confins du royaume. Là, sous le regard sévère des anciens Visionnaires, ils apprennent à affiner leur connexion.
"Vos corps peuvent être séparés par des océans," enseigna le premier Gardien du Vent, lui-même moitié d'un duo de jumeau brisé par la mort, "mais vos esprits ne connaîtront jamais la distance. À travers le Troisième Œil, vous serez toujours ensemble, pour le meilleur et pour le pire."
Les Visionnaires grandissent en paires inséparables, apprenant à combattre comme un seul être à deux corps. Les duos les plus doués développent une synchronisation parfaite, se mouvant comme dans une danse mortelle où chacun anticipe les mouvements de l'autre sans besoin de signal visible.
La vérité que l'on cache aux familles est la dureté de cette existence. Les échecs partagés, les punitions communes, l'impossibilité d'avoir un secret. Certains duos développent une harmonie profonde, devenant plus proches que des amants ou des jumeaux. D'autres nourrissent des ressentiments silencieux, condamnés à partager leurs pensées avec quelqu'un qu'ils n'ont pas choisi, qu'ils peuvent apprendre à détester mais jamais à quitter.
À vingt ans, leur formation achevée, ils rejoignent le quartier d'Aerogys dans la capitale, un labyrinthe de tours et de ponts suspendus où vivent tous les Visionnaires en service. C'est là qu'ils découvrent la réalité de leur condition - une vie de service éternel à la couronne, sans possibilité de mariage ou de famille traditionnelle. Leur seule famille reste leur moitié, leur seul foyer l'esprit de l'autre.
Quand un Visionnaire meurt, son binôme ne l'apprend pas par un messager ou une intuition : il le vit.
Dans l'instant précis où le cœur de l'un s'arrête, l'autre ressent une déchirure psychique si violente que certains témoins la comparent à un cri silencieux qui traverse l'âme. Puis vient le vide. Un silence mental assourdissant après une vie entière de présence constante. Mais ce silence n'est qu'une illusion.
Dans les heures qui suivent, elle commence : la voix de l'autre.
D'abord, ce sont des murmures familiers. Le survivant entend son binôme disparu commenter ses actions, répondre à ses pensées, exactement comme avant. Certains, dans leur désespoir, y trouvent un réconfort temporaire. Ils se convainquent que le lien a survécu à la mort, que leur moitié est toujours là, quelque part entre les mondes. Mais la voix ne s'estompe pas. Au contraire.
Avec les jours, elle devient plus insistante, plus critique, parfois accusatrice. "Pourquoi as-tu survécu et pas moi ?" "Tu aurais pu me sauver." "Tu es incomplet maintenant, brisé, inutile." Les anciens Visionnaires savent que ce n'est pas vraiment l'esprit du défunt qui parle, mais l'esprit du survivant qui se fracture, incapable d'accepter le silence après vingt ans ou plus de connexion ininterrompue.
La voix peut persister des mois, parfois des années. Elle s'estompe si lentement que certains ne savent jamais vraiment quand elle s'est tue définitivement, craignant toujours son retour dans les moments de solitude.
À Tengoku, on ne parle pas des Visionnaires brisés.
Quand un membre d'un duo tombe au combat ou succombe à la maladie, le protocole est clair et exécuté avec une efficacité glaciale. Le survivant est immédiatement retiré du service actif, souvent avant même les funérailles de son binôme. On ne lui laisse pas le temps de pleurer publiquement.
L'explication officielle est toujours la même : "Il a été honoré d'une promotion. Il servira désormais comme instructeur au Désert du Ciel."
Mais dans le run d'Aerogys, tous les Visionnaires connaissent la vérité. Cette promotion est un exil déguisé. Le Désert du Ciel, cette île flottante isolée où les enfants sont formés, devient aussi la prison dorée de ceux qui ont survécu à leur moitié.
Dans les corridors du Désert du Ciel, on murmure un proverbe que les jeunes Visionnaires n'entendent jamais : "Le lien ne se brise pas à la mort. Il se transforme en chaîne, et le survivant la traîne jusqu'à ce qu'il trouve enfin le silence... ou le rejoigne dans l'oubli."
Certains, avec le temps et un soutien invisible mais déterminé, parviennent à reconstruire une identité individuelle. La voix finit par se taire, ou du moins par devenir un murmure supportable. Ces Visionnaires deviennent de véritables instructeurs, souvent les plus empathiques et les plus sages. Ils comprennent la douleur que les jeunes duos devront peut-être affronter un jour. Le premier Gardien du Vent appartient à cette catégorie rare.
D'autres ne trouvent jamais la paix. Ils errent dans la forteresse comme des fantômes vivants, accomplissant mécaniquement leurs tâches mais sans jamais vraiment revenir. Certains parlent constamment à leur binôme disparu, enseignent comme si deux personnes donnaient le cours. Les jeunes Visionnaires en formation apprennent vite à reconnaître ces instructeurs hantés et à éviter leur regard vide.