ÉDITORIAL
Parler de quelque chose dont on est témoin, c’était à la fois évident… mais aussi un vrai défi.
Peu importe d’où l’on vient, Nice, Lyon ou Toulouse, une chose ne change pas quand on est étudiant : ce passage presque obligé, ce “baptême” de l’alcool. Comme s’il ne fallait jamais rater une sortie au bar pour être en communion. Tout ça est implicite. On se l’impose pour suivre le mouvement, pour être “cool”… ou au moins pour en avoir l’air.
Et parfois, cette pression n’est pas si implicite que ça : “Bois, profite de ta jeunesse, t’auras qu’une fois 20 ans.” Alors une question s’est posée : pourquoi c’est acceptable de boire à outrance entre 18 et 25 ans… mais une fois les études terminées, ça devient problématique ? Comme si notre carte d’immunité avait expiré. Le problème, c’est qu’à 20 ans, on est loin d’être invincibles. Stress, santé mentale, doutes, corps encore en développement… les conséquences sont nombreuses. Ce qui nous a encore plus motivés, c’est le peu de couverture médiatique sur le sujet. On en parle, mais de manière marginale, souvent en septembre, au moment des intégrations. Comme si la consommation s’arrêtait là. On montre les dérives, les drames, mais on oublie le quotidien.
Parce qu’en réalité, ça continue. Ça s’installe : afterworks, soirées, événements BDE… les occasions sont partout. Certains boivent même seuls, chez eux, ou attendent la prochaine occasion pour faire retomber la pression. Alors, parce que le journalisme sert aussi à mettre en lumière ce qu’on ne voit pas, on a choisi de vous ouvrir notre monde. De vous y plonger avec nous, au plus près. Mais même ça, ce n’est pas simple. Parce que le sujet reste tabou.
“Tu peux m’envoyer une vidéo de toi en soirée en train de boire ?”
La réponse est souvent non… ou alors : “Tu vas me flouter, hein ?” »
86 % des étudiants déclarent consommer de l’alcool. Et parmi eux, 35 % reconnaissent avoir parfois trop bu. Un phénomène qui s’inscrit dans une population étudiante en forte hausse : une augmentation de +20 % en dix ans. Soirées, week-ends d’intégration, afterworks… les occasions de boire sont nombreuses. Résultat : une consommation banalisée, souvent sans alerte et pourtant excessive.
Camille Combret, Vadim Milliex et Mathéo Pouly, eux-mêmes étudiants, ont enquêté sur ce paradoxe ces 8 derniers mois.
SI TU AS AIMÉ NOTRE REPORTAGE, TU DEVRAIS ALLER JETER UN OEIL AU RESTE
La story que nous avions posté pour partager notre questionnaire.
Nous sommes trois étudiants en dernière année à l’École de journalisme de Cannes. Chacun avec sa spécialité, nous avons décidé de nous associer pour mener cette enquête. Trois camarades de classe devenus collègues… et aujourd’hui amis.
Un petit mot gentil pour remercier toutes les personnes qui nous ont aidé, de près ou de loin, à mettre en œuvre notre projet.