Compromis.
Notre métier est en permanence traversé par une tension : celle qui existe entre une vision claire, construite, argumentée, et la réalité du projet. Les obligations légales, les contraintes techniques du bâtiment, le budget du client, ses envies, mais aussi parfois ses contradictions avec son propre cahier des charges… tout cela fait partie du processus.
Il m’est souvent arrivé de travailler avec de grandes entreprises parfaitement conscientes de la nécessité de faire appel à notre profession. Pourtant, au fil de l’avancement du projet, certaines demandes viennent profondément modifier l’intention initiale. Elles enlèvent peu à peu ce qui différencie, ce qui donne une âme au lieu, au profit d’une vision plus standardisée, presque industrielle.
Je vois souvent derrière cela une forme de peur : peur de ce qui fait vraiment la différence, peur de ce qui est nouveau, peur de sortir des codes habituels.
C’est d’autant plus surprenant que ces mêmes entreprises sont parfois très innovantes dans leurs produits. Mais lorsqu’il s’agit d’espace, les réflexes de la grande distribution, les codes rassurants, la communication traditionnelle et la logique de marque reprennent souvent le dessus.
Ma méthode n’est pas de contraindre: Elle est d’expliquer.
Mettre mon ego de côté, accompagner le client au mieux, accepter les compromis, même lorsque la frustration s’installe et que l’on sait que le projet n’ira pas aussi loin qu’il aurait pu. C’est une vision réaliste du métier. Les blocages ne viennent pas toujours du projet lui-même. Ils viennent aussi des enjeux internes à l’entreprise : son management, son organisation, le niveau d’autonomie de ses cadres, les arbitrages imposés, les décisions qui remontent parfois à une direction dont la vision peut remettre en cause tout un travail engagé. Confiance, autonomie, management, culture de décision… autant de paramètres qui influencent un projet, mais qui restent souvent hors de notre champ d’action.
J’ai récemment appliqué cette même logique à mon propre site Internet.
Je l’avais entièrement refait il y a quelques mois avec les messages que je voulais porter, les textes que je voulais assumer, la vision que je souhaitais partager. Puis le temps a passé. Des collègues m’ont aidé avec des retours francs, parfois sans concession. Il est devenu évident qu’il fallait aussi répondre aux usages d’aujourd’hui : aller plus vite, être plus direct, réduire les textes, clarifier les messages.
Ce n’est pas toujours simple, surtout lorsque l’on croit profondément que choisir un partenaire aussi important mérite de prendre le temps de le découvrir.
Alors j’ai repris le sujet, j’ai codé, avec l’aide de l’IA évidemment. et j’ai repensé le site en designer, en essayant de mettre de côté mes propres envies pour me concentrer sur l’usage. Mais j’ai tenu à conserver une particularité : ne pas effacer l’ancien site.
Dans notre métier, les carnets de croquis permettent d’expliquer, d’approfondir, de montrer ce qui se cache derrière une intention. J’ai donc transformé l’ancien site en Carnets de Hito : un espace plus libre, presque comme un blog, où je peux développer ma pensée, partager mes réflexions et entrer davantage dans le détail.
Le nouveau site, lui, se veut plus clair, plus direct, plus efficace.
Bonne visite sur hito-design.fr.