Les arbres de nos régions sont le plus souvent adaptés à des hivers rigoureux, mais supportent mal des périodes de sécheresse prolongées et des chaleurs excessives. Alors lorsqu'il s'agit d'effectuer de nouvelles arborisations, que faut-il choisir ? L'équation est difficile : premièrement, les plantations sélectionnées doivent conserver une excellente résistance aux températures très basses, car même si nos hivers sont tendanciellement plus doux, des températures en plaine entre - 5 et - 10° sont fréquentes et des températures occasionnelles entre - 12 et - 15° restent une probabilité que se vérifie tous les 10 à 15 ans. Ainsi, choisir un arbre ou un arbuste commence par s'assurer qu'il résiste au strict minimum à - 15°, voire moins de manière graduelle selon l’altitude. Ensuite, l'essence sélectionnée doit résister conjointement à la sécheresse et à la canicule, ce qui n’est de loin pas évident : en effet, certaines plantations résistent bien à des périodes de sécheresse, mais supportent mal des canicules répétées au-delà de 30 ou 35° et finissent par dépérir. A l’inverse, certaines résistent plutôt bien aux très fortes chaleurs, mais ne supportent pas des manques d’eau prolongés.
Froid, sécheresse et canicule : voici donc les trois facteurs de résistance dont une plantation doit être idéalement dotée dans nos régions pour espérer survivre au dérèglement climatique. Autant dire qu'on lui demande la quasi-perfection, ce qui explique sans doute les tâtonnements et manques d'informations tout public en la matière, alors que le marché de la vente continue à proposer un très large éventail de variétés qui n’ont aucune chance de survie à court-moyen terme.
A force d’expériences sur diverses parcelles et de recoupements d’informations puisées dans les études disponibles, j’ai été amené à progressivement établir mon propre inventaire des arbres et arbustes plutôt bien adaptés au déréglement climatique, tout en sélectionnant des variétés pouvant atteindre une hauteur d’au moins deux mètres (l’objectif étant d’arboriser).
Je vous le livre ci-après, mais en toute modestie. Premièrement, il existe à ne pas en douter beaucoup d’autres variétés, mais sur lesquelles je n’ai pour l’heure pas d’observation ou étude fiables. Deuxièmement, cet inventaire s’adresse aux propriétaires ou collectivités visant l’arborisation de parcelles, parcs et jardins ; s’agissant de reforestations, on doit intégrer d’autres facteurs complexes tels que caractères invasifs, transmission de maladies, toxicité et biodiversité. Troisièmement, à part quelques exceptions, on doit se souvenir que les arbres résistants à la sécheresse ont également besoin de sols bien drainés (sols spongieux très peu recommandés). Enfin, quel que soit l’arbre planté, il aura besoin d’arrosages appropriés pendant au moins quatre ans afin que ses racines aient le temps de s’établir en profondeur et qu’il devienne assez solide pour s’en sortir tout seul. Pendant cette période cruciale, et en particulier en cas de sécheresse prolongée, il est risqué de penser qu’une « douchette » de temps à autre sera suffisante.